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MASCAGNI / LEONCAVALLO, Cavalleria rusticana / Pagliacci – Dijon

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Spectacle
9 novembre 2025
Double assassinat dans la rue morne

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Cavalliera Rusticana
Opéra en un acte, sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci.
Création à Rome au Teatro Costanzi le 17 mai 1890
Pagliacci
Opéra en deux actes, sur un livret de Ruggero Leoncavallo.
Création à Milan au Teatro dal Verme le 21 mai 1892.

Coproduction
Opéra de Toulon (producteur délégué),
Opéra de Dijon
Opéra Orchestre national Montpellier

Détails

Mise en scène
Silvia Paoli
Décors
Emanuele Sinisi
Costumes
Agnese Rabatti
Lumières
Fiammetta Baldisseri
Chorégraphie
Emanuele Rosa
Assistanat à la mise en scène
Paolo Vettori
Assistanat aux décors
Piero de Francesco
Assistanat aux costumes
Allegra Mencaglia
Assistanat aux lumières
Giulia Bandera

Cavalleria rusticana
Santuzza
Anaïk Morel
Turiddu
Tadeusz Szlenkier
Lucia
Svetlana Lifar
Alfio
Aleksei Isaev
Lola
Valentine Lemercier
La Madonne (comédienne)
Giusi Merli
Donna Sola
Emma Rieger *

Pagliacci
Nedda
Galina Cheplakova
Canio
Tadeusz Szlenkier
Tonio
Aleksei Isaev
Beppe

Grégoire Mour
Silvio

Ramiro Maturana
Contadino
Zakaria El Bahri *
Contadino
Hyoungsub Kim **

Danseuses et danseurs
Laura Bourguet
Richard Deshogues
Hemma Fiant
Régis Kiefer
Armando Rossi
Étienne Sarti

*Chœur de l’Opéra de Dijon
**Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier

Direction musicale
Débora Waldman
Orchestre Dijon Bourgogne
Chœur de l’Opéra de Dijon
Chef de chœur
Anass Ismat
Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier
Cheffe de chœur
Noëlle Gény
Maîtrise de Dijon

Dijon, Auditorium
Vendredi 7 novembre 2025, 20h

Déjà présentée à Montpellier et chroniquée par Thierry Verger le mois passé, la production de Cavalleria Rusticana/Pagliacci arrive à Dijon où elle est donnée dans le vaste Auditorium à l’acoustique remarquable, avec une distribution tout à fait différente, mais qui reprend en partie celle de la création du spectacle au cours de l’été 2024 à Toulon, salué à l’époque par Yvan Beuvard.

La mise en scène de Silvia Paoli, dont nous avions déjà pu admirer le remarquable travail sur Tosca à Nantes ou sur la Traviata à Angers par le passé, est passionnante, quand bien même on se prend à avoir peur en découvrant le décor glauquissime et les costumes très ultra Fast Fashion. Tout cela ne cadre pas avec les festivités pascales de Cavalleria et pas davantage avec la fête de l’Assomption de Pagliacci. Il va sans dire qu’on est très loin de la version hyper-naturaliste et tournée sur les lieux siciliens de l’action par Zeffirelli pour Cavalleria, notamment. Qu’à cela ne tienne, la metteuse en scène italienne connaît son affaire et a transposé l’action dans la rue, d’un type qu’on pourrait reconnaître dans n’importe quelle métropole transalpine. Décor et mise en scène permettent de rendre très cohérents l’association des deux opéras, qu’on apparie en général pour leur durée respective, mais qui sont placées ici comme en écho, avec des accessoires du premier volet qu’on laisse traîner dans le second, ou des personnages qui réapparaissent fugacement, par exemple. Les deux assassinats dus à la jalousie se perpétuent sous le regard des mêmes spectateurs, sur les marches de ce qui pourrait être un amphithéâtre antique en ruines tout comme l’accès à un centre commercial contemporain, jonché de détritus et hanté par une vieille dame SDF qui aurait été membre du chœur dans une tragédie antique ou sorcière dans une œuvre classique. Le cadre ultracontemporain sert un propos universel, on l’aura aisément compris. Plus on avance dans la soirée, plus le procédé devient évident, ce qui encore souligné par la superbe chorégraphie des six danseurs, magnifiques de naturel, transcendant et anoblissant sans cesse le moindre geste de mornes gamins des rues ou de victimes expiatoires qui forment une sublime pietà, les fresques de l’église étant remplacés par des graffitis signifiants côtoyant des taches de couleurs qui pourraient tout aussi bien être des immondices côtoyant une reproduction de l’un des plus beaux Christs morts de la peinture, celui d’Antonello da Messina. Toute l’humanité est ici suggérée, dans ce qu’elle a de plus sale et vulgaire jusque dans ses créations les plus nobles. Il va sans dire que la proposition de Silvia Paoli est d’une vive intelligence, d’une très grande justesse et d’un intérêt qui offre du grain à moudre pour tout spectateur, tant les citations et les questionnements abondent, sans même parler de la puissance empathique qui se dégage de travail de la lumière, de la force des couleurs et du jeu millimétré des protagonistes, Silvia Paoli, elle-même comédienne, étant une remarquable directrice d’acteurs.

© Mirco Magliocca

La distribution vocale est à l’avenant. Anaïk Morel parvient à incarner une Santuzza particulièrement émouvante, y compris lorsqu’elle se laisse aller à trahir son amant. La scène finale est déchirante. Le timbre est beau, chaud et les moyens vocaux plus que solides. Les tatouages, la clope au bec pour une femme en cloque jusqu’aux dents, les collants résille et le short vulgaire n’entament en rien sa dignité, c’est dire. Face à elle, Svetlana Lifar nous propose une mamma sicilienne dont l’authenticité ne fait aucun doute et dont la ligne vocale très pure laisse toutefois généreusement entrevoir les sous-entendus inquiets voire paniqués de la mère qui comprend tant de choses. Tadeusz Szlenkier est un Turridu tout en séductions, moins intégralement viril et d’une seule pièce que d’ordinaire. Ses colères et ses peurs sont projetées dans des aigus spectaculaires et délicats, laissant la place à une subtilité qui fait plaisir à entendre. Il en va de même pour son interprétation de Canio illuminée par un « Vesti la giubba » poignant. Un ténor à suivre, assurément. Galina Cheplakova est une superbe Nedda. La voix est splendide, la technique éprouvée, ce qui permet de donner à son personnage une étoffe solide. Le féminicide qu’elle va subir et qu’elle devine nous touche profondément et l’on gage que Silvia Paoli a dû aimer la diriger en mettant parfaitement en valeur les rapports de force entre les sexes. Les autres comprimari sont impeccables et achèvent de garantir la qualité globale de ce spectacle d’exception, magistralement magnifié par des chœurs excellents.

À la tête de l’Orchestre Dijon Bourgogne, Débora Waldman réussit à imprimer une très forte personnalité à une partition particulièrement haute en couleur qui ne lui pose aucun problème, avec un naturel confondant. L’orchestre, en bonne forme, répond efficacement à sa battue énergique et nous gratifie ainsi d’une soirée mémorable, d’une très grande cohésion générale.

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Cavalliera Rusticana
Opéra en un acte, sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci.
Création à Rome au Teatro Costanzi le 17 mai 1890
Pagliacci
Opéra en deux actes, sur un livret de Ruggero Leoncavallo.
Création à Milan au Teatro dal Verme le 21 mai 1892.

Coproduction
Opéra de Toulon (producteur délégué),
Opéra de Dijon
Opéra Orchestre national Montpellier

Détails

Mise en scène
Silvia Paoli
Décors
Emanuele Sinisi
Costumes
Agnese Rabatti
Lumières
Fiammetta Baldisseri
Chorégraphie
Emanuele Rosa
Assistanat à la mise en scène
Paolo Vettori
Assistanat aux décors
Piero de Francesco
Assistanat aux costumes
Allegra Mencaglia
Assistanat aux lumières
Giulia Bandera

Cavalleria rusticana
Santuzza
Anaïk Morel
Turiddu
Tadeusz Szlenkier
Lucia
Svetlana Lifar
Alfio
Aleksei Isaev
Lola
Valentine Lemercier
La Madonne (comédienne)
Giusi Merli
Donna Sola
Emma Rieger *

Pagliacci
Nedda
Galina Cheplakova
Canio
Tadeusz Szlenkier
Tonio
Aleksei Isaev
Beppe

Grégoire Mour
Silvio

Ramiro Maturana
Contadino
Zakaria El Bahri *
Contadino
Hyoungsub Kim **

Danseuses et danseurs
Laura Bourguet
Richard Deshogues
Hemma Fiant
Régis Kiefer
Armando Rossi
Étienne Sarti

*Chœur de l’Opéra de Dijon
**Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier

Direction musicale
Débora Waldman
Orchestre Dijon Bourgogne
Chœur de l’Opéra de Dijon
Chef de chœur
Anass Ismat
Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier
Cheffe de chœur
Noëlle Gény
Maîtrise de Dijon

Dijon, Auditorium
Vendredi 7 novembre 2025, 20h

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