Le public debout à Parme !

Par Jean Michel Pennetier | ven 31 Mars 2017 | Imprimer

Ces dernières années, le Festival Verdi de Parme a multiplié les lieux de représentations : le Teatro Regio bien sûr, le Ridotto del Regio (sorte de foyer du théâtre, ancienne salle du trône de la reine Maria Luigia), le charmant Teatro Verdi de Busseto (où le compositeur ne mit jamais les pieds) et, depuis quelque temps, l’ancien Teatro Farnese. Ce beau théâtre de cour fut restauré à la suite des bombardements alliés, mais pas le palais qui l’accueillait. Les visiteurs le découvrent au milieu d’une immense salle vide, entourée d’une ceinture de murs de brique ajourés. Le théâtre a d'abord été utilisé comme tel, avec le public dans les tribunes. Soit que l’acoustique ne fût pas au rendez-vous, soit que la petitesse du théâtre n’autorisât qu’un nombre restreint de spectateurs, le festival avait opté l’année passée pour un tout autre aménagement : une vaste tribune en pente, d’une quarantaine de rangs, faisait face au théâtre qui devenait un élément du dispositif scénique. L’orchestre était installé sur la gauche, et les chanteurs sur un plateau tournant à droite. Inutile de dire que seuls les spectateurs des tout premiers rangs pouvaient apprécier quelque chose, les autres devant se contenter d’un halo sonore où l’on ne reconnaissait même plus les mélodies verdiennes tant les échos venaient de toutes parts. La pente, insuffisante, ne permettait pas une bonne vue sur les artistes, condamnant les spectateurs à une coûteuse solitude. Pour sa saison 2017, le festival opte pour une troisième solution : plus de places assises, mais uniquement debout. Les spectateurs seront invités à déambuler autour du dispositif scénique pour « créer leur propre point de vue et d’écoute ». Le festival recommande au public de « s’équiper de chaussures confortables » avant d’affronter les 2 heures 30 de spectacle (si vous comptez vous asseoir à l’entracte, il faudra vous précipiter sur les rares banquettes du musée attenant). Quelques places assises sont réservées aux personnes à mobilité réduite (avec vue imprenable sur les fessiers des spectateurs debout, peut-on supposer). Prix de la plaisanterie : 170 €.

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