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	<title>Daniil TRIFONOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 May 2024 09:36:29 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Daniil TRIFONOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Une folle journée (pasticcio) &#8211; Salzbourg</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 05:12:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le pasticcio revient à la mode. Pratiqué au XVIIIe siècle dans l&#8217;opéra baroque, le pasticcio consistait à assembler, sur un livret unique, des airs provenant d&#8217;opéras divers écrits par même compositeur ou par des musiciens différents. Le procédé permettait de créer rapidement une oeuvre originale, avec un succès facilité par la reprise des airs les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>pasticcio</em> revient à la mode. Pratiqué au XVIIIe siècle dans l&rsquo;opéra baroque, le <em>pasticcio</em> consistait à assembler, sur un livret unique, des airs provenant d&rsquo;opéras divers écrits par même compositeur ou par des musiciens différents. Le procédé permettait de créer rapidement une oeuvre originale, avec un succès facilité par la reprise des airs les plus applaudis d&rsquo;ouvrages précédents. L&rsquo;opéra baroque se prêtait particulièrement au <em>pasticcio</em> car les airs y expriment les sentiments des protagonistes (l&rsquo;amour, la colère&#8230;) alors que l&rsquo;action n&rsquo;avance qu&rsquo;au travers des récitatifs. Les airs sont ainsi relativement interchangeables : dans les années 90, Jean-Claude Malgoire avait ainsi pu proposer un <em>Montezuma pasticcio</em> à une époque où l&rsquo;on pensait perdu l&rsquo;ouvrage original de Vivaldi. Pietro Metastasio fut le principal pourvoyeur de livrets (28 opéras, des cantates, des oratorios&#8230;), musicalement illustrés par les plus grands musiciens de son temps (et aussi par les moins bons). A titre d&rsquo;exemple, <em>La Clemenza di Tito</em> fut mise en musique par Antonio Caldara en 1734 puis par plus d&rsquo;une quarantaine de compositeurs, Mozart inclus (en 1791 : près de 10 ans après la mort de Métastase). Avec le temps, et l&rsquo;opéra romantique se prêtant moins facilement au même traitement, le <em>pasticcio</em> s&rsquo;est fait plus rare mais ne s&rsquo;est jamais totalement éteint : au XIXe siècle, <em>Robert Bruce</em> et <em>Invanhoé&nbsp;</em>sont composés sur des tubes rossiniens francisés. Au XXIe siècle, on peut noter <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/un-pastiche-sinon-rien/"><em>The Enchanted Island</em></a> (2011), une commande du Metropolitan Opera pour familiariser son public avecle baroque (huit compositeurs sollicités pour une intrigue inspirée de <em>La Tempête</em> et du <em>Songe d’une nuit d’été</em> de William Shakespeare), ou encore, à la Monnaie de Bruxelles, <a href="https://www.forumopera.com/bastarda-a-la-monnaie-vous-avez-dit-batarde/"><em>Bastarda</em></a> (basé sur <em>Elisabetta al castello di Kenilworth, Anna Bolena, Maria Stuarda </em>et <em>Roberto Devereux</em> de Gaetano Donizetti <a href="https://www.forumopera.com/breve/donizetti-la-trilogie-tudor-a-bastille/">et peut-être même sur un poisson d&rsquo;avril de Forum Opéra</a>) ou <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rivoluzione-e-nostalgia-bruxelles/">Rivoluzione e Nostalgia</a>&nbsp;basé</em> sur des ouvrages de Giuseppe Verdi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="703" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/marcoborrelli_160524_09150-1-1024x703.jpg" alt="" class="wp-image-163606"/><figcaption class="wp-element-caption">Mattia Olivieri © SF/Marco Borrelli</figcaption></figure>


<p>Sur le principe, l&rsquo;idée de réaliser une oeuvre nouvelle basée principalement sur la trilogie Da Ponte était excellente tant les points communs en sont nombreux. Malheureusement, la réalisation n&rsquo;est pas à la hauteur des attentes, faute de trame narrative. Après une pétillante ouverture des <em>Nozze</em> <em>di</em> <em>Figaro</em>, nous nous retrouvons à l&rsquo;aéroport Lorenzo Da Ponte, dans le terminal de la WAM. Nous entendons les premières scènes des <em>Nozze</em>. Figaro discute avec Susanna de leur prochaine chambre à coucher autour d&rsquo;un mode d&#8217;emploi façon Ikea. Instruit des intentions du Comte, il sort une épée de son étui à guitare et sème la panique dans le terminal (les passagers les plus audacieux réussissent quelques selfies). En partant, il échange son étui avec celui de Don Ottavio. Celui-ci chante alors « Il mio tesoro » (Don Giovanni) en s&rsquo;expliquant avec la police. La comtesse des <em>Nozze</em> semble lui répondre avec « Porgi amor ». Leporello lui chante l&rsquo;air du catalogue, devenu l&rsquo;air du répertoire de l&rsquo;iPhone. Sur le tableau d&rsquo;affichage des prochains départs apparaissent alors les «scores » de Don Giovanni dans les différents pays, les passagers agitant des fanions suivant leur nationalité. On passe à autre chose avec quelques extraits de <em>Così fan tutte, </em>totalement détachés dramatiquement de ce qui précède. Rolando Villazón, en serveur muet, anime le plateau de quelques gags burlesques interprétés dans un style chaplinesque. Rapidement, toute cohérence disparait. Un avion s&rsquo;écrase, plus tard un second, prétexte à un choeur extrait de <em>Davide penitente</em>, magnifiquement chanté par les choeurs Il Canto di Orfeo et Bachchor Salzburg mais, a contrario, pas très folichon. Bartoli en Despina déguisée en docteur fume un énorme joint. Tous les vols sont annulés et il n&rsquo;y a plus de schnaps. Ferrando vient chanter le tube de l&rsquo;été « Une aura amorosa » et quelques couples dansent un slow. Villazón, qui a retrouvé le dernier litre d&rsquo;alcool, en propose sans succès autour de lui, et finit seul toute la bouteille. Dans sa note d&rsquo;intention, <strong>Davide Livermore</strong> explique avoir voulu créer une sorte de mosaïque à partir de ces différentes scènes, mais on a surtout l&rsquo;impression d&rsquo;assister à une suite de clips comiques : une fois achevée, la mosaïque ne représente rien de précis. Est-ce la raison pour laquelle le metteur en scène a cru nécessaire d&rsquo;intervenir lui-même sur le plateau ? Il tente alors de nous éclairer : spectateurs et artistes sont embarqués dans un même voyage, etc. Nous n&rsquo;avons pas été convaincu. Un metteur en scène est un maître d&rsquo;œuvre qui sait mobiliser les forces autour d&rsquo;un spectacle, en éclairer les interrogations, en révéler éventuellement le sous-texte ou nous montrer sa modernité, mais ce n&rsquo;est pas nécessairement un auteur. Au positif, ce <em>pasticcio</em> est virevoltant, drôle, visuellement superbe, parfaitement dirigé. Un spectacle brillant. On aura également apprécié les superbes contributions vidéos de <strong>D-Wok</strong>, les magnifiques éclairages de <strong>Fiammetta</strong> <strong>Baldisseri</strong>, les costumes colorées de <strong>Mariana</strong> <strong>Fracasso</strong> et le décor éminemment spectaculaire <strong>Giò</strong> <strong>Forma</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/une-folle-journee-2024sf-marco-borrelli-015-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163699"/><figcaption class="wp-element-caption">Davide Livermore © SF/Marco Borrelli</figcaption></figure>


<p>Dans ce contexte, les satisfactions sont essentiellement d&rsquo;ordre musical. A la tête d&rsquo;un orchestre des Musiciens du Prince-Monaco techniquement parfait, <strong>Gianluca</strong> <strong>Capuano</strong> est un miracle de précision, mais aussi de fantaisie et de surprises. Le pianoforte ne se contente d&rsquo;ailleurs pas ici d&rsquo;accompagner les récitatifs mais se joint à l&rsquo;orchestre pour y ajouter ses improvisions. Interrogé sur ce choix musical, le chef italien répond : « À l&rsquo;époque, Mozart dirigeait et jouait au pianoforte. Compte tenu de son génie d&rsquo;interprète, notamment dans les improvisations, on ne peut pas imaginer qu&rsquo;il ait abandonné son instrument entre deux récitatifs pour seulement diriger, d&rsquo;autant que la baguette de chef d&rsquo;orchestre n&rsquo;était pas encore en usage. Je suis donc convaincu que pour les ouvrages de cette époque, et jusqu&rsquo;à certains opéras belcantistes, le pianoforte doit être associé à l&rsquo;orchestre. Pour <em>La Clemenza di Tito</em> ici, nous avons même un pianoforte et un clavecin qui dialoguent. Cela ajoute un brin de folie ! &nbsp;». Pour les experts, précisons que le diapason utilisé est le diapason « Mozart » à 430 Hz, à mi-chemin entre le diapason baroque et le diapason moderne. Remplaçant au pied levé Ildebrando d&rsquo;Arcangelo souffrant, <strong>Mattia Olivieri</strong> est parfait sur tous les plans : belle voix, excellente technique, bonne projection et une présence scénique indéniable. <strong>Ruben Drole</strong> chante également &nbsp;fort bien mais son émission est trop cotonneuse, un peu sourde. <strong> Mélissa Petit</strong> n&rsquo;a qu&rsquo;un grand air pour briller, et elle y parvient parfaitement. Certes le timbre est encore un peu vert, mais la complexité du personnage est parfaitement rendue avec un chant &nbsp;d&rsquo;une grande beauté et d&rsquo;une excellente technique belcantiste. Excellent en <em>comprimario</em> muet, <strong>Rolando Villazón</strong> s&rsquo;attaque à un air de Basilio (habituellement coupé dans les représentations des <em>Nozze di Figaro</em>) qui ne correspond pas à sa vocalité. Le vétéran <strong>Alessandro Corbelli</strong> (71 ans) n&rsquo;a plus un timbre très jeune mais sa technique vocale et son métier scénique sont toujours intacts. Le Cherubino de <strong>Lea</strong> <strong>Desandre</strong> est toujours aussi adorable. <strong>Daniel Behle</strong> est un peu bousculé par son premier air mais le second est remarquablement conduit, avec un beau legato, et moins de nasalités. La reine de la soirée est bien entendu <strong>Cecilia</strong> <strong>Bartoli</strong>. Espiègle Susanna, Despina déjantée (chantée avec une voix déguisée impayable), et insurpassable dans l&rsquo;aria « Ch&rsquo;io mi scordi di te&#8230; Non temer, amato bene » (KV 505), accompagnée par rien moins que <strong>Daniil Trifonov</strong>. L&rsquo;air, chantée comme au concert, sans mise en scène, obtient la plus grande ovation de la soirée : tout est dit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/une-folle-journee-2024sf-marco-borrelli-013-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163711"/><figcaption class="wp-element-caption">Cecilia Bartoli et Daniil Trifonov © SF/Marco Borrelli</figcaption></figure>
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		<title>Récital Bryn Terfel et Daniil Trifonov &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryn-terfel-et-daniil-trifonov-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jul 2023 06:23:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le récital de Bryn Terfel et Daniil Trifonov à Verbier commence par des textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi, et c’est très bien ainsi puisque c’est un personnage shakespearien qui les chante.On a vu Bryn Terfel cinq fois dans la période récente et on l’avoue : on n’en revient toujours pas. En &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le récital de Bryn Terfel et Daniil Trifonov à Verbier commence par des textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi, et c’est très bien ainsi puisque c’est un personnage shakespearien qui les chante.<br />On a vu Bryn Terfel cinq fois dans la période récente et on l’avoue : on n’en revient toujours pas. En récital à Genève (on était resté sur sa faim), dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-zurich-deja-dans-la-legende/">Tosca</a> (effrayant à souhait), dans un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bryn-terfel-recital-evian/">récital d’airs d’opéra</a> (cabotin superbe), dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-verbier/">Requiem de Verdi</a> (grandiose et mortifère), et dans ce récital à Verbier. Tout est démesuré : il peut être sublime puis tutoyer la facilité. Il bouleverse, il émeut au plus profond et une demie-heure plus tard, il fait un brusque pas de côté et on frôle la gène ou le désamour…<br />Mais le goût, bon ou moins bon, est-il un critère pertinent s&rsquo;agissant du géant gallois (pardon du cliché) ? Quand on le voit enchaîner des airs de Falstaff ou de Fidelio puis terminer avec <em>Un Violon sur le toit</em>, quand on le voit incarner la menace et l’oppression en ne faisant rien d’autre qu’arpenter d’un pas lourd le bureau de Scarpia, quand on se souvient de l’avoir vu ici-même à Verbier être Wotan rien qu’en s’appuyant sur un grand bâton qui lui servait de lance, on a le sentiment d’avoir approché du mystère des grands fauves de théâtre, Kean ou Harry Baur (on pourrait dire Sarah Bernhard ou Callas), qu’on qualifie, parce qu’il faut bien trouver un mot, de surhumains.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_09-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-137752"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Daniil Trifonov,  à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une insondable gravité</strong></h4>
<p>Ici, c’est par les <em>Quatre chants sérieux</em> de Brahms qu’on aura été bouleversé. Remué. D’autres dans la salle y seront demeurés insensibles ou réticents. C’est légitime. Mais jamais on n’avait entendu le froid de la tombe souffler ainsi sur ces mélodies. Aucune sérénité, mais bien la noirceur de l’Ecclésiaste et sa désespérance sans retour.<br>Privilège d’être assez prêt pour voir ce visage habité par une insondable gravité avant que ne soit lancé dans une demi-voix d’une douceur résignée qu’il en est de l’homme comme de toute bête et que son unique destin est la mort. Alors éclatera, implacable et lugubre, le «&nbsp;so stirbt&nbsp;».</p>
<p>On connaît et on aime depuis toujours d’autres lectures, infiniment souples et ductiles, de ces mélodies. Rien de tel ici. A chaque mot, à chaque note ou presque, sa couleur (avec une prédilection pour le noir), son intention, son inflexion, son état d’âme, son expression de visage. Ici, la fierté, ici un noble courroux, ici sur « aufwärts fahre » un souffle grandiose, puis des dents serrées, une amertume, du dépit, là un passage douceâtre en voix mixte, ailleurs (dans le deuxième lied) une sombre conversation avec soi-même, qui ira jusqu’à la vocifération… Théâtre chanté, dira-t-on ? Non, car il n’y a rien d’extérieur dans cette succession de brefs climats, mais bien quelque chose d’intime, de grave, de désemparé, qui se donne à voir et à entendre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_11-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-137753"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L’œuvre au noir</strong></h4>
<p>Le «&nbsp;Ô Tod&nbsp;» du troisième lied est presque hurlé d’abord, puis repris dans un extrême abandon, mezza voce, avant que tout cède sous une fureur grandiose. Et que dire de ce long silence après le retour de «&nbsp;wie bitter bist du&nbsp;» ou de ce tremblement inattendu, de cette faille dans la voix, involontaire et si humaine, puis de la douceur de l’ultime reprise, de ce chuchotement d’une âme épuisée et qui espère.<br>L’espérance surgit au détour du quatrième lied, dans le sourire qui passe sur «&nbsp;hätte der Liebe nichts, so wäre ich nichts&nbsp;&#8211; si je n’ai pas l’amour, alors je ne suis rien&nbsp;», puis dans une lueur qui semble signifier l’acceptation d’un destin de toute façon inéluctable, avec en arrière-plan le toucher qui se fait bondissant de Daniil Trifonov. Un toucher qui retrouvera toute sa profondeur dans le postlude qui suivra les ultimes mots de ce cycle (de Paul aux Corinthiens) disant que parmi la foi, l’espérance et l’amour, la plus grande est l’amour…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_17-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-137757"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Bryn Terfel,  récital à Verbier 21 juillet 2023 © Nicolas Brodard</sup></figcaption></figure>


<p>Le teasing de ce récital s’appuyait sur le rapprochement, intriguant voire improbable, de Bryn Terfel et de Daniil Trifonov, deux manières d’être tellement dissemblables. Même s’il nous est arrivé lors de certains récitals de voir le visage du pianiste russe être parfois habité d’une manière de folie, de quelque chose de méphistophélique, ici, dans l’ombre de Terfel, il sera toujours dans le retrait, le quant-à-soi, dans un soin minutieux du détail, préservant une sonorité très claire, peut-être pour faire contraste avec le grand cérémonial solitaire et funèbre du chanteur, comme s’il voulait tenir ferme la barre, Terfel déployant dans Brahms tout le catalogue des sentiments humains face au mystère de la mort.</p>
<h4><strong>Hénaurme…</strong></h4>
<p>On a eu l’occasion de l’écrire, la voix de Terfel n’a plus le velours qu’on lui a connu, mais peu importe, il y supplée par autre chose, un savoir-faire, parfois une rouerie, un grand métier, un funambulisme vocal bluffant… C’est aussi un raconteur d’histoire, un brosseur de paysages, un fresquiste de première force. Ainsi les cinq textes de Shakespeare mis en musique par Gerald Finzi sont-ils une démonstration de maîtrise. Le premier semble une fenêtre entrouverte sur un monde intérieur, une rêverie morose autour de la mort (déjà) dans un parlé-chanté qui accroche d’emblée l’attention, le second déploie une faconde qui touche très vite à l’<em>hénaurme</em> (la graphie de Flaubert semble faite pour Terfel), le troisième plonge dans la mélancolie, semble dessiner de grands espaces et se perdre en remémorations lointaines (et la voix retrouve toute son onctuosité dans les demi-teintes), le quatrième trucule à plaisir et, pour le cinquième, l’ogre se fait délicat, même si la démesure n’est jamais loin, usant de toute une palette débridée de portamentos, de passages en voix mixte, de <em>quasi parlando</em>, et surtout d’une versatilité d’humeurs et d’une prestesse étonnantes. On a parfois le sentiment qu’il chante par surcroît…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_16-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-137756"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel à Verbier © Nicolas</sub> <sub>Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Feu de tourbe et démesure épique</strong></h4>
<p>Débridé, il le sera de plus en plus au fil de la seconde partie… Les trois mélodies populaires britanniques parmi les quelque 130 harmonisées par Beethoven dans les années 1810-1816 pour l’éditeur Thomson d’Édimbourg seront un festival de faconde et de truculence, et on se croira transporté dans un vieux pub de la campagne galloise où, dans la brume d’un feu de tourbe, un barde aux moyens vocaux tonitruants trousserait de vieux récits héroïques, une pinte de bière brune en main… Extravagant, falstaffien, considérable… Après la gravité des lieder de Brahms, le retournement sera spectaculaire, le showman prenant définitivement le dessus, incitant d’un mouvement de son poing fermé Trifonov à le suivre sur ce terrain, l’apostrophant d’un <em>Daniiiiil !!!</em> au coin d’une phrase, puis soulignant d’un <em>pffff !</em> complice avec le public une batterie d’accords bien timbrés… Sans parler d’un « Vous pouvez applaudir si ça vous plaît ! » lancé à un auditoire respectueux des usages et n’osant pas interrompre entre deux morceaux. Très drôle aussi d’observer sur le visage de Thomas Hampson, dont nous étions voisin, l’étonnement et une certaine perplexité…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_01-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-137749"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Daniil Trifonov © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le bateleur et le bénédictin</strong></h4>
<p>Une thématique stellaire succèdera à ce grand spectacle extraverti : d’abord un <em>Nuit d’étoiles</em> de Debussy, d’un style assez hirsute, et qu’on rangerait volontiers sur le même rayon que le <em>Beau soir</em> de Barbra Streisand, un Schumann (<em>Mein schöner Stern</em>) prenant lui aussi des allures d’épopée intérieure, mais avec toujours cette furtive tristesse qui soudain passe comme un nuage &#8211; et le long postlude permettra d’entendre toute la délicatesse de Trifonov, sérieux comme un frêle bénédictin fiancé pour un soir à un bateleur colossal…<br>On aimera la douceur, les arrière-plans rêveurs et les grands espaces suggérés par <em>The unfinite shining heavens</em> de Vaughan Williams, sur un poème de Stevenson, ou le très délicat <em>I wonder that i wonder</em> de John Jacob Niles, introduit par un Trifonov poète, où la voix se fera blafarde (avant de monter jusqu’au registre de tête).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/210723_Eglise19h30_NicolasBrodard_15-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-137755"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Bryn Terfel et Hannah Stone © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<p>On sera moins convaincu (litote) par l’air extrait des <em>Misérables</em> (de Claude-Michel Schönberg) ou par les standards d’Ivor Novello (“And her mother came too”, tombant franchement du côté de la gaudriole, à la grande joie d’une partie du public, tandis que notre voisine américaine murmurera mélancoliquement « Poor Daniil… ») Mais le diable d’homme est ainsi, il peut passer dans le même concert du sublime au dérisoire…</p>
<p>Justement, dernière touche de sublime au milieu de bis éclatants de santé et de bonne humeur (où reviendra d&rsquo;ailleurs aussi la harpe virtuose de <strong>Hannah Stone</strong>, Mme Terfel à la ville), un lied de Schubert, la <em>Litanei auf des Fest aller Seelen</em>, miraculeusement intérieure, pudique comme une confidence, émue, reposée… <br>Là, le grand artiste est à nouveau tout entier présent, mais d’ailleurs il est tout entier présent dans tout ce qu’il touche, roc de bonhomie cachant on ne sait quelles ombres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryn-terfel-et-daniil-trifonov-verbier/">Récital Bryn Terfel et Daniil Trifonov &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Des idées de cadeaux pour un Noël européen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/des-idees-de-cadeaux-pour-un-noel-europeen/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 07:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/des-idees-de-cadeaux-pour-un-noel-europeen/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En ces temps difficiles pour l&#8217;Europe, Forum Opéra s&#8217;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&#8217;on ajoute l&#8217;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps difficiles pour l&rsquo;Europe, Forum Opéra s&rsquo;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&rsquo;on ajoute l&rsquo;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux Noël !&nbsp;</strong></p>
<hr>
<p><strong>UN NOËL ALLEMAND</strong> par Sylvain Fort</p>
<p>Peut-être devrait-on dire : en allemand car ce Noël-ci nous mène bien au-delà des frontières de l&rsquo;Allemagne&#8230;&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no1b.jpg?itok=yHXeR1Hp" style="width: 150px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong>DIETRICH FISCHER-DIESKAU, COMPLETE LIEDER RECORDINGS, Deutsche Grammophon. 107 CD</strong></p>
<p>C&rsquo;est la première fois que Deutsche Grammophon rassemble en un gros et unique coffret le thesaurus de DFD. On y retrouve ses grandes intégrales (Schubert, Schumann, Wolf, Brahms) mais aussi les sélections indispensables (Loewe, Liszt, Strauss), les raretés (Von Einem, Debussy&#8230;) &nbsp;et les heureux doublons (Winterreise, Dichterliebe&#8230;). Bref, une somme rassemblant les enregistrements de 1949 à 2003 qui est, pour tout auditeur, la substance d&rsquo;une vie.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no2.jpg?itok=HkgEKnDa" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>WAGNER, RHEINGOLD (2CD) / DIE WALKÜRE (4CD), Wiener Philharmoniker, dir. Georg SOLTI. Deutsche Grammophon&nbsp;</strong></p>
<p>Quoi ? Encore une réédition &nbsp;de cette base de toute discothèque wagnérienne ? Oui, cher lecteur, mais une fois n&rsquo;est pas coutume, nous parlerons technique. Car si nous ne sommes pas de ceux qui jugent un disque sur la qualité du son, le transfert réalisé ici par Andrew Wedman des bandes de John Culshaw en format 24bit/192kHz est simplement renversant. Même avec une chaîne moyenne, on entendra ici une présence sonore, charnelle, dramatique comme rarement on l&rsquo;avait perçue dans un enregistrement d&rsquo;opéra : on a simplement l&rsquo;impression d&rsquo;être au premier rang d&rsquo;une représentation convoquant dans son salon tout le théâtre de Wagner. Époustouflant et rare, dans un habillage luxueux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no3.jpg?itok=Bc-xR7yV" style="width: 150px; height: 219px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Eric CHAILLIER,&nbsp;<em>Anton Bruckner ou l&rsquo;immensité intime</em>. Buchet-Chastel. 384 pages</strong></p>
<p>Il est toujours extrêmement difficile de rendre compte de l&rsquo;humilité de Bruckner et de l&rsquo;ambition cosmologique de son œuvre. Eric Chaillier y parvient admirablement en se mettant à l&rsquo;écoute d&rsquo;un géant modeste, en tenant la plume au plus près de la vibration secrète du compositeur. Ce regard pénétrant et pudique porté sur la vie et l&rsquo;œuvre du maître autrichien fait de ce livre un compagnon indispensable pour cheminer avec Bruckner.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no4.jpg?itok=KVZClJP8" style="width: 150px; height: 284px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>André TUBEUF,&nbsp;<em>Schubert, l&rsquo;ami Franz</em>. Actes Sud. 192 p.&nbsp;</strong></p>
<p>Œuvre posthume de qui aura sa vie entière scruté Schubert, et y sera comme personne entré, nous livrant année après année le trésor de son écoute. Le livre est bref, non parce qu&rsquo;il est sec ou allusif, mais parce qu&rsquo;il est comme quintessencié. Ici est la substance même de ce que Schubert nous donne à entendre. Non pas une somme, donc, mais un bréviaire.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no5.jpg?itok=zLJDAfFE" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Mathias GOERNE, Daniil TRIFONOV, Lieder (Berg, Schumann, Wolf, Chostakovitch, Brahms)</strong>. 1 CD Deutsche Grammophon</p>
<p>Assumons : ce ne sont pas exactement des chants de Noël. Mais tout ce que le lied allemand (et, ici, russe en plus) porte de gravité et de force, par deux interprètes que n&rsquo;effraie aucun abîme. Un des plus beaux programmes et une des plus belles exécutions de l&rsquo;année ; un sommet, tout simplement.&nbsp;</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL FRANCAIS</strong> par Christophe Rizoud</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no6.jpg?itok=xFWkcP6R" style="width: 150px; height: 246px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-le-voyage-dans-la-lune-embarquement-pour-la-lune">Jacques Offenbach, <em>Le Voyage dans la lune</em></a> </strong>(CD-livre Palazzetto Bru Zane)</p>
<p>Quand l’inépuisable fantaisie de Jacques Offenbach rencontre l’univers fantastique de Jules Vernes, cela donne <em>Le Voyage dans la lune</em>, un opéra-bouffe-féerie redécouvert récemment grâce aux efforts conjugués de Génération Opéra, du Palazzetto Bru Zane et d’une quinzaine d’institutions lyriques françaises. Servi par une équipe artistique menée de main de maestro par Pierre Dumoussaud, ce <em>Voyage </em>est d’autant plus recommandé qu’il continuera d’occuper l’affiche de nos théâtres l’année prochaine dans une mise en scène de Laurent Pelly – notamment l’Opéra Comique du 24 janvier au 3 février. A compléter évidemment par <a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune">le numéro de l’Avant-Scène Opéra</a> consacré à cet ouvrage lunaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no7.jpg?itok=3HDyJXgQ" style="width: 150px; height: 233px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Hervé Lacombe, </a><em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Histoire de l&rsquo;opéra français &#8211; De la Belle Epoque au monde globalisé</a></em></strong> (Fayard)</p>
<p><em>O Monumento </em>! Dirigée par Hervé Lacombe, le 3<sup>e</sup> volume de l’<em>Histoire de l’opéra français</em> passe au scanner l’opéra en France au XXe siècle et au-delà, qu’il s’agisse du genre en lui-même, de ses nombreux avatars – l’opérette notamment –, de ses théâtres, en Province et à Paris, de son répertoire – arc-bouté sur une centaine d’œuvres et cependant sujet à transformation comme en témoigne la révolution baroque –, de l’évolution de sa représentation avec la primauté accordée à la mise en scène, des thèmes abordés par ses livrets, de sa déclinaison cinématographique et numérique… A compléter nécessairement par les deux premiers volets de cette trilogie monumentale&nbsp;: <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut">Du Roi Soleil à la Révolution</a></em> et&nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france">Du Consulat aux débuts de la IIIe République</a></em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no8.jpg?itok=sKbe7XOK" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/marina-rebeka-voyage-voyage-en-douce">Marina Rebeka, <em>Voyage</em></a> </strong>(Prima Classic)</p>
<p>Lorsqu’elle n’incarne pas les grandes héroïnes du belcanto romantique – Norma, Anna Bolena… –, Marina Rebeka voyage en compagnie de Mathieu Pordoy dans le pays merveilleux de la mélodie française, un genre que l’on ne lasse pas d’explorer tant il compte de joyaux, tels ceux proposés dans cet album par une des voix les plus magnétiques du moment. A compléter absolument par <a href="https://www.forumopera.com/cd/faure-complete-songs-une-somme-en-forme-de-pari-faureen">l’intégrale Fauré de Cyrille Dubois et Tristan Raes</a> chez Aparté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no9.jpg?itok=2ilnCME-" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/benjamin-bernheim-boulevard-des-italiens-le-grand-bleu">Benjamin Bernheim, <em>Boulevard des italiens</em></a> </strong>(DG)</p>
<p>Avec au programme des airs d’opéras composés en français par des musiciens italiens – Spontini, Cherubini, Donizetti, Mascagni, Verdi… – le dernier album de Benjamin Bernheim rappelle l’attraction lyrique exercée par Paris au XIXe siècle. Comme à chaque fois qu’il chante dans notre langue, le ténor y est souverain. A compléter éventuellement par l’enregistrement des <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-abencerages-dispensable-chainon-manquant"><em>Abencérages</em> de Cherubini</a>, un exemple cette fois intégral d’opéra français d’origine italienne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/mondonville_0_0.jpg?itok=9SvEEAVf" style="width: 150px; height: 172px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/jean-joseph-cassanea-de-mondonville-titon-et-laurore-vraiment-baroque">Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville &#8211; Titon et l&rsquo;Aurore</a></strong> (DVD Naxos)</p>
<p><em>Titon et l&rsquo;Aurore </em>dirigé par William Christie et mise en scène par Basil Twist <a href="https://www.forumopera.com/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday">à Paris en 202</a>1 rappelait quel grand compositeur d&rsquo;opéra était Mondonville. Le report du spectacle en DVD le confirme.&nbsp;Reinoud Van Mechelen et&nbsp;Gwendoline Blondeel dans les rôles titres sont épatants. Les&nbsp;jeux de marionnettes se laissent regarder avec plaisir et depuis l&rsquo;enregistrement des Grands Motets en 1997, on connaît les affinités des Arts Florissants avec cette musique. A compléter forcément par le récent <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag"><em>Zoroastre</em> de Rameau chez Alpha</a> avec de nouveau Reinoud Van Mechelen&nbsp;dans le rôle titre.</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL ITALIEN</strong> par Cédric Manuel</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/natale-alla-scala-interno-due-colonne.jpg?itok=UvjjxjOg" style="width: 150px; height: 94px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>ESCAPADE LYRIQUE A MILAN</strong></p>
<p>Pour un cadeau à la fois inattendu et original (mais qui suppose quelques moyens il est vrai), offrez donc des billets pour un spectacle inoubliable à la Scala de Milan, où tout ne se résume pas à la soirée très <em>select </em>de la Saint-Ambroise ! Tenez, par exemple, quoi de mieux que de savourer un Verdi dans la ville où il repose (vous pourrez d&rsquo;ailleurs en profiter pour aller à la Casa di Riposo où se trouve son tombeau) et ça tombe bien : vous pourrez choisir entre <em>I Vespri siciliani </em>en février (avec en alternance Marina Rebeka et Angela Meade) ou bien encore <em>Macbeth </em>en juin (Salsi, Netrebko / Semenchuk)&#8230; Pour la peine, la Scala vous propose des <a href="https://teatroallascala.org/en/box-office/la-scala-as-christmas-gift.html" rel="nofollow">petits kits cadeaux</a>&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/710izs4i3tl._sy450__0.jpg?itok=J4PHunYd" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>&nbsp;Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier</strong>, <em><strong>Insieme </strong></em>(Sony Classical)</p>
<p>Enregistré un peu à l&rsquo;improviste au plus fort de la pandémie, ce disque événement affiche non seulement deux voix d&rsquo;exception, mais aussi une réelle complicité artistique et humaine à laquelle se joint avec un sens du théâtre qui dit tout de son art, un Antonio Pappano qui couve les deux chanteurs du luxueux tapis de l&rsquo;Académie Sainte-Cécile. Un disque d&rsquo;âge d&rsquo;or, comme nous le disions à sortie !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/sardelli_couv-i-1-pdf_0.jpg?itok=PAlkIM-K" style="width: 150px; height: 242px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"></p>
<p><strong>Federico Maria Sardelli</strong>, <em><strong>L&rsquo;Affaire Vivaldi</strong></em> (Van Dieren)</p>
<p>Mieux qu&rsquo;un casque de réalité virtuelle, une plongée dans le Metavers ou n&rsquo;importe quelle réalité augmentée, le livre de l&rsquo;éminent vivaldien Federico Maria Sardelli vous donnera le sentiment d&rsquo;être immergés dans le coeur de l&rsquo;Italie baroque, autour de la vie mystérieuse et trépidante du Prêtre roux. Un livre érudit, vigoureux, théâtral, en un mot un trésor qui ne déparera pas au bas du sapin !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/i-capuleti-e-i-montecchi_0.png?itok=cAwdudsz" style="width: 150px; height: 223px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Vincenzo Bellini</strong>, <em><strong>I Capuletti e i Montecchi</strong></em> (DVD Naxos)</p>
<p>Nul besoin d&rsquo;aller dans les maisons d&rsquo;opéras qui tiennent le haut du pavé lyrique pour trouver des bijoux, ni de courir après les divas à la mode. Cela n&#8217;empêche ni les superbes écrins (ici La Fenice), ni les mises en scène de grande classe (ici l&rsquo;approche picturale d&rsquo;Arnaud Bernard), ni les voix de premier ordre (ici Jessica Pratt, Sonia Ganassi), ni un orchestre qui, sans être celui de la Scala, sert parfaitement l&rsquo;oeuvre de Bellini sous la baguette alerte d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/norma_7.jpg?itok=odKgbJuy" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Guy Delvaux, Antonio Ferrara,</strong> <em><strong>Norma </strong></em>(Si l&rsquo;opéra m&rsquo;était dessiné&#8230;, Kifadassé)</p>
<p>Et si pour amadouer votre enfant rétif (ou rétive) à l&rsquo;opéra, vous commenciez par lui offrir une bande dessinée ? Le 9e art regorge de ressources et ne cesse de surprendre par son foisonnement. Sortie voici un an, cette <em>Norma</em> sur un texte -très fidèle au livret de Romani- de Guy Delvaux et des dessins remarquables d&rsquo;Antonio Ferrara, est le troisième tome d&rsquo;une série initiée avec <em>Thaïs</em>, puis <em>Alcina</em>. Admirable travail luxueusement présenté, il suffit d&rsquo;en accompagner la lecture par un enregistrement du niveau approprié : pourquoi pas ceux de Callas, si brillamment remasterisés il y a quelques années ? Un cadeau qui en appelle un autre ? Décidément, c&rsquo;est Noël ! Buon Natale, quindi !</p>
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		<title>Lieder de Berg, Schumann, Wolf, Chostakovitch, Brahms &#8211; Goerne, Trifonov</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lieder-de-berg-schumann-wolf-chostakovitch-brahms-goerne-trifonov-res-severa-verum-gaudium/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Oct 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut une certain dose de courage pour débuter un album de récital, qui plus est pour un major du disque, avec l&#8217;opus 2 de Berg. L&#8217;incertitude tonale y est déjà la règle, l&#8217;ambiance angoissante au possible, et le thème des poèmes (le sommeil) n&#8217;est pas du genre à fédérer un large public. Voilà 25 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut une certain dose de courage pour débuter un album de récital, qui plus est pour un major du disque, avec <em>l&rsquo;opus 2</em> de Berg. L&rsquo;incertitude tonale y est déjà la règle, l&rsquo;ambiance angoissante au possible, et le thème des poèmes (le sommeil) n&rsquo;est pas du genre à fédérer un large public. Voilà 25 ans que <strong>Matthias Goerne </strong>a éclos sur la scène internationale, avec son Papageno de Salzbourg et son album Schumann enregistré avec Vladimir Ashkenazy chez Decca, et ce choix confirme ce que nous savions de lui : il est l&rsquo;homme qui refuse toute compromission artistique, avançant d&rsquo;un pas ferme vers son idéal, indifférent aux modes et au succès. Qu&rsquo;il commence son troisième album chez Deutsche Grammophon avec un compositeur de la seconde école de Vienne n&rsquo;a rien de surprenant, surtout qu&rsquo;il excelle à faire ressortir le lyrisme qui se cache derrière l&rsquo;aridité de l&rsquo;écriture bergienne, et qui s&rsquo;incarne avec autorité dans cette voix de bronze, dont rien ne peut altérer l&rsquo;émail sombre. D&#8217;emblée, <strong>Daniil Trifonov</strong> s&rsquo;affirme comme un partenaire à part entière. C&rsquo;est que le Lied chez Berg requiert deux musiciens à égalité de talent, et le pianiste excelle à poser les rares jalons qui permettront à l&rsquo;auditeur de ne pas se noyer complètement dans ce brouillard harmonique et mélodique, si plein de charme.</p>
<p>Nous le disions en ouverture, c&rsquo;est Schumann qui a marqué les débuts de Matthias Goerne au disque. Plus de deux décennies après son premier <em>Dichterliebe</em>, Goerne revient à l&rsquo;œuvre avec, si c&rsquo;est possible, encore plus de concentration, de profondeur et de sens de la rhétorique. Les moyens sont toujours aussi amples, mais la façon de creuser le sillon expressif est enrichie par des années de carrière et la fréquentation de l&rsquo;opéra, dont la théatralité revient par exemple dans un « Ich grolle nicht » à faire trembler les murs. Non, le Lied chez Schumann n&rsquo;est pas que tristesse pâmée ; toutes les émotions viriles y ont leur place, et Goerne l&rsquo;a magnifiquement compris. A nouveau, c&rsquo;est plaisir d&rsquo;entendre un virtuose de la trempe de Trifonov s&rsquo;attaquer aux parties de piano. Il n&rsquo;est certes pas le premier parmi les maitres du clavier à accepter ce rôle d&rsquo;accompagnateur, mais son rubato et la variété de son toucher font merveille. A plusieurs moments, on sent que c&rsquo;est lui qui inspire au chanteur ses nouvelles idées.</p>
<p>Les <em>Michelangelo-Lieder</em> de Wolf sont parfaits, que ce soit au niveau du style, de l&rsquo;expression ou de l&rsquo;accompagnement. Mais nous avouerons ne pas y trouver le meilleur du compositeur, qui se montre un peu paralysé par le sérieux de l&rsquo;enjeu, et loin de la mobilité offerte dans ses cycles italien ou espagnol. Chostakovitch constitue, sauf erreur, la premiere incursion de Goerne dans le répertoire russe. Les conseils de Trifonov ont sans doute été précieux pour pénétrer l&rsquo;esprit de ces pièces, si éloignées du romantisme allemand qui est le pain quotidien du baryton. Seuls trois morceaux ont été sélectionnées :  <em>Dante</em>, <em>La Mort</em> et <em>La Nuit</em>. L&rsquo;auditeur russophone trouvera sans doute à redire à la prononciation, mais la désolation d&rsquo;un artiste au soir de sa vie, qui se rend compte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas parvenu à atteindre son idéal, est rendue avec un réalisme cru.</p>
<p>On a gardé le meilleur pour la fin, avec les <em>Vier Ernste</em> Lieder de Brahms, qui marqueront durablement une discographie pourtant abondante. Dans ces <em>ultima verba</em> du compositeur, Matthias Goerne a trouvé son terrain d&rsquo;élection. Il choisit de faire ressortir la parenté musicale et spirituelle avec le Requiem allemand, écrit 30 ans plus tôt, et d&rsquo;accentuer le réconfort que Brahms reçoit à l&rsquo;approche de la mort. Loin des interprètes qui ont voulu mettre en évidence l&rsquo;amertume de ces pages, la plus célèbre étant Kathleen Ferrier. Tout le moelleux que peut donner le chanteur, et Dieu sait s&rsquo;il en a, fleurit dans une sorte de bel canto germanique, qui confère à « O Tod, wie bitter » l&rsquo;allure d&rsquo;une berceuse rien moins que funèbre ; ce sont les portes du ciel qui s&rsquo;ouvrent, ou en tous cas un anéantissement bienheureux qui s&rsquo;annonce. « Denn es gehet » et « Ich wandte mich » réjouissent par la variété de leurs climats, tandis que « Wenn ich mit Menschen » est un baisser de rideau saisissant, qui nous laisse à la fois éberlué et serein. Oui, mille fois oui, Goerne et Trifonov ont eu raison de suivre leur voie artistique et de choisir un programme qui, s&rsquo;il est difficile, récompense l&rsquo;auditeur de la plus belle des façons. Sénèque avait raison : « Une chose sérieuse est une vraie joie. »</p>
<p> </p>
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		<title>Goerne/Trifonov : Récital (Philharmonie) — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/goernetrifonov-recital-philharmonie-paris-philharmonie-au-dela-du-style/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jun 2022 15:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fédérer un public parisien autour d&#8217;un programme consacré à la finitude n&#8217;est pas donné à tout le monde, à moins de s&#8217;appeler Matthias Goerne, et de se produire avec Daniil Trifonov. Faisant écho à la récente sortie d&#8217;un album commun, les deux artistes offraient au public de la Philharmonie de Paris un programme exigeant mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fédérer un public parisien autour d&rsquo;un programme consacré à la finitude n&rsquo;est pas donné à tout le monde, à moins de s&rsquo;appeler <strong>Matthias Goerne</strong>, et de se produire avec <strong>Daniil Trifonov</strong>. Faisant écho à la récente sortie d&rsquo;un album commun, les deux artistes offraient au public de la Philharmonie de Paris un programme exigeant mais subtilement choisi.</p>
<p>Celui-ci s&rsquo;articule comme une boucle dont le trajet partirait de l&rsquo;amour et de ses déceptions (Berg et Schumann), virant à la résignation face à la mort (Wolf et Chostakovitch), pour finalement mieux l&rsquo;accepter et se réconcilier grâce à l&rsquo;amour (Brahms). Mais la cohérence n&rsquo;est pas que sur le papier : en enchaînant l&rsquo;entièreté du programme, les deux musiciens en soulignent les correspondances musicales profondes.</p>
<p>La palette choisie pour cette soirée est un éloge de l&rsquo;ombre à elle seule : ce que l&rsquo;on perdrait en clarté et en univocité, on le gagne en ambivalence, en demi-teintes et en suggestions. L&rsquo;approche est imparable dans le répertoire plus tardif. Les souplesses de tempo et de dynamique font merveille chez Wolf et Berg, et révèlent un Chostakovitch plus lyrique et emporté qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée. Brahms est chanté avec un peu plus de retenue (<em>Chants sérieux</em> obligent), mais n&rsquo;en est pas moins vibrant et inspiré. Vocalement, Matthias Goerne joue ici sur du velours, profitant de chaque inflexion du discours pour proposer une couleur vocale toujours juste, qu&rsquo;elle soit éclatante ou retenue à l&rsquo;extrême. A ce titre, il faut saluer le jeu alerte et attentif de Daniil Trifonov. Une belle émulation semble se produire entre les deux artistes, et elle est pour beaucoup dans la réussite de ce programme.</p>
<p>On se demande encore si cette palette convient tout aussi bien aux <em>Dichterliebe</em>. Les tempi extensibles et nuances contre la partition ne sont pas gênants a priori, mais ils semblent mettre notre chanteur en danger, en l&rsquo;obligeant à écourter les phrases et à fragmenter la ligne vocale. Le jeu de Trifonov est plus ramassé, très près du clavier, et très maîtrisé, au risque de passer parfois pour éteint.</p>
<p>On comprend aussi bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas tant d&rsquo;un écart de style que d&rsquo;une adaptation du cycle au reste du programme. Suggérer par l&rsquo;interprétation que les œuvres sont écrites parfois à plus d&rsquo;un siècle les unes des autres n&rsquo;est pas l&rsquo;intention de nos deux musiciens. Dès lors, comment leur en vouloir, si le propos artistique est sincère ?</p>
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