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	<title>Jodie DEVOS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 31 Oct 2025 07:41:54 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jodie DEVOS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Dix battements de cœur pour Jodie Devos&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-battements-de-coeur-pour-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 07:36:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce coffret rassemble tous les enregistrements de Jodie Devos pour le label Alpha Classics, incluant un concert donné au festival de Gaume en août 2017 autour de la musique américaine et de la chanson, de Gershwin à Michel Legrand (plus d’informations).Le Fonds Jodie Devos soutient les jeunes chanteurs et chanteuses, encourage la création et favorise &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce coffret rassemble tous les enregistrements de Jodie Devos pour le label Alpha Classics, incluant un concert donné au festival de Gaume en août 2017 autour de la musique américaine et de la chanson, de Gershwin à Michel Legrand (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://outhere-music.com/fr/albums/hommage-jodie-devos">plus d’informations</a>).<br /></strong><strong>Le Fonds Jodie Devos soutient les jeunes chanteurs et chanteuses, encourage la création et favorise la promotion de l’art lyrique sous toutes ses formes. Il prolonge l’élan et la générosité d’une artiste, prématurément disparue, pour laquelle notre cœur continue de battre (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://fondation-jodie-devos.odoo.com/">plus d’informations</a>).</strong></p>
<p style="text-align: center;">________________________________________________________________________________________________</p>
<p><strong>1.</strong> En 2014, Jodie Devos décroche le 2e Prix du Concours Reine Elisabeth de chant. Pour mémoire, cette compétition compte parmi les plus prestigieuses et les plus exigeantes, l’objectif affiché étant de récompenser les artistes les plus complets, dans tous les répertoires classiques, des oratorios à l’opéra en passant par le lied. Jodie triomphe avec un programme époustouflant, de Haydn à Bernstein. En une demi-heure elle nous donne toute la mesure de son immense talent, inoubliable. [Benoît Jacques de Dixmude]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Jodie Devos | Queen Elisabeth Competition 2014 - Final" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/zCHl2nS8ocA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>
<p><strong>2.</strong> Pour rendre hommage à Jodie Devos, j’ai choisi cette vidéo où la soprano visionne un extrait de sa prestation au Concours Reine Elisabeth en 2014. Elle se livre face caméra corps et âme, et l’on ne peut être que bouleversé par ses mots qui résonnent étrangement en nous aujourd’hui, avec une force émotionnelle tragique et magnifique à la fois. A la différence que nous ne sommes plus à l’opéra mais dans la vraie vie, cette chienne de vie qui a été injuste avec elle et nous a privé d’un des plus grands talents qui soit. J’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises Jodie Devos qui était non seulement une chanteuse exceptionnelle mais une personne d’une douceur et sensibilité toute particulière. Je me souviens en particulier de ce moment lors de son passage aux Victoires de la Musique Classique en 2020 à Metz. Je me trouvais à ses côtés avant son entrée en scène côté coulisse pour prendre quelques clichés. Ce qu’elle décrit dans cette vidéo est exactement ce que j’ai ressenti à ses côtés ce jour-là. C’est depuis ce moment que j’ai compris à quel point être chanteur d’opéra pouvait être si exigeant, si difficile, si éprouvant, mais tout à la fois si noble, si précieux, si sensible et si divin. Dieu, que tu nous manques Jodie… [Edouard Brane]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Le destin de Jodie Devos" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Tm8dS1VAtf4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>
<p><strong>3.</strong> L&rsquo;un des plus beaux airs de concerts de Mozart, qui permet à Jodie Devos de déployer toute l&rsquo;étendue de son talent : virtuosité, couleurs, tessiture immense, naturel de l&rsquo;émotion, capacité à incarner la moindre inflexion d&rsquo;un texte musical&#8230; Quelle artiste ! Vous nous manquez… [Jean-Jacques Groleau]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Mozart Vorrei spiegarvi oh Dio KV 418 | Jodie Devos - Prelude to the Belgian National Holiday 2020" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/uUWpBnG22Gc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>
<p><strong>4.</strong> Tiré d&rsquo;un album particulièrement salué à sa sortie en 2019 chez Alpha Music, <em>Offenbach colorature</em>, cet extrait d&rsquo;<em>Un mari à la porte</em> de Jacques Offenbach est l&rsquo;un des multiples exemples à travers lesquels Jodie Devos ne donne pas seulement à entendre une voix parfaite pour ce répertoire et un merveilleux sens musical, mais aussi et même surtout de la joie. Cette joie communicative, incarnée dans le sourire dont elle ne manquait pas de gratifier le public en concert ; cette joie de chanter et de partager qui nous rendait simplement heureux. [Cédric Manuel]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Un mari à la porte: Valse tyrolienne de Rosita &quot;J&#039;entends ma belle&quot;" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/yz2LYHM03RQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>5.</strong> « Naissance d’une Lakmé », titrions-nous à propos de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lakme-tours-naissance-dune-lakme/">la première féé clochette de Jodie Devos, en 2017 à Tours</a>. « D’une voix dont la légèreté n’exclut pas la chair et le fruit, sa fille du brahmane n’est jamais si juste que lorsqu’elle déroule gracieusement le fil ininterrompu d’un chant posé sur le souffle », écrivions-nous, avant de nous extasier sur « le battement gracile du trille, la finesse du trait, la pureté de sons augmentés ou diminués selon l’effet recherché. ». Cette Lakmé, hélas, n’aura vécu que ce que vivent les roses… Immense tristesse, éternels regrets. [Christophe Rizoud]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="La légende - &quot;La jeune hindoue...&quot;, par Jodie Devos" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/WhefxozteHo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>6.</strong> On regrette particulièrement Jodie Devos pour le répertoire si négligé de l&rsquo;opéra-comique : outre le brillant de l&rsquo;exécution, elle y retrouvait un sourire et une sincérité qui faisait échapper ces textes désuets et cette musique sentimentale à toute ringardise. [Clément Demeure]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Le songe d&#039;une nuit d&#039;été, Act III: C&#039;est un rêve qui s&#039;achève à l&#039;instant (Elisabeth)" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/MCYIl7KZAJk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p> </p>
<p><strong>7.</strong> Ce magnifique salut à la France &#8211; où elle a tant chanté &#8211; est comme un dernier salut à son public, où l&rsquo;on retrouve toute sa joie de vivre et de chanter, toute son énergie et son humour, et aussi son immense intelligence musicale servie par ses yeux rieurs et pétillants qui nous manquent tant aujourd&rsquo;hui. [Jean-Marcel Humbert]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Jodie Devos - Donizetti - La fille du régiment &quot;Salut A La France&quot;" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/lWNgQw4Fb8w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>8.</strong> À l’Opéra Bastille, dans l’écrin de l’incontournable production de Robert Carsen, Jodie Devos était en 2020 une adorable Olympia des <i>Contes d’Hoffmann</i>. Avec sa diction impeccable, ses aigus au cordeau et son charme indéniablement humain, elle délivrait là bien plus qu’un tour de force technique : une vraie leçon de style. [Louise Momal]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Offenbach: la chanson d&#039;Olympia, Jodie Devos, Bastille le 28.01.2020" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/fqLY7bJMLG8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p> </p>
<p><strong>9</strong>. La superbe Jodie Devos interprète Gabrielle dans <em>La Vie parisienne</em> en 2021 au Théâtre des Champs-Élysées dans la mise en scène, les costumes et les décors de Christian Lacroix. Dans cette version inédite (avec cet air coupé en 1866 par Offenbach « Sous la pluie une balayeuse ») la soprano belge triomphe sans mal de la difficulté du chant, tout en faisant briller avec sa beauté mutine et son énergie la drôlerie du personnage. [Christine Ducq]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Watch the late, great Jodie Devos shine in Offenbach’s La Vie Parisienne" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/JGHCZxTU2p4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p> </p>
<p><strong>10</strong>. En 2022, à l’occasion de la version de concert d’Hamlet donnée à Montpellier, j’écrivais que « Jodie Devos prouv[ait] en Ophélie qu’elle [était] une des plus brillantes artistes du monde lyrique actuel. » Qu’il est difficile de devoir conjuguer cette phrase au passé ! Heureusement nous avons nos souvenirs précieux, et des enregistrements, pour que la voix de cette extraordinaire artiste continue à résonner. La soirée avait alors été captée par France Musique et on trouve sur <em>Youtube</em> un court extrait vidéo de la fin de l’acte IV : « il suffit de porter un regard sur l’artiste pour voir devant soi se lever le personnage lui-même ». [Clément Mariage]</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="FROM 2022  - Extrait Hamlet, Ambroise Thomas -  Jodie Devos -15/7 - Montpellier - #FestivalRF22" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/OJF7PgfqGw0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Création du Fonds Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/creation-du-fonds-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Mar 2025 11:45:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Fonds Jodie Devos, créé par la famille et les proches de la soprano belge décédée en juin dernier, est géré par la Fondation Roi Baudouin. Son objectif principal est de préserver et de transmettre la vision de Jodie Devos, qui accordait une grande importance à la transmission des savoirs et des expériences tout au &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Fonds <strong>Jodie Devos</strong>, créé par la famille et les proches de la soprano belge décédée en juin dernier, est géré par la Fondation Roi Baudouin. Son objectif principal est de préserver et de transmettre la vision de Jodie Devos, qui accordait une grande importance à la transmission des savoirs et des expériences tout au long de sa carrière. Ce fonds vise à rassembler des artistes, des institutions culturelles et des passionnés autour de l’art et de la culture, tout en promouvant son héritage. <span style="font-size: revert;">Les missions du Fonds incluent la promotion de l&rsquo;art lyrique auprès de nouveaux publics, en ciblant des groupes comme les scolaires et les personnes défavorisées, afin de rendre cet art plus accessible et inclusif. Par ailleurs, le fonds soutient les jeunes artistes en leur offrant des opportunités de perfectionnement à travers des masterclasses et des productions dédiées. </span><span style="font-size: revert;"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.fondsjodiedevos.com/">Les dons au Fonds</a> sont essentiels pour financer ces projets et initiatives, quel que soit leur montant. Le fonds est placé sous la présidence d’honneur de <strong>Bernard Foccroulle</strong>.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Festival de Beaune rend hommage à Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-festival-de-beaune-rend-hommage-a-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jul 2024 05:50:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival international de Beaune, qui se tient cette année du 5 au 28 juillet, sera dédié à la mémoire de Jodie Devos, décédée en juin. Durant la soirée du 21 juillet, un hommage plus particulier lui sera rendu par l’équipe du Festival, Stéphane Fuget et les musiciens des Epopées. La soprano belge devait revenir &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival international de Beaune, qui se tient cette année du 5 au 28 juillet, sera dédié à la mémoire de <strong>Jodie Devos</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/hommages-a-jodie-devos/">décédée en juin</a>. Durant la soirée du 21 juillet, un hommage plus particulier lui sera rendu par l’équipe du Festival, <strong>Stéphane Fuget</strong> et les musiciens des Epopées.<br />
La soprano belge devait revenir à Beaune cette année avec Stéphane Fuget et Les Epopées pour y tenir le rôle de Morgana dans <em>Alcina</em> le 19 juillet et pour créer un récital inédit composé d’airs de Haendel le 21 juillet.<br />
Anne Blanchard, directrice artistique, et Maximilien Hondermarck, délégué général, ont demandé à <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Florie Valiquette</strong> d’accepter de chanter pour ces deux soirées.<br />
Gwendoline Blondeel chantera Morgana dans <em>l’Alcina</em> que dirigera Stéphane Fuget le 19 juillet dans la Cour des Hospices de Beaune. Ce sera sa prise de rôle. Florie Valiquette se produira le 21 juillet pour un récital dans la Salle des Pôvres des Hospices de Beaune. Le programme détaillé, composé également d’airs de Haendel, sera communiqué ultérieurement.<br />
Dans les prochains jours, Forumopéra rendra compte de ce festival.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Hommages à Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/hommages-a-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?p=166837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Hommage de Sylvain FORT Le théâtre, la danse, le piano, le chant&#160;: en Jodie Devos, toutes les muses s’étaient donné rendez-vous. Elle aurait pu, travailleuse et concentrée comme elle était sous des dehors faciles, se contenter de cela et devenir un phénomène vocal et artistique, offrant en pyrotechnies le spectacle de ses dons à travers &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/hommages-a-jodie-devos/"> <span class="screen-reader-text">Hommages à Jodie Devos</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>Hommage de Sylvain FORT</h3>
<p style="font-weight: 400;">Le théâtre, la danse, le piano, le chant&nbsp;: en Jodie Devos, toutes les muses s’étaient donné rendez-vous. Elle aurait pu, travailleuse et concentrée comme elle était sous des dehors faciles, se contenter de cela et devenir un phénomène vocal et artistique, offrant en pyrotechnies le spectacle de ses dons à travers le monde. Cela sans doute aurait suffi à notre bonheur. Mais elle fut bien davantage qu’un phénomène&nbsp;; et en dix années de carrière, elle imposa mieux que son talent&nbsp;: son humanité. La nouvelle de son décès a terrassé tout le monde parce que la jeunesse était fauchée, parce qu’une voix sans pareille s’éteignait, mais surtout parce que disparaissait soudain une artiste qui, telle un Cherubino faisant si bien tout ce qu’elle faisait, savait en outre faire du bien à ceux qui l’écoutaient. C’était sa part indéfinissable, sa part de génie – somme toute si rare dans le monde musical.</p>
<p style="font-weight: 400;">On se trompe en pensant qu’une voix de soprano colorature est un passeport pour le succès. Pour ces voix, le répertoire n’est pas immense, les exigences techniques sont impitoyables, l’heure de faner vient tôt, et la possibilité de dispenser des sentiments et des couleurs en plus des démonstrations vocales est étroite. À peine son prix Reine Elisabeth fut-il empoché avec des airs de concours forcément renversants que Jodie Devos attesta qu’elle serait avant toute chose une artiste, et qu’elle s’intéresserait moins à ce qui fait briller qu’à ce qui fait rire ou pleurer. Ces dix années de maturation vocale l’auront certes vu passer par les inévitables Reines de la Nuit et Olympia, et ses impayables Offenbach dont elle fit un disque étourdissant&nbsp;; mais très vite, elle se pressa d’aller à la rencontre de ce que sa voix recelait de moins spectaculaire et de plus attendri. Elle trouva derrière l’émail du timbre des couleurs neuves, des nuances et des accents que nombre de ses consœurs omettent de chercher tant peut-être payant le seul affichage d’un contre-fa.</p>
<p style="font-weight: 400;">Elle sortit de la voie toute tracée que semblait lui réserver le cristal de sa voix et sa silhouette de danseuse. Elle remit son art entre les mains de quelques maîtres et amis qui surent reconnaître l’intelligence de son cheminement, et tirer d’elle des trésors comme Nicolas Krüger, Christophe Rousset, les frères Dratwicki, Pierre Bleuse, ou même le compositeur Philippe Boesmans dont elle créa On purge bébé à La Monnaie. Dans le monde de l’art lyrique tel qu’il va, il faut bien réaliser ce que voulait dire ce chemin préférant Susanna des Noces à une énième Olympia, Gilda de Rigoletto à une autre Reine de la Nuit. Il faut pour cela que la maturité du caractère précède et anticipe la maturité vocale. De là des interprétations où sa personnalité propre faite de générosité joyeuse et d’une étrange mélancolie éclataient et nous emmenaient. Elle semblait aimer la musique où un nuage vient troubler l’azur. D’ores et déjà elle nous menait au cœur de Mozart comme au cœur de ces mélodies anglaises si délicates, sans doute grâce à ses études à Londres.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ces dernières années, Jodie Devos avait trouvé le chemin qui lui permettrait d’éviter tout ce qui pouvait dénaturer son art, contraindre ses envies, la détourner de son but comme artiste. Elle était, autant qu’on peut l’être dans ce métier, libre. Elle avait en tout cas la volonté et le courage de l’être. Cela semblait la rendre heureuse. En tout cas, cela nous rendait heureux car nous savions que, quoi qu’elle chante, ce serait un choix intègre, plein de sens, et qui nous ouvrirait des horizons où, confiants, nous pourrions la suivre. Elle avait ainsi pris rang parmi ses rares artistes dont l’intelligence est à hauteur d’âme.</p>
<p style="font-weight: 400; text-align: center;">L’onde n’a plus le murmure<br>Dont elle enchantait les bois&nbsp;;<br>Sous les rameaux sans verdure<br>Les oiseaux n’ont plus de voix</p>
<p style="font-weight: 400;">Face à cette disparition si injuste, nous avons voulu donner la parole à celles et ceux qui la connurent de près et dont le deuil profond est aussi le nôtre.</p>
<p style="font-weight: 400;">Sylvain FORT</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<ol>
<li><a href="#Dratwicki">Alexandre DRATWICKI</a> (Directeur du Palazzetto Bru Zane)</li>
<li><a href="#Santoni">Vannina SANTONI</a> (soprano)</li>
<li><a href="#Pancrazi">Eléonore PANCRAZI</a> (mezzo-soprano)</li>
<li><a href="#Duhamel">Alexandre DUHAMEL</a> (baryton)</li>
<li><a href="#Gilbert">Romain GILBERT</a> (metteur en scène)</li>
<li><a href="#Pierre">Maxime PIERRE</a> (collaborateur de Forum Opéra)</li>
<li><a href="#Campellone">Laurent CAMPELLONE</a> (chef d&rsquo;orchestre, directeur de l&rsquo;Opéra de Tours)</li>
<li><a href="#Alarcon">Leonardo GARCÍA ALARCÓN</a> (chef d&rsquo;orchestre)</li>
<li><a href="#Mernier">Benoît MERNIER</a> (compositeur, professeur de Jodie Devos à Namur)</li>
<li><a href="#Dupuis">Etienne DUPUIS</a> (baryton)</li>
<li><a href="#Lacerda">Elsa de LACERDA</a> (violoniste)</li>
</ol>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Jodie-Devos-cEdouard-Brane-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-167118" width="228" height="342"/><figcaption class="wp-element-caption">© <sup>Edouard Brane</sup></figcaption></figure>


<p><a name="Dratwicki"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Texte lu par Alexandre DRATWICKI lors des funérailles à Namur, le 22 juin</strong></h4>
<p><span style="color: var(--ast-global-color-3); font-size: revert; background-color: var(--ast-global-color-5);">Chère Jodie,</span></p>
<p>J’espère que tu n’en voudras pas à tes amis de la profession et ceux que nous représentons de venir tracer de toi un portrait intime qui permettra de prendre la pleine mesure de la collègue irremplaçable que tu étais. Rassure-toi, nous resterons discrets sur les milliers de confidences hilarantes ou touchantes – pour ne pas dire inavouables – dont nous fûmes les destinataires et complices, et qui resteront enfouies, et vivantes, dans le secret de nos souvenirs. Mais tu n’aurais pas voulu qu’une telle cérémonie, fût-elle « officielle » et « publique », se déroule sans porter la marque de ta personnalité spontanée, ni la griffe de ton éternelle bonne humeur. Nous sommes ici, autour de ce micro, pour ajouter à cet hommage ce « je-ne-sais-quoi » qui te fit si grande, toi qui n’a pourtant jamais dû te baisser pour passer une porte. Et pour parler de toi, nous le ferons sous la forme d’un opéra imaginaire, ce genre musical qui représentait le meilleur de ta vie professionnelle. Ce sera un grand opéra, en 5 actes donc, mais en 5 minutes néanmoins, qu’on se rassure. Nous voici les comparses et petits rôles de ce libretto dont tu vas être l’héroïne. Que nul ne s’attende à te voir entrer en scène, malheureusement. Mais n’est-ce pas t’offrir le plus beau rôle de ta carrière que celui où il n’y a aucun texte à mémoriser ni aucune vocalise à risquer ? Laisse-toi aller, chère Jodie. Le rideau se lève !</p>
<p>ACTE 1 : LA BIENVEILLANCE<br />Il suffit de voir tes grands yeux rieurs pour imaginer quelle collègue tu étais. Douce et patiente, mais aussi drôle et spontanée. Partout où tu entrais, tu captais la lumière. On finissait par ne voir plus que Jodie. Mais cette lumière, tu la redistribuais généreusement, et il était difficile voire impossible de te croiser de mauvaise humeur. Cette malice et cette joie de vivre s’exprimaient dans les milliers de messages et SMS que tu nous écrivais, parfois tard le soir, avec un éventail de préoccupations incroyable : « Faut-il rajouter un contre-ré à la mesure 42 ? », « Combien met-on d’œufs dans la carbonara » ou « L’Amour est-il aussi fait de peine ? ». Savais-tu seulement à quel point tu étais aimée ? Le déluge de pensées amicales, chaleureuses, sincères qui occupe les réseaux sociaux depuis plusieurs jours en dit long sur cet amour. Car tu as réussi ce miracle de l’équilibre entre la scène et la coulisse. L’artiste était la femme, la femme était l’artiste.</p>
<p>ACTE 2 : L’AVENTURE<br />Le monde de l’opéra se souviendra longtemps de ton disque « Offenbach colorature ». Il te correspondait tellement qu’il semblait une émanation directe de ta personnalité et de ton caractère. Cet enregistrement révéla aussi ton goût pour la découverte et ton désir de défendre des répertoires négligés auxquels tu as prêté ton talent pour leur redonner une nouvelle jeunesse. Telle une chercheuse d’or de l’Arizona – enfin… de Namur –, tu n’hésitais pas à te lancer toi-même dans les recherches sur internet ou dans les bibliothèques, pour dépoussiérer ce siècle romantique que tu aimais tant et qui te le rendait bien. Tu aurais dû enregistrer en avril prochain du Onslow, du Clapisson, du Grisart, du Maillart, du Poise, du Adolphe Adam. C’est dire si tout le panthéon des compositeurs oubliés doit t’attendre les bras tendus pour te couvrir des baisers que nous ne pouvons plus te donner. Tu y gagnes certainement, car vous êtes plus nombreux là-haut que nous ici-bas. Nous vous imaginons danser des bacchanales frénétiques en écoutant ton autre récital emblématique, qui n’a jamais si bien porté son nom qu’aujourd’hui : « Bijoux perdus ». Aventurière, tu l’étais aussi au quotidien car tu ne vivais pas dans un monde lisse et ennuyeusement rangé. Tu nous racontais être mortifiée de voir dans ta boîte email des messages datant de 2018, et tu savais transformer ton appartement en champs de bataille à faire blêmir Verdun. Notamment, tout récemment, quand tu avais étalé une sublime mosaïque de contrats et de notes de frais sur le sol pour faciliter la gestion de ta déclaration d’impôts. C’était Koh-Lanta et Fort Boyard tout à la fois pour tes visiteurs.</p>
<p>ACTE 3 : LE DOUTE<br />Derrière le masque médiatique de la Jodie pétillante et désinvolte, il y avait pourtant une autre artiste que nous – tes proches – avons bien connu. Être soprano colorature signifiait affronter, chaque soir de spectacle, des rôles ardus, hérissés de vocalises et parsemés de notes aiguës fiévreusement attendues par le public. Ce public s’est rarement douté de l’angoisse que pouvait provoquer chez toi certains de ces personnages, et combien cette fragilité, cette crainte du faux-pas, a jeté d’ombres sur des séries de spectacles éprouvants nerveusement. C’est peut-être à cet instant, chère Jodie, que tu devenais pour nous l’artiste la plus admirable et la plus exemplaire. Parce que tu étais modeste, lucide, humble, fragile mais travailleuse et courageuse, en un mot humaine. Toi qui as dû construire pas à pas ta voix et ta virtuosité, tu mesurais mieux que personne le chemin parcouru et celui à parcourir. En ce sens, tu serais sans doute devenue une excellente professeure pleine d’empathie et de compréhension pour tes élèves.</p>
<p>ACTE 4 : DIVERTISSEMENT<br />Comme dans chaque grand opéra, celui que nous racontons ce matin a aussi son acte léger, qui aurait mérité un grand ballet. Mais tu comprendras que, dans ces circonstances namuroises, nous nous contentions d’évoquer la malicieuse Jodie sans grand écart ni pirouette. Nous sommes tous coupables ici de t’avoir donné, dans l’intimité, des conseils aussi hardis que tes questions étaient osées, mais c’était pour avoir le plaisir de t’entendre nous raconter ensuite le résultat de tes aventures. Oui, les chips aux truffes sont bonnes pour la santé ! Non, ce n’est pas grave de regarder trois épisodes d’une série Netflix sans pause ! C’est une grande fierté de pouvoir témoigner aussi de ce versant de toi, Jodie, qui savait brûler la chandelle par les deux bouts et ne pas être spectatrice placide de ton existence. Ce feu et cette joie sur scène devait se nourrir de tous les plaisirs de la vie, à commencer par le rire ! Et ce n’était pas la moindre de tes qualités que de faire sonner nos téléphones et de nous dire d’une voix faussement candide : « Tu ne sais pas ce qui m’arrive ! » ou « Je crois que je n’aurais pas dû ». Tu n’étais jamais avare, à ton tour, de conseils ou de suggestions pour pimenter nos vies, et nous pousser dans tel restaurant ou à telle lecture de magazine. Merci, Jodie, pour ces fous rires, ces confidences, ces histoires à rebondissements dont Offenbach, lui-même, aurait sans doute fait sa meilleure opérette.</p>
<p>ACTE 5 : LE DRAME<br />Au dernier acte d’un grand opéra, l’histoire se précipite. Le décor change tout à coup. Les heures joyeuses font place à la tristesse et à la séparation. Toutes ces héroïnes que tu incarnais connaissent un destin tragique dans lequel tu plongeais avec une palette émotionnelle toujours renouvelée. Ce drame du cinquième acte nous empoigne aujourd’hui avec une violence irréelle. Cette Ophélie qui se noie, cette Lakmé qui se condamne, cette Lucie qui renonce, cette Violetta qui ne peut plus lutter contre la maladie semblent toutes là, dans ce cercueil, devant nous aujourd’hui. On voudrait croire que c’est encore un opéra qui se joue, que le rideau baissé va se relever bientôt. Pourtant, non, ce n’est plus un opéra, c’est le fil de ta vie qui a été trop tôt et trop violemment coupé. Le rideau ne se relèvera plus cette fois. Mais, loin au-dessus du théâtre de nos vies, passera une étoile – celle que tu fus sur la terre. À coup sûr, cette étoile filante impressionnera la NASA qui, sous le nom de « la Devos JD 1988 », te prendra pour une arme de haute précision namuroise destinée à répandre la paix dans le monde. C’est que cette étoile est une étoile « colorature », qui va donc plus vite et monte plus haut. Permets-nous, chère Jodie, si le rideau ne doit plus se rouvrir, de t’adresser la récompense ultime que les grands artistes méritent. Et, non, il ne s’agira pas d’un cachet augmenté sans prélèvement à 40% de charges, défraiements hébergement non-plafonnés, commission d’agence supprimée et moins encore sur la base de la présentation d’un certificat de détachement A1, mais tout simplement d’un tonnerre d’applaudissements qui résonnera longtemps et t’accompagnera pour toujours.</p>
<p style="font-weight: 400;">Alexandre DRATWICKI</p>
<p style="font-weight: 400;">__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Santoni"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message de Vannina SANTONI</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;">Il est des personnes qui dès la première rencontre vous donnent le sentiment de les connaître depuis longtemps. Jodie fait partie de ces êtres exceptionnels. Elle ne se livrait pas au premier venu mais laissait transparaître sa sensibilité par son regard, sa façon de parler, son sourire ou sa moue mélancolique qui la rendait si irrésistible et attachante.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les longues discussions sur nos vies personnelles, professionnelles, sur les choses futiles qui devenaient rapidement un sujet profond, les avis, les conseils que nous nous donnions, tout cela a été d’une importance et d’une inspiration essentielles. J’ai appris que le futile n’existe pas et que la simplicité est la plus belle des promesses.</p>
<p style="font-weight: 400;">Maintenant que tu es sur d’autres rives, ici tu vas nous manquer. Mais l’amour que tu as répandu lorsque tu foulais les scènes, lorsque nous nous prélassions à la terrasse d’un café ou lorsque, bien que fatiguée lors d’une soirée dansante, tu voulais malgré tout participer et que tu faisais danser ton pied, affalée et hilare sur un fauteuil, est un immense cadeau.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ton au revoir est digne des grandes héroïnes d’opéras. Ta force, ton courage, ta persévérance et ta rage de vivre ont marqué nos esprits et nos corps. L’air que nous respirons et que nous chantons est plus précieux et savoureux, grâce à toi. La profonde tristesse dans laquelle nous sommes plongés se mêle à la lumière que tu as semée.</p>
<p style="font-weight: 400;">Merci infiniment d’avoir été mon amie et je sais que nous nous retrouverons.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je t’aime.</p>
<p style="font-weight: 400;">Vannina SANTONI</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Pancrazi"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message d’Eléonore PANCRAZI</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;">Ma Jo,</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous nous disions tout. Absolument tout. Et c’est d’ailleurs parce que je ne me suis jamais sentie jugée avec toi que je me sentais la liberté de tout te confier. Parler de toi en quelques lignes et avec la justesse qui caractérisent mes sentiments et mes émotions actuellement est très difficile, mais je vais essayer de te rendre hommage du mieux que je peux.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nous nous sommes rencontrées en 2013, lors des auditions finales pour intégrer l’Académie de l’Opéra-Comique. Je n’oublierai jamais cette première impression : tu chantais le rôle d&rsquo;Adèle dans<em> La Chauve-Souris</em> de Strauss – rôle qui d’ailleurs lancera ta carrière à la scène l’année suivante – avec un talent inégalable et une détermination sans pareille. Je le comprendrai très vite, cette détermination illustrait ton besoin d’être sur scène et de chanter, ce plaisir grisant, ce moteur, ce moyen d’expression si singulier.</p>
<p style="font-weight: 400;">Très vite, au sein de cette académie, une complicité s’est établie entre nous, musicalement d’abord, car nos voix se mariaient et nous nous trouvions « une respiration commune » comme tu aimais me le dire. Bientôt, nos échanges sur des passions communes nous ont rapprochées, ainsi que ton humour belge irrésistible, nos confidences et surtout, des rires aux éclats.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cette relation s’est mue en une amitié indéfectible, pendant plus de 10 ans, durant lesquels j’ai eu l’immense chance d’être aux premières loges d’un début de carrière flamboyant et amplement mérité : quelle chance d’avoir été là pour ton Adèle le soir où tu as remplacé Sabine Devieilhe à l’Opéra-Comique, ou ton Yniold, premier rôle que tu chanteras à l&rsquo;Opéra de Paris.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je ne vais pas faire la liste de tes nombreuses qualités, mais qu’est-ce que tu étais drôle ! Je pense pouvoir dire que le rire était sans doute un pilier fondamental de notre amitié, mais aussi le moyen d’éclairer n’importe quel moment obscur – de doute, de tristesse – de ta vie, car cela faisait aussi partie de toi. Tu étais solaire, oui,  mais tu avais aussi une facette mélancolique dont tu te servais sur scène. C’est aussi grâce à ça que tu étais si extraordinaire en Lakmé, en Ophélie, en Gilda, en Lucie…</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand tu as su pour ta maladie, tu m’as confié que ce qui t’attristait le plus ce n’était pas de partir dans ton sommeil, mais c’était la peine que l’on devrait endurer et celle que tu ressentais à l’idée de ne plus pouvoir chanter. Dire que ma peine est grande serait un euphémisme. Avec toi s’en est allée une partie de moi. Une confidente, une partenaire de voyage, un soutien indéfectible. Deux années de suite, tu as accepté de venir chanter dans le Jardin de mes parents en Corse pour nous aider à récolter des fonds pour venir en aide au personnes atteintes du…. cancer. Qui aurait pensé que ta grande générosité t’amènerait à chanter pour une cause qui deviendrait la tienne…<br />Les mots me manquent.<br />Je chérirai à jamais cette chance infinie d’avoir pu me compter parmi tes amis et d’avoir été à tes côtés, jusqu’au bout.</p>
<p style="font-weight: 400;">J’t’aime</p>
<p style="font-weight: 400;">Eléonore PANCRAZI</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Duhamel"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message d’Alexandre DUHAMEL</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;">J&rsquo;ai beau voir depuis dimanche les innombrables hommages mérités, je n&rsquo;arrive toujours pas à y croire. Jodie, toi qui aimais tant la vie, infatigable, solaire, si rayonnante&#8230; Nous ressentons tous une peine incommensurable et un sentiment d&rsquo;injustice terrible.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je pense à sa famille, à ses amis, à ses sœurs de cœur et à son âme sœur&#8230; Son Gérald, son Edgardo, son Julien, à qui je pense particulièrement aujourd&rsquo;hui : Tu ne seras plus jamais seul, ni sur scène ni dans la vie. Je sais que sa lumière continuera de te porter et que tu brilleras désormais pour deux. Et bien sûr je pense à toi Jodie, merveilleuse collègue et artiste irremplaçable. Merci pour tout ce que tu nous as donné, tu resteras pour nous tous une éternelle source d&rsquo;inspiration. Repose en paix.</p>
<p style="font-weight: 400;">Alexandre DUHAMEL</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Gilbert"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message de Romain GILBERT</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;"><strong>La lumière<br /></strong>Celle qui se dégageait de tes grands yeux, celle qui irradiait de ton beau sourire et bien entendu celle qui rayonnait de ta voix. Première rencontre aux Bouffes du Nord où à peine rentrée dans la pièce, quelque chose s’est allumé. Le théâtre des Champs Elysées, Tours, Mulhouse ont été nos terrains de jeu et il y en avait tant d’autres à venir. Cette lumière s’en est allée briller encore plus haut que tes contre-mi et cela pour l’éternité. Tu vas tant me manquer.</p>
<p style="font-weight: 400;">Romain GILBERT</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Pierre"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message de Maxime PIERRE</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;">Il y a encore quelques semaines, faisant face avec beaucoup de courage au cancer qui s’était attaqué à son corps vulnérable, Jodie me disait : « Quand j’étais ado, je voulais que ma vie soit extraordinaire. Il fallait que ce soit dans tous les sens du terme… ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Extraordinaire, sa vie l’a été. Née avec une passion inébranlable pour le chant. D’abord pour la variété, puis le jazz et plus tard pour l’opéra, un art qu’elle a découvert avec émerveillement et, par sa force sublimatoire, par lequel elle a trouvé un moyen de s’élever. Outre le chant, Jodie était animée par la scène, en témoigne ses talents de comédienne évidents dès la finale du Concours Reine Élisabeth en 2014 – « le début de tout » et « une revanche sur la vie » confiait-elle à la RTBF – où elle faisait la démonstration d’une palette d’interprétations très variées. Son dévouement à son art, sa rigueur au travail, sa technique vocale impeccable et sa capacité à transmettre des émotions profondes resteront gravés dans nos mémoires, dans nos oreilles et dans nos cœurs.</p>
<p style="font-weight: 400;">En ces moments difficiles, je pense à ses amis et collègues qui ont eu la chance de la côtoyer, et plus particulièrement à Eléonore Pancrazi, une de ses plus proches et fidèles amies. C’est à Eléonore que je dois ma rencontre avec Jodie à l’occasion de <em>La Vie parisienne</em> à l’Opéra de Tours. Vous m’aviez hébergé un soir dans la maison que vous partagiez toutes les deux le temps de la production. Notre connexion fut immédiate et je me souviendrai toujours de cette soirée. L’adrénaline post-représentation aidant, nous avions veillé tard et beaucoup ri. Dès lors, nous nous sommes revus de nombreuses fois, partageant des moments de complicité, de rires et conversations passionnées (sur le chant mais pas que !). C’est donc naturellement à Eléonore que vont aussi mes pensées, elle qui a été auprès de Jodie jusqu’aux tous derniers moments et qui chantera pour elle désormais. Eléonore, tu es une personne magnifique et rare.</p>
<p><img decoding="async" title="Jodie par Maxime" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_8795-1294x600.jpeg?&amp;cacheBreak=1719214572539" alt="" /></p>
<p style="font-weight: 400;">Jodie, je n’oublierai jamais tes grands yeux et ton regard pétillant, ton sourire espiègle, ton esprit vif, ta joie de vivre irradiante, ton humour incisif, ta voix d’or et ton amour pour l’opéra – un art auquel tu donnais tant. Tu étais, quelque part,  à l’image de la musique d’Offenbach : gaie, joyeuse, drôle et virtuose.<br />Je garde précieusement ces mots – pleins d’optimisme – que tu m’écrivais en avril dernier, en faisant face à la maladie : « il faut toujours regarder devant et avancer, quoi qu’il arrive ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Au revoir, Jodie, et merci pour la beauté que tu as apportée au monde. Tu nous manques terriblement.</p>
<p style="font-weight: 400;">Maxime PIERRE</p>
<p style="font-weight: 400;">__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Campellone"></a></p>
<h4 style="font-weight: 400;"><strong>Message de Laurent CAMPELLONE</strong></h4>
<p style="font-weight: 400;">« Grazie signora ! »</p>
<p style="font-weight: 400;">Chez Homère, la plus grande malédiction, c’est de ne pas être là où on doit être, de ne pas être dans son destin, de se détourner de sa vérité.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce qui subjuguait tous ceux qui approchaient Jodie, c’était de voir à quel point elle était exactement où elle devait être : sur scène, et pour chanter. C’était une évidence, une chose extraordinaire à voir chaque soir. Elle était faite pour cela, née pour cela. Pour venir devant une salle, incarner un personnage et pour offrir absolument tout ce qui l’avait construite et nourrie jusqu’à ce jour précis à cette heure précise où le rideau s’ouvrait. Je ne l’ai jamais vue une seule fois entrer sur scène sans être absolument prête à donner le meilleur d’elle-même. Et je ne l’ai jamais vu sortir une seule fois de scène sans avoir chanté comme si toute sa vie en dépendait. Cette sincérité et ce don total, chaque soir, participaient à faire éclore sur scène, à chacune de ses apparitions, un « petit miracle » que tout le monde percevait.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il y aurait tant à dire sur la générosité de Jodie envers tous, sur sa capacité de travail impressionnante et inusable, sur son amour immense des grands compositeurs ! Que ce soit pour une représentation, une séance de travail, ou dans la vie privée, la retrouver était toujours une vraie grande fête. Jodie était comme un soleil et elle éclairait tout ce qu’elle touchait de la lumière puissante et sincère de sa joie, de son appétit de vivre et de beauté. Rien ne lui résistait, personne ne pouvait ne pas être bouleversé par son immense humanisme. Elle prenait la peine des gens pour leur donner, en échange, tout son amour.</p>
<p style="font-weight: 400;">Un souvenir fabuleux, parmi tant d’autres, avec elle : nous sommes à Padova, près de Venise, en février 2019 pour un concert d’airs d’opéra français. C’est le matin, il doit être 10h environ. Cinq minutes avant d’arriver sur le plateau pour faire la « répétition générale » du concert (c’est un filage complet du programme dans les conditions techniques du concert), répétition durant laquelle il était convenu que Jodie ne chanterait que certains passages puisqu’elle doit chanter le soir même un programme exigeant, nous découvrons que la salle est pleine de… 850 enfants qui ont entre 5 et 10 ans, invités à venir écouter la générale. Ils piaillent d’impatience : on leur a fait entendre des enregistrements de Jodie et ils ont même tous appris un bout du texte d’un air qui est au programme. Ils sont déchaînés, le brouhaha est impressionnant et les instituteurs, dépassés, tentent de retenir certains de ces tigres dans leurs velléités de monter sur scène. L’orchestre s’accorde tant bien que mal dans ce tumulte, tandis que le violon solo tente calmer le jeu à coups de « Silenzio ! » à destination des marmots, marmots dont certains sont d’ailleurs déjà debout sur leurs sièges pour mieux voir.</p>
<p style="font-weight: 400;">En coulisse, je dis à Jodie : « C’est plus une répétition, c’est un hommage à Fellini » et, évidemment cela suffit à nous faire rire. Les yeux de Jodie pétillent de cette malice et de cette joie de vivre qui pouvaient soulever des montagnes.</p>
<p style="font-weight: 400;">On se prend la main et elle me dit : « Viens, on va les calmer direct, mon Lolo ! »</p>
<p style="font-weight: 400;">On entre en scène, devant des enfants déchaînés. Après avoir fait signe à l’orchestre qu’on jouerait exceptionnellement l’ouverture prévue au début du programme plus tard, on attaque un premier air héroïque et rythmique  qui se termine par un contre-ré. Un contre-ré de Jodie à 10h du matin : l’effet est sidérant sur les 850 enfants qui explosent de bonheur.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je dis à Jodie en riant : « Pour ce qui est de les calmer, on repassera !!! ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Elle me fait un clin d’œil, se retourne vers la salle. Puis, de façon incroyable, le silence total se fait en 5 secondes juste parce que Jodie pose son index sur sa bouche pour montrer aux enfants que maintenant il faut écouter attentivement. Suit alors un air lent dans lequel elle enchaîne les pianissimi sur le souffle. À la fin, les enfants sont bouche bée. Ils n’osent même plus bouger. C’est une petite fille qui brise le silence en disant au troisième rang en disant « Grazie signora ! ».</p>
<p style="font-weight: 400;">La générale a duré 1h30. Jodie a tout chanté à pleine voix. Ce fut un des plus grands moments de musique, de partage et de joie qu’il nous fut donner de vivre ensemble.</p>
<p style="font-weight: 400;">En sortant, elle me dit : « Tu sais, si ça a pu donner envie à un seul d’entre eux de venir découvrir l’opéra, alors je suis tellement heureuse d’avoir fait ça pour cet enfant ! »</p>
<p style="font-weight: 400;">C’était Jodie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Laurent CAMPELLONE</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Alarcon"></a></p>
<h4><strong>L&rsquo;adieu de Leonardo GARCÍA ALARCÓN</strong></h4>
<p>Adieu Jodie, adieu à La Divine.</p>
<p>Aucune musique sur terre pourra exprimer le manque que ton absence provoque chez nous aujourd’hui, chère Jodie.</p>
<p>Ta voix était gardienne de la beauté, le plus bel ornement de notre ciel et lumière de la terre entière, la plus tendre caresse en musique que l’air ait connu.</p>
<p>Je pense n’avoir jamais éprouvé cette sensation, ce sentiment de vouloir offrir aujourd’hui ma propre existence contre la tienne, pour que ce monde continue à profiter de ton être, de ta voix, de ton Art et de ton sourire, ce sourire qui soignait l’âme de tous ceux qui t’entouraient, ta famille, tes collègues et ton public.</p>
<p>« Le monde ne sera pas le même sans toi » … cette phrase semble avoir été inventée pour ce jour.</p>
<p>Quelle erreur monumentale de la vie inattentive. <img decoding="async" class="wp-image-167017 alignright" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/image0-1-300x199.jpeg" alt="" width="317" height="210" /></p>
<p>Tu étais pour beaucoup d’entre nous le sens ultime de ce qu’un être humain artiste doit provoquer lors de son passage dans ce monde, le symbole même de l’amour, la passion, l’humilité et la dévotion pour la musique.</p>
<p>À l’âge de ton Mozart aimé, tu pars, mais tu nous offres le souffle unique de ta voix et le souvenir impérissable de ta personne.</p>
<p>Tu es éternelle Jodie, tu l’étais déjà sur scène et dans la vie de tous les jours. On le sentait dans ton regard, qui contenait les émotions les plus belles de cet univers.</p>
<p>Tu n’as pas de temps ni d&rsquo;espace aujourd’hui, tu es toi même le temps et l’espace.<br />Tu es devenue notre étoile pour toujours, guide de nos cœurs et nourriture de notre chemin jusqu’à la fin de nos propres jours.</p>
<p style="font-weight: 400;">Leonardo GARCÍA ALARCÓN</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Mernier"></a></p>
<h4>Message de Benoît Mernier</h4>
<p style="font-weight: 400;">J’ai rencontré pour la première fois Jodie Devos en 2006. Elle avait 18 ans et commençait ses études musicales supérieures à l’IMEP à Namur où j’enseignais à l’époque. Très vite, son talent, sa vitalité, son énergie toujours positive et contagieuse la firent sortir des rangs, même au sein de cours parallèles tels que l’analyse musicale dont j’avais la charge.</p>
<p style="font-weight: 400;">Seize ans plus tard, l’écriture de la fin de « On purge Bébé »  l’opéra de Philippe Boesmans qu’il me demanda d’achever quelques heures avant de nous quitter en avril 2022, me donna l&rsquo;occasion de pouvoir travailler avec Jodie, essentiellement lors des répétitions de cette formidable production où elle chantait le rôle de Julie Follavoine.</p>
<p style="font-weight: 400;">Jodie est arrivée aux premières répétitions totalement souveraine dans ce rôle extrêmement exigeant vocalement. Cette assurance ne l’empêcha pas – que du contraire – de chercher sans cesse comment améliorer musicalement les choses, comment moduler les intentions et la psychologie de son personnage…</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OnPurgeBebe2PG%C2%A9JeanLouisFernandez-066-1294x600.jpg" />© Jean-Louis Fernandez </pre>
<p style="font-weight: 400;">L&rsquo;intensité de sa présence lumineuse et légère portait toute la production et l’entraînait vers l’excellence dans une ambiance rendue toujours positive par sa volonté, son professionnalisme et son éternel sourire qui restera gravé dans la mémoire de tous ceux et celles qui ont eu la chance de la côtoyer. Merci Jodie!</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p><a name="Dupuis"></a></p>
<h4>Message d&rsquo;Etienne DUPUIS</h4>
<div>
<p style="font-weight: 400;">Il est très rare que je n’arrive pas à trouver les mots pour parler de quelqu’un.  Je lui en ai offert tellement, et souvent.  Des mots de musique, de théâtre et le plus souvent, d’amour et d’amitié.  C’est mon amie Jodie, et même mieux, c’est notre amie !  Nicole, Noah et moi (et même Lily le chien), elle nous a adoptés ou nous l’avons adoptée ou les deux. Elle ne se posait pas souvent, mais quand elle le faisait, on discutait longuement. Et on lui offrait des mots. En échange des siens, de ses sourires à fossettes, de ses étoiles d’âmes… On parlait beaucoup !</p>
<p style="font-weight: 400;">Belle comme l’amour. Elle était si belle.  Son amour pour la vie, pour ses amis, sa famille, son art, son amour pour l’amour…il était vif et doux, chaud, flottant, éclatant et soyeux. L’amour utilisait Jodie pour qu’on le voit et qu’on l’entende ! L’amour s’est servi d’elle et elle aura pu en profiter un peu… Je cherche mes mots pour parler d’elle : l’amour, la beauté, l’amitié…</p>
<p style="font-weight: 400;">Je veux la voir encore passer la porte et serrer ma femme dans ses bras, gronder Lily, complimenter Noah… Je veux la voir triompher sur scène, et savourer chaque moments entourée de ceux qu’elle aime. Je veux qu’il y ait justice, et que la mort emporte les corbeaux noirs qui ont comme valeur le pouvoir. Que cette mort puisse nous rendre le velours, notre Jodie, celle qui semait l’amour !  Celle qui aimait l’amour. Jodie, notre amie.</p>
<p style="font-weight: 400;">Tu nous manqueras toujours.</p>
<p style="font-weight: 400;">Etienne DUPUIS</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
</div>
<p><a name="Lacerda"></a></p>
<h4>Message d&rsquo;Elsa de LACERDA</h4>
<p style="font-weight: 400;">J’ai souvent oublié que Jodie était une reine de l’opéra. La voyant descendre les escaliers du Théâtre de La Monnaie ou de l’Opéra de Paris, démaquillée et en tenue de ville, elle était encore plus belle que sur scène : elle m’adressait immédiatement ce regard vif et cet énorme sourire, qui traduisait avec gourmandise les retrouvailles de deux amies. La conversation reprenait de plus belle, dans un rythme effréné : la famille, les amours, les conseils beauté pour sublimer nos crinières lusitaniennes. Jodie était un rossignol multicolore, si impatiente de virevolter et reprendre le cours de son existence terrestre. Je pense que ce lien instantané, après parfois des mois de séparation, exprimait parfaitement qui était Jodie : femme de lien, d’une humilité déconcertante, elle n’était au-dessus de personne, elle ne s’écoutait jamais parler, elle avait trouvé mieux : chanter et jouer, tel l’enfant espiègle toujours émerveillé, une forme de candeur doublée d’une maitrise infaillible. Jodie se donnait toujours dans son plus simple appareil : sur scène comme à la vie, sans tabou et sans retenue, légère mais profonde, sans fard mais pudique, joyeuse mais si consciente du fatum, tel Mozart, dont elle est désormais la jumelle. Comme lui, elle quitte la scène du réel à l’âge de 35 ans . Elle avait comme lui, cette lumière intérieure, ce don théâtral dramatique et comique et l&rsquo;intuition qu’ici-bas, tout n’est que farce ! Embrasse Wolfi pour moi ma Jodie et fêtez cette nouvelle vie comme il se doit !</p>
<p style="font-weight: 400;">Elsa de LACERDA</p>
<p>__________________________________________________________________________________________________________________</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong> </strong></p>
<p style="font-weight: 400;">En 2014, Jodie Devos obtient le deuxième Prix au Concours Reine Elisabeth, un résultat qui lancera sa fulgurante et trop brève carrière.<br />Après 3 semaines de compétition, son programme  pour la finale pourrait faire blêmir la plus aguerrie des sopranos (l&rsquo;Orchestre Symphonique de la Monnaie est dirigé par Roland Böer) :<br />1. Joseph HAYDN &#8211; <em>Die Schöpfung</em> : « Es bring die Erde Gras hervor &#8211; Nun beut die Flur »<br />2. Wolfgang Amadeus MOZART &#8211; « Vorrei spiegarvi, oh Dio » KV 418<br />3. Gaetano DONIZETTI &#8211; <em>Linda di Chamounix </em>: « Ah tardai troppo &#8211; O luce di quest&rsquo;anima »<br />4. Richard STRAUSS &#8211; <em>Amor<br /></em>5. Leonard BERNSTEIN &#8211; <em>Candide </em>: « Glitter and be gay »</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Jodie Devos | Queen Elisabeth Competition 2014 - Final" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/zCHl2nS8ocA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>Funérailles publiques en hommage à Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/funerailles-publiques-en-hommage-a-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 17:20:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les funérailles publiques en hommage à Jodie Devos auront lieu le samedi 22 juin 2024 à 10 heures en la Cathédrale Saint-Aubain de Namur. Cette cérémonie est ouverte à tous (dans la limite de la capacité du lieu) afin de rendre un dernier hommage à l’artiste. Les messages et témoignages de soutien à la famille &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les funérailles publiques en hommage à Jodie Devos auront lieu le samedi 22 juin 2024 à 10 heures en la Cathédrale Saint-Aubain de Namur.</p>
<p>Cette cérémonie est ouverte à tous (dans la limite de la capacité du lieu) afin de rendre un dernier hommage à l’artiste.</p>
<p>Les messages et témoignages de soutien à la famille peuvent être transmis à l’adresse suivante :&nbsp;<a href="mailto:hommagespourjodie@gmail.com">hommagespourjodie@gmail.com</a>.</p>
<p>Fleurs et lettres peuvent être envoyées au Centre Funéraire Laloux-Chaudoir, Chaussée de Louvain 764, 5020 Namur (Belgique).</p>
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		<title>Décès de Jodie Devos</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deces-de-jodie-devos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jun 2024 13:51:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est avec une infinie tristesse que nous apprenons la mort de la soprano Jodie Devos (voir communiqué de presse ci-dessous). Nos pensées vont d&#8217;abord vers sa famille, ses proches, ses amis puis vers ses nombreux admirateurs dont nous faisions partie. Hommage à suivre. La soprano belge Jodie Devos est décédée, entourée de sa famille et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est avec une infinie tristesse que nous apprenons la mort de la soprano<strong> Jodie Devos</strong> (voir communiqué de presse ci-dessous). Nos pensées vont d&rsquo;abord vers sa famille, ses proches, ses amis puis vers ses nombreux admirateurs dont nous faisions partie. Hommage à suivre.</p>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<cite>La soprano belge <strong>Jodie Devos</strong> est décédée, entourée de sa famille et de ses proches, ce 16 juin 2024 à Paris à l’âge de 35 ans des suites d’un cancer du sein qui l’avait contrainte à annuler plusieurs engagements récents. Elle était considérée comme l’une des artistes lyriques les plus talentueuses de sa génération.<br> <br>Après avoir étudié à l’Institut de Musique et de Pédagogie de Namur et à la Royal Academy of Music de Londres, elle remporte en 2014 le Deuxième Prix et le Prix du public du prestigieux Concours Reine Elisabeth de Belgique.<br> <br>Elle s’est produite sur les plus grandes scènes internationales et a collaboré avec des chefs d&rsquo;orchestre et des metteurs en scène de renom.<br> <br>Parmi les productions marquantes de sa carrière : <em>Die Zauberflöte</em> et <em>On purge bébé </em>au Théâtre royal de La Monnaie, <em>Il Barbiere di Siviglia</em>, <em>Le Nozze di Figaro</em>, <em>Rigoletto</em> et <em>Hamlet</em> à l’Opéra royal de Wallonie-Liège, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> et <em>Les Indes galantes</em> à l’Opéra National de Paris, <em>Fantasio</em> à l’Opéra Comique, <em>Dialogues des Carmélites</em> à l’Opéra National du Capitole de Toulouse, <em>La Vie Parisienne</em> et <em>L’Elisir d’amore</em> au Théâtre des Champs-Elysées, <em>Guillaume Tell</em> aux Chorégies d’Orange, <em>Lakmé</em> à l’Opéra de Tours, <em>Lucie de Lammermoor</em> à l’Opéra de Québec, <em>Hamlet</em> à Cincinnati et au Festival Radio France Occitanie-Montpellier…<br> <br>Elle était régulièrement invitée par de nombreux orchestres et ensembles : l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, l’Orchestre National de Belgique, le Brussels Philharmonic, l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, l’Orchestre National de Lille, le Münchner Philharmoniker, le Cincinnati Symphony Orchestra, Cappella Mediterranea, Le Concert de la Loge, Les Talens lyriques, Les Ambassadeurs-La Grand Écurie, Le Cercle de l’Harmonie, Insula orchestra…<br> <br>Jodie Devos a enregistré de nombreux CD sous le label Alpha Classics. Son premier album « Offenbach colorature » en collaboration avec le Palazzetto Bru-Zane a été unanimement salué par la critique et récompensé par de nombreux prix.<br> <br>Elle était Citoyenne d’honneur de la ville de Namur.</cite></blockquote>
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		<title>Jodie Devos dans une création mondiale au TCE le 30 avril</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jodie-devos-dans-une-creation-mondiale-au-tce-le-30-avril/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Apr 2024 05:55:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre des Champs-Elysées a cofondé l’année dernière le prix de composition Pisar avec Judith Pisar, la Juilliard School de New York et la Villa Albertine. Le but est de renforcer les liens culturels entre la France et les Etats-Unis en soutenant un ou un(e) jeune compositeur(trice). Le lauréat obtient une dotation de 10 000 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre des Champs-Elysées a cofondé l’année dernière le prix de composition Pisar avec Judith Pisar, la Juilliard School de New York et la Villa Albertine. Le but est de renforcer les liens culturels entre la France et les Etats-Unis en soutenant un ou un(e) jeune compositeur(trice). Le lauréat obtient une dotation de 10 000 euros et effectue une résidence aux Etats-Unis pour la composition d’une nouvelle pièce, créée ensuite au Théâtre des Champs-Elysées par les Siècles et <strong>François-Xavier Roth</strong>.</p>
<p>Le premier lauréat est le compositeur argentin Alex Nante, qui présentera mardi 30 avril son œuvre pour orchestre et soprano <em>A Subtle Chain</em> – Cinq Mélodies d’après Ralph Waldo Emerson. La partie pour soprano sera interprété par <strong>Jodie Devos</strong> dont on connaît les affinités avec le répertoire contemporain depuis <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/on-purge-bebe-bruxelles-la-monnaie-ne-tirez-pas-la-chasse/">On purge Bébé !</a></em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/on-purge-bebe-bruxelles-la-monnaie-ne-tirez-pas-la-chasse/">, le dernier opéra de Philippe Boesmans</a>.</p>
<p>Le concert sera suivi par le Concerto de chambre de Berg, interprété notamment par <strong>Renaud Capuçon</strong> et <strong>Jean-Efflam Bavouzet</strong> et par le poème symphonique de Schoenberg <em>Pelléas et Mélisande</em>.</p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2023-2024/orchestres-invites/les-siecles-roth-bavouzet-capucon">le site du Théâtre des Champs-Elysées </a></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="????️ INTERVIEW / François-Xavier Roth | Concert Nante / Berg / Schönberg" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/nbyXvuxaXBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, Fantasio – Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-fantasio-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2023 06:51:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une Bavière en guerre, un étudiant criblé de dettes, aussi désabusé et prompt à lever le coude que ses camarades, reprend d’un coup de tête la marotte du bouffon de la cour. Alors que le roi entend acheter la paix au prix d’un mariage politique qui rebute la princesse Elsbeth, Fantasio ridiculise le prétendant, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une Bavière en guerre, un étudiant criblé de dettes, aussi désabusé et prompt à lever le coude que ses camarades, reprend d’un coup de tête la marotte du bouffon de la cour. Alors que le roi entend acheter la paix au prix d’un mariage politique qui rebute la princesse Elsbeth, Fantasio ridiculise le prétendant, bouscule la demoiselle et déjoue le bellicisme ambiant. Absout, il obtiendra la paix, des titres et l’affection d’Elsbeth.</p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-fantasio/">Christophe Rizoud nous a tout dit</a> des raisons de l’insuccès de <em>Fantasio</em>, quatrième essai manqué d’Offenbach à l’Opéra-Comique. Depuis les premiers extraits alléchants révélés par Marc Minkowski avec la complicité du musicologue Jean-Christophe Keck et d’Anne Sofie von Otter, l’œuvre a été enregistrée (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fantasio-les-contes-dalfred/">Opera Rara 2014</a>) puis a retrouvé son public en concert (Montpellier 2015), mais aussi sur scène à Paris et Genève (2017), Montpellier et Rouen (2018) ou encore Utrecht (2019).</p>
<p>L’Opéra-Comique avait prévu de redonner <em>in loco</em> la production à succès de <strong>Thomas Jolly</strong> délocalisée au Châtelet en 2017, mais la Covid-19 en a décidé autrement ; c’est donc après plusieurs années d’attente que Fantasio retrouve ses planches d’origine – enfin presque, Favart ayant brûlé en 1887.</p>
<p>Sous la houlette de <strong>Katja Krüger</strong>, cette reprise est des plus soignée. Dès la pantomime de l’ouverture, tous les mouvements sont parfaitement réglés, la direction d’acteur est fouillée, et l’œuvre file sans temps mort. La cité bavaroise est dépeinte dans un camaïeu de couleurs suie que viennent ici ou là réveiller quelques accents, surtout le jaune du costume de bouffon de Fantasio. Graphique et évocatrice, l&rsquo;esthétique penche ici du côté du livre d’images et du théâtre d’ombre, là dans une atmosphère « ère industrielle » revue par Hollywood, et la princesse Elsbeth, pâle dans sa robe blanche, évoque certaines figures de Tim Burton.</p>
<p>Cette approche ne dessert nullement les bouffonneries, principalement autour du prince et de son aide de camp Marinoni. On n’a pas oublié que l’opéra-comique est pour moitié du théâtre, et les dialogues parlés, supérieurs au tout-venant de Favart, sont tout aussi plaisants que les morceaux. L’acteur <strong>Bruno Bayeux</strong> s’y taille un joli succès dans diverses incarnations pleines de caractère. L’animation générale est réjouissante (virevoltant air de fous de Sparck) et les effets chorégraphiés restent contenus, et bienvenus. On ne relève que quelques mouvements superflus (tournette-prison du III, jeu des suivantes pendant l’air d’Elsbeth).</p>
<p>La production souligne ce que l’œuvre d’Offenbach a de mélancolie, sourire triste qui peine à pleinement épouser l’esprit traditionnel de Favart. Certes, dans la forme tout y est, des couplets allègres ou doux-amers aux travestissements en passant par les rythmes de danse (valses et barcarolles omniprésentes) et la mélodie à succès répété très (trop ?) souvent. S’il cultive naturellement le demi-caractère du genre et sa palpitation sensible, le compositeur ne se départit pas d’une certaine distance désabusée, portée par le livret, là où Auber, Adam, Halévy (son maître) et Thomas veillaient à cultiver la franche bonne humeur et à contenter le bourgeois par de rassurantes conventions. Indécise, la rencontre d&rsquo;Elsbeth et de Fantasio tient plus à la communion autour d&rsquo;un même idéal d&rsquo;amour et de liberté, et un appel pacifiste colore le finale. On peut comprendre le désarroi d’un public décontenancé par l’esprit de Musset combiné à la pudeur railleuse d’Offenbach ! Mais notre époque déniaisée se montre bien plus réceptive à <em>Fantasio</em> qu’à <em>Mignon</em>, et le public applaudit chaleureusement à la fin du spectacle.</p>
<p>L’interprétation musicale est idéale. <strong>Laurent Campellone </strong>retrouve un opéra dont il souligne les riches nuances, et l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong> lui répond fidèlement pour restituer la subtilité et vivacité d’une partition très soignée. <strong>Gaëlle Arquez</strong> a du charisme à revendre dans un travesti très convaincant : Fantasio n’appelle pas d’exploit vocaux, mais une éloquence et une présence particulière. Son apparition dans le poétique air à la Lune charme immédiatement, et l’on comprend l’ascendant que Fantasio a sur son entourage. Reste que ce garçon cache trop bien ses fêlures, et suscite moins d’empathie qu’Elsbeth. La faute à <strong>Jodie Devos</strong>, sans doute, irrésistible interprète de ce répertoire. Timbre charmant, homogène du grave à l’aigu, vocalises et trilles parfaits, et cette fraîcheur sans mièvrerie qui convoque l’esprit de cette musique : la Belge est la reine de l’opéra-comique (écoutez ses <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jodie-devos-bijoux-perdus-des-etincelles-mais-pas-seulement/">Bijoux perdus</a> !).</p>
<p>Même si on l’a entendu plus en voix dans <em>Madame Favart</em>, opéra-comique créé « hors les murs » par Offenbach finalement plus classique, <strong>François Rougier</strong> est irréprochable en Marinoni. Il forme un savoureux duo avec le prince de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, qui se régale dans la fatuité. Bonne amie sentimentale, <strong>Anna Reinhold</strong> est une plaisante silhouette au côté de la princesse, dont le roi de père bénéficie de la gouaille inentamée de <strong>Franck Leguérinel</strong>. Les quatre comparses de Fantasio sont impeccables, et si le Sparck sonore de <strong>Thomas Dolié</strong> a plusieurs occasions de se mettre en valeur, on remarque aussi les aigus de <strong>Matthieu Justine</strong> dans les ensembles. Nuancé, homogène et intelligible, le chœur de l’<strong>Ensemble</strong> <strong>Aedes</strong> se montre aussi vif sur scène que les figurant·es.</p>
<p>Alors que <em>Les Contes d’Hoffmann</em> triomphent à nouveau à Bastille, gageons que ce <em>Fantasio</em> aura une aussi belle fortune. Une revanche méritée pour les opéras-comiques d’Offenbach.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Récital Jodie Devos &#8211; La Côte-Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jodie-devos-la-cote-saint-andre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait l’intérêt voire l’admiration de Berlioz pour le répertoire lyrique français des deux siècles précédant le sien : fervent amateur de Gluck surtout, reconnaissant également Rameau, compositeur alors complétement oublié, sur lequel Berlioz a écrit plusieurs articles élogieux et dont il avait lu les écrits théoriques. Que le prestigieux festival que lui consacre son &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait l’intérêt voire l’admiration de Berlioz pour le répertoire lyrique français des deux siècles précédant le sien : fervent amateur de Gluck surtout, reconnaissant également Rameau, compositeur alors complétement oublié, sur lequel Berlioz a écrit plusieurs articles élogieux et dont il avait lu les écrits théoriques. Que le prestigieux festival que lui consacre son village natal décide cette année de programmer un récital largement consacré au maitre dijonnais est donc bien plus qu’une bonne idée de musicologue.</p>
<p>Dans le cadre de la chapelle de la Fondation Apprentis d’Auteuil, à la fois vaste par ses dimensions et intime par son acoustique, étonnamment peu réverbérée, le concert de ce soir frise la perfection. Le <strong>Jeune Orchestre Rameau</strong> met-il du temps à se chauffer ou les dissonances et décalages sont-ils voulus par Rameau lui-même dans la décidément détonante ouverture de <em>Naïs </em>? Sans doute un peu des deux car la suite du concert les voient rigoureux, précis, équilibrés, dansants et loyaux à la baguette d’un <strong>Bruno Procopio</strong> qui n’a pas peur de bousculer une certaine tradition interprétative. Nous n’avons, par exemple, pas souvenir d’avoir entendu des cordes aussi présentes dans l’introduction de « Tristes apprêts ». L’effet est très réussi, le malaise de Telaïre semble nous gagner, sa fébrilité, tandis que son hébétude est portée par un basson bien moins solitaire qu’à l’habitude. Signalons également le souci musicologique qui a présidé à l’élaboration de ce programme : outre une version rare du Tonnerre d’<em>Hyppolite et Aricie </em>datant de 1742 (et recréée par ce même orchestre en 2021 seulement), de larges extraits de son talentueux, mais toujours méconnu, contemporain Antoine Dauvergne ont été insérés. Enfin il n’est pas si courant d’entendre des extraits des <em>Sybarites</em> ou ces tambourins-ci de <em>Dardanus</em>. A coté des raretés, beaucoup de tubes aussi, dont la chaconne finale des <em>Indes Galantes</em>, une des plus belles et difficiles page de Rameau. Cette heure et demie de musique n’avait donc rien d’un parcours de santé pour la trentaine de musiciens réunis, et leur réussite est d’autant plus éclatante qu’ils ont peu l’habitude de jouer ensemble et sont pour beaucoup de jeunes musiciens (le – très bon – timbalier est-il seulement majeur ?) issus de conservatoires supérieurs de musique du monde entier, épaulés par des professionnels plus confirmés. Bien sûr le trac s’en mêle parfois un peu : le trompettiste surexposé dans la Chaconne pour tous les Peuples n’évite pas quelques fausses notes, mais il se surpassera, osant même quelques variations jazzy lors du bis de ce même morceau. On regrette de ne pouvoir entendre plus souvent cet ensemble et espérons sincèrement que ce programme fera l’objet d’une tournée, voire d’un disque.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20230821.0408.Festival.Berlioz.%C2%A9Bruno.Moussier-1294x600.jpg" />© Bruno Moussier</pre>
<p>Et que serait un tel écrin sans une pierre précieuse ? Celle de ce soir n’a rien d’un gros diamant tape-à-l’œil, ce serait plutôt une perle brillante et simple, belle dans la régularité de son éclat. <strong>Jodie Devos</strong> est maintenant bien connue des mélomanes pour avoir redonné vie à des morceaux pour coloratures du répertoire français du XIXe avec pour armes principales un français cristallin, un timbre richement coloré et un naturel désarmant qui attire la sympathie, tout en faisant oublier des suraigus souvent tendus. Or point de suraigus chez Rameau, la chanteuse peut ce soir se concentrer sur tout ce qui fait son charme. Là où beaucoup gonflent leur voix pour donner aux mots leur poids tragique, Jodie Devos ne cherche pas à se faire plus grosse que le mythe. A l’inverse, son naturel l’éloigne de l’affèterie qui peut vite salir les ailes de tous ces amours volants. Elle est proche de notre idéal pour ce répertoire. On admire le mélange de sincérité et délicatesse par lequel elle aborde « Viens Hymen » et si le « Triomphe aimable paix » de Dauvergne la voit moins à son aise, quel éclatant « Règne amour » de Zoroastre aux aigus solides et souples, contrastant avec un « Tristes apprêts » dépouillé, à la prononciation parfaite, nette sans introduire trop d’angles dans une émission qui conserve toute sa rondeur ! Un mot enfin sur son « Aux langueurs d’Apollon » : une Folie douce, sans histrionisme, aux excès purement belcantiste qui font déborder une pulpe vocale intacte, une Folie un peu timide certes, mais que ce sourire en coin est agréable, qu’il est aimable, pour qui veut bien perdre sa férocité.</p>
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		<title>DONIZETTI, La Fille du régiment &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Apr 2023 06:41:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Proposer en version de concert La Fille du régiment est un choix a priori surprenant. Le premier ouvrage lyrique en langue française de Donizetti relève du genre opéra-comique. L&#8217;alternance de textes chantés et parlés semble peu compatible avec l’absence de mise en scène. Son succès, jamais démenti, le classe parmi les fleurons de sa catégorie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Proposer en version de concert <em>La Fille du régiment</em> est un choix a priori surprenant. Le premier ouvrage lyrique en langue française de Donizetti relève du genre opéra-comique. L&rsquo;alternance de textes chantés et parlés semble peu compatible avec l’absence de mise en scène. Son succès, jamais démenti, le classe parmi les fleurons de sa catégorie quand l’option concertante est le plus souvent réservée aux ouvrages rarement joués.</p>
<p>Confier un ouvrage patriotique à l’Orchestre de la Garde Républicaine s’inscrit en revanche dans une logique imparable. Sous la baguette narquoise d’Hervé Niquet, les cuivres semblent prendre un malin plaisir à rutiler et les timbales à rouler. Non exempt de pesanteur, l’excès d’entrain nuit parfois à la mesure et dans la première partie à la balance entre voix et instruments. La représentation suivante, ce mercredi 5 avril, devrait résoudre les quelques écarts de mise en place. Formidable d’unité, le chœur de l’Armée française s’épanouit avec le naturel joyeux que l’on peut attendre d’un ensemble à vocation militaire dont la vingtaine de membres interprètent autant de soldats.</p>
<p>Côté chanteurs, il s’agit de donner vie aux personnages sans le soutien du théâtre et de ses apparats – costumes, décors… Avoir chanté <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-fille-du-regiment-liege-ah-mes-amis-quel-jour-de-fete/">La Fille du régiment </a></em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-fille-du-regiment-liege-ah-mes-amis-quel-jour-de-fete/">sur scène à Liège</a> aide <strong>Jodie Devos</strong> à endosser le rôle de la vivandière. L’aisance avec laquelle elle coiffe la charlotte donizettienne n’en est pas moins admirable. La légèreté de la voix accentue la jeunesse de Marie. L’agilité prend le pas sur la sensibilité, la virtuosité de « Aux bruits de la guerre » sur la mélancolie de « il faut partir ». Mais le charme se dispute à l’humour notamment au deuxième acte lors d’une leçon de chant allègrement massacrée. La justesse du ton et l’évidence de la diction ne sont pas les moindres atouts d’une interprétation ovationnée par le public.</p>
<p>Fraîcheur et sincérité caractérisent aussi la manière dont <strong>Sahy Ratia</strong> aborde Tonio. Même légèreté, même musicalité : les deux amoureux sont en symbiose, condition indispensable à l’équilibre de la représentation. Étaient évidemment attendus les neuf contre-ut de « Pour mon âme » ; ils répondent à l’appel, crânement envoyés d’une voix claire et égale. « Pour me rapprocher de Marie » souffre d’un défaut de couleurs mais non de style. Voilà un ténor dont le sens du phrasé devrait trouver matière à s’épanouir dans le répertoire de la Salle Favart.</p>
<p>Les autres rôles veulent des interprètes comédiens autant que chanteurs. Là encore, rien à redire, de <strong>Marc Labonnette</strong>, Sulpice bonhomme, loin de toute outrance, à la Marquise drolatique de <strong>Doris Lamprecht</strong>, grande dame perchée aux faux airs de Valérie Lemercier, sans oublier – <em>last but not least </em>– <strong>Felicity Lott</strong> qui en peu de répliques impose une Crakentorp au chic incomparable.</p>
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