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Antonella Zedda : Dijon au cœur battant

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Interview
22 mai 2026
Antonella Zedda vient de présenter la saison prochaine de l’Opéra de Dijon, une saison collaborative, comme elle la définit, à laquelle elle a néanmoins imprimé sa marque. 

 

Forte d’une expérience musicale et gestionnaire avérée, après un parcours exemplaire, Antonella Zedda a été retenue pour succéder à Dominique Pitoiset à la direction générale et artistique de l’Opéra de Dijon

Votre parcours, à partir de votre engagement par Philippe Herreweghe (*) est connu. Comment avez-vous rencontré la musique, l’opéra, quel a été votre cheminement ?

Je suis originaire d’une petite ville du nord de la Sardaigne, née dans une famille non musicienne ; c’est à travers le violon que j’ai découvert la musique. Après un cycle complet, j’ai poursuivi son étude au Conservatoire de Cagliari, en même temps que mes études universitaires. Celles-ci m’ont conduit à la Sorbonne, en littérature comparée où j’ai débuté un troisième cycle, avant d’incliner pour la gestion. Ma pratique du violon et mon intérêt pour l’interprétation historiquement informée m’ont dirigé vers Philippe Herreweghe… Vous connaissez la suite. Pour ce qui est de l’opéra, rare dans la ville de mon enfance, qui n’en programmait pas plus qu’un ou deux par an (dont parfois une opérette), mes premières émotions sont liées à La Bohème, pour laquelle je nourris toujours la même tendresse.

Vous programmez La Cenerentola en novembre prochain. Seriez-vous apparentée à Alberto Zedda, à qui Rossini et Pesaro doivent tant ?

(sourire) Eh bien non pour ce qui est de cette référence, c’est une simple homonymie.

Prendre la direction de l’Opéra de Dijon au terme d’un épisode tourmenté était un véritable défi. Comment se sont passés ces premiers mois à la tête de l’institution ?

L’occasion m’avait été donnée de découvrir l’Auditorium de Dijon, dès le début des années 2000. Depuis, avant même que la perspective de m’y installer me vienne à l’esprit, j’en ai apprécié les ressources musicales, les richesses culturelles, la convivialité. A mon arrivée, j’ai trouvé une équipe très motivée, passionnée, professionnelle, des artistes et techniciens engagés dont l’unique souci était de donner le meilleur d’eux-mêmes à l’Opéra. C’est donc avec sérénité et une confiance restaurée en l’avenir que nous nous sommes attelés au travail. La saison qui s’achève, riche en événements marquants, a été l’occasion pour moi-même comme pour chacune et chacun des professionnels de la maison de mieux partager son travail et d’être dans l’écoute mutuelle.

En même temps, passée la prise de contact, les liens avec tous les acteurs du territoire se confortent, s’approfondissent, et promettent un maillage qui permettra à l’Opéra de rayonner pleinement, auprès des publics les plus larges. L’Opéra sortira de plus en plus hors-les-murs, y compris dans les zones rurales dont les publics se sentent abandonnés, les partenariats se multiplient, des nouveaux projets s’élaborent.

L’engagement renouvelé indéfectible, de la ville de Dijon et de sa métropole, du Conseil régional et de la DRAC, avec le maintien des moyens alloués, conforte les perspectives et permet d’envisager l’avenir avec sérénité. Et le soutien des mécènes, particuliers et entreprises, nous est précieux.

Le programme de la saison prochaine est particulièrement riche en vocalité …

Ce sera une saison collaborative, dont les premiers jalons ont été posés par l’équipe de direction précédente, ensuite le directeur par intérim et le directeur de la production ont pris le relais, notamment pour la programmation des œuvres lyriques, enfin j’ai eu le plaisir de la compléter, avec l’équipe, à mon arrivée. La première saison dont j’assumerai la totale responsabilité avec mes collaborateurs sera la suivante, en 2027-28. Le programme est riche, varié, permettant de répondre aux attentes de chacun, quel que soit son âge, son milieu et sa culture. Il répond pleinement au cahier des charges, lié au conventionnement « Théâtre lyrique d’intérêt national », dont nous sommes fiers : lyrique bien sûr, pluridisciplinaire, éclectique. Opéras, concerts, danse, cirque, ciné-concert, l’émotion et la joie en partage.

La création, peu présente dans la programmation de l’Auditorium ces dernières années, infusera de nouveau. La recherche de formats légers, propres à émouvoir ou à divertir, déjà, mais aussi à voyager, permettra de répondre à une demande et à une volonté de faire rayonner l’Opéra en Bourgogne-Franche-Comté. Quant aux « grandes » productions, créer des synergies est plus que jamais impératif en ces temps difficiles.  Les coproductions avec mutualisation des moyens s’imposent, et connaissent une réussite constante (Cavalleria rusticana et I Pagliacci, puis La Bohème, enfin Don Giovanni l’ont confirmé cette saison). Je souhaite que les collaborations avec les grandes scènes de notre pays se multiplient … N’oublions pas que l’Opéra de Dijon, c’est aussi un chœur permanent de grande qualité, et une maison de production avec un atelier de décors et de costumes dont le savoir-faire est reconnu.

Et l’orchestre ?

Le partenariat avec l’Orchestre Dijon Bourgogne dépasse le cadre institutionnel, puisque nous partageons le souci de transmettre, d’illustrer toutes les facettes de la musique, et d’irriguer tout le territoire. Il sera en fosse pour deux spectacles (La Cenerentola et Ariane à Naxos) mais aussi en pleine lumière pour plusieurs concerts, dont Autodafé de Maurice Ohana, dirigés par Joseph Bastian, son chef permanent et par plusieurs autres chefs invités.

Notre public pourra profiter d’une proposition de concerts plutôt riche, puisqu’à côté de l’ODB, ce seront sept grandes formations symphoniques qui se produiront à l’Auditorium, avec des solistes et des chefs renommés.

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