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	<title>Renato GIROLAMI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Renato GIROLAMI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il Turco in Italia – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Dec 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plaisant, drôle et bien enlevé, mais aussi profond, grave et par moments émouvant, ce Turc en Italie bénéficie à la fois de la baguette expérimentée de Giacomo Sagripanti et d’une mise en scène à la hauteur de sa création in loco puisque, curieusement, cet opéra de Rossini n’avait jamais encore été représenté sur la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Plaisant, drôle et bien enlevé, mais aussi profond, grave et par moments émouvant, ce <em>Turc en Italie</em> bénéficie à la fois de la baguette expérimentée de <strong>Giacomo Sagripanti</strong> et d’une mise en scène à la hauteur de sa création <em>in loco</em> puisque, curieusement, cet opéra de Rossini n’avait jamais encore été représenté sur la scène lyonnaise. Donné en juin 2023 à Madrid dans le cadre d’une coproduction avec le Teatro Real, le spectacle avait déjà suscité dans ces colonnes <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-madrid/">les éloges de Yannick Boussaert</a>, auxquels nous souscrivons sans réserve.</p>
<p>L’entrée au répertoire local de cette œuvre majeure de Rossini – qui a longtemps pâti de sa situation chronologiquement coincée entre <em>L’Italienne à Alger</em> et <em>Le Barbier de Séville</em> – rattrape avec bonheur <a href="https://www.forumopera.com/zapping/un-jour-une-creation-14-aout-1814-le-turc-echoue-en-italie/">un retard de 210 ans</a>. Par la magie des voix et de la musique en premier lieu, bien sûr, avec tout le brio rythmique, la finesse instrumentale et toute la verve musicale du compositeur si remarquablement servis par l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong> ; mais aussi par la virtuosité de la mise en scène inventive et malicieuse de <strong>Laurent Pelly</strong>, qui tire habilement parti de la mise en abyme proposée par le livret. L’intrigue, plutôt simple mais démesurément étirée, ne se contente pas, en effet, de présenter la quête du grand amour par Fiorilla, une jeune femme qui, près de Naples, s’ennuie en ménage. Elle ne se limite pas non plus à décrire ses rapports contrastés avec Geronio, son vieux barbon de mari et avec Narciso, son sigisbée qui aspire à être davantage qu’un chevalier servant, puis sa rencontre avec le beau Sélim venu de Turquie, coup de foudre sans lendemain puisque le Turc retrouve en Italie celle qu’il aimait, Zaida, fausse bohémienne mais vraie amoureuse, répudiée naguère sur la foi de fausses accusations d’infidélité. L’originalité du livret ne repose pas sur ces poncifs éprouvés de la comédie en général et de l’opéra bouffe en particulier, mais sur la présence du Poète, tour à tour narrateur de l’histoire et acteur qui intervient dans le cours de l’intrigue. Véritable réflexion sur l’art du librettiste, sur les conditions de création d’une œuvre, et sur celles du renouvellement d’un genre, <em>Le Turc en Italie</em> permet souvent de rire au premier degré, mais aussi, à d’autres niveaux de lecture, de sourire et de percevoir le regard critique porté sur l’apparente résorption ou répression des tentatives de transgression.</p>
<p>Avec le talent qu’on lui connaît (comme dernièrement à Lyon avec le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-barbe-bleue-lyon/"><em>Barbe-Bleue</em> d’Offenbach</a>), Laurent Pelly a eu cette fois recours à l’univers du roman-photo – qui, aujourd’hui, paraît à beaucoup tout aussi désuet que celui de l’opéra bouffe, permettant un double décalage particulièrement efficace. Si en la matière on songe en France à <em>Nous Deux</em>, « le magazine du bonheur » né au début des années 50 du vingtième siècle, il ne faut pas oublier que le roman-photo – tout comme l’opéra – est une invention italienne (le <em>fotoromanzo</em> naît en 1947). Par ailleurs, la redécouverte du <em>Turc en Italie</em> après son long oubli date précisément des années 50. Nous voici donc devant des pages géantes de <em>Carina</em> aux images et intrigues aussi stéréotypées (« Non posso amarti », « Il mio destino sei tu ») que le pavillon de banlieue devant lequel Fiorilla feuillette les magazines qui la font rêver. Le Poète qui habite la maison voisine s’empresse de transcrire sur sa machine à écrire les disputes de Fiorilla et de Geronio avant d’intervenir lui-même pour corser l’histoire. Tout s’enchaîne ensuite en suivant plus ou moins selon les impulsions d’un auteur qui se veut démiurge mais finit par être dépassé par une histoire qui le laissera insatisfait, et comme surpris par un retour à la situation initiale au terme d’un divertissement aussi loufoque que vain. Il faut saluer la réussite de ce parallèle entre un opéra qui semble ne pas vouloir s’arrêter (le livret souffre d’un sérieux problème de découpage dramatique) et un genre qui par définition se prolonge sans cesse, en raison certes de la forme du roman-feuilleton, et surtout parce que l’essentiel n’y est pas l’originalité d’un récit novateur mais le plaisir de ressasser <em>ad nauseam</em> les mêmes clichés et stéréotypes à valeur de refuge sentimental. Des cadres descendent des cintres pour devenir vignettes du roman-photo qui s’élabore sous nos yeux, combinant la présence des chanteurs, de photos et de phylactères affichant leurs propos ou leurs pensées, dans une scénographie très réussie de <strong>Chantal Thomas</strong>, astucieuse, amusante, satirique et pourtant non dépourvue de poésie.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2024_LeTurcenItalie_GcPaulBourdrel_HD_023-1294x600.jpg" alt="" width="755" height="350" />
©Paul Bourdrel</pre>
<p>De la distribution vocale de Madrid ne demeure que l’impressionnant Selim d’<strong>Adrian Sâmpetrean</strong>, dont la séduction vocale et la plastique avantageuse s’accompagnent d’une présence scénique époustouflante, depuis son arrivée à la proue d’un navire (figuré par la tranche inclinée d’un volume géant de roman-photo) jusqu’à la chorégraphie trépidante de la fuite finale, en passant par diverses acrobaties, comme dans le duo « D’un bel uso di Turchia » qu’il chante juché sur un haut tabouret. La profondeur de la voix, le timbre envoûtant de la basse et la vélocité du chant contrastent avec les poses dramatiques ou hiératiques dans lesquelles se fige le chanteur. Remarquable actrice, virevoltante ou enamourée, la soprano espagnole <strong>Sara Blanch</strong> donne beaucoup d’elle-même dans le rôle de Fiorilla qu’elle joue avec conviction : si la voix semble au début manquer un peu de corps et de projection, elle révèle au cours du spectacle toute une palette de nuances et une maîtrise confondante des vocalises – et convainc entièrement dans les moments qui se teintent de tragique (ainsi l’air « Squallida veste e bruna »). Remarquable acteur également, <strong>Renato Girolami</strong>, entendu en 2017 à Lyon en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles/">Don Magnifico dans <em>La Cenerentola</em></a>, est un Don Geronio aussi burlesque et étriqué dans ses comportements, comme le veut son rôle, que généreux dans son souffle et sa projection, se jouant des difficultés du chant rossinien, réalisant des prouesses dans son duo avec Selim traité à la manière d’un concours de virtuosité vocale. Le Don Narciso d’<strong>Alasdair Kent</strong> répond parfaitement aux exigences scéniques du rôle et remplit honorablement sa tâche sur le plan vocal, malgré quelques limites dans les aigus, souvent un peu serrés. Le timbre flatteur de la mezzo-soprano <strong>Jenny Anne Flory</strong>, soliste du Lyon Opéra Studio (entendue en Margret à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-lyon/">Lyon dans <em>Wozzeck</em> en octobre dernier)</a>, est très prometteur. Elle donne au personnage de Zaida une présence solide et convaincante, qui pourrait se faire parfois plus sonore et affirmée. <strong>Filipp Varik</strong>, le ténor qui interprétait le Fou dans le même <em>Wozzeck</em>, opère ici une reconversion parfaite, en Albazar bien chantant et bondissant. C’est <strong>Florian Sempey</strong> enfin qui interprète de manière magistrale Prosdocimo, le Poète, semblant sortir du lit, décoiffé, en peignoir vert et pantoufles, tout ensemble hagard et inspiré, instigateur et commentateur passionné, puis désillusionné, des péripéties dramatiques – configuration dans laquelle certains ont voulu voir une dimension pré-pirandellienne.</p>
<p>Comme toujours, les <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong>, préparés par <strong>Benedict Kearns</strong>, sont impeccables dans leurs interventions vocales et dans la précision des ensembles et tableaux qu’ils composent en ponctuant divers moments clés de l’œuvre, comme, entre autres, la scène du bal masqué à l’acte II, présentant une démultiplication à l’infini du couple Fiorilla-Selim – belle métaphore du vertige grisant mais cruel des illusions et faux-semblants.</p>
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		<title>Glyndebourne : le riche programme de l&#8217;édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-le-riche-programme-de-ledition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 07:07:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023.  Mariame Clément signera la nouvelle production de Don Giovanni dirigée par le jeune chef américain Evan Rogister. Andrey Zhilikhovsky et Andrei Bondarenko  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par Venera Gimadieva et Donna Elvira par Ruzan Mantashyan. Oleksiy Palchykov sera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023. </p>
<p><strong>Mariame Clément </strong>signera la nouvelle production de <em>Don Giovann</em>i dirigée par le jeune chef américain <strong>Evan Rogister.</strong> <strong>Andrey Zhilikhovsky</strong> et<strong> Andrei Bondarenko</strong>  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par <strong>Venera Gimadieva</strong> et Donna Elvira par <strong>Ruzan Mantashyan</strong>. <strong>Oleksiy Palchykov </strong>sera Don Ottavio. Issu de l&rsquo;Atelier Lyrique / Académie de l’Opéra national de Paris, le jeune (et déjà remarqué) <strong>Mikhail Timoshenko </strong>sera Leporello.</p>
<p>La création <em>in loco</em> de <em>Dialogues des Carmélites </em>risque d&rsquo;être un des must de la saison : elle sera signée par <strong>Barrie Kosky</strong> et dirigée par Robin Ticciati à la tête du London Philharmonic Orchestra. La distribution inclue <strong>Danielle de Niese</strong> en Blanche de la Force et <strong>Katarina Dalayman </strong>en Madame de Croissy. </p>
<p>Ticciati dirigera également une nouvelle reprise de la production de <strong style="font-size: 14px;">John Cox </strong>du <em style="font-size: 14px;">Rake&rsquo;s progress</em> (créée en 1075), avec le London Philharmonic Orchestra, <strong style="font-size: 14px;">Thomas Atkins</strong> (Tom Rakewell), <strong style="font-size: 14px;">Sam Carl</strong> (Nick Shadow) et <strong style="font-size: 14px;">Louise Alder</strong> (Ann Trulove). </p>
<p><em style="font-size: 14px;">L’Elisir</em> <em style="font-size: 14px;">d’amore</em> sera donné dans une reprise de la production d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Annabel Arden</strong>, transposée dans les années 40. <strong style="font-size: 14px;">Liparit Avetisyan </strong>et <strong style="font-size: 14px;">Matteo Desole </strong>seront Nemorino en alternance, aux côtés de la Norina de<strong style="font-size: 14px;"> Nardus Williams</strong>. <strong style="font-size: 14px;">Biagio Pizzuti</strong> en Belcore et <strong style="font-size: 14px;">Renato Girolami </strong>en Dulcamara complètent la distribution. Le London Philharmonic Orchestra est placé sous la direction de<strong style="font-size: 14px;"> Ben Gernon</strong>.</p>
<p><em style="font-size: 14px;">Semele </em>connaitra aussi sa première scénique locale dans une mise en scène d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Adele Thomas</strong>. <strong>Václav Luks </strong>dirigera l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightment et une distribution de jeunes chanteurs parmi lesquels<strong> Joélle Harvey </strong>(Semele), <strong>Jennifer Johnston</strong> (Juno), <strong>Stuart Jackson </strong>(Jupiter) et<strong> Samuel Mariño</strong> (Iris).</p>
<p>Enfin, Dalia Stasevska dirigera le  London Philharmonic Orchestra pour une reprise de la production de Peter Hall d&rsquo;<em>A Midsummer night&rsquo;s dream</em>. L&rsquo;opéra de Britten ser interprété par<strong> Liv Redpath</strong> et <strong>Soraya Mafi </strong>(Tytania en alternance), <strong>Samuel Dale Johnson</strong> (Demetrius), <strong>Rachael Wilson</strong> (Hermia) et<strong> Caspar Singh</strong> (Lysander).</p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.glyndebourne.com/" rel="nofollow">www.glyndebourne.com</a></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Tosca — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-paris-bastille-le-triomphe-delena-stikhina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2022 08:25:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette fois, il n’y avait ni Gustavo Dudamel, ni Joseph Calleja, ni Bryn Terfel. Mais pour sa deuxième série de représentations en deux mois, la reprise de Tosca à l’Opéra Bastille méritait un peu plus que le détour. Car s’il y a une figure féminine dans les œuvres de Giacomo Puccini qui mène la danse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette fois, il n’y avait ni Gustavo Dudamel, ni Joseph Calleja, ni Bryn Terfel. Mais pour sa deuxième série de représentations en deux mois, la reprise de <em>Tosca </em>à l’Opéra Bastille méritait un peu plus que le détour. Car s’il y a une figure féminine dans les œuvres de Giacomo Puccini qui mène la danse et peut, à elle seule, donner un supplément d’âme à une honnête soirée de répertoire, c’est bien Floria Tosca. Ça tombe bien, le rôle est endossé par <strong>Elena Stikhina</strong>, qui confirme toute sa valeur dans ces emplois de grand soprano lyrique tendant vers le dramatique. Elle refuse les minauderies au I, évite les vociférations au II, nous épargne trop de cris et de sanglots au III, conserve en toutes circonstances de l&rsquo;allure et de la classe. Pour autant, cette prestation de haute tenue n’oublie pas d’émouvoir. L’iridescence soyeuse du timbre, l’égalité des registres, la force de la projection nous valent des duos d’amour d’une infinie tendresse, et un « Vissi d’arte » à l’intensité contenue, qui s’insère avec plus de fluidité que d’habitude dans les affres de la confrontation avec Scarpia. Il faut dire que ce dernier n’aura pas trop menacé de voler la vedette à l’héroïne de la soirée. Il est embarrassant d’émettre des réserves sur un artiste de la trempe de <strong>Gerald Finley</strong>, mais ce rôle dans cette salle exige tout simplement d’autres moyens ; le volume limité, les aigus pris en arrière, réduisent un chant que l’on devine subtil et travaillé à l’état d’intentions. <strong>Brian Jagde</strong>, au contraire, n’a pas de souci pour se faire entendre, ni pour prodiguer des aigus dont on sait par avance qu’ils seront longs, timbrés, puissants (le ténor était, paraît-il, en méforme il y a quelques jours, aujourd’hui il n’en paraît rien). Pour apprécier pleinement ce Mario solide, auquel la robustesse de la voix confère tout juste une forme d’arrogance mâle, c’est un surcroît de caractérisation que l’on aurait aimé voir. Encore eût-il fallu pour cela une autre conduite du legato dans « Recondita armonia » ou dans « E lucevan le stelle », où l’émotion affleure cependant grâce à une meilleure maîtrise des nuances.</p>
<p>A ce trio répondent des <em>comprimarii </em>parfaits et, surtout, une direction soucieuse d’éclairer toutes les subtilités d’une orchestration où Puccini se montre à son meilleur. A la tête d’un chœur et d’un orchestre en grande forme, <strong>Paolo Bortolameolli</strong> ne peut éviter quelques décalages avec le plateau, mais réussit admirablement à ménager la tension au final de l’acte I et pendant tout l’acte II, et à tirer de ses musiciens des couleurs qui donnent au prélude du III toute sa poésie.</p>
<p>Le spectacle de <strong>Pierre Audi</strong>, désormais bien connu du public parisien, n’est pas de ceux qui nécessitent une longue exégèse. Dans des décors signés <strong>Christof Hetzer</strong> et sous des lumières de <strong>Jean Kalman</strong>, qui dessinent un monde écrasé par une religion à la fois omniprésente (ces gigantesques croix qui surplombent la scène) et hypocrite, le metteur en scène propose une direction d’acteur plutôt habile mais assez conventionnelle, dont la principale innovation est de retirer à l’héroïne son spectaculaire saut final ; Elena Stikhina n’en avait pas besoin pour soulever les acclamations de la salle.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-paris-bastille-ovation-debout-pour-gustavo-dudamel-et-son-equipe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Sep 2022 06:20:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec la Tosca imaginée en 2014 par Pierre Audi que s’est ouverte la nouvelle saison de l’Opéra national de Paris devant une salle en délire qui a réservé au salut final une ovation debout à l’ensemble de la distribution, superlative jusque dans les plus petits rôles, avec à sa tête un trio de chanteurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec la <em>Tosca</em> <a href="https://www.forumopera.com/tosca-paris-bastille-croix-de-bois-croix-de-fer-si-on-ment">imaginée en 2014</a> par <strong>Pierre Audi</strong> que s’est ouverte la nouvelle saison de l’Opéra national de Paris devant une salle en délire qui a réservé au salut final une ovation debout à l’ensemble de la distribution, superlative jusque dans les plus petits rôles, avec à sa tête un trio de chanteurs exceptionnels, sous la baguette d’un chef particulièrement inspiré. Sans cette disribution, qui aurait imaginé que cette production, reprise ce soir pour la quatrième fois, était capable à elle seule de susciter un tel enthousiasme ? Le spectacle de <strong>Pierre Audi </strong>s’articule autour d’une gigantesque croix de bois suspendue au-dessus du plateau au cours des actes deux et trois qui symbolise le poids du pouvoir religieux sur le destin des personnages. Posée sur le sol à l’acte un, elle délimite les deux parties d’une église bizarrement agencée. Côté cour, une grande fresque sur l’une des parois représente un entrelacs de corps féminins largement dénudés, parmi lesquels l&rsquo;on peine à identifier « la Maddalena ». Côté jardin, quelques cierges allumés sont censés créer une atmosphère de recueillement. Le décor du deuxième acte qui est constitué d’un salon de style empire dans un hémicycle rouge vif, est sans doute le plus réussi. L&rsquo;absence de fenêtre crée un huis-clos étouffant tout à fait adéquat, l&rsquo;on se demande cependant d&rsquo;où proviennent les échos quelque peu envahissants de la cantate qui se joue à l&rsquo;étage inférieur. Le troisième acte se déroule dans un campement militaire en rase campagne, le dernier tableau, pour poétique qu’il soit, laisse le spectateur dubitatif : après la mort de Cavaradossi, Tosca se dirige lentement vers une lumière blanche et aveuglante située au fond de la scène, qui évoque sans doute l’au-delà, tandis que la musique suggère un dénouement plus brutal. La direction d’acteurs, minimaliste semble le plus souvent laisser les personnages livrés à eux-mêmes.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="289" src="/sites/default/files/styles/large/public/63120f5d0000000000000007_big.jpg?itok=LlcWy8M_" title="Tosca © Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Tosca © Opéra national de Paris</p>
<p>Sur le plan musical en revanche on est à la fête. <strong>Gustavo Dudamel</strong> s’empare de cet ouvrage avec ferveur et un sens aigu du théâtre. Il parvient à souligner les nombreux détails que comporte cette partition luxuriante, sait doser les effets au cours du premier acte et mène le deuxième tambour battant jusqu’au meurtre de Scarpia. Seule la prière de Tosca constitue une pause élégiaque au milieu de cette course effrénée à l’abîme. Au début du III, « E lucevan le stelle » subira le même traitement, un air en suspens avant l’arrivée du drame avec l’irruption de Tosca et ses faux espoirs d&rsquo;évasion puis celle du peloton d’exécution. A la fin de chaque entracte, c&rsquo;est sous les accamations chaleureuses du public que le chef vénézuélien regagne son pupitre.</p>
<p>La distribution, on l’a dit, ne comporte aucune faille. Les seconds rôles sont impeccables et méritent d’être tous cités jusqu’au geôlier bien chantant de <strong>Christian Rodrigue Moungoungou</strong>. <strong>Renato Girolami</strong> est un sacristain pleutre qui prête à rire sans être caricatural, <strong>Michael</strong> <strong>Colvin</strong> campe avec justesse un Spoletta couard et obséquieux tandis que <strong>Philippe Rouillon</strong> reprend avec conviction le rôle de Sciarrone. Mentionnons enfin l’impeccable Angelotti de <strong>Sava Vemić</strong> dont la voix sombre et sonore ne passe pas inaperçue.</p>
<p>Le baron Scarpia compte parmi les rôles qui ont marqué la carrière de <strong>Bryn Terfel</strong>. Dès son apparition, tout vêtu de noir, il en impose par sa présence qui inspire la crainte. Il fait de son personnage un être froid, calculateur et sournois, à l’occasion colérique lorsque la situation lui échappe, qui jouit avec une cruauté non dissimulée de la détresse dans laquelle s’enfonce Tosca à chacune de ses menaces. Vocalement le baryton gallois s’est montré en pleine forme tout au long de la représentation. Le temps ne semble pas avoir de prise sur son organe, certes moins glorieux qu&rsquo;en 2016 dans cette même production, mais qui répond sans faille à ses moindres intentions, une incarnation somme toute magistrale.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/63120f5d0000000000000004_big.jpg?itok=ONBwmajH" title="Tosca © Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Tosca © Opéra national de Paris</p>
<p><strong>Joseph Calleja</strong> en revanche a commencé la soirée avec prudence. On oubliera bien vite cependant les quelques graillons qui ont affecté son  registrte aigu au début du premier acte pour vanter l’ampleur de cette voix généreuse au timbre solaire et l’intelligence de sa composition. Il affronte crânement les aigus de « Vittoria ! Vittoria! » au deuxième acte qu’il émet sans difficulté mais sans trop s’y attarder et propose un magnifique « E lucevan le stelle », tout en nuances et gorgé d’émotion qui montre que le ténor maltais est toujours l’un des meilleurs titulaires actuels du rôle de Cavaradossi. Il est heureux que l’Opéra de Paris s’intéresse enfin à ce grand artiste qui a fait ses débuts sur notre première scène il y a moins d’un an alors qu’il avait déjà derrière lui deux décennies d’une carrière glorieuse.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/63120f5d0000000000000017_big.jpg?itok=VrLia6FP" title="Tosca © Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Tosca © Opéra national de Paris</p>
<p>Ce soir, c&rsquo;était au tour de<strong> Saioa Hernández </strong>de faire ses débuts <em>in loco</em> à l’occasion de cette série de <em>Tosca</em>. Précédée d’une réputation flatteuse, la soprano espagnole, qui a étudié entre autres avec Renata Scotto et Montserrat Caballé, compte déjà à son actif un vaste répertoire de rôles réputés « lourds » tels Lady Macbeth, Abigaïlle ou la Léonore de <em>La Force du destin</em>. Le 7 décembre 2018, elle a ouvert la saison de la Scala en incarnant Odabella aux côtés de l’Attila d’Ildar Abradzakov. Le rôle de Tosca ne lui pose aucun problème : elle y déploie une voix ample et bien projetée, riche en harmoniques et homogène, couronnée par un aigu solide et tranchant, justement dans la phrase « io quella lama gli piantai nel cor » au troisième acte. Elle n’hésite pas à « poitriner » sans excès ses graves afin de produire un effet dramatique percutant notamment lors de son affrontement avec Scarpia au deux. Enfin elle conduit sa prière qu’elle charge d’émotion avec une ligne de chant élégante et nuancée. Théâtralement, elle se montre aussi convaincante face au Scarpia machiavélique de Terfel que dans son désespoir lorsqu’elle découvre la mort de son amant à la fin de l’ouvrage.</p>
<p>N’oublions pas pour finir les chœurs, bien préparés par <strong>Alessandro Di Stefano,</strong> qui livrent un Te deum grandiose à la fin du premier acte.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-madrid-deux-reines-au-real/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Sep 2021 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux reines se sont fait face, lors du spectacle d’ouverture de la saison de l’Opéra de Madrid – le célèbre Teatro Real. La première était dans sa grande loge : la reine Sophie d’Espagne, très applaudie lors de son arrivée, toujours très aimée malgré l’abdication de son mari Juan Carlos en faveur de son fils &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux reines se sont fait face, lors du spectacle d’ouverture de la saison de l’Opéra de Madrid – le célèbre Teatro Real.<br />
	La première était dans sa grande loge : la reine Sophie d’Espagne, très applaudie lors de son arrivée, toujours très aimée malgré l’abdication de son mari Juan Carlos en faveur de son fils Felipe.</p>
<p>La seconde était sur scène : une reine du chant française, <strong>Karine Deshayes</strong>, incarnant ici le rôle de Cendrillon dans l’opéra <em>La Cenerentola</em>. Elle est devenue une spécialiste du répertoire rossinien. N’a-t-elle pas excellé cet été dans le rôle d’Elisabeth reine d’Angleterre à Pesaro ?</p>
<p>A Madrid, on l’a vue apparaître en scène sous l&rsquo;allure d&rsquo;une femme de ménage de notre époque, poussant devant elle un chariot de produits d’entretien. Et voilà que, soudain, descend des cintres un nuage sur lequel apparaît – on vous le donne en mille&#8230; &#8211; Rossini soi-même. Oui, Rossini tel qu’on le voit dans la célèbre photo de Carjat ! Il porte deux ailes d’ange dans le dos. Il va devenir le <em>deus ex machina</em> du spectacle, comme s’il recomposait sa partition devant nous sur la scène. Il précipite notre femme de ménage dans le XVIIIe. siècle, fait surgir autour d’elle deux sœurs acariâtres, un faux prince, un amant bouffon, un père putatif, bref tous les personnages de sa « Cenerentola ». Rossini pousse la perfidie jusqu’à se glisser lui-même dans le personnage de Don Magnifico – le maître des lieux. Tout cela se fait au milieu d’un réjouissant jeu de passe-passe imaginé par le metteur en scène <strong>Stefan Herheim</strong>. Celui-ci multiplie les trouvailles, les gags, vous transforme en un tournemain un palais royal en taudis, métamorphose en carrosse le chariot de la femme de ménage, donne aux choristes l’apparence de clones de Rossini. Cette mise en scène, déjà présentée à l’opéra de Lyon est un tour de force et un régal.</p>
<p>	<img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="367" src="/sites/default/files/styles/large/public/thumbnail_3.jpg?itok=gQatbkaw" title="Rossini sur son nuage (photo Opéra de Madrid)" width="468" /><br />
	Rossini sur son nuage (photo Opéra de Madrid)</p>
<p>Dommage que, côté fosse, l’orchestre n’ait pas eu le même brio ! Il faut regretter sa lourdeur ainsi que les décalages apparus avec les chanteurs dans certains passages rapides.</p>
<p>Autour de la reine Deshayes, on a droit en <strong>Dmitry Korchak</strong>, à un vrai ténor rossinien, dardant ses aigus comme autant de flèches acérées. Le baryton-basse bouffe<strong> Renato Girolami</strong>, énorme de drôlerie et de voix sombre, est un Magnifico qui mérite bien son nom.</p>
<p>Le baryton français<strong> Florian Sempey</strong> poursuit sa belle carrière internationale en se surpassant dans les passages virtuoses.</p>
<p>Dans la même tessiture, <strong>Roberto Tagliavini</strong> fait superbement résonner sa voix.</p>
<p>De leur côté, les deux sœurs de Cendrillon, <strong>Rocio Pérez</strong> et <strong>Caroline Garcia</strong>, apparaissent moins à l’aise dans les solos que dans les duos.</p>
<p>A la fin, la boucle est bouclée. Rossini est à nouveau sur son petit nuage. Et le public aussi.</p>
<p style="margin-left: 0.6cm;margin-right: 0.6cm;margin-bottom: 0cm;font-weight: normal;line-height: 100%"> </p>
<p style="margin-left: 0.6cm;margin-right: 0.6cm;margin-bottom: 0cm;font-weight: normal;line-height: 100%"> </p>
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		<title>Sur les ondes lyriques en janvier 2018</title>
		<link>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jan 2018 10:26:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde. Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3 : Gioachino Rossini, Semiramide – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) « Prodige de l’art » selon Bellini, grand &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde.</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj1.jpg?itok=0nhF_oOA" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:11"><a href="http://www.bbc.co.uk/programmes/b09l21cf">Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3</a></ins></u></strong> : <strong>Gioachino Rossini, <em>Semiramide</em> – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) </strong></p>
<p>« Prodige de l’art » selon Bellini, grand admirateur de Rossini, qui considérait les compositeurs de son temps comme « autant d’insectes comparés au maître des maîtres… ». <a href="https://www.forumopera.com/semiramide-londres-roh-dans-lair-du-temps"><em>Semiramide</em> à Londres</a> en novembre 2017 abat les cartes maîtresses. Avec sa patte de tragédienne et son ébouriffante maîtrise vocale<strong>, Joyce DiDonato </strong>se surpasse en reine Semiramide. <strong>Daniela Barcellona </strong>a les hardiesses d’Arsace, <strong>Laurence</strong> <strong>Brownlee </strong>la virtuosité d’Idreno. Qui sera Assur : <strong>Michele</strong> <strong>Pertusi</strong> (souffrant le 19 novembre) ou son remplaçant <strong>Mirco</strong> <strong>Palazzi</strong> ? <strong>Antonio</strong> <strong>Pappano</strong> dirige avec cœur et maestria, comme à l’accoutumée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj2.jpg?itok=kAqNUYMz" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:16"><a href="https://www.francemusique.fr/emissions/dimanche-a-l-opera/la-cenerentola-a-l-opera-de-lyon-54781">Dimanche 7 janvier, 20h CET, France-Musique</a></ins> </u> : Gioachino Rossini, <em>La Cenerentola</em> – Opéra National de Lyon, 2017 (durée 3h)</strong></p>
<p>A riche plumage théâtral – mise en scène féconde de <strong>Stefan</strong> <strong>Herheim </strong>– brillant ramage rossinien. Cette<a href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles"> <em>Cenerentola</em> du 15 décembre 2017 à Lyon</a> tient ses promesses<strong>. </strong>Le chant de <strong>Cyrille</strong> <strong>Dubois, </strong><u>é<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:24"><a href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares">toile lyrique montante 2017 selon les lecteurs de forumopera.com</a></ins>,</u> a la noblesse de cœur et l’élégance élastique de Don Ramiro. Sa Cendrillon, <strong>Michèle</strong> <strong>Losier</strong>, assume pleinement sa ribambelle de jouissives épreuves vocales. Dirigés par <strong>Stefano</strong> <strong>Montanari</strong>, le reste du plateau est de haut vol : <strong>Renato</strong> <strong>Girolami</strong> (Don Magnifico et Rossini venu superviser la représentation), <strong>Katherine</strong> <strong>Aitken </strong>(Tisbe), <strong>Clara</strong> <strong>Meloni</strong> (Clorinda), <strong>Nikolay</strong> <strong>Borchev</strong> (Dandini) et <strong>Simone</strong> <strong>Alberghini</strong> (Alidoro).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj3.jpg?itok=5NMZxjo8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:26"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/076633-000-A/le-pays-du-sourire/">Lundi 8 janvier, 0h25 CET, Arte</a></ins></u> : Franz Lehár, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire </em>–<em> </em>Opéra de Zurich<em>, </em>2017 (durée 1h45)</strong></p>
<p>Environ vingt-cinq ans après <em>La</em> <em>Veuve</em> <em>Joyeuse</em>, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire</em> de Franz Lehár triomphe à Berlin en 1929. Cette opérette, où l’on ne rit pas, est une nouvelle mouture de <em>La</em> <em>Tunique</em> <em>Jaune</em> (1923), peut-être inspirée par <em>Turandot</em> que Puccini, ami de Lehár, composait alors. Dans une mise en scène hollywoodienne d’<strong>Andreas</strong> <strong>Homoki</strong>, le prince chinois Sou-Chong (<strong>Piotr</strong> <strong>Beczala</strong>) épouse et emmène en Chine sa comtesse autrichienne bien-aimée Lisa (<strong>Julia Kleiter),</strong> à laquelle il rendra sa liberté car elle refuse la polygamie autorisée en Chine. Voix généreuses et style consommé, nos deux héros excellent dans ce répertoire qu’ils chérissent.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj4.jpg?itok=LtC9rlAo" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/thomas-hampson-et-le-secession-orchestra-avec-un-vibrant-programme-viennois-en-hommage-a-henry-louis-de-la-grange-57521"><strong><u>Lundi 8 janvier, 20h CET, France-Musique</u></strong></a> <strong>: Gustav Mahler et programme viennois – Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 2017 (durée 2h)</strong></p>
<p>Le coeur est gonflé de chagrin, il est comme un nuage en lambeaux dans un troupeau de nuages en fuite dans le ciel. Tel est le chant de <strong>Thomas</strong> <strong>Hampson</strong> dans <em>Der</em> <em>Abschied</em> (<em>L’Adieu</em>), dernier des six poèmes du <em>Das</em> <em>Lied</em> <em>von</em> <em>der</em> <em>Erde (Le Chant de la Terre)</em>, où le poète attend son amipour un éternel adieu. C’est à Paris au Musée d’Orsay, la retransmission d’<a href="https://www.forumopera.com/thomas-hampson-paris-musee-dorsay-renversante-experience"><u>un concert hommage à<strong> Henry-Louis de La Grange</strong></u></a>, disparu en 2017, grand spécialiste de Gustav Mahler comme Thomas Hampson d’ailleurs. Le baryton est accompagné par le chef d’orchestre <strong>Clément</strong> <strong>Mao</strong>&#8211;<strong>Takacs</strong> et son <strong>Secession</strong> <strong>Orchestra</strong>, au sein d’un programme viennois qui n’est pas que vocal.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj5.jpg?itok=92oXueSr" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:31"><a href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">Mercredi 10 janvier, 20h CET, CatalunyaMusica</a></ins></u> : Gaetano Donizetti, <em>Poliuto </em>–<em> </em>Barcelone, Gran Teatre Del liceu, 2018</strong> <strong>(durée 1h40 environ)</strong></p>
<p>Non, <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> ne ressemblera pas à Bob Marley, ni <strong>Sandra</strong> <strong>Radvanovsky</strong> à Joan Baez dans cette représentation de <em>Poliuto</em> au Liceu, car il s’agit d’une version de concert (voi<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:33"><a href="https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-cest-bob-marley">r brève du 11 janvier 2016)</a></ins> ! Après ses trois sensationnelles reines donizettiennes au MET en 2015 et -2016, Paolina, épouse de Poliuto, est une prise de rôle pour la Radvanovsky. on rêve déjà de l’y entendre. <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> rallumera son Poliuto, seigneur arménien à la fois tendre et si héroïque de notes comme de jeu, <u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:35"><a href="https://www.forumopera.com/dvd/cest-nourrit-quon-ressuscite">enregistré en 2010 en DVD</a></ins></u>. Ce duel de géants sera arbitré par <strong>Gabriele</strong> <strong>Viviani</strong> (Severo), <strong>Josep</strong> <strong>Fado</strong> (Felice), <strong>Ruben</strong> <strong>Amoretti</strong> (Callistene) et <strong>Alejandro</strong> <strong>del</strong> <strong>Cerro</strong> (Nearco), placés sous la direction de <strong>Daniele</strong> <strong>Callegari</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj6.jpg?itok=ycqPBaez" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:40"><a href="http://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/die-schneekonigin">Vendredi 12 janvier, 19h CET, Opéravision</a></ins></u> : Marius Felix Lange, <em>La</em> <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> – Duisbourg, Deutsche Oper am Rhein, 2016 (durée 1h30)</strong></p>
<p>Premier prix au Premier Concours International de Cologne avec un opéra pour enfants, <strong>Marius</strong> <strong>Felix</strong> <strong>Lange</strong> (1968) a en toute logique écrit de nombreux opéras… pour enfants. Sa <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> (création mondiale à Duisbourg en 2016), d’après un conte de Hans Christian Andersen, fusionne dissonance, romantisme et musique de film. <strong>Adela</strong> <strong>Zaharia</strong>, premier prix féminin d’Opéralia en 2017, est cette terrible reine en même temps qu’un scintillant soprano lyrique d’agilité dans une mise en scène de <strong>Johannes Schmidt,</strong> belle comme les contes, éclatante de couleurs et d’humour. Un opéra pour jeunes de 7 à 77 ans.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj7.jpg?itok=EKEIwfuI" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:41"><a href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 13 janvier, 18h30 CET, WQXR</a></ins></u> : Pietro Mascagni, <em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ; Ruggero Leoncavallo, <em>Pagliacci</em> – New York, MET, 2018 (durée 3h)</strong></p>
<p>Pour le metteur en scène <strong>David</strong> <strong>McVicar</strong>, <em>Cav</em> (<em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ) est la nuit et <em>Pag</em> (<em>Pagliacci</em> ) est le jour, malgré la même issue fatale. L’esthétique très austère de son <em>Cav</em> est lourde de sens, la désopilante exubérance de son <em>Pag</em> bénéficie d’un plus : l’inspiration. Amant méprisant avec Santuzza, mais d’une tendresse inouïe avec Mamma Lucia, <strong>Roberto</strong> <strong>Alagna</strong> est un Turiddu idéal, tout comme il est un Canio fascinant, au chant éperdu dans  « Recitar… Vesti la giubba », et sa déferlante de violence meurtrière en fin de <em>Pag</em>. <strong>Aleksandra</strong> <strong>Kurzak</strong> incarne la Nedda pétulante et rayonnante de sensualité voulue par McVicar. <strong>George</strong> <strong>Gagnidze</strong>, déjà impressionnant dans cette mise en scène en 2016, reste un Alfio de cinglante autorité et un Taddeo/Tonio aussi libidineux que brutal. <strong>Ekaterina</strong> <strong>Semenchuk</strong> en Santuzza et <strong>Alessio</strong> <strong>Arduini</strong> en Silvio complètent la distribution. <a href="http://www.metopera.org/Season/Radio/Free-Live-Audio-Streams/"><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:44">Live Radio du MET, les 9 et 30 janvier à 01h25 CET.</ins></a></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj8.jpg?itok=GMpvQell" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:47"><a href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 20 janvier, 19h CET, WQXR</a></ins></u> : Jules Massenet, <em>Thaïs</em> – New York, MET, 2017 (durée 3h16)</strong></p>
<p>Dans une production conçue à l’origine pour<strong> Renée Fleming</strong>, <em>Thaïs</em> revient à New York, interprétée cette fois par la soprano lauréate en 2012 du Richard Tucker Award : <strong>Ailyn</strong> <strong>Perez</strong>. <strong>Gerald</strong> <strong>Finley</strong> reste comme au Châtelet en 2007 Athanaël, l’ascète soumis à la tentation de la chair. Dans un répertoire où la diction est clé, <strong>Jean</strong>&#8211;<strong>François</strong> <strong>Borras</strong> en Nicias est la première raison de jeter une oreille à cette retransmission radiophonique à écouter aussi <ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:49"><a href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">même jour, même heure sur CatalunyaMusica</a></ins>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj9.jpg?itok=9ybi4nr8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:55"><a href="https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1">Lundi 22 janvier, 17h CET, Bayerische Staatsoper.TV</a></ins></u></strong> <strong>: Richard Wagner, <em>Die</em> <em>Walküre</em> – Munich, Bayerische Staatsoper, 2018</strong></p>
<p>Si les opéras de Wagner ne font pas l’unanimité, ils ne laissent jamais indifférents. Les plus récalcitrants n’auront d’autres choix que de virer leur cuti à la lecture de la distribution de cette première journée du Ring munichois, retransmise le 22 janvier en direct par le Bayerische Staatsoper sur son propre site, et en replay un seul jour supplémentaire le 23 janvier : <strong>Nina</strong> <strong>Stemme</strong>, <strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong>, <strong>Ekaterina</strong> <strong>Gubanova</strong>, <strong>Simon</strong> <strong>O’Neil</strong>, <strong>Wolfgang</strong> <strong>Koch</strong>, sous la conduite du futur directeur de l’Orchestre Philarmonique de Berlin <strong>Kiril</strong> <strong>Petrenko</strong>. Quand on sait la musique de Wagner aussi instrumentale que vocale, l’argument est imparable. <em>La</em> <em>Walkyrie</em> ne saurait pour autant se résumer à sa chevauchée. Episode le plus lyrique et le plus accessible de la Tétralogie, son accès à Munich est facilité encore par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/du-theatre-en-corps">la mise en scène corporelle d’<strong>Andréas</strong> <strong>Kriegenburg</strong></a>. Alors, si ce n’est déjà fait, pourquoi ne pas rentrer en religion wagnérienne par cette porte ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj10.jpg?itok=8wqtoKUT" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><a href="http://www.streamingcarlofelice.com/">Mercredi 24 janvier, 20h CET, TCFWebTV</a></u> : Vincenzo Bellini, <em>Norma</em> – Gênes, Teatro Carlo Felice, 2018</strong></p>
<p>Quelle intelligence du chant, quelle technique et quelle maîtrise de son art ne faut-il pas à <strong>Mariella</strong> <strong>Devia </strong>pour être en scène à son âge ! Sa Norma est « tragico sublime », comme la voulait Bellini, son engagement bouleverse. A ses côtés, <strong>Stefan</strong> <strong>Pop</strong> (Pollione), <strong>Analisa</strong> <strong>Stroppa</strong> (Adalgisa) sont dirigés par <strong>Andrea</strong> <strong>Battistoni</strong>, dans une mise en scène de <strong>Luigi</strong> <strong>Di</strong> <strong>Gangi</strong> et <strong>Ugo</strong> <strong>Giacomazzi</strong> (<u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T17:00"><a href="http://www.streamingcarlofelice.com/">live-streaming, TCFWebTV, le 30 janvier 20h CET</a></ins></u>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj11.jpg?itok=tthBokH3" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><a href="https://www.wqxr.org/story/104496-puccinis-emtoscaem/"><u>Samedi 27 janvier, 19h CET, WQXR </u></a>: Giacomo Puccini, <em>Tosca</em> – New York, MET, 2018 (durée 2h53)</strong></p>
<p>Pour le moment peu d’images ou de youtuberies, quelques articles, mais on est déjà profondément touché par le <em>dolcissimo con grande sentimento</em> de <strong>Sonya</strong> <strong>Yoncheva</strong> (Tosca) dans sa prière « Vissi d’arte », et cette simplicité dont <strong>Puccini</strong> disait qu’elle est une divinité que doivent célébrer tous les artistes qui y croient. La sincérité de <strong>Vittorio</strong> <strong>Grigolo</strong> (Mario Cavaradossi), elle, passe par une générosité d’émotions dans un « E lucevan le stelle » où la douleur se fond au chant. L’excellent baryton <strong>Zeljko</strong> <strong>Lucic</strong> a très certainement le venin et la violence nécessaires à Scarpia. Si vous n’assistez pas à la retransmission de la représentation dans les cinémas Pathé, ce 27 janvier, écoutez-la à la radio, sur WQXR<strong> </strong><u><a href="https://www.br-klassik.de/programm/radio/ausstrahlung-1283178.html">ou le même jour à la même heure sur BRklassik</a>. </u></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj12.jpg?itok=oXMs1ZfH" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="https://www.francemusique.fr/"><strong><u>Dimanche 28 janvier, 20h, France-Musique</u></strong></a><strong><a href="https://www.francemusique.fr/"> </a>: Georg Friedrich Haendel, <em>Jephta</em> – Paris, Opéra Garnier, 2018 (durée 3h05)</strong></p>
<p>Victorieux des Ammonites, le chef militaire hébreu Jephta (<strong>Ian</strong> <strong>Bostridge</strong>) a promis de sacrifier la première personne rencontrée au retour du combat, et c’est sa fille Iphis (<strong>Katherine</strong> <strong>Watson</strong>) qui croise son chemin. (Rappelez-vous <em>Idomeneo</em> de Mozart !). Storgé (<strong>Marie</strong>&#8211;<strong>Nicole</strong> <strong>Lemieux</strong>), mère de la jeune femme, est horrifiée, Hamor (<strong>Tim</strong> <strong>Mead</strong>) demande à mourir à la place de celle qu’il aime et, Zébul (<strong>Philippe</strong> <strong>Sly</strong>) supplie Jephta d’épargner sa fille. Juste avant de mourir, Iphis sera sauvée par un Ange (<strong>Valer</strong> <strong>Sabadus</strong>) qui lui annonce son entrée en religion. <em>Jephta</em> est le dernier oratorio de <strong>Haendel</strong>, devenu aveugle en le composant. Si l’écriture garde ici sa majesté et sa virilité galvanisantes, la tristesse et la sévérité y sont dominantes. Représentée pour la première fois à l’Opéra Garnier, la mise en scène de <strong>Claus</strong> <strong>Guth</strong> a déjà fait <a href="https://www.forumopera.com/jephtha-amsterdam-es-muss-sein-ou-muss-es-sein">les beaux soirs d’Amsterdam en novembre 2016</a>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2017-sca_0.jpg?itok=r0hWmIsQ" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="http://www.operaliege.be/fr/activites/carmen-0"><strong><u>Mardi 30 janvier, 20h, Culturebox </u></strong></a><strong> : Georges Bizet, <em>Carmen</em> – Liège, Opéra Royal de Wallonie, 2018 (durée 3h20)</strong></p>
<p>Le communiqué de l’Opéra de Liège est bref : leur nouvelle <em>Carmen</em>, mise en scène par <strong>Henning</strong> <strong>Brokhaus</strong>, se passera dans un cirque et sera surprenante. Mais, d’euphories ensoleillées en passions vertigineuses, le chef-d’oeuvre de <strong>Bizet</strong> respirera à travers la baguette de <a href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares"><strong><u>Speranza</u></strong><u> <strong>Scappucci</strong>, élue meilleure chef 2017 par les lecteurs de forumopera.com</u></a>. Timbre charnu, paysage de granit noir, le mezzo georgien <strong>Nino</strong> <strong>Surgaladze</strong> incarnera Carmen, notre astre de liberté. Pour un Don José vibrant d’élégie amoureuse et de vaillance exaspérée, on se réjouit d’entendre le rare <strong>Marc</strong> <strong>Laho</strong>. N’oublions pas l’Escamillo de <strong>Lionel</strong> <strong>Lhote</strong>, toujours <em>di</em> <em>qualità</em> et la Micaëla de <strong>Silvia</strong> <strong>Dalla Benetta.</strong></p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2017 14:47:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À une question souvent posée dans ces colonnes – comment renouveler l’approche d’un opéra tout en restant fidèle à la cohérence d’une œuvre, ou comment combler à la fois le connaisseur et l’amateur, le blasé et le néophyte ? –, Stefan Herheim apporte, dans sa mise en scène de La Cenerentola de Rossini, une réponse qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À une question souvent posée dans ces colonnes – comment renouveler l’approche d’un opéra tout en restant fidèle à la cohérence d’une œuvre, ou comment combler à la fois le connaisseur et l’amateur, le blasé et le néophyte ? –, <strong>Stefan Herheim</strong> apporte, dans sa mise en scène de <em>La Cenerentola</em> de Rossini, une réponse qui ne manque ni d’astuce ni de panache. Dans ce spectacle coproduit par l’Opéra national de Lyon et l’Opéra d’Oslo, donné en janvier dernier dans la capitale norvégienne, le metteur en scène redouble et amplifie tous les effets de mise en abyme et de double fond que contient déjà le livret, dans lequel, rappelons-le, Cenerentola chante dès la première scène l’histoire même de Cendrillon.</p>
<p>La présence sur scène, tandis que s’accordent les instruments de l’orchestre, d’une technicienne de surface en blouse bleue à côté de son chariot d’entretien laisse penser à une « modernisation » du propos lorsque soudain, tandis que résonnent les premiers accords <em>fortissimo</em> du <em>tutti</em>, un livre tombe des cintres, que ramasse la femme de ménage pour le feuilleter. Aussitôt apparaît dans les hauteurs un nuage de carton-pâte dans lequel se trouve… Rossini lui-même, tel que pour l’éternité la photographie d’Étienne Carjat l’a figé. Pourvu, dans son séjour céleste, de deux ailes, il s’étire au sortir d’un long sommeil (deux siècles après la création de <em>La Cenerentola</em>) et contemple la jeune femme tandis que le texte du conte qu’elle est en train de lire s’affiche sur le nuage. Descendant alors sur scène, le créateur, armé d’une plume de compositeur, dirige et le personnage et l’orchestre, envoyant la première dans l’âtre d’une cheminée d’où elle ressort en Cendrillon tandis qu’une petite troupe de personnages la suit.</p>
<p>Rossini mettant en scène son propre opéra vient de recruter son  héroïne, pressé et pressant à la manière du lapin blanc dans <em>Alice au pays des merveilles</em>, tandis que se met place la mécanique implacable de la musique qui nous entraîne dans l’univers à la fois féerique et absurde du conte revisité, par Ferretti, par Rossini, par Herheim. L’histoire se joue dans un nouveau cadre, âtre gigantesque flanqué de deux colonnes de marbre né de la multiplication de cheminées de plus en plus grandes, décor réversible qui révèle aussi l’intérieur de la maison de Don Magnifico – rôle que Rossini s’est réservé, pourvu d’une perruque qui semble être le fruit de l’improbable union du postiche d’un lord anglais et d’une serpillière – tandis que les colonnes de la cheminée apparaissent à d’autres moment comme la reliure du livre de contes, l’installation réservant sans cesse de nouvelles perspectives, de nouvelles surprises.</p>
<p>Costumes (<strong>Esther Bialas</strong>), décors (<strong>Daniel Unger</strong> et Stefan Herheim), projections vidéo (<strong>fettFilm</strong>), lumières (<strong>Phoenix</strong>), tout est pensé et organisé de manière parfaitement synchronisée, avec un souci du détail qui rend d’autant plus saisissantes la puissance de la musique et la proximité paradoxale de la logique et de la folie, évoquant Lewis Carroll bien plus que Charles Perrault ou les frères Grimm. Ainsi l’ensemble du chœur masculin est-il composé de doubles de Rossini, en tous points semblables à lui, saisis d’emblée par le démon du rythme et mimant les gentilshommes arrivant à cheval avant d’être des acteurs à part entière de l’œuvre. On n’en finirait pas d’énumérer les trouvailles, l’inventivité et la richesse de l’inspiration de Stefan Herheim, dans une imagerie qui juxtapose avec intelligence le kitsch et la parodie, la mythologie et les bandes dessinées, la philosophie et les <em>comics</em>, les références à la tradition et les impertinences égratignant l’autorité, la religion et les contes eux-mêmes. Lorsque tout se résorbe dans la cheminée, à la fin du conte, Rossini regagne son nuage qui repart dans les cintres, Cenerentola perd les atours resplendissants de la princesse qu’elle était devenue, et, dans sa blouse bleue de travail, voit tomber près d’elle non plus un livre de contes, mais un balai. Ultime pirouette qui affirme le caractère illusoire du conte, relativise le propos de l’opéra lui-même, sans pour autant lui dénier sa valeur compensatoire, voire éducative. Ou encore, pour résumer ce à quoi l’on a assisté : de l’autre côté de la cheminée, et ce qu’Angelina y trouva.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="304" src="/sites/default/files/styles/large/public/3-lacenerentolacjean-pierre_maurin2017_14637f.jpg?itok=4aLNzktz" title="La Cenerentola, Opéra National de Lyon 2017 © Jean-Pierre Maurin" width="468" /><br />
	La Cenerentola, Opéra National de Lyon 2017 © Jean-Pierre Maurin</p>
<p>En parfaite osmose avec cette vision de l’opéra, <strong>Stefano Montanari</strong> dirige d’une baguette pressante l’Orchestre de l’Opéra national de Lyon, sur un tempo très enlevé, propre à exprimer la dimension facétieuse de l’œuvre et son écriture brillante, mais parfois au détriment de la précision des échanges au premier acte (Clorinda et Tisbe), des contrastes (ainsi l’air de Cenerentola, « Una volta c’era un Re », est-il chanté de manière inhabituellement rapide) ou de la mise en valeur des différentes phases de l’orage dans le second acte. Mais la précision des attaques, la richesse des couleurs et les nuances bien présentes dans nombre d’autres passages font passer ces regrets au second plan, d’autant que le chef participe aussi à l’action théâtrale, se substituant à Alidoro pour donner un conseil à Don Ramiro ou apparaissant sur scène aux côtés de Don Magnifico (qui ici n’est autre, ne l’oublions pas, que Rossini en personne).</p>
<p>Chantant tout d’abord de manière confidentielle, la mezzo-soprano <strong>Michèle Losier</strong>, très investie dans son jeu scénique, s’affirme peu à peu vocalement et parvient, dans le second acte, à donner au personnage de Cenerentola l’ampleur et la virtuosité attendues, notamment dans ses échanges avec Don Ramiro et dans la fameuse cabalette de la dernière scène. <strong>Clara Meloni</strong> et <strong>Katherine Aitken</strong> sont de remarquables Clorinda et Tisbe, sonores et précises, avec  une belle projection.</p>
<p>Tout aussi talentueux comédien, <strong>Cyrille Dubois</strong>, très attendu en Don Ramiro, donne à son personnage tout le charme d’une voix souple et élégante, avec beaucoup d’aisance dans les aigus, qui pourrait gagner encore en puissance et en projection dans ce type de répertoire. À ses côtés, le baryton <strong>Nikolay Borchev</strong> est parfaitement convaincant en Dandini, d’une intense présence vocale et scénique, tout autant que <strong>Simone Alberghini</strong>, qui campe un Alidoro souvent irrésistible de drôlerie et fascinant par la beauté de ses graves.</p>
<p>Un ensemble de cantatrices et de chanteurs que couronne le baryton-basse <strong>Renato Girolami</strong>, époustouflant comédien et impressionnant chanteur, endossant le rôle de Rossini jouant lui-même le personnage de Don Magnifico avec autorité et une forme de distanciation rendant plus palpables encore le talent vocal et la maîtrise des difficultés de la partition. On comprendra que le septuor qui clôt le premier acte (la strette du finale, « Mi par d’essere sognando ») soit un grand moment, autant que le sextuor du second acte (« Questo è un nodo avviluppato »). Le chœur d’hommes, préparé par <strong>Barbara Kler</strong> et dont on a souligné l’importance, prend une part essentielle à la réussite de cette soirée.</p>
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		<title>La Forza del Destino</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-forza-del-destino-ostentation-vocale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2016 07:08:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la galerie des prises de rôle bavaroises de Jonas Kaufmann, voici désormais disponible en DVD la trace de son Alvaro, reflet de la saison 2013/2014 du Staastoper de Munich. Cette Force du Destin avait été retransmise à la télévision en décembre 2013, ce dont Forumopera s&#8217;était, à l&#8217;époque, fait l&#8217;écho. On se retrouvera sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la galerie des prises de rôle bavaroises de Jonas Kaufmann, voici désormais disponible en DVD la trace de son Alvaro, reflet de la saison 2013/2014 du Staastoper de Munich. Cette <em>Force du Destin</em> avait été retransmise à la télévision en décembre 2013, <a href="http://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-un-alvaro-qui-decoiffe">ce dont Forumopera s&rsquo;était, à l&rsquo;époque, fait l&rsquo;écho</a>. On se retrouvera sans difficulté dans le jugement émis, à cette occasion, par Laurent Bury : si l&rsquo;on doit se procurer la captation vidéo de cette <em>Force du Destin</em> munichoise, c&rsquo;est d&rsquo;abord et surtout pour la griserie vocale qu&rsquo;elle procure plus que pour assister à un authentique moment de théâtre verdien. </p>
<p>Car pour le beau chant, assurément, on ne lésine pas. </p>
<p>A tout seigneur tout honneur, <strong>Jonas Kaufmann</strong> comblera ses nombreux admirateurs dans son incarnation de l&rsquo;Indien maudit. Son Alvaro, écrasé par le poids de son destin, jeté sur les routes d&rsquo;une existence damnée que n&rsquo;éclaire nulle lumière, marque les esprits par son chant mâle, à la virilité assumée mais jamais débraillée, ne franchissant jamais les frontières du bon goût par une extraversion de mauvais aloi. Tout est tenu, surveillé, les demi teintes sont dosées avec subtilité, le timbre d&rsquo;airain et la puissance peu commune font le reste (« Al chiostro, all&rsquo;eremo, ai santi altari » à la fin de la scène 9 de l&rsquo;acte III est digne d&rsquo;un Samson devant le Temple !). Rien à dire, la réputation n&rsquo;est pas usurpée, et très vite on rend les armes, même si on doit avouer, <em>sotto vocce</em>, que par moments (au début surtout) le métal solaire d&rsquo;un Corelli à Naples en 1958 nous manque un peu&#8230;</p>
<p>L&rsquo;objet de ses désirs, <strong>Anja Harteros</strong>, campe une Leonora elle aussi vocalement superlative, offrant des moments ineffables de pure vocalité (le duo avec Guardiano au II). Seul l&rsquo;acte IV la montre un peu moins à son avantage, avec un « Pace, pace mio Dio»  qui trouve son timbre durci, et manque de ce fait de l&rsquo;angélisme requis. Mais que de belles choses !</p>
<p>Chapeau bas aussi à <strong>Vitalij Kowaljow</strong>, superbe tant en Marquis de Calatrava qu&rsquo;en Padre Guardiano ou son legato onctueux fait merveille. En Père Supérieur, il irradie d&rsquo;une réconfortante bonté. Son compère en religion, Fra Melitone, est incarné par <strong>Renato Girolami</strong>, vocalement très salubre, qui parvient à éviter les excès de pitrerie et de cabotinerie auxquels le rôle donne parfois prétexte. Ses deux imprécations (à la fin du III et au début du IV) sont réellement chantées : bravo ! Il est simplement dommage que cet effort – louable – de sobriété ait pour effet d&rsquo;occulter la dimension comique du personnage, pourtant indéniable. </p>
<p>Quant au Carlo de <strong>Ludovic Tezier</strong>, il tutoie les cîmes. Le meilleur baryton verdien du moment ? Même si l&rsquo;on se méfie par principe de ces jugements catégoriques, comment ne pas souscrire à celui-ci ? Il a tout : le timbre, la technique, la projection, jusqu&rsquo;au chant <em>sul fiatto</em> de la meilleure école. Ses duos avec Kaufmann (« Solenne in quest&rsquo;ora » et « Sleale », heureusement préservé dans son intégralité au III, « Le minacce, i fieri accente » au IV) font partie des sommets incontestables de la représentation. </p>
<p>La Preziosella de <strong>Nadia Krasteva</strong> frappe par la richesse de son timbre, l&rsquo;intelligence de sa gestion des registres, et son chant exempt de vulgarité. Sur ce dernier point, on lui reconnaîtra un certain mérite, la mise en scène la cantonnant dans un personnage de mère maquerelle <em>new age</em> assez peu valorisant. </p>
<p>La mise en scène justement&#8230; Signée <strong>Martin Kusej</strong>, elle peine à emporter l&rsquo;adhésion. A sa décharge, on rappellera que l&rsquo;oeuvre est, dans la production verdienne, une des plus difficiles à mettre en scène : un livret capillotracté au delà du raisonnable, et un contraste assumé entre scènes puissament dramatiques (la majorité) et scènes de genre ouvertement comiques. Nombre de metteurs en scène, y compris les plus grands, s&rsquo;y sont cassé les dents. Le parti pris de Kusej accentue la face sombre de l&rsquo;oeuvre, en y faisant évoluer des personnages accablés par le poids de leur destin, dans une approche finalement assez primaire de l&rsquo;oeuvre. On cherche en vain les chemins de traverse ou les éclairages latéraux qui permettraient de regarder l&rsquo;oeuvre sous un jour nouveau. Le commentaire étique qui figure au dos de la pochette (on cherchera en vain un propos plus développé dans le livret figurant à l&rsquo;intérieur du coffret&#8230;) mentionne une lecture « post 11 septembre ». On cherche en vain les allusions idoines, même fugaces&#8230; Certaines idées sont esquissées (le poids de la religion, le renversement de perspective visuelle au début du II) sans jamais être menées à leur terme. Les décors, mêlant sans logique apparente le vintage <em style="line-height: 1.5;">seventies</em> (le repas pendant l&rsquo;ouverture) à un modernisme passe partout, n&rsquo;aident pas le spectateur. Quant aux lumières, très crues, elles ne créent aucun mystère, et ne font que mettre en évidence le défaut de fixation de l&rsquo;improbable tignasse qui accompagne Alvaro tout au long de la soirée. A la décharge des perruquiers et des maquilleurs du Staatsoper de Munich, il faut relever que la captation vidéo use et abuse des gros plans, ce qui, à la longue, finit par lasser à force de fragmentation en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;une mise en scène conçue pour le DVD.</p>
<p>On terminera en signalant que la direction d&rsquo;<strong>Asher Fisch </strong>semble surtout préoccupée de mettre en valeur les somptueuses individualités vocales, sans trop se soucier de cohérence dramatique (certaines pages pèchent par leur manque de nerf). Il dispose pour cela d&rsquo;une phalange orchestrale particulièrement avenante et riche en qualités premières. </p>
<p>C&rsquo;est donc d&rsquo;abord et avant tout pour sa quinte flush vocale que l&rsquo;on ira vers ce coffret : les stars sont au rendez vous, et c&rsquo;est déjà immense. Pour le reste, et notamment pour le théâtre verdien, on repassera. </p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-oeillades-et-roucoulades/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2014 06:01:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà bientôt près de 50 ans que cette production du Barbier de Séville, signée Ruth Berghaus, est régulièrement mise à l’affiche du Staatsoper de Berlin, sans pour autant perdre de sa fraîcheur et de son dynamisme. Cette éternelle jeunesse est-elle due à la blancheur lumineuse des quatre rideaux peints tendus sur des cordes qui constituent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà bientôt près de 50 ans que cette production du <em>Barbier de Séville</em>, signée<strong> Ruth Berghaus,</strong> est régulièrement mise à l’affiche du Staatsoper de Berlin, sans pour autant perdre de sa fraîcheur et de son dynamisme. Cette éternelle jeunesse est-elle due à la blancheur lumineuse des quatre rideaux peints tendus sur des cordes qui constituent le décor minimaliste, ou encore aux mimiques enfantines adoptées par des chanteurs alors qu’ils n’ont plus vraiment l’âge du rôle ? Le soin tout particulier qu’<strong>Achim Freyer </strong>apporte aux costumes mérite d’être souligné car ils comptent certainement pour beaucoup dans cette longévité en créant un chatoiement coloré qui se détache sur les tentures et participe à l’accentuation des caractères des personnages.</p>
<p><strong>Domingo Hindoyan</strong> à la tête de l’orchestre de la Staatskapelle ménage de belles nuances dans la lecture de la partition procédant à l’impressionnants crescendo-decrescendo, de fulgurantes accélérations, magnifiant ainsi l’œuvre de Rossini dont le dernier tiers n’atteint cependant pas le niveau d’écriture du début de l&rsquo;oeuvre. Il réserve par ailleurs suffisamment de libertés aux chanteurs pour que certains puissent s’abandonner à des ornementations supplémentaires.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/il_barbiere_di_siviglia_vii_2010_c_monika_rittershaus.jpg?itok=CwgSbJWY" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Dans cet exercice <strong>Katharina Kammerloher</strong> excelle et donne une grande leçon de vocalisation virtuose. Pourtant, et en raison de son jeu exagérément juvénile (sautillements, battements de mains…), elle ne parvient pas incarner le personnage de Rosine avec conviction. <strong>Maxim Mironov</strong> campe un comte Almaviva gracieux et délicat au timbre clair – mais peut-être trop léger pour imposer son chant, ce qui le rend un peu falot. Il cisèle cependant ses ornements à la perfection.<strong> Renato Girolami </strong>est un Bartolo plein de ressources théâtrales et vocales au point qu’il nous parait plus sympathique qu’il n’est dans cette comédie. <strong>Alfredo Daza</strong>, très à l’aise scéniquement dans les frusques de Figaro est néanmoins plus brutal que puissant et plus bruyant que sonore. Incarné par <strong>Tobias Schabel</strong>, Basilio est un ectoplasme énigmatique et fourbe qui retrouve sa superbe dans sa majestueuse cadence « la calunnia ». Enfin, <strong>Adrianne Queiroz</strong> réserve une belle surprise vocale quand Berta se mêle à l&rsquo;ensemble ronflant que constitue le finale du premier acte.</p>
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		<item>
		<title>ROSSINI, Il turco in Italia — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-turco-in-italia-munich-olga-peretyatko-fiorilla-retrouvee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2014 20:11:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Fiorilla d&#8217;Olga Peretyatko à Aix-en-Provence l&#8217;été dernier nous avait déçu. Peut-être parce que nous en attendions trop. Sans doute parce que nous savions qu&#8217;elle pouvait faire mieux. Intermittents en colère, surmenage inhérent à la préparation du concert du 14 juillet à Paris avaient eu raison sinon de la présence scénique, du moins de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Fiorilla d&rsquo;<strong>Olga Peretyatko</strong> à <a href="http://www.forumopera.com/il-turco-in-italia-aix-en-provence-malchance-ou-prescience">Aix-en-Provence l&rsquo;été dernier</a> nous avait déçu. Peut-être parce que nous en attendions trop. Sans doute parce que nous savions qu&rsquo;elle pouvait faire mieux. Intermittents en colère, surmenage inhérent à la préparation du concert du 14 juillet à Paris avaient eu raison sinon de la présence scénique, du moins de la forme vocale d&rsquo;une des sopranos les plus excitantes du moment (qui, soit dit en passant, sera en concert aux côtés de Dmitry Korchak à Paris le 11 décembre prochain*). Nous la retrouvons dans le même rôle à Munich quatre mois plus tard, régénérée, vitaminée, telle que nous l&rsquo;espérions : la projection rétablie, le trait affuté. La silhouette conjuguée à l&rsquo;aisance scénique rend cette Fiorilla coquette, futile, capricieuse, séduisante et fragile aussi. Cette dernière caractéristique s&rsquo;avère indispensable pour sortir le personnage des stéréotypes dans lesquels il pourrait s’abimer. Le chant se place au diapason, libéré, audacieux dans ses variations, stylistiquement irréprochable. Jamais les nombreuses variations dans l’aigu ne tirent Fiorilla vers Olympia. Notes piquées, trilles, <em>messa di voce</em> ne sont envisagés qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;expression. Que la mise en scène fasse en plus effort de réflexion et la soirée devient mémorable.</p>
<p><strong>Christof Loy </strong>réussit là où beaucoup échouent. On ne redira jamais assez combien la mécanique rossinienne est fragile. Il suffit que les gags soient trop appuyés pour que le spectacle entier tourne à vide. Ici, on rit souvent mais sans que l&rsquo;attention ne soit détournée de l&rsquo;essentiel. Tout vient à point le moment venu avec suffisamment d&rsquo;imagination pour surprendre et assez d&rsquo;intelligence pour ne pas s’appesantir. Les costumes sont nombreux. Un système de cloisons coulissantes renouvelle le décor. Les tableaux s&rsquo;enchaînent à vue sans que la tension retombe. Pour ne pas être allé au bout de leurs fantasmes, les héros sombreront dans un conformisme ennuyeux et bourgeois. Tout cela est d&rsquo;autant plus vrai que les chanteurs ont l&rsquo;exact physique de leur rôle. Le rêve ? Presque.</p>
<p>Dans l&rsquo;ouverture, la baguette de<strong> Paolo Arrivabeni</strong> est de plomb. Rossini n&rsquo;est pas le pain quotidien du Bayerisches Staatsorchester. Cela s&rsquo;entend. Le chœur, comme l&rsquo;orchestre, a le pas lourd. Puis peu à peu, une dynamique s’installe : fosse et plateau pétillent de concert. La version choisie de l&rsquo;œuvre est la plus intégrale possible en tenant compte des limites de chacun. Albazar perd son aria <em>di sorbetto</em> – <strong>Petr Nekoranec</strong> n&rsquo;aurait pas eu la puissance suffisante pour le faire entendre – mais les deux airs de Don Narciso sont rétablis. Tant mieux ! Le timbre d’<strong>Antonino Siragusa </strong>n&rsquo;est pas le plus élégant qui soit. L&rsquo;aigu passe en force, percute, dure plus longtemps que ne l&rsquo;exigerait la décence. Le ténor est cabotin mais sympathique. L&rsquo;agilité est imparable et surtout, ce personnage secondaire, dont la présence peut parfois sembler une aberration dramaturgique, existe comme rarement. Don Geronio récupère également sa scène du second acte, souvent coupée car d&rsquo;une authenticité contestable. <strong>Renato Girolami</strong> maitrise suffisamment le chant syllabique pour donner l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;agit là d&rsquo;un simple exercice de santé. Auparavant le duo avec Selim a montré que la basse bouffe savait être héroïque, ne concédant rien à son partenaire, ni dans les fioritures, ni dans l&rsquo;autorité. Avec <strong>Alex Esposito</strong> en turc, le match se place d&#8217;emblée au sommet. Comme ses partenaires, le rôle semblé avoir été pensé à l&rsquo;exacte mesure du physique et de la voix. Volume, étendue, virtuosité : Selim ici n’a rien à envier à Fiorilla. Privé d&rsquo;air, cantonné souvent au récitatif, <strong>Nikolay Borchev</strong> reste celui par qui l&rsquo;opéra arrive. Prosdocimo est-il acteur ou spectateur ? L&rsquo;ambiguïté subsiste. La modernité de l&rsquo;œuvre repose sur cette seule question. Zaida enfin est personnage trop secondaire pour que le mezzo-soprano trémulant de <strong>Marzia Marzo</strong> ne vienne tempérer un enthousiasme dont témoignent au tomber de rideau les nombreux rappels.</p>
<p>* Olga Peretyatko (soprano), Dmitry Korchak (ténor). Théâtre des Champs-Élysées, jeudi 11 décembre 2014, 20h (<a href="http://lesgrandesvoix.fr/olga-peretyatko-dmitry-korchak/">plus d&rsquo;informations</a>)<br />
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