Il aura fallu attendre plus de 140 ans pour que le Metropolitan Opera passe commande à une compositrice et crée son opéra. Le 19 octobre, Missy Mazzoli mettra fin à cette longue attente avec Lincoln in the Bardo.
Inspiré du roman de George Saunders (Booker Prize 2017), l’opéra nous transporte en 1862. En pleine guerre de Sécession, Abraham Lincoln vient de perdre son fils Willie, âgé de onze ans. Incapable de se résoudre à cette disparition, le président revient sans cesse se recueillir sur sa tombe. Mais ce chagrin retient l’enfant dans le « bardo », cet entre-deux de la tradition bouddhiste tibétaine, peuplé de fantômes qui refusent de quitter le monde des vivants et qui vont s’unir pour libérer le garçon.
Remarquée pour Breaking the Waves et The Listeners, la compositrice américaine retrouve son librettiste d’élection, Royce Vavrek. Yannick Nézet-Séguin dirigera l’ouvrage, mis en scène par Lileana Blain-Cruz, avec Peter Mattei dans le rôle de Lincoln. Autour de lui, une distribution de haut vol (Christine Goerke, Stephanie Blythe, Anthony Roth Costanzo, Michael Mayes) incarnera ce peuple de revenants, auquel marionnettes et illusions scéniques donneront également forme. Programmé jusqu’au 14 novembre, Halloween compris, le spectacle s’inscrit dans les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis.
La maison new-yorkaise a prévu un prélude sur mesure : le 15 octobre, la Trinity Church accueillera des extraits de la partition et une rencontre avec les créateurs. Les détenteurs d’un billet Premium pourront même visiter son cimetière, où repose notamment Alexander Hamilton, l’un des pères fondateurs des États-Unis.

