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	<title>Benoît RAMEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Benoît RAMEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>LOUATI, Les Ailes du Désir – Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Repris avec succès à Rennes en mai 2024 (après une création en 2023), le premier opéra d’Othman Louati connait sa première parisienne au Théâtre de l’Athénée avec une équipe artistique et technique rigoureusement identique à celle de la création (à une exception près chez les marionnettistes). En Bretagne, notre consœur avait mis l’accent à juste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Repris avec succès à Rennes en mai 2024 (après une création en 2023), le premier opéra d’<strong>Othman Louati</strong> connait sa première parisienne au Théâtre de l’Athénée avec une équipe artistique et technique rigoureusement identique à celle de la création (à une exception près chez les marionnettistes). En Bretagne, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/">notre consœur avait mis l’accent à juste titre sur les forces du spectacle</a> tout en qualifiant l’œuvre de manière neutre. À Paris, malgré la maturité des interprètes, la magie n’opère pas tout à fait.</p>
<p>La faute n’en revient certainement pas à une distribution remarquable de par son engagement et la beauté du chant qu’elle propose. Elle est emmenée par un trio charismatique. <strong>Romain Dayez</strong> puise dans la profondeur et les harmoniques riches de son timbre pour composer un Ange Cassiel moins marmoréen qu’il n’y parait et finalement tout aussi incarné que ces humains « marionnettes » qu’il observe. <strong>Camille Merckx</strong> prête son mezzo capiteux au portrait d’une Marion touchante autant dans sa détresse que dans sa passion pour Damielle. <strong>Marie-Laure Garnier</strong> impressionne dans le rôle principal. Non seulement elle enjambe les nombreux écarts et sauts de registres que lui demande la partition mais elle parvient à rendre parfaitement crédible le chemin narratif de l’ange Damielle. Son engagement scénique et vocal change dès son incarnation et la soprano trouve dans ses moyens conséquents les ressources pour rendre ce nouvel humain sensible. La myriade de ces hommes et femmes de Berlin Ouest est confiée à quatre chanteurs, tous plus remarquables les uns que les autres. <strong>Ronan Nédélec</strong> empoche la mise dès le monologue du vieillard, où l’émotion sourd derrière les mots très simples du personnage ; <strong>Benoit Rameau</strong> peint avec des traits vifs l’impatience et le désespoir de l’amant jamais aimé qui finira par mettre fin à ses jours ; <strong>Shigeko Hata</strong> badine joliment avec les quelques répliques de l’enfant avant de trouver les accents piquants de la mendiante. <strong>Mathilde Ortscheidt</strong> enfin compose une mère inquiétante tant elle est possessive et une directrice de cirque comique dans la foulée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="521" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/images_25_26_site_les_ailes_du_desir_christophe_raynaud_de_lage_1000_1000.jpg" alt="" class="wp-image-208429"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Christophe Raynaud de Lage</sup></figcaption></figure>


<p>Ce n’est pas dans la fosse non plus que le spectacle trouvera un défaut. <strong>Fiona Monbet</strong> dirige l&rsquo;<strong>Ensemble Miroirs Etendus</strong> avec une économie de gestes qui n’a d’égale que leur précision et leur justesse. La douzaine de musiciens, tous solistes à l’exception des deux violons, épouse avec une grande facilité les intentions multiples (et leur lot de difficultés) du compositeur. L’œuvre, autant méditative qu’agitée, est parfaitement rendue.</p>
<p>La faute ne se trouve pas non plus dans une réalisation scénique au cordeau des topos et effets musicaux comme le soulignait notre consœur. Le recours aux marionnettistes tant que Damielle n’est pas incarnée s’avère le véritable coup de génie de <strong>Gregory Voillemet</strong> : étrangement ces humains nous parlent dans leur inanité. Les jeux d’ombres grâce aux éclairages obliques recréent la granularité du noir et blanc du film original en même temps qu’ils participent de cet effet traveling. À ce titre, la scène en boîte de nuit juste avant le final devient le climax naturel de l’œuvre, où toutes les qualités mentionnées fusionnent en même temps que se résout l’intrigue.</p>
<p>Ah ! l’intrigue, c’est souvent le péché originel à l’opéra où l’on se plaint à longueur d’anthologie de la valeur des livrets. Ici le challenge était double pour <strong>Gwendoline Soublin</strong> : proposer un texte à mettre en musique et adapter une œuvre originale tirée du cinéma (initiative fréquente de nos jours, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/notorious-goteborg-tuer-le-pere/">voir par exemple <em>Notorious</em></a>). C’est de cette dernière embuche que semble avoir pâti le texte. À l’exception de quelques monologues – comme celui du vieillard – les dialogues ne cousent pas de relations entre les personnages. Le texte reste dans des cimes désincarnées et ne parvient jamais à la sublimation qui hante Damielle. D’où un aspect patchwork et une absence d’arc narratif que seules la musique et la scène parviennent à combler.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-paris-athenee/">LOUATI, Les Ailes du Désir – Paris (Athénée)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VIARDOT, Cendrillon – Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-angers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir que ce spectacle bien rodé, déjà chroniqué avec délectation par Tania Bracq à Rennes, qui est programmé pour une vaste tournée dont on sait d’avance qu’elle va rencontrer un beau succès ! Voici un bien bel hommage à Pauline Viardot qui, du haut de ses quatre-vingt-trois ans, écrivait au tournant du siècle ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel plaisir que ce spectacle bien rodé, déjà chroniqué avec délectation par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/">Tania Bracq</a> à Rennes, qui est programmé pour une vaste tournée dont on sait d’avance qu’elle va rencontrer un beau succès ! Voici un bien bel hommage à Pauline Viardot qui, du haut de ses quatre-vingt-trois ans, écrivait au tournant du siècle ce conte de fées destiné à ses élèves, un cadeau pédagogique idéal et réjouissant pour les interprètes. Petit bijou d’une grande heure ponctuée d’airs libres pour les solistes, accompagnée au seul piano, l’œuvre est conçue pour les salons, en mignardise intimiste. Il y aurait tant à écrire sur Pauline Viardot, sœur de la Malibran et fille de Manuel Garcia, terrifiant pédagogue et génial interprète, qui a traversé tout le XIX<sup>e</sup> siècle en côtoyant des Liszt, Musset, Sand, Clara Schumann et on en passe. De quoi en tirer films, opéras et biopics sous toutes les formes. Mais revenons-en à cette <em>Cendrillon</em> dont la trame doit beaucoup à la version de Rossini, réduite ici à sa substantifique moelle.</p>
<p>On ne peut que se réjouir que <strong>La Co[opéra]tive</strong> se soit emparée de cette fantaisie légère pour en faire un coquet spectacle pour tous publics, de ceux qui sont de nature à enthousiasmer tout un chacun, à commencer par les néophytes. Jugeant le texte de la Viardot trop désuet pour notre époque, le metteur en scène<strong> David Lescot</strong> a totalement réécrit le livret, le rendant particulièrement dynamique, drôle et percutant, avec une Cendrillon volontaire et féministe. Bons mots, déclamations en rafale très inspirées du rap ou des dictions actuelles, saillies drolatiques…, on s’amuse énormément à écouter ce bagou exubérant. Quant à l’accompagnement au piano, il a été enrichi par <strong>Jérémie Arcache</strong> avec l’ajout de percussions, d’un violoncelle et d’une clarinette, produisant des sonorités en extensions contemporaines, pimentées notamment de jazz et autres improvisations. La scénographie d’<strong>Alwyne de Dardel</strong> fonctionne dans le même esprit, entre intérieur nouveau riche clinquant et intemporel et escalier de music-hall à l’américaine, dispositif très efficace qui culmine avec l’arrivée de la citrouille mobile désopilante, que n’aurait pas reniée Batman un soir de Halloween… Pour les costumes, <strong>Mariane Delayre</strong> a concocté des vêtements m’as-tu vu très chics et des robes pour les sœurs tout droit inspirées de Disney. Cendrillon porte une robe de bal proche de celle portée par Marilyn sur les bouches de métro new-yorkaises, aux paillettes dorées qui se contentent de mettre la jeune femme en valeur juste ce qu’il faut.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-06-®Christophe-Raynaud-De-Lage-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207685"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Christophe Raynaud De Lage</sup></figcaption></figure>


<p>Les chanteurs sont manifestement très à l’aise dans cet univers où ils ont tout le loisir de s’en donner à cœur joie et se délecter des éclats de rires des enfants et de ceux des adultes, pas forcément aux mêmes moments, ce qui est réjouissant. Les deux méchantes sœurs, insupportables à souhait, tirent néanmoins leur épingle du jeu dans un concours d’airs improvisés où elles excellent. Cela aurait pu être l’air des chats, c’est Elvira de <em>Don Giovanni</em> qui est choisie, permettant à <strong>Clarisse Dalles</strong> tout comme à <strong>Romie Estèves</strong> de montrer l’étendue et la justesse de leur voix. En père dépressif au passé pas très net, à l’autorité en berne mais au capital de sympathie intact, <strong>Olivier Naveau</strong> est particulièrement convaincant, voix faussement fatiguée et énergie intacte. Il est concurrencé par les mimiques et déhanchés acrobatiques du chambellan faux prince campé par un <strong>Benoît Rameau</strong> survitaminé. Le prince, par contraste, est bien plus discret, mais décidément charmant, grâce au rayonnement délicat de <strong>Tsanta Ratia</strong>. Impayable en cape de super-héroïne et sac fourre-tout où l’on a du mal à retrouver ce que l’on cherche, la pétulante <strong>Lila Dufy</strong> (elle nous avait épatée en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-nantes/">Reine de la Nuit</a> à Nantes) est une formidable fée aussi familière que magicienne, vocalises décontractées à l’appui. Très à son aise également, la délicieuse <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> est une Cendrillon à laquelle on adhère sans réserve, y compris dans ses hésitations d’amoureuse intimidée par l’enjeu et sa prestation détonante en improvisation déjantée lors du bal. Au lieu d’un air périlleux, nous avons droit à un festival d’onomatopées en tous genres, le <em>Stripsody</em> créé par Cathy Berberian, originellement esquissé en bande dessinée. La transposition sur scène déclenche l’hilarité du public, mis de bonne humeur jusqu’à la fin qui sera triomphale.</p>
<p>D’abord cachés derrière les tableaux qui les représentent figés dans une attitude, les trois musiciens dirigés par la pianiste <strong>Bianca Chillemi</strong> s’agitent et se donnent sans compter tout au long du spectacle, parfaitement fidèles à l’œuvre de Pauline Viardot qu’ils agrémentent d’improvisations échevelées et humoristiques, guidés en cela par le travail d’adaptation de Jérémie Arcache. On pourrait les croire en roue libre, mais on sent une unité et une cohésion qui font plaisir à voir. Décidément, toutes les fées semblent s’être penchées pour contribuer à la réussite de cette œuvre dont le premier mérite est de se mettre à portée de n’importe quel auditeur et, si c’est son premier contact avec l’opéra, de le rendre instantanément fan, on en prend le pari…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-angers/">VIARDOT, Cendrillon – Angers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VIARDOT, Cendrillon &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opéra de Rennes fait salle comble pour les fêtes avec douze représentations du Cendrillon de Pauline Viardot, au point que l&#8217;auditoire investit la fosse d&#8217;orchestre et qu&#8217;une séance supplémentaire a été programmée pour répondre à l&#8217;appétit des spectateurs.Il faut dire qu&#8217;une fois encore, la co[opéra]tive fait mouche en proposant cette confiserie pétrie de malice qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;opéra de Renne</strong>s fait salle comble pour les fêtes avec douze représentations du <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot, au point que l&rsquo;auditoire investit la fosse d&rsquo;orchestre et qu&rsquo;une séance supplémentaire a été programmée pour répondre à l&rsquo;appétit des spectateurs.<br />Il faut dire qu&rsquo;une fois encore, la <strong>co[opéra]tive</strong> fait mouche en proposant cette confiserie pétrie de malice qui tournera en France pour plus de soixante-dix dates cette année avant une large reprise la saison prochaine.<br />L&rsquo;incroyable Pauline Viardot, sœur cadette de la Malibran, brillante pianiste, cantatrice puis professeure de chant, était une salonnière émérite qui composait pour ses élèves.</p>
<p>Elle était âgée de quatre-vingt-trois ans lorsqu&rsquo;elle créa sa version de Cendrillon, subvertissant subtilement le conte sans en perdre les marqueurs essentiels : <strong>Olivier Naveau</strong> campe un père dépressif au passé trouble placé sous la coupe de ses insupportables belles-filles. <strong>Clarisse Dalles </strong>et<strong> Romie Esteves</strong> jubilent du grotesque de leurs personnages tout en assumant crânement une composition qui inclut l&rsquo;air d&rsquo;entrée d&rsquo;Elvire de <em>Don Giovanni</em> chanté en duo avec un superbe aplomb.<br />Lorsque l&rsquo;on sait que la compositrice acheta le manuscrit de Mozart à prix d&rsquo;or, tant et si bien que l&rsquo;on peut aujourd&rsquo;hui le consulter à la BNF, ce clin d&rsquo;œil sonne comme un irrévérencieux hommage à son illustre prédécesseur.<br /><strong>Jérémie Arcache</strong> fait merveille en orchestrant l’œuvre initialement écrite pour piano seul en un petit bijou de chambre où la créativité le dispute à l&rsquo;humour musical. <strong>Bianca Chillemi</strong> dirige avec énergie depuis le piano et le clavier numérique trois poly-instrumentistes très investis qui rajeunissent la pièce avec brio.</p>
<p>Le salon du baron et son décor de parvenu, tout en dorures clinquantes, intègre deux grands tableaux derrière lesquels se devinent ces musiciens. La scénographie maligne d&rsquo;<strong>Alwyne de Dardel</strong>, grâce à un simple lever de pendrillon, convoque la salle de bal et son escalier de music-hall qui met alors les instrumentistes à l&rsquo;honneur.<br />Là, la Cendrillon d&rsquo;<strong>Apolline Raï-Westphal</strong> brille également là où on ne l&rsquo;attend pas : « air libre » mentionne les didascalies. Avec l&rsquo;ébouriffant <em>Stripsody</em>, de Cathy Berberian, collage d&rsquo;onomatopées issues de l&rsquo;univers de la bandes dessinée, l&rsquo;intrusion du burlesque dans le conte nous permet de sortir des lieux communs de l’égérie romanesque et de rappeler avec fantaisie que décidément – n&rsquo;est ce pas là une caractéristique fondamentale de son personnage ? – Cendrillon n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit. La soprano y démontre, de son timbre fruité, la formidable étendue de sa palette du touchant jusqu&rsquo;au loufoque. L&rsquo;ensemble du plateau vocal partage de belles qualités comme la grande clarté de la diction, la liberté physique ainsi que des timbres légers et lumineux qui irradient de joie l&rsquo;ensemble de la partition.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cendrillon-07®Christophe-Raynaud-De-Lage-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205836"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>® Christophe Raynaud De Lage</sup></figcaption></figure>


<p><strong>David Lescot</strong>, dramaturge reconnu à qui l&rsquo;on doit notamment le livret et la mise en scène des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-trois-contes-rennes-a-rennes-les-contes-sont-bons/"><em>Trois Contes</em></a> de Gérard Pesson – si réussis – a délicieusement retravaillé les textes de ce qui s&rsquo;apparente à un opéra-comique de chambre. Ainsi actualisés, les dialogues n&rsquo;en n&rsquo;ont que plus de sel et remportent un succès qui se juge à l&rsquo;aune des éclats de rire des nombreux enfants présents dans la salle. Il faut dire que les rimes les plus savoureuses émaillent la soirée.<br />Sa direction d&rsquo;acteur, pimpante, enlevée, est également portée par ce parlé rythmique qui ponctue l’action en l&rsquo;éloignant du réalisme. Les comédiens-chanteurs s&rsquo;y amusent visiblement. Offrons une mention spéciale à ce titre pour le déhanché « travoltesque » de <strong>Benoît</strong> <strong>Rameau</strong>, habitué de la co[opéra]tive comme de l&rsquo;Opéra de Rennes. Présent dans <em>Narcisse</em> ou encore <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/schumann-le-pelerinage-de-la-rose-rennes/"><em>le Pélerinage de la Rose</em></a>, il avait illuminé d&rsquo;humanité le Monostatos de la<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/"><em> Flûte Enchantée</em></a>. Il est également à l&rsquo;affiche des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>Ailes du Désir</em></a>, autre création de la co[opéra]tive reprise au théâtre de l&rsquo;Athénée en février prochain.<br />Il incarne ici le chambellan du palais et, nouveau clin d&rsquo;oeil à <em>Don Giovanni</em>, échange son rôle avec celui de son maître, campé par le fringant <strong>Tsanta Ratia</strong>. L&rsquo;incontournable fée,<strong> Lila Dufy</strong>, ne manque pas d&rsquo;abattage, elle non plus. Dans un amusant syncrétisme elle entre par la cheminée – c&rsquo;est de saison – mais lorgne également du côté de Mary Poppins lorsqu&rsquo;elle extrait de son cabas toutes les occurrences possibles de baguettes !</p>
<p>La fantaisie des silhouettes est encore soulignée par les costumes. Si un efficace color-block domine, la salle entière attend naturellement la métamorphose de la servante en reine du bal. Et à nouveau prévaut l&rsquo;espièglerie puisque les spectateurs restent frustrés de ce temps fort. Manière de dire une nouvelle fois que ce ne sont ni le ramage ni le plumage qui font de Cendrillon un être d&rsquo;exception.<br />A l&rsquo;issue de la représentation, cette question de la robe était sur toutes les lèvres. Ma fille me suggéra que le superbe manteau argenté porté par la fée – qui est également la tante de la jeune femme – aurait pu constituer un joli élément de transmission intergénérationnelle marquant la transformation de l&rsquo;héroïne plutôt que ce (trop) discret changement de tenue en coulisses. L&rsquo;évocation de l’inénarrable citrouille mobile que l&rsquo;héroïne – après avoir demandé le prince en mariage – met un point d’honneur à conduire elle-même, met finalement tout le monde d&rsquo;accord.</p>
<p>Retransmis en direct depuis l’Opéra de Rennes le jeudi 1er janvier à 16h, le spectacle sera à découvrir en 2026 à Angers, Nantes, le Havre, Besançon, le Mans, Dunkerque, Créteil ainsi qu&rsquo;au théâtre de l&rsquo;Athénée à Paris.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-cendrillon-rennes/">VIARDOT, Cendrillon &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>SCHUMANN, Le Pèlerinage de la Rose &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schumann-le-pelerinage-de-la-rose-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique Brumes/Opéra tzigane l&#8217;an passé, suivi d&#8217;un Winterreise mis en espace à plusieurs voix à la rentrée, l&#8217;opéra de Rennes poursuit son exploration créative du Lied romantique avec ce Pèlerinage de la Rose dessiné en direct par Emma Bertin. Comme la Petite Sirène d&#8217;Andersen, la Rose aspire à une autre existence que la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un magnifique <em>Brumes/Opéra tzigane</em> l&rsquo;an passé, suivi d&rsquo;un<em> Winterreise</em> mis en espace à plusieurs voix à la rentrée, l&rsquo;opéra de Rennes poursuit son exploration créative du Lied romantique avec ce <em>Pèlerinage de la Rose</em> dessiné en direct par <strong>Emma Bertin</strong>.</p>
<p>Comme la <em>Petite Sirène</em> d&rsquo;Andersen, la Rose aspire à une autre existence que la sienne, elle souhaite devenir humaine. La reine des Elfes lui accorde cette possibilité à condition qu&rsquo;elle ne se sépare jamais d&rsquo;une rose, symbole de son état originel. Las, devenue mère, dans un geste d&rsquo;amour, elle offre cette rose à son petit et rejoint ainsi le paradis des fleurs.<br />
<strong>L&rsquo;Ensemble Melisme(s)</strong>, dont le goût pour la musique germanique n&rsquo;est plus à démontrer, s&#8217;empare avec brio de cette métaphore de la vie : diction impeccable, attaques et finales précises, travail tout en raffinement sous la direction sereine de<strong> Gildas Pungier</strong> qui encadre également les jeunes recrues de la <strong>Maîtrise de Bretagne</strong>. « Wir tanzen, wir tanzen » ou « Im Hause des Müllers » sont plein d&rsquo;allant et d&rsquo;une rythmique piquante tandis que « Wie Blätter am Baum », « O sel&rsquo;ge Zeit » ou « Röslein! » déploient des trésors de nuances et de couleurs pour mieux en souligner le recueillement.<br />
La même intelligence dans l&rsquo;interprétation préside à « Bist du im Wald gewandelt »<br />
Mentions spéciales pour l&rsquo;énergie communicative de <strong>Mathilde Pajot</strong> et <strong>Laura Jarrell</strong> qui font partie des cinq membres du chœur de chambre sortis des rangs pour incarner les personnages secondaires du récit.</p>
<p>Cette œuvre tardive de Schumann, écrite pour pianoforte, accorde une part notable au clavier de <strong>Colette Diard</strong> qui déploie autant de rigueur que de finesse tout au long de la représentation.</p>
<p>Elégance, équilibre et délicatesse caractérisent l&rsquo;ensemble de la prestation, y compris du côté des trois solistes.<br />
<strong>Jeanne Mendoche</strong> prête son soprano souple et ductile à l&rsquo;incarnation de la Rose. Des qualités que soulignait Catherine Jordy la saison dernière à Nancy dans<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hubert-et-hoang-les-incredules-nancy/"> <em>les Incrédules</em></a>. Les beaux mediums de « Und wie sie sangen » comme la richesse harmonique du timbre servent également la touchante prière « Dank, Herr, dir dort im Sternenland ».</p>
<p><strong>Damien Pass</strong> nous avait émerveillé ici même en Pagageno. Baryton généreux et accompli, il conserve cette présence tendre et souriante qui illumine notamment l&rsquo;évocation du bonheur conjugal passé du meunier dans « Die letzte Scholl&rsquo; hinunterrollt ».</p>
<p><strong>Benoît Rameau</strong> est un habitué de la Maison rennaise depuis <em>Narcisse</em> ou encore <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>les Ailes du Désir</em></a>. Son timbre lumineux nous avait régalé dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/"><em>la Flûte Enchantée</em></a> où il conférait beaucoup d&rsquo;humanité à son Monostatos. Cette singulière sensibilité ce confirme ici dès « Johannis war gekommen » ou « So sangen sie » au legato moelleux et culmine dans l&rsquo;émouvant « Und wie ein Jahr verronnen ist » tout de pure simplicité, en duo avec la soprano.</p>
<p>Nul doute que<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/cendrillon"> <em>Cendrillon</em></a> lui sourira pareillement à la fin du mois, lui qui, ne craignant pas les grands écarts, campe actuellement Jean Valjean au théâtre du Châtelet.</p>
<p>Les créations d&rsquo;Emma Bertin sont projetées au dessus du plateau et retravaillées, animées en direct par la jeune illustratrice. Le jeu des cadrages nourrit l&rsquo;imaginaire sans l&rsquo;enfermer comme ces bras de femme qui étreignent le torse de l&rsquo;époux en plan rapproché. Les teintes acides, voir fluorescentes qui rehaussent un travail tout en contrastes lumineux – entre aquarelle et acrylique – ne sont pas sans évoquer la palette de David Hockney ; un artiste qui affectionne lui aussi les peintures sur tablette graphique. Cette proposition visuelle auréole la soirée d&rsquo;une poésie supplémentaire d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il existe une indéniable osmose entre l&rsquo;émotion du plateau et le rythme du dessin.</p>
<p>Prochain rdv le 11 décembre prochain à l&rsquo;Opéra de Rennes avec à nouveau l&rsquo;Ensemble Mélisme(s) et la Maîtrise de Bretagne guidés par la merveilleuse conteuse Marthe Vassallo autour de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/la-legende-de-sainte-brigitte"><em>la légende de Sainte Brigitte</em></a>.</p>
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		<title>MOZART, La Flûte enchantée – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il semblerait que toutes les fées se soient penchées sur ce spectacle&#160;: dès les premiers instants, où un bonimenteur vient sur scène nous présenter un à un les protagonistes, quelque chose de magique se produit. À partir de là, on ne s’ennuie pas une seconde et l’enchantement se prolonge jusqu’aux toutes dernières notes. Tania Bracq &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il semblerait que toutes les fées se soient penchées sur ce spectacle&nbsp;: dès les premiers instants, où un bonimenteur vient sur scène nous présenter un à un les protagonistes, quelque chose de magique se produit. À partir de là, on ne s’ennuie pas une seconde et l’enchantement se prolonge jusqu’aux toutes dernières notes. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/">Tania Bracq</a> s’était déjà enthousiasmée à l’Opéra de Rennes devant cette tourbillonnante <em>Flûte enchantée</em> qui, avant de terminer son périple au Grand Théâtre d’Angers, s’installe au Théâtre Graslin de Nantes. Le spectacle et la distribution restent les mêmes, à l’exception notable de la Reine de la Nuit, qui bénéficie d’une double distribution.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PreGe-LaFlute©LaurentGuizard-19-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190910"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Laurent Guizard</sup></figcaption></figure>


<p>C’est donc sous le signe de la fête foraine que <strong>Mathieu Bauer</strong> a décidé de placer sa production. Le metteur en scène, déjà récompensé par un prix de la critique pour son coup d’essai sur le <em>Rake’s progress</em> il y a trois ans, place le décor de l’opéra sur un carrousel composé des éléments attendus de la fête foraine, quoique épurés&nbsp;: kiosque à boissons et confiseries, train fantôme dont l’entrée est un crâne, roue de loterie, balançoires, pommes d’amour et ballons gonflables. Le dispositif est simple, mais riche de sous-entendus&nbsp;; il sert magnifiquement l’intrigue et la musique de Mozart. S’adressant aux néophytes comme à ceux qui connaissent leur <em>Flûte </em>et ses innombrables adaptations sur le bout des doigts, le spectacle est tous publics (par exemple, les enfants ne s’offusqueront pas de voir Papageno confectionner des formes proches des appareils génitaux masculins avec les ballons de baudruche qui sont dans sa cage à oiseaux, jouant sur le double sens d’«&nbsp;oiseau&nbsp;», aussi bien en allemand qu’en français, l’oiseleur se contentant de faire des nœuds pour toute âme innocente…). Résumé avant même la première note de musique par un bonimenteur/Monsieur Loyal formidable qui n’est autre que Sarastro, le spectacle subjugue le public qui se fait rapidement complice, n’hésitant pas, par exemple, à chanter spontanément avec les hommes d’armes ensorcelés sous la direction de Papageno, entre autres moments enchantés. L’univers de Mathieu Bauer joue de la porosité&nbsp;: entre théâtre, musique et cinéma entre autres, les références pullulent. Les costumes très réussis de <strong>Chantal de La Coste-Messelière</strong> font songer à Jacques Demy (cela tombe bien à Nantes), notamment les bérets et robes de couleurs vives des <em>Demoiselles </em>ou des <em>Parapluies</em>. Placé sous le signe du soleil, Sarastro et ses forains semblent tout droits sortis de <em>Star Trek</em> ou de <em>Flash Gordon</em>, quand la Reine de la nuit, sorte de Calamity Jane, arme à feu au flanc, est en fait inspirée par la Joan Crawford de <em>Johnny Guitare</em> comme l’explique le metteur en scène. On pense également à certains classiques du cinéma allemand, comme <em>Le Tambour</em> ou <em>M le Maudit</em>, notamment pour le couteau et les grappes de ballons très sexuées dans le film, mis à part le fait que notre parcours initiatique se termine ici évidemment bien. Nous sommes dans un univers qui rappelle celui de <em>La Ronde</em> de Max Ophuls, mais la syphilis ne se répand pas de couple en couple. Autrement dit, si le manège est ici lié au monde de l’enfance et à une forme d’innocence, cela n’empêche pas d’y voir des allusions à un monde bien réel et nettement moins charmant si l’on y regarde d’un peu plus près. Au spectateur de décider et il semble bien que le public ait fait le choix de la bonne humeur, suivant le schéma de la fin heureuse où l’on voit des couples se former sur le plateau, y compris du même sexe, aussi bien féminin que masculin, encadrés par Sarastro et la Reine de la Nuit dont on parierait qu’ils sont sur le point de se réconcilier. De nombreuses trouvailles plutôt malines permettent de mettre à peu près tout le monde d’accord&nbsp;: Monostatos devient par exemple un homme de basses besognes qui, de fait, est couvert de cambouis. Inutile de le barbouiller de cirage, donc, et de prêter le flanc à d’éventuelles polémiques. La mise en scène ne fait que peu ou pas de parallèles avec la franc-maçonnerie ou la mythologie égyptienne, mais pour autant, nous offre largement de quoi nous mettre sous la dent. Par ailleurs, entre une première partie inondée de lumière et saturée de couleurs en contraste avec la suite où l’obscurité et les éclairs et autres effets lumineux se succèdent, il faut saluer le travail de <strong>William Lambert</strong> à la lumière et celui de<strong> Florent Fouquet</strong> à la vidéo.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PreGe-LaFlute©LaurentGuizard-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190905"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Laurent Guizard</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est de très haute tenue. Pour son premier spectacle en France, le natif de Regensburg (Ratisbonne) <strong>Maximilian Mayer</strong> semble s’être parfaitement intégré dans une équipe largement francophone. C’est un bonheur d’entendre le ténor Bavarois à la diction parfaite déclamer le texte avec délectation et chanter d’une voix étincelante et radieuse qui prend de l’assurance au fur et à mesure que son personnage s’arme de courage et de confiance. Le chanteur est doté d’un physique de jeune premier très Fifties et le timbre de sa voix séduisante et ensoleillée ne sont pas sans rappeler celle de Fritz Wunderlich. Pour sa prise de rôle en Pamina, <strong>Elsa Benoit</strong> confirme son talent et nous comble. Beauté du timbre, noblesse de caractère et solidité de la technique font d’elle une interprète mozartienne de rêve. Du rôle de la Reine de la Nuit particulièrement périlleux, <strong>Lila Dufy</strong> ne fait qu’une bouchée, parfaitement à l’aise. « Der Hölle Rache » semble si facile, à entendre la colorature, ses vocalises étant solidement ciselées et projetées avec aisance et un naturel absolument confondants. Alors qu’il nous a immédiatement conquis dans son rôle parlé de bonimenteur, <strong>Nathanaël Tavernier</strong> n’a aucun mal à asseoir son aura en Sarastro qui tire les ficelles et fait tourner le manège. Voix de velours, graves convaincants et délicats, le médium est parfois inégalement assuré, mais le personnage existe puissamment, soutenu par la personnalité rayonnante d’une basse de très haut niveau. <strong>Benoît Rameau</strong> réussit à rendre son Monostatos infiniment sympathique et humain, secondé efficacement par les rôles masculins de comprimari. Les Trois Dames forment un trio bien accordé et il faut saluer la performance des Trois Enfants, quand bien même ils ont eu un moment de flottement lors de la Première nantaise, qu’ils ont très bien rattrapé. Le Chœur de chambre Mélisme(s) est impeccable. Mais celui qui parvient à faire chavirer tout un chacun est indéniablement <strong>Damien Pass</strong>, irrésistible Papageno, qui se met immédiatement tout le public dans la poche. Excellent comédien et chanteur idoine, le baryton forme un couple tout ce qu’il y a de plus charmant avec <strong>Amandine Ammirati</strong>, délicieuse Papagena. Dans la fosse, <strong>Nicolas Ellis</strong> conduit l’Orchestre national de Bretagne avec fougue et dynamisme. Une formidable réussite dont on ressort le cœur léger et joyeux.</p>
<p>Comme tous les ans, l’opéra sera proposé gratuitement dans le cadre de l’Opération « Opéra sur écrans ». Filmée en direct le soir de la dernière au Grand-Théâtre d’Angers, le mercredi 18 juin, l’opéra sera projeté sur écran géant devant les théâtres de Nantes et Angers. En même temps, il sera retransmis dans une quarantaine de salles et de cinémas en région Bretagne ou dans les Pays de la Loire, mais aussi, plus curieusement, au cinéma municipal de Sarrebruck, en Allemagne. Les lieux de projection gratuite de l’opéra sont précisés sur la page dédiée du site d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.angers-nantes-opera.com/opera-sur-ecrans-la-flute-enchantee">Angers Nantes Opéra</a>. On pourra également voir cette <em>Flûte enchantée </em>en direct sur huit télévisions locales, sur les sites internet de France 3 Bretagne et Pays de la Loire et en streaming sur France.tv.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-nantes/">MOZART, La Flûte enchantée – Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOZART, die Zauberflöte &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après 25 ans d&#8217;absence, L&#8217;opéra de Rennes renoue brillamment avec l&#8217;ultime chef-d&#8217;œuvre de Mozart dans une version ludique où souffle un vent de joie et de fantaisie. Sur un carrousel de fête foraine, les Trois Dames sortent tout droit des parapluies de Cherbourg, leur reine est une Calamity Jane survitaminée et les prêtres des émules &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après 25 ans d&rsquo;absence, L&rsquo;opéra de Rennes renoue brillamment avec l&rsquo;ultime chef-d&rsquo;œuvre de Mozart dans une version ludique où souffle un vent de joie et de fantaisie.</p>
<p>Sur un carrousel de fête foraine, les Trois Dames sortent tout droit des parapluies de Cherbourg, leur reine est une Calamity Jane survitaminée et les prêtres des émules de Star Trek. Dans cet univers très pop installé par <strong>Chantal de La Coste-Messelière</strong> – en charge de la scénographie et des costumes – <strong>Mathieu Bauer</strong> a su trouver un joli équilibre entre la féerie et la dimension initiatique, intellectuelle de la Flûte : le train fantôme et sa Gueule d&rsquo;Enfer s&rsquo;avèrent idéaux pour symboliser l’Oeuvre au noir que constituent les épreuves. Des ballons en bouquets accompagnent les Trois Enfants, soulignant leur dimension spirituelle&#8230; et  servant de supports aux espiègles projections vidéos de <strong>Florent Fouquet</strong>. Pour illustrer le « Vivat Sarastro », celui-ci officie en grande pompe … à fabriquer des pommes d&rsquo;amour. Ainsi le fruit de la connaissance se fait clin d’œil gourmand. Autant de références dont la métaphore est parfaitement lisible sans être trop appuyée.</p>
<p>Tout cela est enlevé et joyeux. Surtout, l&rsquo;univers fonctionne de bout en bout, sans lassitude ni redite. Gourmand de mots, familier des patchworks artistiques, le metteur en scène introduit le <em>Singspiel</em> par un tour de piste des protagonistes présentés par Sarastro, Monsieur Loyal omniscient et bonhomme, incarné par le savoureux <strong>Nathanaël Tavernier</strong> aux graves sonores, aux aigus bien couverts.</p>
<p>Au cours de la soirée, différents dialogues commenteront l&rsquo;action ou remplaceront l&rsquo;air souvent coupé qui raconte l&rsquo;histoire des parents de Pamina et du <em>Sonnenkreis</em>. S&rsquo;ils n&rsquo;apportent pas énormément à une œuvre déjà parfaitement cohérente, ils sont amusants et actualisent le propos, comme l&rsquo;autorise la tradition de la musique légère.</p>
<p>Le metteur en scène vient du monde du théâtre et a dirigé le CDN de Montreuil pendant dix ans. Nous avions déjà pu apprécier son talent dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/the-rakes-progress-la-carriere-du-libertin-rennes-mad-men/"><em>The Rake&rsquo;s Progress</em></a> en 2022-23, une production qui avait remporté le prix du meilleur spectacle lyrique en région décerné par le syndicat professionnel de la critique. Formidable directeur d&rsquo;acteur, il rythme la soirée tambour battant permettant à chaque chanteur une implication scénique et émotionnelle d&rsquo;une grande justesse.</p>
<p>Espiègle et touchant, <strong>Damien Pass</strong> est un merveilleux Papageno au timbre idéal. Truculent et jovial il forme un duo de charme avec la magnifique Pamina d&rsquo;<strong>Elsa Benoit</strong>. Le ruban fluide de son soprano ductile se moire de riches harmoniques pour dessiner une silhouette singulièrement émouvante.</p>
<p><strong>Maximilian Mayer</strong> est en délicatesse avec les notes hautes dévolues à Tamino mais fait profiter le personnage du beau métal de son ténor lumineux. Bégayant d&rsquo;abord face à la Reine de la nuit, il prend de l&rsquo;assurance au fil des épreuves qu&rsquo;il traverse, les yeux pleins d&rsquo;innocence.</p>
<p>Face à lui, <strong>Florie Valiquette</strong> dégage une autorité vocale et et scénique qui font honneur à la Reine de la Nuit. Remplacée par Lila Dufy pour les trois premières représentations, seuls ses contre-fa limites rappellent sa convalescence.</p>
<p>Le ténor clair et rond de <strong>Benoît Rameau</strong> régale en Monostatos. Tout comme<strong> Amandine Ammirati</strong> en Papagena ou encore<strong> Thomas Coisnon </strong>et<strong> Paco Garcia, Élodie Hache, Pauline Sikirdji </strong>et<strong> Laura Jarrell</strong> composent Trois Dames d&rsquo;excellente tenue – même si la seconde a un accent français à couper au couteau dans les passages parlés. Les Trois Enfants issus des rangs de la Maîtrise de Bretagne sont épatants, <strong>l&rsquo;Ensemble Mélisme(s)</strong> à l&rsquo;avenant.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Nicolas Ellis</strong>, nouveau directeur musical de l’Orchestre National de Bretagne, est au diapason de l&rsquo;énergie communicative qui se dégage du plateau, avec des tempi très allants. Ses musiciens – en dépit de violons aux attaques un peu imprécises – nous entraînent dans un tourbillon allègre qui distille de subtiles nuances et des suspensions bienvenues dans une vision joliment personnelle, jamais pompeuse, de la partition.</p>
<p>Un spectacle délicieux, qui aura droit, espérons-le à une reprise, à découvrir au Théâtre Graslin de Nantes du 24 mai au 1er juin, à Angers les 16 et 18 juin prochains et gratuitement dans plus de soixante-dix villes de Bretagne et des Pays de la Loire participant à la onzième édition d&rsquo;Opéra sur écran(s) le mercredi 18 juin à 20h.</p>
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		<title>LOUATI, Les Ailes du Désir &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 May 2024 04:31:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année encore, la participation de l&#8217;Opéra de Rennes à la Co[opéra]tive permet au public breton de bénéficier d&#8217;une magnifique production mutualisée entre sept structures autour d&#8217;une création contemporaine issue du film de Wim Wenders, les Ailes du Désir. Il s&#8217;agit de la première commande du collectif avant un retour l&#8217;an prochain en terre baroque &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année encore, la participation de l&rsquo;Opéra de Rennes à la Co[opéra]tive permet au public breton de bénéficier d&rsquo;une magnifique production mutualisée entre sept structures autour d&rsquo;une création contemporaine issue du film de Wim Wenders, <em>les Ailes du Désir</em>. Il s&rsquo;agit de la première commande du collectif avant un retour l&rsquo;an prochain en terre baroque avec le <em>Carnaval de Venise</em> de Campra.</p>
<p>Ici, l&rsquo;incontestable réussite du projet tient à l&rsquo;osmose entre la musique composée par <strong>Othman Louati</strong> et la proposition scénique de <strong>Grégory Voillemet</strong>. L&rsquo;un comme l&rsquo;autre utilisent pleinement les moyens à leur disposition pour rendre sensible l&rsquo;univers de cet ange qui souhaite s&rsquo;incarner et celui des humains.<br />
Le Berlin d&rsquo;avant la chute du mur se peuple ainsi de marionnettes dont les voix intérieures sont portées par les chanteurs. C&rsquo;est cette cacophonie de pensées que perçoivent les deux anges veillant sur eux. L&rsquo;univers de ces derniers est de noir et blanc &#8211; tout comme dans le film. Un cyclo crée régulièrement une belle lumière contrée qui rend ce clair-obscur extrêmement esthétique, y compris dans une scène de boite de nuit où la danse au ralenti, à contre-jour, prend une singulière magie qui sublime une musique hypnotique.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-Ailes-du-desir-4-%C2%AEChristophe-Raynaud-de-Lage-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Les-Ailes-du-desir-4-%C2%AEChristophe-Raynaud-de-Lage-1024x683.jpg." />                                                                                                        ©Christophe Raynaud de Lage</pre>
<p>Fort joliment, les humains/marionnettes sont plus petits que les anges et lorsqu&rsquo;Amielle – ange merveilleusement incarné par <strong>Marie-Laure Garnier</strong> rejoint le monde vivant, la magie des ombres portées la rend petite, désormais, parmi les humains qui ne sont plus poupées désormais, mais de chair et de sang. La révélation lyrique de l’année 2021 des Victoires de la musique classique bénéficie d&rsquo;une présence intense &#8211; longtemps silencieuse &#8211; dans ce rôle à l&rsquo;ample ambitus qui met en valeur une assise large, un son généreux et bien conduit.</p>
<p><strong>Romain Dayez</strong> dessine la silhouette tendre de son acolyte céleste, fort d&rsquo;une émission franche, bien projetée tandis que cinq autres artistes lyriques prêtent leurs voix aux émouvantes marionnettes d&rsquo;<strong>Amélie Madeline</strong>, manipulées avec talent. Elles prendront vie jusqu&rsquo;à s&rsquo;incarner pleinement pour la trapéziste Marion, dont Amielle tombe amoureuse au point de choisir de se faire mortelle. <strong>Camille Merckx</strong> se révèle remarquablement touchante dans ce rôle qui met en valeur son beau mezzo de velours chaud.</p>
<p><strong>Benoit Rameau</strong> incarne deux personnages très contrastés avec, d&rsquo;une part Peter, l&rsquo;ancien ange devenu graffeur, qui désormais dessine la vie en couleurs et vibre de joie mais également « l&rsquo;aimant jamais aimé », effondré jusqu&rsquo;au suicide. Il est pareillement convainquant dans ces deux rôles qui lui permettent d&rsquo;exprimer une jolie palette de couleurs de son timbre clair et suave.</p>
<p>Il en est de même pour l’Enfant de <strong>Shigeko Hata</strong> qui fait de l’œil à Ravel et nous ensorcelle dans le sortilège de sa voix aux aigus brillants autant que par le Sprechgesang très punk de sa mendiante rêvant de rock n&rsquo;roll.</p>
<p><strong>Mathilde Ortscheidt</strong> campe une mère très convaincante tandis que <strong>Ronan Nédélec</strong> prête son timbre profond au focus précis à l&rsquo;émouvant grand-père, perdu dans la ville, ressassant un passé traumatique au point de risquer de se disloquer. Magie de la marionnette&#8230;<br />
Tous les chanteurs sont sonorisés. Les effets sont nettement perceptibles mais font écho aux ajouts électroniques à l&rsquo;orchestre et fonctionnent bien.</p>
<p>Dans ce livret plus méditatif que narratif, les personnages sont juste esquissés et doivent beaucoup à la scénographie parfaitement ajustée de<strong> Johanny Bert</strong> comme aux lumières précises de <strong>Jean-Philippe Viguié</strong>.<br />
Naturellement, l&rsquo;émotion s&rsquo;inscrit avant tout dans la puissance évocatrice de la musique d&rsquo;Othman Louati qui donne à entendre avec beaucoup de subtilité la dissonance des êtres.</p>
<p>Un cœur qui enfin se mettrait à battre est au centre du propos et le compositeur travaille sa rythmique avec raffinement, lui qui est percussionniste de formation. Mais il est également fin mélodiste et joue des univers sonores pour mieux installer les atmosphères délicates de ses tableaux. De la polyphonie au cirque ou à la pop, il est merveilleusement servi par les treize instrumentistes de <strong>l&rsquo;Ensemble Miroirs Etendus</strong>, sous la direction fluide, précise et sensible de <strong>Fiona Monbet</strong>.</p>
<p>Un spectacle à applaudir à l&rsquo;Opéra de Rennes jusqu&rsquo;au 18 mai avant une ultime date le 24 à l&rsquo;Atelier Lyrique de Tourcoing.</p>
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		<title>STRAVINSKY, Pulcinella / RAVEL, L&#8217;heure espagnole &#8211; Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-pulcinella-ravel-lheure-espagnole-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 15:10:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=157627</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une soirée de rêve à l’Opéra-Comique ! Le duo inattendu Stravinsky-Ravel fonctionne à merveille au plus grand plaisir d’un public enthousiaste ! Alors que débute l’ouverture de Pulcinella, le rideau se lève sur le magnifique décor, aux couleurs terre de Sienne sur fond vert ou bleu, conçu par Sylvie Olivé : une structure verticale où se niche &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-pulcinella-ravel-lheure-espagnole-paris-opera-comique/"> <span class="screen-reader-text">STRAVINSKY, Pulcinella / RAVEL, L&#8217;heure espagnole &#8211; Paris (Opéra Comique)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-pulcinella-ravel-lheure-espagnole-paris-opera-comique/">STRAVINSKY, Pulcinella / RAVEL, L&rsquo;heure espagnole &#8211; Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une soirée de rêve à l’Opéra-Comique ! Le duo inattendu Stravinsky-Ravel fonctionne à merveille au plus grand plaisir d’un public enthousiaste !</p>
<p>Alors que débute l’ouverture de <em>Pulcinella</em>, le rideau se lève sur le magnifique décor, aux couleurs terre de Sienne sur fond vert ou bleu, conçu par <strong>Sylvie Olivé</strong> : une structure verticale où se niche un escalier en spirale, à la fois ville et maison d’Italie au petit jour (tout droit sortie d’un tableau de Giorgio de Chirico) dans les lumières subtiles et soigneusement tamisées de <strong>John Torres</strong>. Surgit alors, immobile, le personnage de Pulcinella. Le danseur suédois <strong>Oscar Salomonsson</strong>, acteur de rêve et grand virtuose, l’incarne avec une poésie rare, en petit Charlot rêveur, au sourire mélancolique et à l’œil espiègle, qui joue de son chapeau melon comme d’un ballon d’enfant. Il nous entraîne peu à peu dans le tourbillon de la chorégraphie lumineuse de <strong>Clairemarie Osta</strong>, en totale harmonie avec la partition de Stravinsky. Les filles et les garçons auxquels s’affronte Pulcinella ont des airs de voyous du West Side newyorkais (magnifiques danseurs) alors que sa fiancée en robe blanche, a la légèreté éthérée des ballerines romantiques sur pointes (magnifique <strong>Alice Renavand</strong>), tous judicieusement habillés par le costumier de cinéma <strong>Olivier Bériot</strong>.</p>
<p><strong>Louis Langrée</strong> dirige ici la version pour orchestre de chambre, <strong>Camille Chopin</strong> et <strong>Abel Zamora </strong>de l’Académie de l’Opéra-Comique, ainsi que <strong>François Lis</strong>, chantant avec une juste élégance les airs inspirés de la musique populaire italienne. Au final, le public réserve une ovation aux interprètes.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/8-Pulcinella-DR-S.Brion_-1294x600.jpg" /><em>Pulcinella</em> © Stéphane Brion</pre>
<p>Dans la deuxième partie, la structure du décor est agencée différemment. L’aire de jeu est plus complexe ne serait-ce que pour installer les horloges de <em>l’Heure Espagnole</em> ! On songe cette fois à un caprice architectural d’Escher dans les années 1950 ! Dans le village espagnol, les passants se promènent et se croisent au crépuscule, sur la musique rêveuse de l’ouverture. L’<strong>Orchestre des Champs Elysées </strong>s’épanouit vraiment dans cette <em>Heure Espagnole</em> avec une riche palette de couleurs. Louis Langrée tellement à son aise dans l’univers ravélien, dirige cette partition si complexe avec une réelle passion. Il parvient à en dessiner précisément les multiples entrelacs : les envolées lyriques, les sous-entendus coquins, les soupirs en glissandi, les cacophonies d’horloges, de coucous et d’automates, sans oublier, les effluves sensuels de toutes les Espagne, du boléro baroque à la habanera romantique que chantent au final tous les protagonistes.</p>
<p><strong>Guillaume Gallienne</strong>, en ce sens, est le complice idéal. Comme Patrice Chéreau, autrefois, découvrant la mécanique implacable du théâtre de boulevard, Galienne rythme avec une précision rigoureuse celle de <em>L’Heure Espagnole</em> et réalise là l’une des plus belles mises en scène de l’œuvre et, sans doute, l’une de ses plus belles réalisations lyriques. Et quels chanteurs ! L’inénarrable Torquemada de <strong>Philippe Talbot</strong>,  <strong>Nicolas Cavallier</strong> en alcade ridicule, l’excellent interprète de mélodies françaises <strong>Jean Sébastien Bou</strong> à la vigueur vocale et musclée du muletier déménageur, <strong>Benoît Rameau</strong> poète platonique à la ligne de chant impeccable. Quant à <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>, elle est époustouflante dans le rôle de Concepción. Actrice hors pair, sa voix somptueuse est impressionnante dans l’air très lyrique « Oh ! La pitoyable aventure ! » ! Le public est aux anges et l’Opéra-Comique a retrouvé là sa plus belle âme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-pulcinella-ravel-lheure-espagnole-paris-opera-comique/">STRAVINSKY, Pulcinella / RAVEL, L&rsquo;heure espagnole &#8211; Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Finale du 11e concours international piano voix Nadia et Lili Boulanger &#8211; Conservatoire Supérieur d’art dramatique  — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/finale-du-11e-concours-international-piano-voix-nadia-et-lili-boulanger-conservatoire-superieur-dart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Dec 2021 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la finale, les organisateurs du prestigieux concours nous invitaient « à voir la vie en prose », selon leurs propres mots introduisant une compétition dont la notoriété se vérifie à chaque nouvelle édition, et dont de nombreux talents sont issus, tels que Christiane Eda-Pierre ou Dame Felicity Lott (présente ce soir ainsi que les excellents François &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la finale, les organisateurs du prestigieux concours nous invitaient « à voir la vie en prose <em>»,</em> selon leurs propres mots introduisant une compétition dont la notoriété se vérifie à chaque nouvelle édition, et dont de nombreux talents sont issus, tels que Christiane Eda-Pierre ou Dame Felicity Lott (présente ce soir ainsi que les excellents François Le Roux et Nicolas Courjal). Tous les deux ans, le concours rassemble un auditoire amoureux de la mélodie et du Lied autour de jeunes duos chant-piano. Le jury de cette 11e édition présidé par le chef d’orchestre Ronald Zollman réunissait Stéphane Degout, Claire Désert, Bernarda Fink, Daniel Gerzenberg, Martyn Hill, Antoine Palloc, Sandrine Piau, Jan Schultsz, Six duos restaient en lice : Axelle Fanyo-Adriano Spampanato, Adrien Fournaison-Natallia Yeliseyeva, Vincent Kusters-Suzuha Hirayama, Flore van Meerssche-Gyeongtaek Lee, Anne-Lise Polchlopek-Eleonora Pertz, Benoit Rameau-Johan Barnoin.</p>
<p>Cette finale a été incontestablement dominée par le charisme d’Axelle Fanyo, à son aise dans tous les répertoires, et la technique et l’élégance du baryton-basse Adrien Fournaison, qui tous deux ont été récompensés de leur très belle prestation. <strong>Axelle Fanyo</strong> et son pianiste <strong>Adriano Spampanato</strong> se sont vus en effet attribuer le <strong>Grand Prix de duo chant piano Rainier III de Monaco</strong>. Une nouvelle fois, la chanteuse a fait la démonstration de toute la plénitude de son éclectique talent tant dans la mélodie de Duparc, « Phydilé », où le chant est d’une grande fluidité, que dans les Lieder de Schönberg, Schumann, et Wolf. Dans « Going to Heaven » d’Aaron Copland, sa voix épouse à merveille les changements de rythme. Dans « Amor » de William Bolcom, avec laquelle elle termine son programme, elle électrise l’auditoire de son timbre rond et chaud, et de ses aigus fulgurants en déclinant toutes la gamme des intentions. La voix se fait alors tour à tour séductrice, cajoleuse, aguicheuse. L’osmose avec le piano d’Adriano Spampanato est totale, les deux artistes exprimant la même énergie. Le duo mérite amplement la récompense attribuée.</p>
<p>Le baryton-basse <strong>Adrien Fournaison</strong> et sa remarquable pianiste <strong>Natallia Yeliseyeva</strong>  ont également fait forte impression et en récompense ils reçoivent le <strong>Prix du Lied</strong>. Le jeune chanteur de 26 ans a fait preuve d’une technique sans faille dans une belle ligne de chant. On aurait parfois souhaité un peu plus d&rsquo;émotion et de chaleur. Porté par le jeu subtil et aérien de Natallia Yeliseyeva, le baryton-basse donne la mesure d’un art à la fois plein d’autorité et de raffinement dans un programme diversifié de la mélodie au Lied où il fait merveille dans  « Herr Oluf » de Carl Loewe et « Abschied ein Spielmann » de Alban Berg, en passant par « My Heart Aches » de Moore où le chanteur manifeste un grand sens de la caractérisation, saisissant d’emblée son auditoire au fil des fluides arpèges de Natalia Yeliseyeva. Avec une pianiste de ce niveau, la voix trouve un écrin idéal et n’a plus qu’à se laisser guider sur une vague de claires et fluides écumes. </p>
<p>Au côté de la pianiste <strong>Gyeongtaek Lee</strong> dont le jeu est apparu quelque peu pâle, la soprano belge <strong>Flore van Meerssche</strong> remporte le <strong>Prix de la Mélodie </strong>terme d’une finale où l’on a apprécié sa voix claire, d’une belle souplesse, et d’une grande facilité dans l’aigu. On peut toutefois être quelque peu dubitatif sur la nature Prix décerné, eu égard à une diction peu limpide, ne rendant pas suffisamment intelligible la compréhension du français (et pas davantage d’ailleurs celle de l’allemand ni de l’espagnol dans <em>Asturiana</em> de Manuel de Falla). Il conviendra que la chanteuse porte à l’avenir une attention tout particulière à la fluidité de sa diction, et ce d’autant que l’instrument offre d’intéressantes perspectives.</p>
<p>Le duo <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> et l’excellente pianiste <strong>Elenora Pertz</strong> reçoivent le <strong>Prix Déodat de Séverac</strong> amplement mérité. La voix est étonnement claire pour une mezzo-soprano et passées les quelques minutes de surprise, on se laisse séduire par une voix bien projetée et une diction impeccable. Dans le « Noël des enfants qui n’ont plus de maison » de Debussy, elle restitue à merveille la tristesse et la mélancolie. Elle cultive un art consommé du dire, chaque mot se fait sens dans son chant. Dans Malher et dans Dvořák, on retrouve également cette intelligence du texte, avec une voix ronde et onctueuse. Le pianiste Elenora Pertz délivre un jeu subtil au touché délicat. Une véritable complicité se dégage de ce duo, et les sourires que s’offrent mutuellement les deux artistes entre deux œuvres en sont une parfaite illustration.</p>
<p>Aucun prix en revanche pour le baryton <strong>Vincent Kusters</strong> qui s’est donné à entendre dans un chant trop caricatural et maniéré manquant de naturel et de fluidité et pour <strong>Benoît Rameau</strong>, ténor lyrique léger avec beaucoup d’allant notamment dans l’hilarant « I bought me a cat » d’Aaron Copland, mais à qui il manque l’amplitude et la brillance pour convaincre pleinement dans ce répertoire de la mélodie et du Lied.</p>
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		<title>Concert de l’Académie Philippe Jaroussky — Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-lacademie-philippe-jaroussky-ambronay-immersion-musicale-a-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Sep 2019 04:05:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à Ambronay que Philippe Jaroussky donna l’un de ses tout premiers concerts professionnels. Il y a six ans, il y animait sa première master-classe, avec des étudiants de Lyon et de Genève. L’année suivante, il créait son Académie dans le but de favoriser l’accès de tous à la musique et l’insertion professionnelle des jeunes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à Ambronay que <strong>Philippe Jaroussky</strong> donna l’un de ses tout premiers concerts professionnels. Il y a six ans, il y animait sa première master-classe, avec des étudiants de Lyon et de Genève. L’année suivante, il créait son Académie dans le but de favoriser l’accès de tous à la musique et l’insertion professionnelle des jeunes talents (dans quatre disciplines, le chant, le violon, le violoncelle et le piano, que nous n’entendrons pas ce soir). Au terme d’une année de compagnonnage avec leurs professeurs, la promotion « Vivaldi » présente son bilan, le plus prometteur.</p>
<p>Auparavant, la journée avait été d’une densité rare, avec abondance de propositions, comme Ambronay sait le faire. Le chapiteau, la nef de l’abbatiale, la salle Monteverdi, d’autres aussi, autorisent des manifestations simultanées, des musiques métissées à la conférence, comme au récital et au concert. Ainsi faut-il mentionner <strong>Les Esprits animaux</strong>, six musiciens chevronnés de La Haye, spécialisés dans le répertoire baroque, de Schmelzer au tournant du XIXe S. Autour du fil conducteur de « Music of Thrones » se succèdent des pièces écrites par ou pour les rois, jouées par eux, traversant les cultures occidentales comme le temps, depuis la mort de Ferdinand III à la Révolution française. L’aisance, la liberté, la virtuosité, la dynamique se conjuguent à une connivence constante pour le régal d’un public conquis. La pièce de Dussek narrant la mort de Marie-Antoinette, dans un arrangement pour quatuor à cordes, est d’une force peu commune. A signaler un bis, fort bien chanté par l’altiste, contant l’histoire d’un soldat parti en Flandres, avec un usage traditionnel des instruments. Suit une conférence-témoignage d’une violoniste, musicologue, <strong>Mimi Mitchell</strong>. Son propos de préciser et de documenter l’histoire de la renaissance du violon baroque, des prémices aux années 80, a passionné son auditoire. Puis c’est un avant-concert, explicitant les modalités de fonctionnement de l’Académie Jaroussky.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jaroussky_1_0.jpg?itok=jkCJ75fR" title="Amélie Raison © Bernard Pichène" width="468" /><br />
	Amélie Raison © Bernard Pichène</p>
<p>Enfin, arrive le temps du compte-rendu du travail partagé par maîtres et élèves. <strong>Julien Chauvin</strong>, dans une forme olympique, dirige de son archet son ensemble Le Concert de la Loge, en symbiose avec tous les interprètes qui vont se succéder au fil de la soirée. Après avoir signalé l’excellence des violonistes (dont <strong>Geneviève Laurenceau</strong> assurait la responsabilité), et des violoncellistes (avec <strong>Christian-Pierre La Marca</strong>), nous mettrons l’accent sur quelques-unes des révélations de cette Académie. On retiendra le nom d’<strong>Amélie Raison</strong> jeune soprano à l’ambitus le plus large, aux graves et au médium solides, voix agile, sonore, à l’articulation exemplaire dans son « In furore » de Vivaldi. La seconde soprano, <strong>Julie Prola</strong>, aux moyens surprenants, fait preuve d’un tempérament dramatique rare (extrait d’<em>Il tigrane</em>). <strong>Benoit Rameau</strong> n’est pas en reste, voix longue et souple, émission claire, dans un extrait de <em>la Griselda</em>. Chacun d’eux, avec sa propre personnalité et ses couleurs, porte indéniablement la marque du maître dont ils ont retenu les qualités bien connues. Les interventions de Philippe Jaroussky, seul ou en duo avec tel ou telle de ses étudiants, sont autant de cadeaux, depuis l’émouvant « es ils vollbracht » avec le violoncelle solo, aux pièces les plus virtuoses, servies par une émission idéalement maîtrisée. Avec ses amis Geneviève Laurenceau et Christian-Pierre La Marca, ils mêlent leur voix à celle de leurs protégés, auxquels ils ont transmis le meilleur de leur expérience et de leur savoir. Le public ovationne longuement les acteurs de cette soirée, sans oublier Julien Chauvin et ses musiciens, aussi engagés que les jeunes qu’ils accompagnaient, dans tous les sens du terme.</p>
<p>Le Festival, qui se poursuit jusqu’au 6 octobre, fête ses quarante ans et offre un programme d’une richesse insoupçonnée, où, à côté des « grands » , de William Christie à Jordi Savall ou René Jacobs et Christophe Rousset, un nombre considérable d’ensemble des dernières générations proposent le plus riche programme. A découvrir sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.ambronay.org">ambronay.org.</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-lacademie-philippe-jaroussky-ambronay-immersion-musicale-a-ambronay/">Concert de l’Académie Philippe Jaroussky — Ambronay</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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