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	<title>Lionel MEUNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 16 Jun 2026 21:52:44 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Lionel MEUNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BACH, Cantates (Vox Luminis) &#8211; Leipzig</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-cantates-vox-luminis-leipzig/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Top 50 des plus belles cantates de Bach se poursuit à Leipzig, avec ce soir le seul ensemble de la série à ne pas être placé sous la direction d’un chef d’orchestre. Vox Luminis se présente en effet davantage comme un collectif vocal (et instrumental), au sein duquel Lionel Meunier chante tout en guidant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Le </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-cantates-herreweghe-leipzig/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Top 50</span></a><span style="font-weight: 400;"> des plus belles cantates de Bach se poursuit à Leipzig, avec ce soir le seul ensemble de la série à ne pas être placé sous la direction d’un chef d’orchestre. </span><b>Vox Luminis</b><span style="font-weight: 400;"> se présente en effet davantage comme un collectif vocal (et instrumental), au sein duquel </span><b>Lionel Meunier</b><span style="font-weight: 400;"> chante tout en guidant les musiciens. Il est d’ailleurs fascinant de constater le degré de précision et d’exactitude que l’ensemble parvient à atteindre avec ce mode d’organisation, comme en témoignent les motets de Johann Hermann Schein et Heinrich Schütz interprétés entre les quatre cantates. Le concert de ce soir est consacré aux cantates classées de la 24e à la 21e place, qui se distinguent autant par leur caractère que par leur instrumentation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans la très expressive BWV 150, probablement écrite par un Bach encore jeune à Mühlhausen, le chœur est installé en haut de la tribune, en demi-cercle, avec des pupitres entièrement mêlés. Les contrastes de tempo et de caractère sont parfaitement rendus, tout comme la chaconne finale, « Meine Tage in dem Leide ». La très festive BWV 110 instaure ensuite un changement de climat parfaitement maîtrisé : les trompettes retentissent dès le chœur d’ouverture, brillant, sur une musique inspirée de l’ouverture de la Suite pour orchestre BWV 1069. Celui-ci est immédiatement suivi par le bouleversant « Ihr Gedanken und ihr Sinnen », où la voix du ténor </span><b>Raphael Höhn</b><span style="font-weight: 400;">, par ailleurs remarquable Évangéliste, dialogue avec deux traversos (</span><b>Sophia Kind</b><span style="font-weight: 400;"> et </span><b>Stefanie Troffaes</b><span style="font-weight: 400;">). Le duo de l’alto avec le hautbois d’amour (</span><b>Sophia Faltas </b><span style="font-weight: 400;">et </span><b>Rodrigo López Paz</b><span style="font-weight: 400;">) est tout aussi réussi, de même que le flamboyant air de basse, presque haendélien, interprété par </span><b>Sébastien Myrus</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Changement complet d’atmosphère avec la BWV 170, seule cantate de la soirée écrite pour voix seule (sans chœur) et l’une des trois cantates de Bach conservées pour voix d’alto. L’ensemble se déplace alors vers l’orgue latéral de l’église, magnifiquement tenu par </span><b>Bart Jacobs</b><span style="font-weight: 400;">, pour un moment de recueillement bouleversant. Le public semble suspendu à ce « Vergnügte Ruh » initial, à la fois introspectif et méditatif, où le soliste, l’excellent contre-ténor </span><b>Matthias Dähling</b><span style="font-weight: 400;">, est porté par un hautbois d’amour et un tapis de cordes. Le concert s’achève avec la grande cantate dramatique BWV 70, consacrée au thème de la vigilance et du Jugement dernier. À nouveau triomphante grâce aux trompettes, elle s’ouvre sur une saisissante entrée du chœur, construite sur des gammes successivement reprises par les différents pupitres. Les airs sont eux aussi très réussis et la soirée se conclut sur les mots « meinem Jesum lass ich nicht », accompagnés des sourires du public comme des interprètes.</span></p>
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		<title>PURCELL, Birthday Odes / The Indian Queen &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-birthday-odes-the-indian-queen-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Henry Purcell a écrit six odes pour les anniversaires de la Reine Mary, donnant à ces pièces de plus en plus d’ampleur au fil du temps. Ce sont les deux dernières qui étaient présentées ici, encadrant une suite d’orchestre tirée du The Indian Queen, l’un de ses semi-opéras, parvenu incomplet jusqu’à nous et composé à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Henry Purcell a écrit six odes pour les anniversaires de la Reine Mary, donnant à ces pièces de plus en plus d’ampleur au fil du temps. Ce sont les deux dernières qui étaient présentées ici, encadrant une suite d’orchestre tirée du <em>The</em> <em>Indian</em> <em>Queen</em>, l’un de ses semi-opéras, parvenu incomplet jusqu’à nous et composé à la même période, les toutes dernières années de la courte vie du compositeur.</p>
<p>Ce répertoire un peu convenu et pétri de bonnes intentions est l’occasion de musiques réjouissantes, festives et résolument optimistes, une genre dans lequel Purcell excelle. Préparé avec un très grand soin par les équipes de Vox Luminis – elles sont familiarisées avec ce compositeur depuis plusieurs années – sous la direction artistique de <strong>Lionel Meunier</strong>, ce concert fut une très grande réussite.</p>
<p>Le dispositif scénique (est-il inspiré du théâtre de Peter Brook ?) relègue sur les côtés de la scène les chanteurs ou les instrumentistes lorsqu’ils ne sont pas concernés par la scène en cours, et les réintègre au centre du podium, disposé en carré, dès qu’ils sont actifs. Cela crée un mouvement fluide et très bien rôdé. Les différentes interventions solistes sont menées par des membres du chœur qui y trouvent l’occasion de briller chacun à leur tour et réintègrent ensuite l’ensemble de façon très harmonieuse. Aucune faiblesse dans ce casting de chanteurs aguerris, aucun vedettariat non plus, chacun jouant son rôle sans chercher à prendre la lumière, pour le plus grand bénéfice de l’ensemble. L’orchestre semble se diriger tout seul, puisque Lionel Meunier, qui assume la direction artistique du projet, fait lui-même partie du chœur (il s’est aussi attribué quelques parties de flûte à bec) et ne se tient donc pas devant ses musiciens. Le premier violon d’une part et le claveciniste d’autre part assument la coordination des parties orchestrales sans qu’on ressente aucun décalage ni flottement, et font preuve là aussi d’une grande rigueur rythmique, d’une belle vivacité de ton, apportant aux chanteurs tout le soutien dont ils ont besoin, et conférant à l’ensemble de leur interprétation le climat joyeux et divertissant qui convient à cette musique.</p>
<p>Ces qualités orchestrales furent particulièrement sensibles dans la suite orchestrale tirée de <em>The</em> <em>Indian</em> <em>Queen</em>, présentée ici plutôt comme un intermède instrumental entre les deux odes qui constituaient bien le chœur du programme.</p>
<p>Parmi toutes les interventions solistes, on aura surtout remarqué dans la cinquième ode la participation particulièrement brillante de la trompette, ou l’air pour alto solo <em>Crown the Altar </em>et dans la sixième ode, le duo de contre-ténors <em>Sound the Trumpet</em> ou l’intervention de la basse <em>These are the Sacred Charms that Shield. </em>Tous les passages confiés au chœur – et notamment le très beau chœur final &#8211; firent grande impression, en parfaite symbiose avec l’orchestre et sans souffrir aucunement de l’absence de chef, tous ces musiciens fonctionnant comme un très vaste ensemble de musique de chambre au sein duquel l’énergie circule librement, sans cesse relayée par chacun dans une intension commune, ce qui montre, si besoin était, la qualité du travail en amont. La salle très enthousiaste ne manqua d&rsquo;ailleurs pas de saluer ce travail par de longs et chaleureux applaudissements.</p>
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		<item>
		<title>BACH, Messe en si mineur &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 01:57:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour essentielle qu’elle soit, la Messe en si mineur (1), bien qu’enregistrée abondamment, est beaucoup moins donnée au concert que les Passions (2). Aussi, son interprétation par Vox luminis et le Freiburger Barockorchester, avec une distribution remarquable constitue un des moments les plus forts du festival d’Ambronay. Jamais la Messe en si ne laisse indifférent, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour essentielle qu’elle soit, la <em>Messe en si mineur</em> (1), bien qu’enregistrée abondamment, est beaucoup moins donnée au concert que les <em>Passions</em> (2). Aussi, son interprétation par <em>Vox luminis</em> et le <em>Freiburger Barockorchester</em>, avec une distribution remarquable constitue un des moments les plus forts du festival d’Ambronay.</p>
<p>Jamais la <em>Messe en si</em> ne laisse indifférent, particulièrement après plus de cinquante ans de fréquentation assidue. Aussi serait-il regrettable que les quelques interrogations qui émaillent ce propos altèrent chez le lecteur le souvenir de l’émotion partagée, qui fut d’une rare intensité. Que ce dernier n’y perçoive que l’expression d’un amour de l’ouvrage et de l’admiration pour celles et ceux qui nous le transmettent avec ferveur et humilité. Les chefs-d’œuvre autorisent, appellent, une variété de lectures renouvelées dont le bonheur de l’écoute ne doit pas occulter les questionnements.</p>
<p>La disposition correspond en tous points aux attentes : les bois, essentiels, sont placés devant (les deux merveilleuses flûtes), ou sur le côté droit (hautbois, bassons), le chœur, sur un rang, en arc de cercle, entoure l’orchestre, et <strong>Lionel Meunier</strong>, tout en tenant sa partie dans son pupitre, dirige de sa place, au cœur du chœur, avec l’intensité d’engagement qu’on lui connaît. Sa communication avec <strong>Peter Barczi</strong>, <em>Konzertmeister</em> du <em>Freiburger Barockorchester</em> est constante. L’effectif choral refuse l’obésité – trois chanteurs par partie, y compris les solistes conformément aux indications du manuscrit de 1733. Il en va de même de l’orchestre. Les cordes ont la clarté soyeuse attendue, les soli instrumentaux sont à la hauteur de la réputation de la phalange : le violon, les deux flûtes, le hautbois d’amour, tout particulièrement.</p>
<p>La distribution, sans faiblesse, réunit de bonnes, voire d’excellentes voix, sans jamais se prêter au spectaculaire : on participe à une liturgie. Le premier mérite revient bien sûr au travail conduit avec exigence par Lionel Meunier avec son chœur <em>Vox luminis</em>, dont l’éloge n’est plus à faire. La formation est ductile, malléable, homogène et sûre, y compris dans les parties les plus redoutables (les <em>alla breve</em> sont pris à un train d’enfer, sans jamais mettre les voix en péril, mais sans que le bénéfice expressif soit toujours évident). L’engagement et l’aisance ne faibliront jamais.</p>
<p>Tout est contrepoint. Les pleins et les déliés, la souplesse des phrasés, la précision des attaques sont bien là, même si on attendait davantage de vie rythmique. Peut-être la polyphonie orchestrale comme chorale appelait-elle un approfondissement, certains soulignements (3). L’usage d’une suspension dans la résolution des cadences interroge tant il est systématique.  Le dessin des lignes est toujours lisible, clair. Leur entrelac vocal comme instrumental est un bonheur constant. Les longues vocalises des chanteurs, solistes ou choristes, sont irriguées par l’énergie du verbe, précises et régulières comme les vagues. Même si l’acoustique lisse et mêle les traits de chaque partie, c’est toujours un bonheur. La ferveur chaleureuse, puissante, n’est jamais pesante. Le refus de l’emphase est manifeste, toujours ça avance. Si la pulsation est évidente, permanente, la respiration l’est moins.</p>
<p>Le début interroge : le premier <em>Kyrie</em>, que l’on attendait ardent, tendu, suppliant, apparaît legato, serein, dépourvu d’articulation, de rythme, un <em>Kyrie</em> d’espérance plus que de supplique, aux antipodes de la surarticulation dramatique de Schreier. Le <em>Christe,</em> lumineux, rayonnant, reste modeste, humble, dans sa dimension vocale. <em>L’alla breve</em> rapide de la fugue du second <em>Kyrie</em> lui confère une certaine véhémence. Eclatant et animé, le puissant <em>Gloria</em>, avec ses trois trompettes et timbales fait toujours forte impression, et le <em>Et in terra pax</em>, contrasté, retenu, s’enflera progressivement à la faveur de sa magistrale fugue.  Sans entrer dans les détails, disons simplement que le <em>Laudamus te</em>, où le violon solo dialogue avec les deux solistes, est chanté avec fraîcheur, sur une belle articulation de l’orchestre. Les deux flûtes du <em>Domine Deus</em> sont un constant régal et retiennent davantage l’attention que les voix, fort belles au demeurant.  La douceur du <em>Qui tollis</em> nous vaut un moment de grâce, d’une plénitude lumineuse. Il en ira de même du <em>Qui sedes</em>, où se marient les lignes du hautbois d’amour et de l’alto. Le <em>Quoniam</em> est partagé entre le chant noble de la basse (<strong>Felix Schwandtke</strong>, sauf erreur), le cor naturel, les deux bassons et le continuo. Pour conclure le <em>Gloria</em>, la fugue du <em>Cum Sancto Spiritu</em>, dont la jubilation se traduit par un tempo très rapide.</p>
<p>A l’affirmation puissante du <em>Credo</em> succède le <em>Et in unum Dominum</em>, moment de bonheur musical qui unit les solistes (une soprano et l’alto de <strong>William Shelton</strong>) aux deux hautbois d’amour. Le galbe des lignes force l’admiration.  Au centre du <em>Credo</em>, le <em>Crucifixus</em>, dont on attendait davantage de pesanteur accablée du motif de passacaille, est ardent, douloureux, impatient, avec les trompettes et les timbales. Il s’éteint dans un ralenti poignant. Y répond le <em>Et resurrexit</em>, d’une joie exaltée, avec des bois jubilatoires. La redoutable phrase des basses (<em>Et iterum venturus</em>) est exemplaire de conduite. Avec les deux hautbois d’amour, l’<em>Et in Spiritum</em>, chanté par la basse aux belles couleurs, à la longueur de souffle impressionnante, n’appelle que des louanges. Les entrées claires de toutes les parties du canon du <em>Confiteor</em>, allant, avec son adagio conclusif concourent au recueillement, à l’émotion juste. Contrastée à Voxsouhait, l’animation de l’<em>et expecto resurrectionem</em>, avec ses <em>Amen</em> vocalisés achève cette section.</p>
<p>Quasi dansant, animé d’une joie profonde, aux beaux modelés, avec la jubilation des vocalises de chaque voix, le <em>Sanctus</em> nous emporte. L&rsquo;immense <em>Osanna,</em> suivant, n’est pas en reste, puissant et enlevé. L’intime, le fragile <em>Agnus Dei</em> nous fait oublier les « grands » prédécesseurs (Jacobs, Scholl etc.) : la pureté d’émission, la conduite du souffle de William Shelton, le merveilleux traverso confèrent une douceur (les pianissimi) qui nous captive et nous ravit. Repris du <em>Gratias agimus</em>, symétrique, le <em>Dona nobis pacem</em>, l’appel à la paix, après l’action de grâce, fervente, avec son amplification progressive de la fugue, délibérément lissée, et son ralenti final, nous conduisent à la félicité. Un grand moment de communion musicale, rare dans son intensité, que chacun gardera en mémoire (4).</p>
<ul>
<li>
<pre>1.Pourquoi cette fallacieuse appellation s’est-elle incrustée, puisque le si mineur y est peu fréquent (5 numéros sur 27), le ré majeur dominant ? « Hohe Messe » semble plus approprié. 
2. Si peu de narration, l’intemporalité, alors que les Passions sont associées à Pâques, pas d’Evangéliste charismatique peuvent expliquer, pour partie, cette diffusion plus restreinte. 
3. Ainsi l’ostinato implacable - 13 reprises du motif - de la passacaille du <em>Crucifixus</em>; le trait expressif des basses, m.168 du <em>Et resurrexit</em>, m.168 ; le <em>cantus firmus</em> confié aux basses, puis aux ténors du chœur, m. 172 sqq. du <em>Confiteor</em> ... 
4. Ce profond bonheur, cette sérénité radieuse, intemporelle, appelait le silence après que la résonance ultime se soit éteinte. Las, nombre d’auditeurs se montrent incapables de retenir leurs applaudissements, interdisant aux autres de savourer ce moment, essentiel.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>BACH, Johannes-Passion &#8211; Bruxelles (Flagey)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-johannes-passion-bruxelles-flagey/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe plusieurs versions de la Passion selon Saint-Jean : celle qu’on entend moins souvent, dite version 1725 (l’originale date de 1724) se distingue de l’originale par un chœur d’ouverture différent (Oh Mensch, bewein dein Sünde groß) réutilisé en 1727 pour clore la première partie de la Passion selon Saint-Matthieu, un choral final différent, et l’ajout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe plusieurs versions de la Passion selon Saint-Jean : celle qu’on entend moins souvent, dite version 1725 (l’originale date de 1724) se distingue de l’originale par un chœur d’ouverture différent (<em>Oh Mensch, bewein dein Sünde groß</em>) réutilisé en 1727 pour clore la première partie de la Passion selon Saint-Matthieu, un choral final différent, et l’ajout de quelques arias et chorals. On ne sait pas exactement pour quelles raisons Bach opéra ces modifications, on peut juste constater que cette deuxième version laisse une plus grande place aux chorals, et donc une implication plus grande du public des fidèles dans le commentaire du drame, une plus grande proximité avec le sort de Jésus.</p>
<p>La conception de <strong>Lionel Meunier</strong> s’écarte elle aussi des habitudes, qu’on en juge plutôt : un chœur  disposé en arc de cercle autour de l’orchestre, des solistes qui s’avancent sur un proscénium pour chanter leur air mais s’en retournent avant même que l’orchestre ait terminé, pas de chef devant l’orchestre – le directeur musical est au milieu du chœur, tous les solistes issus du chœur, quasi anonymement (à l’exception de l’évangéliste), une volonté délibérée de simplicité et de modestie, à l’écart de tout vedettariat, tout à fait dans l’esprit de l’époque : faire le mieux qu’on peut avec les moyens du bord, pour la seule gloire de Dieu.</p>
<p>Il n’est pas certain que ces choix aient réellement contribué à la réussite musicale de la soirée, globalement décevante par rapport aux attentes, étant donné les qualités qu’on reconnait volontiers aux artistes ici impliqués. Certes le chœur <strong>Vox Luminis</strong> est d’une exceptionnelle précision, d&rsquo;une très grande homogénéité dans chaque pupitre. Il parvient à chanter avec ferveur y compris dans les nuances les plus piano. Les interventions du chœur constituèrent d’ailleurs la colonne vertébrale de la soirée, sa part la plus solide. L’orchestre baroque de Fribourg est sans doute un des meilleurs pour ce type de répertoire ; mais les troupes réunies à Bruxelles ont plutôt donné l’impression de faire partie de l’équipe B de la phalange, ou souffraient de l’absence de chef devant elles. Des imprécisions dans les interventions solistes, des couleurs orchestrales peu imaginatives, une omniprésence de l’orgue et un clavecin à peu près inaudible sont les principaux reproches qu’on peut faire à la partie orchestrale. A son crédit, il faut tout de même mentionner la qualité de l’intervention de la viole de gambe de <strong>Juan Manuel Quintana</strong> et les efforts permanents de <strong>Petra Müllejans</strong> pour communiquer du regard avec Lionel Meunier et maintenir la cohésion entre chœur et orchestre.</p>
<p>Le choix de Lionel Meunier de s’attribuer le rôle de Jésus peut lui aussi être contesté : préoccupé bien légitimement de son rôle de chef de chœur, à grand renfort de mouvements corporels, de sa participation au pupitre des basses, de sa connexion avec la <em>concertmeisterin</em>, il peine à trouver la sérénité que requiert le rôle symboliquement si important, et sa technique vocale n’est pas non plus à la hauteur des attentes : diction allemande approximative et ligne vocale peu soutenue. On soulignera en revanche les magnifiques interprétations du ténor <strong>Raphael Höhn</strong>, dans le rôle de l’évangéliste, très nuancé, très humain, précis et dynamique dans ses enchaînements, et d’<strong>Alexander Chance</strong>, membre du chœur à qui sont confiés les airs d’alto, et qui impressionne par son implication dramatique, sa voix parfaitement timbrée, son énergie, son ardeur juvénile et sa maîtrise du style. Son interprétation du <em>Es ist vollbracht </em>restera dans toutes les mémoires. On passera sous silence les interventions du ténor, (technique insuffisante face aux difficultés de la partition). Du côté des sopranes, le premier air a été confié à <strong>Erika Tandiono</strong>, voix très agréable, et le second à <strong>Viola Blache</strong>, particulièrement émouvante. La basse <strong>Sebastien Myrus</strong> interprète très honorablement les parties solistes qui lui sont dévolues, de même que <strong>Laurent Najbauer</strong> dans le rôle de Ponce Pilate, et de <strong>Vincent De Soomer</strong> dans celui de Pierre.</p>
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		<title>Demandez le programme des festivals d’été ! #15 &#8211; Vézelay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/demandez-le-programme-des-festivals-dete-15-vezelay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2024 05:25:45 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=166022</guid>

					<description><![CDATA[<p>La 24e édition des Rencontres musicales de Vézelay sera « exploratrice, foisonnante et spirituelle », nous promet François Delagoutte, son directeur. En quatre jours – d’une rare intensité – à raison de deux grands concerts à La Madeleine, mais aussi dans d’autres sites patrimoniaux proches, les découvertes seront nombreuses. Qu’on en juge : Le jeudi 22 août, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/demandez-le-programme-des-festivals-dete-15-vezelay/"> <span class="screen-reader-text">Demandez le programme des festivals d’été ! #15 &#8211; Vézelay</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La 24<sup>e</sup> édition des Rencontres musicales de Vézelay sera « exploratrice, foisonnante et spirituelle », nous promet <strong>François Delagoutte</strong>, son directeur. En quatre jours – d’une rare intensité – à raison de deux grands concerts à La Madeleine, mais aussi dans d’autres sites patrimoniaux proches, les découvertes seront nombreuses. Qu’on en juge :</p>
<p>Le jeudi 22 août, <strong>Bruno de Sà</strong>, <em>les Accents</em> et <strong>Thibault Noally</strong> au violon et à la direction ; les <em>Vêpres à la Vierge</em> de Monteverdi par la <em>Cappella Mediterranea</em> et le <em>Chœur de chambre de Namur</em>, dirigés par <strong>Leonardo Garcia Alarcon </strong>;</p>
<p>Le vendredi 23, un oratorio de Ziani (avec des œuvres de Vivaldi) par <em>l’Escadron volant de la Reine</em> ; des psaumes de la pénitence (de Lassus à Arvo Pärt) par la <em>Cappella Amsterdam</em> ;</p>
<p>Le samedi 24, Dufay et ses contemporains byzantins avec l’<em>Ensemble Irini</em> ; associée à des œuvres de Brahms et Bruckner, la <em>Symphonie de Psaumes</em> de Stravinski, confiée à <em>Léo Warinski</em> qui dirigera <em>les Métaboles</em> et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg ;</p>
<p>Dimanche 25, <em>Vox luminis</em>, qu’anime <strong>Lionel Meunie</strong>r, propose déjà une cantate de Bach (<em>Der Friede sei mit uns</em>), où le public est invité à chanter le choral final ; puis son <em>Oratorio de Pâques</em>, associé à la <em>Missa paschalis</em> de Zelenka.</p>
<p>Sans oublier les nombreuses animations, ateliers et récitals abordant toutes les expressions musicales, des traditions orales au scat, on ne sait où donner de l’oreille, ou de la voix et du geste. D’autant que le cadre admirable et simple aura séduit bien des écrivains et artistes depuis fort longtemps, c&rsquo;est l’assurance d’émotions partagées.</p>
<p><span style="color: #3366ff;">www.lacitedelavoix.net   </span>renseignements et réservations : 03 86 94 84 40</p>
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		<title>Light and shadow &#8211; Sablé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/light-and-shadow-sable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En quatre jours et onze concerts à applaudir dans une dizaine d&#8217;églises et de théâtres, le festival de Sablé irrigue le territoire d&#8217;ondes baroques depuis quarante-cinq ans avec des programmes ludiques ou exigeants comme ce Light and shadow où l&#8217;ensemble vocal Vox Luminis propose un parcours sensible dans le répertoire britannique méconnu du XVIe et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En quatre jours et onze concerts à applaudir dans une dizaine d&rsquo;églises et de théâtres, le festival de Sablé irrigue le territoire d&rsquo;ondes baroques depuis quarante-cinq ans avec des programmes ludiques ou exigeants comme ce <em>Light and shadow</em> où l&rsquo;ensemble vocal <strong>Vox Luminis</strong> propose un parcours sensible dans le répertoire britannique méconnu du XVIe et du début du XVIIe siècle.</p>
<p>Le programme de <strong>Lionel Meunier</strong> est remarquablement construit en trois parties distinctes, toutes en clair-obscur.<br />
La première est consacrée à la lumière et à une foi confiante, chantée exclusivement en latin avec le « Videte miraculum » de Thomas Tallis où s&rsquo;expriment les couleurs rondes et chaudes de l&rsquo;ensemble, la clarté de la ligne vocale et des mélismes jamais affectés. « In manus tuas » de John Sheppard permet d&rsquo;étirer le son et les harmonies dans une polyphonie raffinée toute en tendresse et délicatesse dans la reprise. Le texte sacré est porté toujours avec grand respect, avec une intériorité qui n&rsquo;est pourtant jamais sèche, comme dans le « Christe qui lux es et dies » de Robert White.</p>
<p>Suit un second moment chanté en anglais – où les finales sont moins précises et les accents moins uniformes &#8211; mais où l&rsquo;équilibre des pupitres reste idéal bien que la formation rassemble dix hommes pour quatre femmes. La pâte sonore est raffinée, délicate. Appel poignant dans « How are the mighty fall’n » de Robert Ramsey se chargeant de tendresse dans « O Jonathan, woe is me » de Thomas Weelkes, c&rsquo;est cette fois la détresse face à la perte d&rsquo;un être cher qui est évoquée.</p>
<p>L&rsquo;ultime partie du concert nous ramène à l&rsquo;espoir d&rsquo;un au-delà dans une alternance d&rsquo;extraits en latin et en anglais. Les voix se répondent avec souplesse dans « Hear the voice and prayer » de Thomas Tallis, un apaisement ébloui irrigue le sublime « In pace » de John Sheppard.</p>
<p>Alternant les formations, passant parfois du couplet alternant soliste et tutti ( « Christe qui lux es et dies » de John Sheppard) ; d&rsquo;un quintette au tutti, s&rsquo;installant au fond du chœur ou sur scène à la croisée des transepts, face au public, ou face les uns aux autres en un ou deux cercles, les chanteurs modifient subtilement l&rsquo;écoute et jouent avec l&rsquo;excellente acoustique de la Basilique Notre-Dame du Chêne. Ils laissent même l&rsquo;avant de l&rsquo;église vide en déambulant autour de la nef et des spectateurs pour le premier anthem des<em> funeral Sentences</em> de Thomas Morley. Le chœur ainsi se trouve vide de toute présence vivante et laisse place à l’espérance en la résurrection, illustrant précisément le texte du motet. L&rsquo;image est aussi simple que juste, sans ostentation, et résume parfaitement l&rsquo;esprit de ce moment musical profondément recueilli d&rsquo;une prégnante spiritualité.</p>
<p>Un programme à réentendre le 23 septembre prochain à Spa en Belgique, ou le lendemain à la Fondation Royaumont.</p>
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		<title>BACH, Messe en si mineur, BWV 232&#124;Magnificat BWV 243 — Pontaumur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/magnificat-et-missa-en-si-vox-luminis-pontaumur-bach-en-majeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Rouhette]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Aug 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Critique, subst. fém. : « Capacité de l’esprit à juger un être, une chose à sa juste valeur, après avoir discerné ses mérites et défauts, ses qualités et imperfections ». Par extension, un critique ou une critique est une personne « qui a le don, le pouvoir de juger un être, une chose à sa juste valeur, de discerner &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Critique, subst. fém. : « Capacité de l’esprit à juger un être, une chose à sa juste valeur, après avoir discerné ses mérites et défauts, ses qualités et imperfections ». Par extension, un critique ou une critique est une personne « qui a le don, le pouvoir de juger un être, une chose à sa juste valeur, de discerner ses mérites et défauts », et en particulier « qui fait preuve d’objectivité dans ses jugements<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="" id="_ftnref1">[1]</a> ». Il arrive, en de rares occasions, que cette capacité s’affole et abdique ; la spectatrice censée écrire un compte-rendu aussi impartial que possible pour ForumOpera demeure impuissante, le jugement neutralisé par le miracle qui se produit devant elle. Tout à coup, un ensemble passionné composé d’instrumentistes du plus haut niveau, de chanteurs inspirés et totalement investis vient lui offrir « sa » version idéale d’une œuvre qui lui est particulièrement chère, même incomplète (la <em>Missa Brevis</em> se compose des deux premières parties de la <em>Messe en si mineur</em>), et c’en est fini de toute prétention à l’objectivité. Une petite partie du cerveau continue à enregistrer machinalement certains détails : tel chanteur, telle chanteuse dont le grave est un peu faible ou dont les consonnes manquent de précision, mais le tout est tellement plus grand que la somme des parties que la conclusion s’impose d’elle-même : ces quelques imperfections très ponctuelles n’ont strictement aucune importance.</p>
<p>Dans ces conditions, et avec un tel résultat, cela n’aurait pas de sens de distinguer entre les solistes. Tous les chanteurs sont à saluer, individuellement – et ils sont nombreux à s’exprimer en solistes à un moment ou à un autre – et collectivement car ils constituent un chœur d’une qualité rare. L’homogénéité parfaite de chaque pupitre, l’équilibre général, les vocalises limpides (dans le « Gratias agimus tibi » de la <em>Missa Brevis</em>, dans le « Gloria » du <em>Magnificat</em> avec les mélismes en triolets par exemple), les départs impeccables, tout cela contribue à la lisibilité lumineuse des œuvres jouées. Chacun est présent quand il le faut puis s’efface pour laisser ressortir la ligne musicale dans une autre voix, toujours au service de l’ensemble, avec un engagement complet et un plaisir palpable et communicatif.</p>
<p>L’orchestre se montre à la hauteur de tels chanteurs – ou est-ce l’inverse ? –, toujours à l’écoute dans une communion qui concerne aussi bien les dialogues entre instruments et voix solistes (violon et soprano 2 pour le « Laudamus te » de la <em>Missa Brevis</em>, hautbois et soprano 1 pour le « Quia respexit » du <em>Magnificat</em>, flûtes et alto pour le délicieux « Esurientes » dans la même œuvre, mais il faudrait tous les citer) que les moments tutti où chacun se répond et le continuo. Un mot tout de même sur les cuivres : trompettes et cor ont livré une prestation admirable de clarté et de musicalité, et on sait les difficultés que rencontrent les instruments naturels, surtout dans la chaleur qui régnait dans l’église de Pontaumur. Les températures élevées ont d’ailleurs eu raison de la fugue du prélude et fugue en do majeur BWV 547 prévus à l’orgue de Pontaumur, dont les registres aigus ont été victimes de la chaleur de ces derniers jours. Bart Jacobs<a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title="" id="_ftnref2">[2]</a> a quand même pu proposer une interprétation réjouissante du prélude, n’hésitant pas à actionner le <em>Zimbelstern</em> à la fin. Le caractère joyeux de la pièce constituait une transition idéale vers le <em>Magnificat </em>pour achever en majeur un festival commencé sur <a href="https://www.forumopera.com/actus-tragicus-correspondances-pontaumur-la-nuit-transfiguree">un mode plus sombre</a>.</p>
<p>Dirigeant depuis le chœur, dans le pupitre des basses, <strong>Lionel Meunier</strong> se fait comprendre d’un geste discret du poignet, d’un haussement de sourcils. On l’aura compris, il préfère l’ensemble à l’individualité, mais il privilégie également la fluidité et la cohérence, ce qui explique que le choix de certains tempi puisse surprendre. Ainsi dans le <em>Magnificat</em>, le « Omnes generationes », souvent interprété <em>allegro</em> et nerveusement, est ici rendu avec une relative lenteur et avec une douceur qui semblent découler de l’aria de soprano juste avant, « Quia respexit », interprétée avec une simplicité touchante. Ce tempo permet également aux accords ahurissants de ce morceau, avant le point d’orgue, de se déployer pleinement. À l’inverse, le deuxième « Kyrie » de la <em>Missa</em> est très allant, de même que « Et in terra pax », sans jamais donner une impression de précipitation et toujours dans la logique de ce qui précède et de ce qui suit. Tout semble couler : les crescendos, très progressifs, sont parfaitement maîtrisés. Les contrastes sont là, sans aucune violence ; les notes détachées sont marquées mais rarement <em>staccatto</em>, les inégalités, tout en légèreté, ne sont pas heurtées.</p>
<p>Le « Dona nobis pacem » donné en bis laisse un grand sentiment de sérénité et conclut dignement un concert exceptionnel ainsi qu’un festival petit par la taille, mais grand par la qualité des spectacles proposés.</p>
<p> </p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title="" id="_ftn1">[1]</a> Définitions proposées par le Trésor de la Langue Française informatisé (<a href="https://www.cnrtl.fr/definition/critique" rel="nofollow">https://www.cnrtl.fr/definition/critique</a>).</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title="" id="_ftn2">[2]</a> On pourra l’entendre le 26 août dans des concertos pour orgue de Bach dans le cadre du festival de musique ancienne en Normandie.</p>
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		<title>Royal Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/royal-requiem-requiems-royaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alpha Classics a indéniablement le sens de l&#8217;actualité ou de l&#8217;anticipation : ce coffret sort au lendemain de la Toussaint et du jour des morts au moment où le Royaume-Uni s&#8217;inquiète de la santé de sa souveraine qui va vers ses 96 ans et ses 70 ans de règne.  Mais, comme souvent avec cet éditeur, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alpha Classics a indéniablement le sens de l&rsquo;actualité ou de l&rsquo;anticipation : ce coffret sort au lendemain de la Toussaint et du jour des morts au moment où le Royaume-Uni s&rsquo;inquiète de la santé de sa souveraine qui va vers ses 96 ans et ses 70 ans de règne. </p>
<p>Mais, comme souvent avec cet éditeur, cette boîte est tout sauf une hâtive compilation de tubes du répertoire sacré. C&rsquo;est même tout le contraire !  <strong>Antoine de Févin, Neukomm, Plantade, Hayne</strong>, des quasi-inconnus, côtoient <strong>Jommelli, Cherubini, Purcell, Fux</strong>, tous réunis autour d&rsquo;un concept commun, parfaitement explicité par l&rsquo;excellent Jérôme Lejeune : « Jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;Ancien Régime, l&rsquo;une des principales activités – et l&rsquo;un de leurs moyens de subsistance – des compositeurs était celle de maître de chapelle&#8230;qui devaient fournir des musiques spécifiques pour certains événements&#8230; comme le décès d&rsquo;un souverain ». </p>
<p><strong>Anne de Bretagne</strong></p>
<p>La première galette convoque la figure d&rsquo;Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, décédée le 9 janvier 1514. Elle n&rsquo;est inhumée dans la nécropole des rois de France à Saint-Denis qu&rsquo;un mois plus tard, mais ces quelques semaines ne suffisent pas à un maître de chapelle pour composer tout un office des morts. En tout cas il n&rsquo;y a pas trace d&rsquo;un requiem de la plume du maître de chapelle de la reine,  Antoine Divitis. On suppose donc qu&rsquo;on a emprunté à <strong>Antoine de Févin </strong>(env.1470-1512), l&rsquo;ancien maître de chapelle du roi, qui lui avait bien composé un requiem. </p>
<p>C&rsquo;est cette reconstitution d&rsquo;une messe des morts pour Anne de Bretagne que proposent ici les excellents <strong>Denis Raisin-Dadre</strong> et son ensemble<strong> Doulce Mémoire</strong>. Reconstitution d&rsquo;autant plus émouvante qu&rsquo;elle fait entendre le barde breton <strong>Yan-Fanch Kemener</strong> (1957-2019) dans trois chants traditionnels, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9hLmcejO1Mk">dont un <em>Stabat Mater</em> qui clôt ce requiem de la jeune reine</a>.</p>
<p> </p>
<p><strong>Tour et Taxis</strong></p>
<p>Pour nos amis bruxellois, Tour et Taxis évoque un ancien et vaste site industriel, aujourd&rsquo;hui en grande partie restauré et dévolu à des activités culturelles. C&rsquo;est aussi et d&rsquo;abord une illustre maison princière allemande, les Thurn und Taxis,<em><strong> </strong></em>dont la chapelle sépulcrale se trouve dans l&rsquo;église Notre-Dame du Sablon&#8230; à Bruxelles. </p>
<p>Le deuxième CD de ce coffret affiche un<em> Requiem</em> du Napolitain Niccoló Jommelli (1714-1774), plus connu pour sa production lyrique. Le rapport avec Tour et Taxis ? C&rsquo;est alors qu&rsquo;il est au service du duc de Wurtemberg à Stuttgart que Jommelli reçoit la commande d&rsquo;une messe de requiem pour les funérailles de la princesse Marie-Auguste&#8230; de Tour et Taxis, décédée le 1er février 1756. L&rsquo;ouvrage est écrit en trois jours et sera largement diffusé pour servir à d&rsquo;autres cérémonies funèbres de souverains et personnages illustres : une partie de ce <em>Requiem</em> sera même chantée aux obsèques de Rossini en 1868 !</p>
<p>C&rsquo;est le disque le plus récent de ce coffret : il a été enregistré en novembre 2019 à Dobiacco (Italie) sous la houlette de <strong>Giulio Prandi</strong> dirigeant le <strong>Coro e Orchestra Ghislieri</strong>, l&rsquo;ensemble qu&rsquo;il a fondé en 2003, avec une belle équipe de solistes, <strong>Sandrine Piau</strong>, <strong>Carlo Vistoli</strong>, <strong>Raffaele Giordani</strong>, <strong>Salvo Vitale</strong>. </p>
<p>L&rsquo;œuvre comme ses interprètes en imposent. Grandeur et ferveur se conjuguent dans une musique qui se tient loin de l&rsquo;éclat et de la démonstration. Une belle découverte pour ce qui nous concerne.</p>
<p><strong>L&rsquo;hommage à Jean-Claude Malgoire</strong></p>
<p>Le Salzbourgeois <strong>Sigismund Neukomm </strong>(1778-1858) est au programme du 3ème CD. Il est connu pour avoir été l&rsquo;auteur d&rsquo;une des nombreuses versions complétées du <em>Requiem</em> de son compatriote Mozart. Mais on sait moins que sa carrière qui l&rsquo;a conduit de Russie en Amérique latine le mit au service de Talleyrand durant quelques années. C&rsquo;est dans ce cadre qu&rsquo;en 1815, lors du Congrès de Vienne, que le célèbre diplomate commande à Neukomm une messe à la mémoire de Louis XVI. En réalité, le 21 janvier 1815, Neukomm fait exécuter une œuvre écrite deux ans plus tôt et chantée « par plus de trois cents chanteurs divisés en deux chœurs, devant les empereurs, les rois, les princes et les grands de toutes les nations présentes au Congrès ».</p>
<p>C&rsquo;est dans la chapelle royale du château de Versailles, en janvier 2016, que<strong> Jean-Claude Malgoire</strong> (1940-2018) avait réuni  le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, la<strong> Grande Ecurie et la chambre du Roy</strong>, <strong>Clémence Tilquin</strong>, <strong>Yasmina Favre</strong>, <strong>Robert Getchell</strong>, <strong>Alain Buet</strong>, pour ce qui allait être son dernier enregistrement (<a href="https://www.forumopera.com/breve/requiem-a-la-memoire-de-louis-xvi-apres-le-concert-le-cd">lire la chronique de Christophe Rizoud</a>).</p>
<p><strong>Louis XVI et Marie-Antoinette</strong></p>
<p>Toujours à Versailles, toujours en janvier 2016, toujours à la mémoire de Louis XVI, c&rsquo;est une autre équipe familière des lieux, <strong>Hervé Niquet</strong> et son <strong>Concert spirituel</strong>, qui donnent en concert le connu – <strong>Cherubini </strong>et son <em>Requiem en do mineur à la mémoire de Louis XVI –</em> et l&rsquo;inconnu – <strong>Charles-Henri Plantade </strong>et<strong> </strong>son <em>Requiem des morts à la mémoire de Marie-Antoinette.</em></p>
<p>Un projet séduisant sur le papier, plus contestable à l&rsquo;écoute (nous étions à Versailles lors de ce concert), le bon faiseur qu&rsquo;est Plantade tient mal la comparaison avec son aîné Cherubini. L&rsquo;entrain et l&rsquo;énergie du chef, qui ne s&#8217;embarrasse pas de fioritures, gomment les faiblesses de Plantade et rehaussent la grandeur de Cherubini. Le chœur du Concert Spirituel se révèle, une fois de plus, d&rsquo;une homogénéité et d&rsquo;une qualité d&rsquo;ensemble sans faille. Lire l&rsquo;excellent papier d&rsquo;Yvan Beuvard (<a href="https://www.forumopera.com/cd/requiems-pour-louis-xvi-et-marie-antoinette-cherubini-plantade-perdre-la-tete-a-paris">https://www.forumopera.com/cd/requiems-pour-louis-xvi-et-marie-antoinett&#8230;</a>) publié lors de la sortie de ce disque.</p>
<p><strong>Compilation royale</strong></p>
<p>Le 5ème CD est une habile compilation d&rsquo;enregistrements d&rsquo;origines diverses.</p>
<p>D&rsquo;abord le Requiem pour Marie de Médicis<strong> </strong>dû à <strong>Gilles Henri Hayne</strong> (1590-1650). L&rsquo;histoire vaut d&rsquo;être contée : l&rsquo;épouse d&rsquo;Henri IV, en exil à Cologne, y meurt le 3 juillet 1642. La décision de l&rsquo;inhumer à la nécropole royale de Saint-Denis prend un certain temps&#8230; le cortège funèbre quitte les bords du Rhin en janvier de l&rsquo;année suivante et fait halte à Liège, où la dépouille de la reine est honorée à la Cathédrale le 14 février 1643. Pour la circonstance, c&rsquo;est le compositeur liégeois Gilles Hayne qui écrit toutes les musiques des différents offices de la journée, y compris une messe de requiem. Celle qu&rsquo;on retrouve ici dans l&rsquo;interprétation idiomatique du Choeur de chambre de Namur, de l&rsquo;ensemble <strong>La Fenice</strong>, sous la houlette inspirée de<strong> Jean Tubéry</strong>.</p>
<p>Les trois <em>Funeral Sentences for the death of Queen Mary II </em>sont l&rsquo;un des ouvrages majeurs de <strong>Purcell </strong>(1659-1695) et un chef-d&rsquo;œuvre du répertoire funèbre. Contrairement à ce que leur titre induit, elles n&rsquo;ont pas été composées spécifiquement pour les obsèques de la reine Mary Stuart qui eurent lieu à l&rsquo;abbaye de Westminster le 21 février 1695, mais elles y ont été jouées, notamment une Marche et une Canzone pour trompettes à coulisse, ainsi qu&rsquo;une musique sur le texte <em>Thou knowest Lord </em>de style archaïque, écrites pour la circonstance. </p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> et ses musiciens et chanteurs du<strong> Poème harmonique</strong>, rejoints par<strong> les Cris de Paris</strong> dirigés par <strong>Geoffroy Jourdain</strong>, confèrent à ces <em>Sentences </em>un parfait équilibre d&rsquo;apparat et de ferveur.</p>
<p>Quant au <em>Requiem impérial (Kaiserrequiem)  </em>de l&rsquo;Autrichien <strong>Johann Joseph Fux </strong>(1660-1741) il est écrit en 1720 pour les funérailles de la veuve de Leopold Ier, adopte le ton plus solennel, somptueux, qui sied à un office impérial. Aux cordes s’ajoutent les cornets, les trombones, le basson et l’orgue, participant à l’éclat requis. L’influence du grand motet français est perceptible, dans l&rsquo;alternance du chœur de solistes et du grand chœur. Yvan Beuvard écrivait ici, lors de la sortie en novembre 2016 d&rsquo;un disque Ricercar qui couplait  deux requiems viennois (celui de Fux et celui de Johann Caspar Kerll) : </p>
<p>« Lionel Meunier sculpte chaque partie, toujours soucieux des équilibres, du recueillement le plus intime au flamboiement.  <em>Vox luminis</em>  s’est imposé dans le paysage baroque, par ses qualités singulières. Il signe là un enregistrement &#8230; appelé à devenir la référence d’une discographie – relativement pauvre – ouverte il y a plus de vingt ans par René Clémencic pour Fux.»</p>
<p>On sait le chemin de gloire parcouru depuis cinq ans par Lionel Meunier et sa formidable équipe. </p>
<p>On l&rsquo;aura compris, ce coffret proposé à prix doux est l&rsquo;aubaine de cet automne, qu&rsquo;on croie au ciel ou qu&rsquo;on n&rsquo;y croie pas. </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un cinquantenaire toujours jeune : le Festival de Saintes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-cinquantenaire-toujours-jeune-le-festival-de-saintes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 May 2021 09:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/un-cinquantenaire-toujours-jeune-le-festival-de-saintes/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour ses 50 bougies, à l’Abbaye aux Dames, le Festival réunit la famille et nous invite à partager de belles émotions, durant quatre jours. Le 21 juillet, Philippe Herreweghe, l’Orchestre des Champs-Elysées et le Collegium Vocale Gent donnent le Requiem de Fauré (première version) puis la Symphonie de Psaumes de Stravinsky. Le lendemain, c’est Damien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ses 50 bougies, à l’Abbaye aux Dames, le Festival réunit la famille et nous invite à partager de belles émotions, durant quatre jours. Le 21 juillet, <strong>Philippe Herreweghe</strong>, l’Orchestre des Champs-Elysées et le <em>Collegium Vocale Gent</em> donnent le Requiem de Fauré (première version) puis la Symphonie de Psaumes de Stravinsky. Le lendemain, c’est <strong>Damien Guillon</strong> qui dirige le <em>San Giovanni Battista</em> de Stradella, en version de concert. Le 23, <strong>Sébastien Daucé</strong> et ses <em>Correspondances</em> chantent et jouent Buxtehude. Enfin, pour couronner le tout, <strong>Lionel Meunier</strong> et <em>Vox Luminis</em> concluront avec la Messe en si de Bach. A  vos agendas ! <a href="https://www.abbayeauxdames.org/festival-de-saintes/">https://www.abbayeauxdames.org/festival-de-saintes/</a></p>
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		<title>Andreas Hammerschmidt « Ach Jesu stirbt »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/andreas-hammerschmidt-ach-jesu-stirbt-lumineux-recueilli-comme-puissant-tonique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2020 05:16:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Inlassablement, Lionel Meunier et ses amis de Vox luminis poursuivent leur exploration d’un répertoire trop souvent jugé marginal par rapport aux figures emblématiques du baroque germanique. Ainsi Andreas Hammerschmidt, héritier de la riche polyphonie de la Renaissace comme de la grande tradition luthérienne, entre Schütz et Bach, ouvert aux influences italiennes (récitatif, polychoralité, madrigalismes, magnifiés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Inlassablement, <strong>Lionel Meunier</strong> et ses amis de <strong>Vox luminis</strong> poursuivent leur exploration d’un répertoire trop souvent jugé marginal par rapport aux figures emblématiques du baroque germanique. Ainsi Andreas Hammerschmidt, héritier de la riche polyphonie de la Renaissace comme de la grande tradition luthérienne, entre Schütz et Bach, ouvert aux influences italiennes (récitatif, polychoralité, madrigalismes, magnifiés par le style concertant). Bien qu’il nous ait laissé quatorze recueils, soit plus de 400 œuvres, qui jalonnent son existence, sa discographie est relativement pauvre. <strong>Jérôme Lejeune</strong>, qui signe la plaquette, a fait le choix de nous offrir une anthologie, qui emprunte à presque tous les genres illustrés par le compositeur (les messes brèves, archaïsantes, en sont absentes). Nous parcourons donc une période qui nous conduit des dernières années de la guerre de Trente ans (1645) à l’apogée de 1671. On y rencontre ainsi des pièces variées, de l’esprit madrigalesque à l’oratorio ou aux concerts sacrés annonciateurs de la cantate telle que l’illustrera Bach. De manière à unifier le propos, un thème liturgique commun fait office de fil conducteur : de la Passion à l’Ascension, ce qui justifie le titre « Ach Jesu stirbt » [Ah ! Jésus meurt], incipit d’un motet à six voix de 1671, qui ouvre le programme.</p>
<p>La logique qui préside à sa composition est double. D’une part cette succession des pièces selon le calendrier liturgique, comme il a été dit, et d’autre part, pour varier l’écoute, les œuvres font appel à des genres, des formes et des effectifs contrastés. Toutes les formes de l&rsquo;expression musicale du luthérianisme sont illustrées, à commencer par le motet, des soupirs douloureux du premier à la joie confiante de « Ich fahre auf zu meinem Vater » [je monte chez mon père], ce dernier, éclatant, avec doublure par les trompettes des deux voix de soprano. Deux pièces antérieures à la fin de la Guerre de Trente ans portent la marque de cette épreuve (« O barmherziger Vater » [O père miséricordieux] et « Vater unser » [Notre Père]), recueillis et d’effectifs réduits. A l’opposé, des œuvres grandioses, « Triumph, Triumph, Victoria » [Triomphe, triomphe, victoire], concert spirituel jubilatoire avec 2 trompettes et 3 trombones, comme le « Siehe, wie fein und lieblich ists » [Vois, comme c’est bon et suave], triple chœur en écho. Mais ce sont peut-être encore les pièces dont les textes et les timbres nous sont familiers qui font la plus forte impression. Ainsi l’ample « Christ lag in Todesbanden » [Christ gisait dans les liens de la mort] ou le madrigal spirituel « Die mit Tränen säen » [ceux qui sèment avec des larmes] qui renvoient tant à Schütz, Schein qu’à Pachelbel, et à tant d’autres comme à Bach. Avec ce disque nous découvrons un maillon de cette longue chaîne qui, partant des Johann Walther et Michael Praetorius, conduit au Cantor de la Thomaskirche.</p>
<p>On retrouve avec plaisir l’équipe de <em>Vox luminis</em> dont on n’énumérera ni les chanteurs ni les mérites, bien connus. L’ensemble a-t-il mieux mérité son nom ? Il en va de même pour <em>Clematis</em>. Tout est là, puissant et frais, nuancé, contrasté à souhait. La direction de Lionel Meunier impulse une vie constante, le texte est magnifié par son illustration vocale, dans le plus beau des écrins, qu’il s’agisse du continuo ou de la formation instrumentale, virtuose. La prise de son, fine et remarquable, restitue les plans comme si nous assistions au concert. Une réalisation à marquer d’une pierre blanche et qui invite à poursuivre la découverte de l’œuvre de ce compositeur.</p>
<p>Comme Jérôme Lejeune en est coutumier, la plaquette – trilingue – est un modèle du genre. Les textes de présentation, de traduction des chants, tout est offert à l’auditeur curieux.</p>
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