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STRAUSS, Vier letzte Lieder – Toulouse (La Halle aux grains)

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Spectacle
7 mai 2024
Retenir l’émotion

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Richard Strauss

Quatre derniers lieder :

Frühling, September, Beim Schlafengehen, Im Abendrot

Anton Bruckner

Symphonie n°9 en ré mineur, wab 109

Détails

Soprano
Chen Reiss

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Direction musicale
Tarmo Peltokoski

Toulouse, La Halle aux Grains
Vendredi 03 mai 2024, 20h

Il est des silences qui en disent long. Et dont on voudrait qu’ils durent, s’étirent, ne serait-ce que quelques secondes. Histoire de retenir l’émotion, retarder encore un peu la brisure, le basculement avant la manifestation des passions du public sous emprise. Il y a eu deux de ces beaux moments pour clôturer les deux pièces à l’affiche du concert de l’autre soir à la Halle aux Grains de Toulouse. A l’issue du feierlich de la symphonie N°9 d’Anton Bruckner, le chef Tarmo Peltokoski a retenu de toutes ses forces et de longues secondes durant, la tension qu’il avait créée pendant une heure à la tête de ce qui est désormais son orchestre, le National du Capitole. Ce jeune (très jeune même, il a 24 ans) chef finlandais a été recruté pour succéder à Tugan Sokhiev, et ce qui se dit déjà sur la place toulousaine est assez enthousiasmant et donne envie de découvrir ses talents sur une saison complète. Pour cette seconde partie de concert, Peltokoski n’avait pas choisi la facilité tant cette ultime symphonie de Bruckner réserve des changements d’atmosphère incessants, qu’il faut rendre sans rompre le fil narratif. C’est ce qu’il a bien fait, dirigeant d’autorité un orchestre que l’on sent rompu à ce répertoire (Mahler et Strauss, mais aussi Chostakovitch, sont régulièrement à son programme).
Mais nous venions principalement pour écouter les Quatre derniers lieder de Richard Strauss, testament musical bien trop concis ; un ou deux codicilles n’auraient pas été de refus, pour prolonger cette ambiance crépusculaire dont on ne se lasse pas et que Strauss a si bien renseignée dans Capriccio ou, déjà, Rosenkavalier (Monologue du I de la Maréchale). Plus que toute autre pièce, ces quatre chants  exigent une maîtrise ultime, une retenue parfaite des moyens développés. On ne saurait concéder nulle place à l’affectation, l’emphase ou l’excès. Les poèmes (Hesse et Eichendorff)  ne le permettent pas, qui disent tous quatre le rêve (Frühling), l’automne de la vie (September), le lâcher-prise (Beim Schlafengehen) et enfin la paix éternelle (Im Abendrot) avec des moyens d’une rare économie. Pour dire tout cela et en faire un récit cohérent et construit, la soprano israélienne Chen Reiss, applaudie récemment à la Philharmonie dans la Missa Solemnis, déploie mille et un atours. Le moindre n’est pas de savoir se fondre, se couler dans les vagues de l’orchestre avec ce tout juste d’autorité qui l’impose à l’auditeur. Certes, elle est là et bien là, tient toute sa place, dans une posture fière et appliquée, mais elle sait aussi rester en retrait, se lovant, se noyant dans la chaude marée des cordes et des cuivres. La voix est claire, presque froide. Ne l’est-elle pas trop ? Nous nous posons d’emblée (Frühling) la question. N’y manque-t-il pas cette expression de brisure, de fragilité, de patine aussi qu’une vie trop longue a imposée à soi-même ? N’aurait-on pas attendu plus de gravité, une certaine pesanteur, qu’appelle du reste l’accompagnement orchestral ?
Mais non finalement, cette lente descente vers le crépuscule que nous récite Chen Reiss, est celle d’une âme restée jeune et qui se livre aux forces de la nuit, en toute confiance. La technique est là, solide, pour tisser cette toile translucide, si fragile (les ultimes vers « So tief im Abendrot./Wie sind wir wandermüde -/Ist dies etwa der Tod ? » ne tolèrent pas la moindre approximation), sans se perdre (les forte ne sont jamais forcés) ni rompre le charme.
Et puis le silence. Avant la communion avec un public sous emprise.

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Frühling, September, Beim Schlafengehen, Im Abendrot

Anton Bruckner

Symphonie n°9 en ré mineur, wab 109

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Toulouse, La Halle aux Grains
Vendredi 03 mai 2024, 20h

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