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SONDHEIM, Company – Genève

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Spectacle
13 octobre 2026
Tragédie musicale ou comédie lyrique ?

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3

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Infos sur l’œuvre

Comédie musicale en deux actes

Musique et paroles de Stephen Sondheim
Orchestration de Jonathan Tunick
Livret de George Furth. Traduction française du livret par Stéphane Laporte

Création le 26 avril 1970 à l’Alvin Theatre (Broadway, New York)
Originellement produit et mis en scène sur Broadway par Harold Prince.

Détails

Mise en scène
James Bonas
Chorégraphie
Ewan Jones
Scénographie
Barbara de Limburg
Costumes
Nathalie Pallandre
Lumières
Christophe Chaupin
Vidéos
Anouar Brissel
Sound Design
Unisson Design

Robert
Loïc Suberville
Joanne
Jasmine Roy
Amy
Jeanne Jerosme
Marta
Neïma Naouri
April
Mélanie Paiement
Jenny
Eva Gentili
Larry
Scott Ermerson
Paul
Sinan Bertrand
Harry
Arnaud Masclet
Peter
Joseph De Cange
David
Nathan Desnyder
Sarah
Marion Preïté
Susan
Camille Mesnard
Kathy
Myriana Hatchi

Direction musicale
Larry Blank

Orchestre de la Suisse romande

Bâtiment des forces motrices, Genève, 9 octobre 2026 à 19h30

On ne sait trop si c’est à une comédie (musicale) ou à une authentique tragédie (certes, pas lyrique) que l’on a assisté. Robert (Bob, Bobby ou Robbo, Bobby baby) a tout juste 35 ans. Célibataire, quelques relations qu’on ne qualifierait même pas d’amourettes, au moins une expérience homosexuelle passée (évoquée trop rapidement sur le ton de la plaisanterie). Ses amis sont tous, sinon mariés, en couple (hétérosexuel). Et cette bande toxique a une obsession : caser Robert. Après tout, un garçon à ce point adorable ne mérite pas autre chose que l’eldorado du mariage. L’enfer, qui est pavé de bonnes intentions, c’est les autres. On connaît la chanson. Loin d’être un rebelle, Robert a intériorisé ces attentes : de son propre aveu, il ne sait trop s’il a envie d’être en couple ou s’il a peur de ne pas se marier. Deux perspectives évidemment radicalement différentes. Mais le couple est évidemment tout autre chose que le bonheur sur papier qu’on nous vend : les cinq couples qui gravitent autour du célibataire en sont la démonstration en acte. Leur propre contradiction, au fond.

La mise en scène de James Bonas n’adopte aucun parti pris particulier. Le texte est ouvert et toutes les lectures demeurent possibles. En un sens, c’est une qualité. Cela étant, la frontière entre littéralité excessive et absence de propos est difficile à tracer. Le traitement des trois scènes d’anniversaire, dont on ne sait si elles sont réelles, fantasmées ou remémorées/déformées, est conforme aux didascalies et fonctionne très bien : peu à peu, Robert s’isole d’un milieu trop oppressant en répondant, au fond, à toutes ses attentes. On ne saura jamais si Robert aime les femmes, si ses amis qui semblent sympathiques auraient été prêts à entendre autre chose, s’il peut être heureux dans une solitude relative peut-être imposée par le contexte propre aux années 1970. La traduction en français des dialogues parlés par Stéphane Laporte conserve le rythme et la fluidité du livret originel. Les scènes s’enchaînent sans heurts et les morceaux chantés – en anglais – remplissent peut-être d’autant mieux leur rôle de commentaire ponctuel, sans fonction dans la continuité du propos. La scénographie de Barbara de Limburg fait droit à cette approche neutre et fidèle à l’esprit de la création : New York est suggérée dans sa verticalité à travers un décor sobre à l’évolution fluide, seventies sans fioritures. Efficace.

© Jean-Michel Molina / Génération Opéra

Les numéros musicaux sont rondement menés. L’Orchestre de la Suisse romande suit – si l’on peut écrire – Larry Blank à la baguette. Tout est en place, et l’on se délecte de la franchise d’un pupitre de cuivres qui trouve dans ce répertoire un terrain d’expression jouissif. Reste à ménager des espaces de respiration, des microretards ou anticipations. Reste à contrarier le métronome sans le perdre. Bref, reste à trouver un angle peut-être plus libre et, alors, plus expressif. Côté vocal, c’est surtout la qualité des ensembles qu’il faut souligner. Les dynamiques musicales et chorégraphiques y sont visiblement rodées. Si le Robert de Loïc Suberville est parfait dans l’ambivalence du personnage, la voix apparaît trop projetée mais pas assez canalisée, ce qui donne un son peu timbré et comme dispersé (mais c’est sans doute le jugement d’un lyricomane trop peu rompu à la comédie musicale). Il faut néanmoins saluer l’Amy de Jeanne Jerosme qui a son « Getting Married Today » bien en bouche et qui en tire bien autre chose qu’une simple démonstration de panique : elle relit tous ses choix de vie de manière à la fois désopilante et bouleversante. « The Ladies Who Lunch » constitue assurément le sommet musical et vocal de la soirée : Jasmine Roy (Joanne) y exprime sensiblement cynisme, amertume et moquerie sans s’abandonner à la caricature. La voix y est chaude et légèrement sirupeuse, envoûtante même. Un délice.

Clairement, à un gros mois de nos propres 35 ans, c’est à une tragédie musicale qu’on a assisté, ce qui n’était sans doute pas le propos de la pièce. C’est sans doute le propre d’une œuvre intéressante et d’une adaptation réussie : impossible de la regarder de l’extérieur.

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Infos sur l’œuvre

Comédie musicale en deux actes

Musique et paroles de Stephen Sondheim
Orchestration de Jonathan Tunick
Livret de George Furth. Traduction française du livret par Stéphane Laporte

Création le 26 avril 1970 à l’Alvin Theatre (Broadway, New York)
Originellement produit et mis en scène sur Broadway par Harold Prince.

Détails

Mise en scène
James Bonas
Chorégraphie
Ewan Jones
Scénographie
Barbara de Limburg
Costumes
Nathalie Pallandre
Lumières
Christophe Chaupin
Vidéos
Anouar Brissel
Sound Design
Unisson Design

Robert
Loïc Suberville
Joanne
Jasmine Roy
Amy
Jeanne Jerosme
Marta
Neïma Naouri
April
Mélanie Paiement
Jenny
Eva Gentili
Larry
Scott Ermerson
Paul
Sinan Bertrand
Harry
Arnaud Masclet
Peter
Joseph De Cange
David
Nathan Desnyder
Sarah
Marion Preïté
Susan
Camille Mesnard
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Myriana Hatchi

Direction musicale
Larry Blank

Orchestre de la Suisse romande

Bâtiment des forces motrices, Genève, 9 octobre 2026 à 19h30

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