Forum Opéra

Kiki à Paris

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CD
4 novembre 2026
Albane Carrère, Elsa de Lacerda, Magali Rischette, un trio audacieux

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

« Quoi », Jane Birkin, G. et M. de Angelis, (Texte : Cesare de Natale, Serge Gainsbourg), 1985

« La Flûte de Pan », « La Chevelure », « Le Tombeau des Naïades », Trois chansons de Bilitis, Claude Debussy (Texte : Pierre Louÿs), 1897-1898

« A Chloris », Reynaldo Hahn (Texte : Théophile de Viau), 1913

« Toi », Barbara, album Le Mal de vivre, 1965

« Tueuses », Juliette, Pierre Philippe, album Rimes féminines, 1996

« Mon cadavre est doux comme un gant », Francis Poulenc (Texte : Louise de Vilmorin), Fiançailles pour rire, 1939

« Mon dieu », Edith Piaf, Michel Vaucaire, 1960

« Et même après je t’aimerai », Hoshi, album Etoile flippante, 2021

« Je voudrais pas crever », Boris Vian, Jean-Luc Fafchamps, 1952

« Reflets », Lili Boulanger, (Texte : Maurice Maeterlinck), 1911

« Violon », Francis Poulenc (ib.)

« Je suis conne », Brigitte Fontaine, album Genre humain, 1995

« Là-haut sur la butte », Kiki de Montparnasse, Paul Darny, 1917

« Mourir sur scène », Dalida, Michel Jouveaux, 1983

« Résiste », France Gall, Michel Berger, album Tout pour la musique, 1981

Détails

Albane Carrère, mezzo-soprano
Elsa de Lacerda, violon
Magali Rischette, guitare

Jean-Luc Fafchamps, arrangements et composition (piste 11)

Enregistré à Arsonic (Mons, Belgique) du 4 au 6 mai 2024

1 CD
Cypres Records 
Durée : 59 mn

Parution le 1er novembre 2024

Kiki de Montparnasse, alias Alice Prin (1901-1953), fut une chanteuse, également peintre et modèle, immortalisée par la photographie de Man Ray, « Le Violon d’Ingres » – reprise en illustration du CD, « Kiki à Paris ». Elle demeure une muse moderne comme on le constate dans ce très joli album concocté par trois complices, la chanteuse Albane Carrère, la violoniste Elsa de Lacerda, l’arrangeur et compositeur Jean-Luc Fafchamps, rejoints en cours de projet par Magali Rischette (guitare). Ce CD, quasiment inouï puisque la réunion de ces trois instruments est une première réputée impossible, est paru en 2024 mais n’a guère été remarqué. Une vraie injustice au vu de son caractère très original, et même frondeur.
Mélanger des esthétiques a priori très étrangères les unes aux autres (la mélodie française « classique », la chanson patrimoniale du premier XXe, les chansons modèle 45 tours et pour finir la chanson pop actuelle) dans un geste allégorique illustrant la longue marche de l’émancipation féminine est en effet des plus remarquables.
Les voix de Kiki, femme libre des années folles, s’incarnent ici en nymphe debussyenne, ou dans les figures d’Édith Piaf ou de Hoshi, entre autres, grâce à la grande plasticité vocale du mezzo d’Albane Carrère. Les sept mélodies de Claude Debussy, Reynaldo Hahn, Lili Boulanger, Francis Poulenc se mêlent très harmonieusement dans ce parcours amoureux et ironique à dix reprises de chansons dites populaires. Et c’est une réussite grâce aux arrangements de Jean-Luc Fafchamps, transposant le piano impressionniste ou l’orchestre moderne pour le violon et la guitare avec un sens dramatique parfait  – après résolution de fameux problèmes techniques, notamment de scordatura (ou manière d’accorder la guitare).

Le ton est donné dès la première piste avec « Quoi », chantée à l’origine par Jane Birkin, qui installe le climat intimiste idoine ; s’y enchaînent les Trois chansons de Bilitis, « La flûte de Pan » et son rendez-vous amoureux, « La Chevelure » (qui évoque la fameuse scène de la Tour dans Pelléas et Mélisande) et « Le Tombeau des Naïades », belle oraison adressée aux satyres et aux nymphes. Albane Carrère a l’intelligence et les capacités lui permettant de passer d’une technique à l’autre, d’épouser avec une fluidité argentée les sinuosités des lignes musicales de l’univers debussyen après l’émission libre et naturelle de la chanson française revisitée du hit parade. Dans « A Chloris » en piste cinq, le poème de Théophile de Viau est magnifié non seulement par les jolis aigus à la vigueur moelleuse de la chanteuse, mais on suit avec émotion la guitare, suivie puis doublée par l’envolée lyrique finale du violon. Les pistes six et sept sont réservées à « Toi » de Barbara (dont Albane Carrère réinvente si gracieusement la prosodie particulière) et « Tueuses » de Juliette, avec ses citations ironiques de meurtrières célèbres, vraies anarchistes ou justicières féministes avant l’heure, dans une atmosphère jazzy.

Cet album se veut joliment insolent voire insolite (avec « Je suis conne » de Brigitte Fontaine ou les deux mélodies des Fiançailles pour rire de Francis Poulenc dont « Mon cadavre est doux comme un gant »), où les personnages le plus souvent féminins livrent toute la gamme des sentiments, mutins, lyriques (avec les « Reflets » aériens de la voix et des cordes), et pathétiques. Avec « Mon Dieu », la chanteuse offre une complainte mais ici moderne, au rythme des traits d’archet du violon dissonant, comme dans le « Violon » de Poulenc mis en mots par l’insoumise Louise de Vilmorin.
De l’emphase de la diva égyptienne Dalida (« Mourir sur scène ») à la chanson réaliste de la Première Guerre Mondiale reprise par Kiki de Montparnasse puis par Albane Carrère façon garçonne, les instruments comme la voix empruntent tous les modes, toutes les techniques et se jouent des styles comme des frontières. Ce joli geste musical pour un chant émancipateur ne peut que se conclure par un chœur a cappella entonné par les trois artistes sur la chanson de Michel Berger, « Résiste » !

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Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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« Quoi », Jane Birkin, G. et M. de Angelis, (Texte : Cesare de Natale, Serge Gainsbourg), 1985

« La Flûte de Pan », « La Chevelure », « Le Tombeau des Naïades », Trois chansons de Bilitis, Claude Debussy (Texte : Pierre Louÿs), 1897-1898

« A Chloris », Reynaldo Hahn (Texte : Théophile de Viau), 1913

« Toi », Barbara, album Le Mal de vivre, 1965

« Tueuses », Juliette, Pierre Philippe, album Rimes féminines, 1996

« Mon cadavre est doux comme un gant », Francis Poulenc (Texte : Louise de Vilmorin), Fiançailles pour rire, 1939

« Mon dieu », Edith Piaf, Michel Vaucaire, 1960

« Et même après je t’aimerai », Hoshi, album Etoile flippante, 2021

« Je voudrais pas crever », Boris Vian, Jean-Luc Fafchamps, 1952

« Reflets », Lili Boulanger, (Texte : Maurice Maeterlinck), 1911

« Violon », Francis Poulenc (ib.)

« Je suis conne », Brigitte Fontaine, album Genre humain, 1995

« Là-haut sur la butte », Kiki de Montparnasse, Paul Darny, 1917

« Mourir sur scène », Dalida, Michel Jouveaux, 1983

« Résiste », France Gall, Michel Berger, album Tout pour la musique, 1981

Détails

Albane Carrère, mezzo-soprano
Elsa de Lacerda, violon
Magali Rischette, guitare

Jean-Luc Fafchamps, arrangements et composition (piste 11)

Enregistré à Arsonic (Mons, Belgique) du 4 au 6 mai 2024

1 CD
Cypres Records 
Durée : 59 mn

Parution le 1er novembre 2024

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