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	<title>Lucia VALENTINI TERRANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Lucia VALENTINI TERRANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>150 nuances de Rossini</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 10:27:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop souvent réduit à son Barbier de Séville, certes génial, mais impuissant à traduire toutes les facettes d’un génie multiple, Gioachino Rossini est disparu il y aura 150 ans tout rond le 13 novembre. Il faudrait un ouvrage de plusieurs centaines de pages (qui en français reste à écrire) pour raconter celui que l’on appelle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Trop souvent réduit à son <em>Barbier de Séville</em>, certes génial, mais impuissant à traduire toutes les facettes d’un génie multiple, Gioachino Rossini est disparu il y aura 150 ans tout rond le 13 novembre. Il faudrait un ouvrage de plusieurs centaines de pages (qui en français reste à écrire) pour raconter celui que l’on appelle le Cygne de Pesaro contre son gré (le « Cynge » corrigeait-il) : sa vie, son œuvre, ses interprètes – obligatoirement formés à l’exercice si spécifique de son chant –, son esprit… A défaut, pour que le compte soit bon, voici 150 (15 fois 10) points qui veulent aider à mieux connaître un compositeur injustement minimisé aujourd’hui, en France particulièrement. Une précision avant de passer à table – métaphore imposée par la gourmandise légendaire de Rossini –, cette liste ne saurait (et ne pourrait) être exhaustive. Il y a inévitablement des trous dans le gruyère, certains involontaires, d’autres non. Bon appétit !</strong></p>
<hr />
<p>Rossini en&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini1.jpg?itok=EDAq07gt" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>I &#8211; …10 dates</strong></p>
<p> 1. <strong>1792</strong> : naissance à Pesaro un 29 février – ça ne s’invente pas –  de Gioachino Antonio Rossini, fils d’Anna Guidarini, elle-même fille d’un boulanger, et de Giuseppe Rossini, inspecteur de boucherie, trompette de la ville (<em>tubatore</em>) et fervent partisan de la Révolution française.</p>
<p> 2. <strong>1804</strong> : installation à Boulogne et poursuite de la formation musicale de Gioachino au Liceo musicale. On le surnomme <em>Il Tedeschino</em> (« Le petit Allemand ») en raison de son goût pour une orchestration foisonnante.</p>
<p> 3. <strong>1810</strong> : création avec succès à Venise de <em>La Cambiale di Matrimonio</em>, première d’une série de farces comiques appelées à développer la notoriété de Rossini.</p>
<p> 4. <strong>1813</strong> : création de <em>Tancredi</em>, considéré comme son premier <em>opera seria</em>, suivi quelques mois plus tard de <em>L’italiana in Algeri</em>. Rossini devient le compositeur le plus en vue de l’Italie.</p>
<p> 5. <strong>1815</strong> : l’impresario <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/domenico-barbaja-le-garcon-de-cafe-devenu-le-napoleon-des-impresarios"><u>Dominico Barbaja</u></a> invite Rossini à Naples. Là il rencontre celle qui deviendra sa muse puis son épouse, Isabella Colbran. S’ensuit une période d’une fécondité exceptionnelle dominée par la composition des neuf opéras dits napolitains : <em>Elisabetta Regina d’Inghilterra </em>(1815), <em>Otello </em>(1816), <em>Armida</em> (1817) <em>Ricciardo e Zoraide</em> (1818), <em>Mosè in Egitto</em> (1818), <em>Ermione</em> (1819), <em>La Donna del lago </em>(1819), <em>Maometto II</em> (1820), <em>Zelmira</em> (1822)</p>
<p> 6. <strong>1816 </strong>: création du <em>Barbiere di Siviglia</em> à Rome. Après une première houleuse, l’œuvre connaît un succès triomphal qui ne s’est jamais démenti depuis, au point de faire de l’ombre à ses autres opéras. </p>
<p> 7. <strong>1824</strong> : départ à Paris. Rossini devient directeur de la musique et de la scène du Théâtre-Italien. Une forme de consécration internationale dans une ville alors considérée comme le phare du monde lyrique. </p>
<p> 8. <strong>1829</strong> : création de <em>Guillaume Tell</em>, dernier opéra composé par Rossini. On s’interroge encore sur les raisons de ce retrait de la scène alors que le compositeur était au sommet de sa gloire et qu’il lui restait près de 40 ans à vivre.</p>
<p> 9. <strong>1868</strong> : mort à Passy et inhumation au Père-Lachaise. Sa dépouille sera transférée à Florence à Santa Croce (le Panthéon italien) en 1887.</p>
<p>10. <strong>1980</strong> : création du Rossini Opera Festival (ROF), fer de lance de la « Rossini renaissance » amorcée peu d’années auparavant alors que la musique du compositeur italien n’était pratiquement plus jouée faute d’interprètes capables d’en maîtriser les difficultés et les subtilités </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini2.jpg?itok=EDZscE9i" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>II &#8211; …10 villes</strong></p>
<p> 1. <strong>Pesaro</strong> : l’alpha et l’oméga des villes rossiniennes. C’est là que tout commence en 1792 avec la naissance du petit Gioachino Antonio ; c’est là que l’aventure se poursuit aujourd’hui avec chaque été depuis 1980 une académie de chant et un festival entièrement consacrés à la musique de celui que l’on surnomme de fait « Le Cygne de Pesaro »</p>
<p> 2. <strong>Bologne</strong> : la rouge, la grasse comme aiment à la qualifier les italiens. Rossini usa ses fonds de culotte sur les bancs de son liceo musicale avant d’y retourner vivre 26 Strada Maggiore dans un palais dont il aurait dessiné les plans et sur lequel il fit inscrire « <em>Ce n’est pas la maison qui fait le maître mais le maître qui fait la maison</em> ».</p>
<p> 3. <strong>Venise</strong> : la ville des premiers succès de Rossini. Le San Moise offre un format idéal et populaire aux farces en un acte dans lesquels le compositeur excelle. La mèche allumée au début des années 1810, se transforme en bouquet final en 1823 avec la création à La Fenice de <em>Semiramide</em>, crépuscule flamboyant de l’opéra <em>seria</em>.</p>
<p> 4. <strong>Milan</strong> : Etape lyrique déjà incontournable, Rossini s’y taille une large tranche de succès dès 1812 avec <em>La pietra del paragone</em>. Il y retournera à plusieurs reprises sans forcément renouveler l’exploit, exception faite de <em>La gazza ladra</em> en 1817.</p>
<p> 5. <strong>Naples</strong> : au début du 19e siècle, lieu de rencontre des meilleurs musiciens de la péninsule. Rossini y trouve toutes les conditions artistiques requises pour donner libre cours à son exceptionnelle créativité.</p>
<p> 6. <strong>Rome</strong> : Autre haut lieu de création rossinienne dont <em>Il Barbiere di Siviglia </em>en 1816 et, plus intéressants selon nous, ces autres chefs d’œuvres que sont <em>La Cenerentola</em> (1817) et <em>Matilde di Shabran</em> (1821).</p>
<p> 7. <strong>Vienne</strong> : capitale de l’Empire d’Autriche dont Rossini dans sa conquête de l’Europe musicale s’empare en un seul festival organisé par son imprésario napolitain Dominico Barbaja au Kärntnertortheater en 1822, non sans susciter certaines jalousies.</p>
<p> 8. <strong>Londres</strong> : Lieu de villégiature de Rossini en 1824. Le compositeur dirige au King’s Theater pour la dernière fois Isabella Colbran dans <em>Zelmira</em>, donne des leçons de piano et, fêté de tous, chante en duo avec le roi Georges IV.</p>
<p> 9. <strong>Paris</strong> : Dernière citadelle sur le chemin de la gloire, conquise en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Après avoir composé un ouvrage pour célébrer le sacre de Charles X – <em>Il viaggio à Reims</em> – et adapté en français plusieurs de ses œuvres italiennes, Rossini ajoute à son catalogue un ultime opéra en 1829 – <em>Guillaume Tell</em> – et décide de prendre à 37 ans une retraite restée énigmatique. Il meurt dans sa villa de Passy, située à l’emplacement aujourd’hui du 2 avenue Ingres près du jardin du Ranelagh.</p>
<p>10. <strong>Bad Wildbad</strong> : station thermale allemande devenu en 1989 festival rossinien au motif que Rossini y séjourna en 1856 et que ce séjour le stimula suffisamment pour qu’il se remette à composer, notamment son dernier chef d’œuvre la <em>Petite messe solennelle</em>. Bonne alternative au ROF. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini3.jpg?itok=ROeIRcZf" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>III &#8211; …10 femmes et hommes célèbres </strong></p>
<p> 1.<strong> Shakespeare</strong> (1564-1616) : un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains anglais. Rossini mit en musique une adaptation de son <em>Otello</em> après avoir envisagé un instant <em>Hamlet</em>.  </p>
<p> 2.<strong> Charles X</strong> (1757-1836) : dernier roi de France dont le couronnement à Reims en 1825 servit de prétexte au dernier opéra <em>buffa</em> en italien de Rossini, <em>Il viaggio a Reims</em>, partition perdue puis reconstituée et triomphalement recréée en 1984 à Pesaro</p>
<p> 3. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/domenico-barbaja-le-garcon-de-cafe-devenu-le-napoleon-des-impresarios"><u>Domenico Barbaja</u></a></strong> (1777-1841) : impresario italien doué d’un flair de limier et d’un sens affûté des affaires. Rossini lui doit son engagement napolitain, une partie de sa fortune et sa rencontre avec Isabella Colbran, qui quitta Barbaja dont elle était la maîtresse pour l’épouser. </p>
<p> 4.<strong> Stendhal</strong> (1783-1842) : le fan le plus célèbre de Rossini, au point d’écrire une biographie du compositeur de son vivant – <em>Vie de Rossini</em> – considérée comme un de ses meilleurs livres.</p>
<p> 5.<strong> Castil-Blaze</strong> (1784-1857) : musicographe, critique musical, compositeur et éditeur, ami et admirateur de Rossini dont il adapta <em>Il barbiere di Siviglia</em> en français et en l’honneur duquel il organisa en 1823 une soirée à Paris restée dans les annales. </p>
<p> 6.<strong> Olympe Pélissier</strong> (1799-1878) : modèle du peintre Horace Vernet et maîtresse d’Honoré de Balzac avant de devenir en 1846 la seconde femme de Gioachino Rossini et l’usufruitière de son héritage légué à la commune de Pesaro.</p>
<p> 7.<strong> Tullio Serafin</strong> (1878-1968) : chef d’orchestre italien et un des pionniers de la « Rossini renaissance ». Découvreur de grands chanteurs, dont Maria Callas pour laquelle il monte une Armida désormais légendaire au Mai Musical florentin, le dernier opéra qu’il dirige à Rome en 1962 est <em>Otello </em>– de Rossini bien sûr. .</p>
<p> 8.<strong> Vittorio Gui</strong> (1885-1975) : autre chef d’orchestre italien et autre pionnier de la « Rossini Renaissance ». Il a légué une telle quantité de documents à la fondation Rossini de Pesaro qu’un fonds porte son nom.</p>
<p> 9.<strong> Alberto Zedda</strong> (1928-2017) : chef d’orchestre italien. Fondateur en 1980 puis directeur du Rossini Opera Festival. On lui doit en collaboration avec Philip Gossett la révision et l’édition critique complète des opéras de Rossini. Ses enregistrements se posent aussi souvent en référence.</p>
<p>10.<strong> Philip Gosset</strong> (1941-2017) : musicologue et historien américain dont l&rsquo;essentiel de la carrière a été consacré aux recherches destinées à la préparation de l&rsquo;édition critique intégrale des opéras de Rossini – et de Verdi, ce qui a suscité de la part du <em>Newsday</em> ce commentaire : « <em>certains panégyristes prétendent que la soprano Maria Callas a fait autant pour l&rsquo;opéra italien qu&rsquo;Arturo Toscanini ou Verdi. Le musicologue Philip Gossett a sans doute fait autant pour l&rsquo;opéra italien que n&rsquo;importe lequel de ces génies</em> »</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini4.jpg?itok=D3gMcGKK" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>IV &#8211; …10 ténors</strong></p>
<p> 1.<strong> Manuel Garcia</strong> (Espagne, 1775-1832) : baryton et ténor, chanteur et compositeur, créateur du rôle d’Almaviva dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> et cause involontaire de la chute de l’opéra le soir de la première, père de Maria Malibran et de Pauline Viardot, professeur et auteur via son fils d’une méthode de chant appelée à faire référence</p>
<p> 2.<strong> Andrea Nozzari </strong>(Italie, 1776-1832) : <em>bariténore</em>, créateur d’Otello, Rodrigo dans <em>La donna del lago</em> et de quelques autres, élève de Giacomo David à Bergame avant de devenir vingt ans après à Naples le partenaire attitré de son fils Giovanni. Capable du cantabile le plus suave comme du canto <em>fiorito di forza</em> le plus héroïque, Nozzari dotait chacun de ses rôles d’une complexité psychologique, appréciable compte tenu de la simplicité de certains livrets.</p>
<p> 3.<strong> Giovanni David</strong> (Italie, 1790-1864) : <em>contraltino</em>, créateur de Rodrigo dans Otello, Uberto dans <em>La donna del lago</em> et de quelques autres. Adepte du chant fleuri et à cet effet, doué d’une étendue et d’une souplesse hors du commun, mais cependant expressid, David fonctionnait généralement en binôme avec Nozzari dans les opéras napolitains de Rossini.</p>
<p> 4.<strong> Adolphe Nourrit </strong>(France, 1802-1839) : un des plus grands ténors de l’Opéra  de Paris, créateur du Comte Ory et d’Arnold dans <em>Guillaume Tell</em>. Technique solide, musicalité naturelle et acteur né : toutes les fées s’étaient penchées sur son berceau de chanteur ce qui ne l’empêcha pas de se défenestrer pour une question de contre-ut.</p>
<p> 5.<strong> Ernesto Palacio</strong> (Pérou, 1946) : un des pionniers de la « Rossini renaissance » dont la voix légère et souple a su s’adapter bon an mal an aux contraintes du chant rossinien. Il fut dans une 2<sup>e</sup> partie de carrière professeur de chant et imprésario, notamment de Daniela Barcellona et Juan Diego Flórez, avant de devenir surintendant du ROF en 2017.</p>
<p> 6.<strong> Rockwell Blake</strong> (USA, 1951) : pas le plus beau timbre du monde mais une technique inégalée doublée d’un ambitus vertigineux et d’une réserve de souffle à décorner des bœufs. Incontournable dans les rôles de <em>contraltino</em> écrits à l’intention de Giovanni David, ses dernières apparitions scéniques remontent à 2005.</p>
<p> 7.<strong> Chris Merritt</strong> (USA, 1952) : l’équivalent de Rockwell Blake dans le registre de <em>baritenore</em>. Là encore, une étendue phénoménale, une agilité à toute épreuve, au détriment parfois de la justesse, et une émission féroce, bienvenues pour s’approprier l’ensemble des rôles conçus initialement à la mesure gigantesque d’Andrea Nozzari.</p>
<p> 8. <strong>Gregory Kunde</strong> (USA, 1954) : ténor pluriel et, en ce qui concerne le chant rossinien, <em>contraltino</em> dans un premier temps – émission haute, suraigu imparable, facilité à ornementer –, reconverti avec la même pertinence en <em>baritenore</em> dans le courant des années 2000. Désormais, aux portes de la légende, ne serait-ce que par sa pluralité, sa présence scénique, son intelligence belcantiste et son extraordinaire longévité.</p>
<p> 9.<strong> Juan-Diego Flórez</strong> (Pérou, 1973) : un des fleurons du chant rossinien, <em>contraltino</em> type dont la renommée, établie sur la combinaison idéale d’un timbre suave, d’une musicalité rare et d’aigus percutants, va au-delà des frontières belcantistes. Malgré des incursions – plus ou moins concluantes – dans d’autres répertoires, sa fidélité au ROF depuis plus de 20 ans mérite une place d’honneur dans notre sélection.</p>
<p>10.<strong> Michael Spyres</strong> (USA, 1979) : phénomène vocal comme il n’en existe qu’un par siècle. Réincarnation du <em>baritenore</em> et dans un autre genre du ténor romantique, la combinaison idéale de Nozzari et Nourrit en quelque sorte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini5.jpg?itok=Q0EyNgmJ" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>V &#8211; …10 sopranos</strong></p>
<p> 1.<strong> Isabella Colbran </strong>(Espagne, 1785-1845) : l’égérie, la muse, la maîtresse, l’épouse, la soprano à la tessiture énigmatique pour laquelle Rossini composa un grand nombre de rôles dont Semiramide – son chant du cygne. A la fin de sa vie, alors qu’ils étaient officiellement séparés depuis 1837, le compositeur, à qui l’on demandait quelle avait été selon lui la plus grande cantatrice, répondait sans l’ombre d’une hésitation : « Isabella Colbran ».</p>
<p> 2. <strong>Giuditta Pasta</strong> (Italie, 1797-1865) : la première diva romantique dont la voix ambiguë se prêtait idéalement aux rôles écrits pour Isabella Colbran. Tout en inspirant Donizetti (Anna Bolena) et Bellini (Beatrice di Tenda, Amina dans <em>La Sonnambula</em>, Norma, ), elle continua de porter haut le flambeau de l’opéra rossinien.</p>
<p> 3<strong> Maria Callas</strong> (USA, 1923-1977) : Rosina (<em>Il barbiere di Siviglia</em>), Fiorilla (<em>Il turco in italia</em>) et surtout Armida en 1952 à Florence : En trois rôles, Maria Callas montrait qu’elle avait tout compris alors même que le chant rossinien était un langage disparu depuis plusieurs décennies. Réincarnation de Giuditta Pasta ? Génie, tout simplement.</p>
<p> 4.<strong> Anita Cerquetti</strong> (Italie, 1931-2014) : encore une météorite à une époque où il était trop tôt pour parler de « Rossini renaissance ». Mathilde dans <em>Guillaume Tell </em>et surtout Anaide en 1956 à Rome dans <em>Mosé</em>, transfuge apocryphe de <em>Moise et Pharaon</em>, furent hissées à des sommets inégalés par cette voix altière de grand soprano dont la grandeur dramatique n’excluait pas l’agilité.</p>
<p> 5.<strong> Montserrat Caballe</strong> (Espagne, 1933-2018) : sacrée reine du bel canto d’un coup d’un seul après avoir remplacé avec succès en 1965 à New York Marylin Horne dans <em>Lucrezia Borgia</em>, Montserrat Caballe eut à cœur de prêter sa voix d’or et ses légendaires pianissimi aux héroïnes rossiniennes, parmi lesquelles en premier lieu Ermione à Pesaro et Semiramide à Aix-en-Provence.</p>
<p> 6.<strong> Mariella Devia</strong> (Italie 1948) : dernière des belcantistes, si l’on en croit la <em>vox populi</em>, la voix de Mariella Devia, d’essence légère, la prédisposait moins à Rossini qu’à Donizetti et Bellini. Elle n’en reste pas moins une Adélaide di Borgogna, une Fiorilla du <em>Turco in italia</em>, une Adèle du <em>Comte Ory</em> de référence ou, dans un répertoire moins couru – celui des cantates profanes –, une exceptionnelle Didone.</p>
<p> 7.<strong> June Anderson</strong> (USA, 1952) : Paris se souvient de son interprétation d’Isabelle dans <em>Robert le Diable</em> sur la scène du Palais Garnier en 1985 mais June Anderson fut aussi le porte-drapeau rossinien de sa génération. La noblesse de la ligne, la souplesse de la vocalise et l’aisance dans le suraigu ont immortalisé ses interprétations de Semiramide, d’Elena (La donna del lago) ou encore d’Armida.</p>
<p> 8.<strong> Annick Massis</strong> (France, 1958) : <em>la Francesa</em> de la sélection et, de par sa nationalité, son agilité et sa science du chant, une Folleville du <em>Viaggio a Reims</em> et une Adèle du Comte Ory inévitables, entre autres grands rôles rossiniens parmi lesquels on compte aussi Mathilde de <em>Guillaume Tell</em>, Rosina du <em>Barbier de Séville</em> dans sa version colorature et Amenaide dans <em>Tancredi</em>. On lui doit aussi d’avoir été la première à remettre la rare Matilde di Shabran sur le podium, à Pesaro puis au disque.</p>
<p> 9.<strong> Cecilia Gasdia</strong> (Italie, 1960) : rossinienne au disque d’abord où, en l’absence de compétition, il lui revint de résoudre tant bien que mal l’énigme Colbran – une des pierres d’achoppement du chant rossinien. Elle dirige à présent les Arènes de Vérone.</p>
<p>10.<strong> Olga Peretyatko</strong> (Russie, 1980) : remarquée par Alberto Zedda lors de son passage à l’Accademia Rossiniana en 2006, elle est invitée dès l’année suivante à chanter Desdemona dans <em>Otello</em>, un rôle « Colbran » étranger à sa vocalité naturelle mais défendu avec tant de fraîcheur qu’elle finit par avoir son rond de serviette à Pesaro. Depuis les soubresauts de la vie l’ont conduit sur d’autres chemins mais Rossini reste sa clef de voute.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini6.jpg?itok=LsHLJyey" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VI &#8211; …10 mezzo-sopranos et contraltos</strong></p>
<p> 1.<strong> Maria Marcolini </strong>(Italie, 1780-1855) : première muse de Rossini et première Italienne à Alger mais aussi créatrice d’Ernestina dans <em>L’Equivoquo stravagante</em> et de Ciro dans <em>Ciro in Babilonia</em>, des rôles dont la virtuosité en dit long sur les capacités de cette authentique voix de contralto, réputée aussi pour ses talents de comédienne.</p>
<p> 2.<strong> Rosmunda Pisaroni </strong>(Italie, 1793-1872) : élève de célèbres castrats dont elle perpétua le style, Rossini, qui lui avait conseillé d’abandonner la tessiture de soprano pour celle de contralto, ne lui confia dans un premier temps que des rôles secondaires (Zomira dans <em>Ricciardo e Zoraide</em>, Andromaca dans <em>Ermione</em>) avant de concevoir à son intention Malcom dans <em>La donna del lago</em>. L’ampleur et la puissance exceptionnelle de son registre grave lui valurent un succès retentissant en Arsace dans <em>Semiramide</em> à Paris, en dépit d’un visage défiguré par la petite vérole.</p>
<p> 3. <strong>Maria Malibran</strong> (France, 1808-1836) : l’archétype de la diva, fille et élève de Manuel Garcia qui lui transmit une technique imparable, dotée d’une voix de mezzo d’une étendue prodigieuse, du sol grave au contre-mi, elle fut une interprète acclamée de Desdemona mais aussi d’Otello, entre autres opéras de Rossini qui pourtant lui préférait sa sœur cadette, Pauline Viardot.</p>
<p> 4. <strong>Giulietta Simionato</strong> (Italie, 1910-2010) : une des plus grandes cantatrices italiennes après-guerre, internationalement renommée dans les rôles de mezzo verdiens. Elle participa aux balbutiements de la « Rossini Renaissance » en chantant Isabella de <em>L&rsquo;italiana in Algeri</em>, Rosina dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> et Cenerentola.</p>
<p> 5.<strong> Marylin Horne</strong> (USA, 1934) : figure de proue de la « Rossini Renaissance », sa rencontre avec Joan Sutherland lui ouvre les portes du répertoire rossinien dans lequel elle s’ébat avec une virtuosité confondante. Si son interprétation d’Arsace dans <em>Semiramide</em>, de Malcom dans <em>La donna del lago</em> ou d’Isabella dans <em>L’italiana in Algeri</em> font référence, Tancredi demeure son rôle fétiche. </p>
<p> 6.<strong> Lucia Valentini Terrani</strong> (Italie, 1946-1998) : après avoir triomphé au Concours International des voix Rossiniennes organisé par la RAI en 1972, Lucia Valentini Terrani ajoute un par un à son répertoire tous les grands rôles de mezzo-soprano des opéras de Rossini. En 1982, elle fait ses débuts à Pesaro avec <em>Tancrède</em>, participe en 1984 à la re-création mondiale d’<em>Il viaggio a Reims </em>et l’année suivant à celle de <em>Maometto II</em>.</p>
<p> 7.<strong> Ewa Podles </strong>(Pologne, 1952) : contralto revendiqué avec, de son propre aveu, un registre grave de poitrine qui sonne comme celui d’un baryton alors que le registre aigu, en voix de tête, est celui d’un soprano. Le pouvoir expressif de sa voix, sa capacité à ornementer et un ambitus de trois octaves caractérisent cette force de la nature rossinienne applaudie avec fureur en Ciro à Pesaro en 2012 et en 2015. </p>
<p>8.<strong> Cecilia Bartoli</strong> (Italie, 1966) : s’il n’est pas certain que la voix de Cecilia Bartoli soit d’abord rossinienne, son goût de l’ornementation et sa technique lui ont autorisé de fréquentes incursions dans les opéras de Rossini, y compris dans le répertoire « Colbran » – Desdemona (<em>Otello</em>). L’intégrale de ses enregistrements rossiniens, réuni en un coffret à l’occasion du 150<sup>e</sup> anniversaire de la mort du compositeur, rassemble tout de même 15 CD et 6 DVD .</p>
<p> 9.<strong> Daniela Barcellona</strong> (Italie, 1969) : c’est après avoir interprété le rôle-titre de Tancredi à Pesaro en 1999 que la carrière de Daniela Barcellona prend une envergure internationale. Elle est aujourd’hui invité sur toutes les scènes internationales dès qu’il s’agit de chanter un des grands travestis de Rossini.</p>
<p>10.<strong> Karine Deshayes</strong> (France, 1972) : née pour chanter Rossini dès sa victoire au concours Voix nouvelles en 2002 qu’elle conquiert haut la main avec le rondo de <em>La Cenerentola</em>, Karine Deshayes a depuis usé d’une tessiture ambiguë entre mezzo-soprano et soprano pour se frotter aux impossibles rôles « Colbran » – Armida, Semiramide – dont elle est aujourd’hui une des interprètes les plus plausibles.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini7.jpg?itok=n7TypFHW" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VII &#8211; …10 barytons et basses</strong></p>
<p> 1. <strong>Filippo Galli </strong>(Italie, 1783-1853) : ténor de second plan avant de se reconvertir en basse et de rencontrer en 1812 Rossini qui écrit à son intention pratiquement tous ses grands rôles de basse à commencer par Mustafa dans <em>L’Italiana in Algeri</em> et Assur dans Semiramide.</p>
<p> 2.<strong> Nicola Rossi-Lemeni</strong> (Italie, 1920-1991) : un des principaux chanteurs italiens de l’après-guerre, que le mariage avec la fille de Tullio Serafin installe en basse rossinienne par défaut : Mustafa dans <em>L&rsquo;italiana in Algeri</em>, Selim dans <em>Il turco in Italia</em> et également Mosé aux côtés d’Anita Cerquetti à Rome en 1956.</p>
<p> 3.<strong> Enzo Dara</strong> (Italie, 1938-2017) : celui qui sut redonner aux rôles de basse bouffe leurs lettres de noblesse, par une <em>vis comica</em> doublée d’une maîtrise absolue du <em>canto sillabato</em>, cette manière vertigineuse de débiter les notes à la vitesse d’une mitraillette sans reprendre son souffle.</p>
<p> 4.<strong> Samuel Ramey</strong> (USA, 1942) : la quadrature du cercle résolue : beauté du timbre, puissance, ambitus et agilité. Avec Samuel Ramey, la « Rossini renaissance » redécouvrait la voix de basse. Il a été depuis imité, jamais égalé.</p>
<p> 5.<strong> Alessandro Corbelli</strong> (Italie, 1952) : Après avoir papillonné autour du grand répertoire pour baryton, Alessandro Corbelli a fait des rôles bouffes rossiniens sa spécialité. Son goût pour la comédie doublé d’une excellente technique vocale l’a propulsé sur le devant de la scène dans les années 1980. En Bartolo dans <em>Il barbiere di Siviglia</em> comme en Magnifico dans <em>La Cenerentola</em> à l’Opéra de Paris à la fin du mois, il ne l’a depuis jamais quitté.</p>
<p> 6. <strong>Michele Pertusi</strong> (Italie, 1965) : Lauréat du concours voix verdienne, sa facilité dans les coloratures le pousse à étendre son répertoire aux opéras rossiniens jusqu’à faire partie des coutumiers de Pesaro. Selim, Alidoro, Mustafa, Assur, le duc Ordow, Maometto II : il a chanté tous les rôles de Filippo Galli ou presque.</p>
<p> 7.<strong> Lorenzo Regazzo</strong> (Italie, 1969) : De l’opéra bouffe au début de sa carrière – <em>L&rsquo;inganno felice</em> à Pesaro en 2014 – aux grands rôles sérieux, Lorenzo Regazzo a exploré toutes les contrées rossiniennes réservées à la voix de basse avant d’ajouter à son arc la corde de metteur en scène, d’opéras de Rossini tant qu’à faire.</p>
<p> 8. <strong>Paolo Bordogna</strong> (Italie, 1972) : Sur les conseils d’Ernesto Palacio, Paolo Bordogna renonce à devenir baryton brillant pour se spécialiser dans les rôles comiques. Sa technique et ses dons de comédien le rendent rapidement incontournable dans ce répertoire au point que Decca qui lui offre en 2015 un récital discographique sur mesure, le premier pour baryton-bouffe sous ce label depuis cinquante ans.</p>
<p> 9.<strong> Mirco Palazzi</strong> (Italie, 1978) : Comment échapper à Rossini quand on a étudié au conservatoire de Pesaro et que l’on a pour modèle Samuel Ramey ? Avec le sérieux qui le caractérise, Mirco Palazzi s’emploie à marcher sur les traces de son aîné. Depuis 2015, Assur dans <em>Semiramide</em> fait partie de son répertoire. On attend la suite avec impatience.</p>
<p>10.<strong> Florian Sempey</strong> (France, 1988) : Figaro et Dandini de sa génération, coqueluche de Pesaro en 2014, Florian Sempey nage dans Rossini comme un poisson dans l’eau avec pour seule limite à ses ambitions rossiniennes le peu de rôles dévolu dans ce répertoire à une authentique voix de baryton. Guillaume Tell, un jour peut-être…</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini8.jpg?itok=NPPaiTtD" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>VIII &#8211; …10 compositeurs</strong></p>
<p> 1.<strong> W.A Mozart</strong> (1756-1791) : le maître, dont le jeune Rossini copiera des pages et des pages dans la bibliothèque du Palazzo Malerbi à Bologne, avant de prendre pour modèles son traitement de l’orchestre et son approche affranchie de l’opéra.</p>
<p> 2.<strong> L. van Beethoven</strong> (1770-1827) : en 1822, d’après la légende, Rossini rencontre à Vienne Beethoven qui lui aurait glissé : « <em>Surtout, mon cher, faites beaucoup de </em>Barbier ». Une manière pour le compositeur allemand de faire comprendre, l’air de rien, à son confrère italien qu’il restait un amuseur envers et contre son immense succès. <em>Ah, perfido !</em></p>
<p> 3.<strong> G. Meyerbeer</strong> (1791-1864) : imitateur du style de Rossini avant d’en détourner les codes vocaux au profit du Grand Opéra français, genre avec lequel il connaîtra un succès retentissant.</p>
<p> 4.<strong> G. Donizetti</strong> (1797-1848) : élève comme Rossini du père Mattei Bologne, il serait resté dans l’ombre si le succès d’<em>Anna Bolena </em>en 1830 n’était venu l’aider à se poser en successeur de son illustre aîné, notamment dans le genre <em>buffa</em>.</p>
<p> 5.<strong> V. Bellini</strong> (1801-1835) : protégé par Rossini lors de son arrivée à Paris, il réussit sur les fondations posées par ce dernier à ériger une œuvre originale, hélas abrégeé par une disparition prématurée.</p>
<p> 6.<strong> H. Berlioz</strong> (1803-1899) : auteur de <em>Mémoires </em>fameuses dans lesquelles il pourfend Rossini avec tant d’ardeur que sa vindicte en devient suspecte. Il faut dire, pour sa défense, que la Rossinimania en Europe et plus encore à Paris avait alors de quoi agacer celui qui ramait pour imposer sa musique.</p>
<p> 7.<strong> R. Schumann</strong> (1810-1856) : le succès exceptionnel de Rossini lui valut de nombreuses jalousies, comme souvent mauvaises conseillères. Ainsi Robert Schuman s’amusait à commenter la visite du compositeur italien à Beethoven en 1822 d’une phrase voulue spirituelle dont nul ne sort grandi, son auteur moins que les autres : « <em>Le papillon vola sur le chemin de l’aigle, mais celui-ci se rangea, pour ne pas l’écraser d’un battement d’aile</em> »</p>
<p> 8.<strong> R. Wagner</strong> (1813-1883) : un jour, alors que Rossini au piano ne parvenait à tirer que des sons cacophoniques d’une page de Wagner; un de ses élèves s&rsquo;approcha et lui dit : « <em>Maestro, vous tenez la partition à l&rsquo;envers !</em> », ce à quoi Rossini répondit : « <em>J&rsquo;ai essayé en la mettant dans l&rsquo;autre sens : c&rsquo;était pire !</em> »</p>
<p> 9.<strong> G. Verdi</strong> (1813-1901) : la plus œdipienne des filiations de l’histoire de la musique dans le sens où il fallut à Verdi tuer le père pour régner en maître absolu sur l’opéra italien. D’innombrables coups de poignards lacérèrent l’héritage jusqu’à l’émergence d’une nouvelle forme de théâtre lyrique, moins abstraite. En supplantant celui de Rossini, <em>Otello</em> porta l’estocade.</p>
<p>10.<strong> J. Offenbach</strong> (1819-1881) : premier héritier de Rossini par la verve rythmique et le sens du rire en musique. Il pastichera le trio de <em>Guillaume Tell</em> dans sa <em>Belle Hélène</em>. Plutôt que le petit Mozart, c’est le petit Rossini des Champs-Elysées qu’il aurait fallu le surnommer.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini9.jpg?itok=DdcRsx1k" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>IX &#8211; …10 livres</strong></p>
<p> 1.<strong> Stendhal, <em>Vie de Rossini</em>,</strong> 1824 : au-delà des nombreuses anecdotes, quelques considérations essentielles notamment sur la révolution opérée par Rossini dans le chant</p>
<p> 2. <strong>Damien Colas, <em>Rossini, l’opéra de lumière</em></strong>, Gallimard, 1992 : plaisant à feuilleter car illustré mais succinct</p>
<p> 3. <strong>Thierry Beauvert et Peter Knaup, Rossini : <em>Les Péchés de gourmandise</em></strong>, Plume, 1997 : la recette du Tournedos Rossini et autres plaisirs de la table</p>
<p> 4. <strong>Patrick Barbier, </strong><em><strong>A l’opéra au temps de Rossini et de Balza</strong>c</em>, Hachette 2003 :  la comédie humaine en pratique dans un de ses lieux de prédilection</p>
<p> 5. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/livre/callas-ou-les-mysteres-de-naples"><u>Paul-André Demierre, <em>Les opéras napolitains de Rossini</em></u></a></strong>, Editions Papillon, 2010 : recyclage de textes à vocation universitaire, pour les aspects musicaux et vocaux des œuvres étudiées.</p>
<p> 6. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/livre/une-diva-au-temps-de-rossini"><u>François Bronner, <em>La Schiassetti</em></u></a></strong>, éditions Hermann, 2011 : deux années du séjour parisien d’une cantatrice aujourd’hui oubliée comme prétexte pour côtoyer Rossini.</p>
<p>7. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/livre/rencontre-au-sommet"><u>Edmond Michotte, <em>La visite de Wagner à Rossini</em></u></a></strong>, Actes Sud, 2011 : le récit savoureux de la visite que Wagner fit à Rossini en mars 1860 consigné mot par mot ou fabulé ?</p>
<p> 8. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/support/livre-31/compositeur/rossini-gioachino-25"><u>Jean et Jean-Philippe Thiellay, <em>Rossini</em></u></a></strong>, Actes Sud, 2012 : l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur Rossini et les clés pour mieux comprendre son art. La référence en français, s’il en faut une.</p>
<p> 9. <strong>Jean Tulard, <em>Rossini sous Napoléon</em></strong>, Editions SPM 2016 : une autre interprétation du silence qui suivit le triomphe de <em>Guillaume Tell</em>.</p>
<p>10. <strong><em>L’Avant-Scène Opéra</em></strong> à travers une petite douzaine de numéros consacrés aux opéras de Rossini est comme toujours une mine inépuisable d’informations.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini10.jpg?itok=0vVAASWF" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>X &#8211; …10 récitals</strong></p>
<p> 1. <strong>Rockwell Blake, <em>Rossini for tenor</em></strong> (John McCarthy, Maximiano Valdes, Renata Records, 1988 et 1989) : les plus grands airs pour <em>contraltino </em>rossinien sans aucune erreur de syntaxe, ni omission d’un seule note.</p>
<p> 2. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/franco-fagioli-rossini-a-pesaro-presto"><u>Franco Fagioli, <em>Rossini</em></u></a> </strong>(George Petrou, Deutsche Grammophon, 2016) : apocryphe, insensé (Rossini n’a jamais écrit pour contre-ténor et très peu pour castrat) mais assumé, abouti et finalement attachant.</p>
<p> 3. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/florez-rossini.htm"><u>Juan Diego Flórez, <em>Rossini arias</em></u></a></strong> (Riccardo Chailly, Decca, 2002) : toute la séduction du timbre du jeune Flórez dans le répertoire le mieux adapté à sa vocalité.</p>
<p> 4. <strong>Marylin Horne, <em>Rossini Arie alternative e Giovanna d’Arco</em></strong> (Alberto Zedda, RCA, 1983) : le contralto rossinien casqué et panaché à l’assaut d’airs rarement enregistrés avec en prime <em>la cantate Giovanna d’Arco </em></p>
<p> 5. <strong>Vesselina Kasarova, <em>Rossini arias and duet</em> </strong>(Arthur Fagen, RCA, 1999) : avec le concours de Juan Diego Florez, une proposition de réponse à l’énigme « Colbran ».</p>
<p> 6. <strong>Jennifer Larmore, <em>Amore per Rossini</em></strong> (Giuliano Carella, Teldec, 1998) : une voix chaude et flexible au service d’un melting-pot d’airs pour contralto ou mezzo-soprano colorature  </p>
<p> 7. <strong>Nelly Miricioiu, <em>Rossini Gala</em></strong> (David Parry, Opera Rara, 2000) : la diva du label Opera Rara entourée de nombreux partenaires insuffle à quelques grandes scènes rossiniennes la flamme indispensable à ce répertoire.</p>
<p> 8. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/rossini-le-pere-la-fille-et-le-saint-esprit"><u>Olga Peretyatko, <em>Rossini!</em></u></a></strong> (Alberto Zedda, Sony, 2015) : Zedda, Peretyatko, Rossini : Le père, la fille et le Saint-Esprit ensemble réunis dans la joie de chanter .</p>
<p> 9. <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/podles-rossini.htm"><u>Ewa Podleś, <em>Rossini Gala</em></u></a></strong> (Wojciech Michniewski, Dux, 2001) : un des rares récitals de cette « force de la nature » rossinienne, honteusement négligée par le disque.</p>
<p> 9. <strong>Samuel Ramey, <em>Alle Voci della gloria</em></strong> (Gabriele Ferro, 1991, Teldec) : à notre connaissance, la seule anthologie d’airs pour basse rossinienne, malheureusement introuvable aujourd’hui.</p>
<p>10. <strong>Marine Rebeka, <em>Amor Fatale</em></strong> (BR Klassik, 2017) : une sélection de scènes originales interprétées avec ce feu glacé propre à cette soprano lettone souvent comparée à June Anderson.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini11.jpg?itok=tnGt4gfs" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XI &#8211; …10 intégrales</strong></p>
<p>  1.<strong><em> Ermione</em></strong> (C. Gasdia, C. Merritt, E. Palacio – C. Scimone – Erato, 1986) : un des neuf opéras napolitains – le plus audacieux peut-être – dans la meilleure des versions au catalogue.</p>
<p> 2. <strong><em>La Cenerentola</em></strong> (C. Bartoli, W. Matteuzzi, E. Dara – R. Chailly – Decca, 1993) : un enregistrement en état de grâce pour tout un tas de raisons dont la première est l’adéquation équilibrée de la distribution.</p>
<p> 3. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/guillaume-tell-en-version-originale"><u>Guillaume Tell (</u></a></em></strong>M. Spyres, J. Howarth, A. Foster-Williams – A. Fogliani, Naxos 2015) : en direct de Bad Wildbad, une interprétation méritante dont le premier des mérites est de proposer en français la version intégrale d’une partition monumentale.</p>
<p> 4.<em> <strong>La donna del lago</strong></em> (R. Blake, C. Merritt, J. Anderson, M. Dupuy – R. Muti, 2002) : le fleuron de la légende rossinienne dans l’opéra le plus romantique de Rossini.</p>
<p> 5. <strong><em>Le Comte Ory</em></strong> (J.D. Flórez, S. Bonfadelli, M.A. Todorovich – J. López-Cobos, 2004) : Un concentré de bonne humeur dans un français plus qu’acceptable.</p>
<p> 6. <strong><em>Matilde di Shabran</em></strong> (A. Massis, J.D. Florez – R. Frizza – Decca, 2006) : Découverte miraculeuse d’un ouvrage qui, comme tous les opéras rossiniens, exige des interprètes au-dessus de la mêlée. Ils sont ici réunis.</p>
<p> 7. <strong><em>Semiramide</em> </strong>(I. Tamar, G. Kunde, M. Pertusi – A. Zedda – Fonit Cetra 2005) : Aucun des meilleurs solistes possibles dans cet opéra crépusculaire – Gregory Kunde excepté – mais une fois encore le tout est plus que la somme des parties.</p>
<p>.8. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/stabat-mater-rossini-alberto-zedda-inutiles-regrets"><u>Stabat Mater</u></a></em></strong> (A. Bonitatibus, A. Esposito – A. Zedda, Dynamic, 2017) : un opéra en habits sacerdotaux, si complexe qu’il n’existe pas d’interprétation de référence. Seul Alberto Zedda parvient à obtenir cet impossible compromis entre or et encens avec une lecture culminant dans une double fugue finale apocalyptique où passe le souffle de Dieu.</p>
<p> 9. <strong><em>Tancredi </em></strong>(E. Podles, S. Jo, P. Spagnoli – A. Zedda – Naxos, 1995) : Un des rares témoignages studio de l’art de la Podles dans un de ses rôles fétiches.</p>
<p>10. <strong><em>Il viaggio a Reims</em></strong> (K. Ricciarelli, L. Valentini Terrani, L. Cuberli – C. Abbado – Deutsche Grammophon, 1984) : la version historique de l’exhumation en 1984 d’un ouvrage que l’on n’avait plus joué depuis 1825 !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini12.jpg?itok=8VJABiiB" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XII &#8211; …10 DVD</strong></p>
<p>  1.<em> <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/good-morning-purple-rose"><u>Ciro in Babilonia</u></a></strong></em> (E. Podles, M. Spyres, J. Pratt &#8211; D. Livermore, W. Crutchfield – Pesaro, 2012 – Opus Arte) : pour les débuts scéniques d’Ewa Podles et de Michael Spyres à Pesaro, bingo ! La représentation à la manière du cinéma muet des années 20 d’un des premiers opéra seria de Rossini, Intelligente, esthétique, ajoutée à une interprétation musicale de haute volée rend ce DVD indispensable.</p>
<p> 2. <strong><em>Il Signor Bruschino</em></strong> (A. Corbelli, A. Felle, A. Rinaldi &#8211; Schwetzingen, &#8211; M. Hampe, G. Gelmetti &#8211; 1989 – EuroArts) : la dernière des farces composées par le jeune Rossini représentée dans le cadre rococo de Schwetzingen et stimulée par l’irrésistible entrain d’Alessandro Corbelli.</p>
<p>3.<strong> <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/le-comte-est-bon"><u>Le Comte Ory</u></a></em></strong> (J.D. Florez, D. Damrau, J. DiDonato &#8211; B. Sher, M. Benini -New York, 2011 – Virgin) : un plateau de stars dans une mise en scène d’une lisibilité immédiate pour le plus fripon des opéras de Rossini.</p>
<p> 4. <strong><em>Il barbiere di Siviglia</em> </strong>(J. DiDonato, J.D. Florez, P. Spagnoli &#8211; P. Caurier et M. Leiser, A. Pappano- Londres, 2009 – Virgin) : le fameux <em>Barbier </em>que Joyce DiDonato, après une chute malencontreuse, dût chanter en chaise roulante sans que ce handicap n’entame en rien la bonne humeur de la représentation. Au contraire</p>
<p> 5. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/italiana_ponnelle_levine.html"><u>L’Italiana in Algeri</u></a></em></strong> (M. Horne, P. Montarsolo, D. Ahlsted &#8211; J.P. Ponnelle, J. Levine &#8211; New York, 1993 – Deutsche Grammophon) : une des dernières Isabella de Marylin Horne. Inévitablement historique.</p>
<p> 6. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/chateau-de-la-subversion"><u>Matilde di Shabran</u></a></em></strong> (O. Peretyatko, J.D. Florez – M. Martone, M. Mariotti -Pesaro, 2012 – Decca) : l’opéra le plus wagnérien de Rossini – par sa longueur – porte chance à Pesaro autant qu’à Juan Diego Florez, inégalé dans le rôle où il fut découvert, en 1996, dans la ville de Rossini déjà.</p>
<p> 7. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/faute-de-mieux"><u>Mosè in Egitto</u></a></em></strong> (R. Zanellato, S. Ganassi, D. Korchak &#8211; G. Vick, R. Abbado &#8211; Pesaro, 2011 – Opus Arte) : l’inutile actualisation israélo-palestinienne dans une captation vidéo faiblarde ne saurait masquer les atouts de cette version d’un opéra rarement représenté de Rossini, à commencer par l’engagement jusqu’au-boutiste de Sonia Ganassi.</p>
<p> 8. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/otello-rossini-hisse-a-la-hauteur-de-verdi"><u>Otello</u></a></em></strong> (C. Bartoli, J. Osborn, J. Camarena &#8211; P. Caurier et M. Leiser, M. Tang &#8211; Zurich, 2012 – Decca) : ni la plus séduisante des Desdemone -mais peut-être la plus émouvante -, ni le plus grand des Otello mais une version recommandable par l’équilibre des parties prenantes.</p>
<p> 9. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/critiques/semiramide_dvd.htm"><u>Semiramide</u></a></em> </strong>(J. Anderson, M. Horne, S. Ramey &#8211; J. Copley, J. Conlon – New York, 1990 – Arthaus) : la dernière page de l’opéra seria fantasmée par Rossini tutoie les cimes dans cette interprétation dominée par quelques-uns des plus grands noms du chant rossinien.</p>
<p>10. <strong><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/enfin-michieletto-vint"><u>Sigismondo</u></a></em> </strong>(O. Peretyatko, D. Barcellona, &#8211; D. Michieletto, M. Mariotti &#8211; Pesaro, 2010 – Arthaus) : En transposant cet opéra méconnu dans les limbes psychiatriques d’une Pologne Mitteleuropa, Damiano Michieletto fait mouche. Daniela Barcellona en épigone de Louis II rongé par ses démons et Olga Peretyatko en clone de Sissi, dirigée amoureusement par son futur(ex)mari, offrent un aperçu des innombrables ressources de l’opéra rossinien lorsqu’il est justement interprété.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini13.jpg?itok=GR9c6vk1" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XIII &#8211; …10 extraits You Tube</strong></p>
<p>1. <strong>June Anderson, 1988 : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=u2tQw8a3qpM"><u>« D’amore dolce impero »</u></a></strong>,<em> Armida</em> (Armida) : Si des huées sont audibles au début de cet extrait proposé dans des conditions visuelles impossibles (sans doute filmé sur l’écran de TV), elles ne sont pas destinées au ornementations délirantes de June Anderson mais à la mise en scène de Jean-Claude Fall (dont heureusement on ne voit pas grand-chose)</p>
<p> 2. <strong>Cecilia Bartoli, 1995, « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=o6hKiM1zT2Y"><u>Nacqui all’affano… </u></a></strong>», <em>La Cenerentola </em>(Angelina) : Tchetchilia avant qu’elle ne devienne la Bartoli, d’une fraîcheur et d’une exactitude redoutable dans ce rondo qu’elle agrémente de multiples effets, le trille n’étant pas le moindre.</p>
<p> 3. <strong>Rockwell Blake, 1996, « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=9oPxUrJ9w3M"><u>D&rsquo;ogni più sacro impegno</u></a> »</strong>, <em>L’occasione fa il ladro</em> (Alberto) : la plus sensationnelles des <em>messe di voce</em>, à la fin de l’air sur le mot « liberta » ou comment mettre la virtuosité belcantiste au service du drame (en l’occurrence de la comédie).</p>
<p> 4. <strong>Mariella Devia, 1992 : « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=p3ZAuFMXFaQ"><u>Giusto Dio che umile adoro </u></a>»</strong>, <em>Tancredi</em> (Amenaide) : l’art de Mariella Devia ne semble pas connaître de limite dans cet air qui comme souvent chez Rossini exige autant de sentiment que de virtuosité.</p>
<p> 5. <strong>Juan Diego Florez, 2005 : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=5Ynl4Yg4fXw"><u>« Cessa di piu resistere »</u></a></strong>, <em>Il barbiere di Siviglia </em>(Almaviva) : la voix claironnante de celui qui, par son succès, a contribué à mieux faire connaître la musique de Rossini, et puis le rose lui va si bien.</p>
<p> 6. <strong>Marylin Horne, 1986 : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=vADKc0zLxek"><u>« Non Temer D&rsquo;un Basso Affetto »</u></a></strong>, <em>Maometto II</em> (Calbo) : Le <em>canto di sbalzo</em> dans tous ses états.</p>
<p> 7. <strong>Chris Merritt, 1989 : « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=plqG6GyidVM"><u>Che vidi amici </u></a>»</strong>, <em>Zelmira</em> (Antenore) : Des ténèbres floutés d’une captation approximative, émerge sur le fil du rasoir la voix de Chris Merrit. Qui osera lui reprocher de nous donner le frisson ?  </p>
<p> 8. <strong>Ewa Podlès, 1994 : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=A8063Gr7gPE"><u>« Ah! quel giorno ognor rammento »</u></a></strong>, <em>Semiramide </em>(Arsace) : bien malin qui reconnaîtra Ewa Podles sous sa moustache et son plumet tant la qualité de l’image est déplorable, la voix en revanche est reconnaissable entre toutes, entre baryton et soprano, longue, agile, volcanique, électrisante.</p>
<p> 9. <strong>Samuel Ramey, 1984 : « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=5-6M0CV37UM"><u>Invan strappar dal core </u></a>»</strong>, <em>Il viaggio a Reims</em> (Lord Sydney) : la basse colorature en action dans un de ces airs qui exigent tout – timbre, puissance souplesse, expression – et plus encore.</p>
<p>10. <strong>Michael Spyres,2016 :  <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=8Kt3LU4vrxg"><u>« Balena il man del figlio »</u></a></strong>, <em>Ermione</em>, 1819 (Oreste) : tous les effets belcantistes convoqués (et surmontés) pour camper un Pirro terrible et terriblement impressionnant</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini14.jpg?itok=j6ICLTdn" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XIV &#8211; …10 termes techniques</strong></p>
<p> 1. <strong>Bel canto</strong> : école de chant liée à l’opéra <em>seria</em> et à une technique basée sur la virtuosité, la liberté de l’ornementation, la nuance et la beauté du son. Partant de cette définition, <em>Semiramide</em> serait le dernier ouvrage belcantiste.</p>
<p> 2. <strong>Cadence</strong> : passage virtuose vers la fin d’une aria indiqué généralement par un point d’orgue.</p>
<p> 3. <strong>Colorature</strong> : ornement d’une grande virtuosité et, par extension, voix capable d’exécuter ces ornements (soprano colorature)</p>
<p> 4. <strong>Concertato</strong> : numéro d’ensemble où interviennent souvent graduellement solistes et chœur</p>
<p> 5. <strong>Crescendo</strong> : procédé musical, dont Rossini usa à l’excès, constituant à augmenter progressivement le son.</p>
<p> 6. <strong>Messa di voce</strong> : son filé ; commencé<em> piano</em>, enflé puis éventuellement diminué jusqu’au <em>piano </em>initial</p>
<p> 7. <strong>Pertichini (aria con)</strong> : air avec courtes interventions d’autres solistes (exemple : « Ah ! si, per voi già sento », l’air d’entrée d’Otello)</p>
<p> 8. <strong>Sorbetto (aria di)</strong> : air destiné à un personnage secondaire, souvent écrit par un assistant du compositeur, qui laissait au public le loisir de s’absenter quelques instants pour déguster un sorbet ou autres gourmandises glacées (exemple : l’air de Berta dans <em>Il barbiere di Siviglia</em>)</p>
<p> 9. <strong>Sbalzo (canto di)</strong> : chant avec fréquents sauts de registre (exemple : « Non temer d&rsquo; un basso affetto », l’air de Calbo dans Maometto II)</p>
<p>10. <strong>Trille</strong> : ornement consistant en un battement plus ou moins rapide de la note principale avec la note supérieure</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rossini15.jpg?itok=sjum44bW" style="width: 100px;height: 108px;margin-right: 10px;margin-left: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>XV &#8211; …10 citations</strong></p>
<p> 1.<strong> H. de Balzac</strong> à propos de Rossini : « <em>sa musique donne de l&rsquo;espérance aux cœurs les plus endormis</em> »</p>
<p> 2. <strong>H. Berlioz</strong> (dans ses <em>Mémoires</em>) : «  <em>Ne concevant rien de plus magnifiquement beau et vrai que les œuvres de ces grands maîtres (ndlr : Gluck et Spontini), le cynisme mélodique, le mépris de l’expression et des convenances dramatiques, la reproduction continuelle d’une formule de cadence, l’éternel et puéril crescendo, et la brutale grosse caisse de Rossini, m’exaspéraient au point de m’empêcher de reconnaître jusque dans son chef-d’œuvre </em>(le Barbier),<em> si finement instrumenté d’ailleurs, les étincelantes qualités de son génie.</em> »</p>
<p> 3. <strong>P. Chasles</strong>, à propos du roman de Balzac, <em>La peau de Chagrin</em> : « <em>Si la société telle qu’elle est vous ennuie tant soit peu, et qu’il vous agrée de la voir pincée, fouettée, marquée en grande pompe, sur un bel échafaud, au milieu de tout le fracas d’un orchestre rossinien, d’un tintamarre et d’un charivari incroyable, et la décoration la plus assourdissante, lisez </em>La Peau de chagrin<em>&#8230;</em> »</p>
<p> 4. <strong>G. Hegel</strong> en 1824 dans une lettre à son épouse : « <em>La musique de Rossini ne fait sens que si elle est chantée</em> »</p>
<p> 5.<strong> G. Rossini</strong> : « <em>Comme l&rsquo;opéra serait merveilleux s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas les chanteurs !</em> »</p>
<p> 6. <strong>G. Rossini </strong>en 1825 au restaurant La Maison Dorée (citation apocryphe, <em>se non è vero, è ben trovato</em>). : « — <em>Garçon, préparez-moi un médaillon de bœuf, surmonté d&rsquo;une escalope de foie gras poêlé le tout sur une tranche de pain, et préparez-le devant moi, que je vous observe.<br />
	— Mais Monsieur Rossini… c&rsquo;est impensable…<br />
	— Alors tournez-moi le dos !</em> »</p>
<p> 7. <strong>Stendhal</strong>, à propos de <em>Tancredi</em>, le premier opéra <em>seria</em> de Rossini : « <em>Avant Rossini, il y avait bien souvent de la langueur et de la lenteur dans les opere </em>serie<em> ; les morceaux admirables étaient clairsemés, souvent ils se trouvaient séparés par quinze ou vingt minutes de récitatif et d’ennui ; Rossini venait de porter dans ce genre de composition le feu, la vivacité, la perfection de l’opéra </em>buffa »</p>
<p> 8. <strong>Stendhal</strong> : « <em>Le premier caractère de la musique de Rossini est une rapidité qui éloigne de l’âme toutes les émotions sombres si puissamment évoquées des profondeurs de notre âme par les notes lentes de Mozart. J’y vois ensuite une fraîcheur qui, à chaque mesure, fait sourire de plaisir. Aussi toutes les partitions semblent-elles lourdes et ennuyeuses auprès de celles de Rossini</em> »</p>
<p> 9. <strong>R. Wagner</strong>, d’après Edmond Michotte dans <em>La Visite de Wagner à Rossini</em> : « <em>Comme Mozart, il (ndlr : Rossini) possédait au plus haut degré le don de l’invention mélodique. Il était en outre merveilleusement secondé par son instinct de la scène et de l’expression dramatique. Que n’eut-il pas produit s’il avait reçu une éducation musicale forte et complète ? Surtout si, moins Italien et moins sceptique, il avait senti en lui la religion de son art ?</em> »</p>
<p>10. <strong>A Zedda</strong>, interviewé en juin 1988 dans le magazine <em>Opéra International</em> « <em>on peut entendre la mort de Mimi passivement (ndlr :  dans La Bohème de Puccini). Tandis que si l’on reste à la superficie de Rossini, il n’apporte rien. Il demande un public intelligent, moins attaché à la logique et plus accessible au fantastique </em>»</p>
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		<title>La Cenerentola</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-cenerentola-cendrillon-pour-leternite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Aug 2018 06:27:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rôle d&#8217;Angelina est celui des débuts de Lucia Valentini-Terrani, qui interprète La Cenerentola pour la première fois à Brescia en 1969. Enregistrée ici en 1980, le mezzo italien est dans la plénitude de moyens formidables, conjugués à une exceptionnelle sensibilité. Fluidité des vocalises, justesse des couleurs, intelligence de variations laissent pantois. En ces débuts &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rôle d&rsquo;Angelina est celui des débuts de <strong>Lucia Valentini-Terrani</strong>, qui interprète <em>La</em> <em>Cenerentola</em> pour la première fois à Brescia en 1969. Enregistrée ici en 1980, le mezzo italien est dans la plénitude de moyens formidables, conjugués à une exceptionnelle sensibilité. Fluidité des vocalises, justesse des couleurs, intelligence de variations laissent pantois. En ces débuts de ce qu&rsquo;on appelera la <em>Rossini</em> <em>renaissance</em>, cette impeccable maîtrise technique ne trouve d&rsquo;équivalent que chez Marilyn Horne, voire Frederica von Stade. Au delà de la virtuosité, Valentini-Terrani offre dans ce rôle particulier, un supplément d&rsquo;âme unique, un petit je-ne-sais-quoi de nostalgique et hors du temps. Chaleur du timbre, intelligence du texte aux inflexions dramatiques parfaitement ciselées, contribuent à construire ainsi un personnage poétique, profondément bon, profondément attachant (comme l&rsquo;était d&rsquo;ailleurs cette immense artiste dans la vraie vie), justifiant le titre complet de l&rsquo;ouvrage : <em>La Cenerentola, ossia la bontà in trionfo</em>. Même s&rsquo;il se limite à la seule dimension comique (mais le personnage est ainsi), le Don Magnifico d&rsquo;<strong>Enzo Dara </strong>est également un sommet tant musicalement que dramatiquement (ou plutôt drolatiquement), avec une maîtrise incomparable du <em>canto sillábico </em>le plus rapide qui soit, et un art de la déclamation qui rend passionnant le moindre de ses récitatifs. <strong>Domenicho Trimarchi </strong>est de la même école : on est donc un peu étonné de l&rsquo;entendre en Dandini, rôle où l&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre des voix moins rondes, des chanteurs moins matures, mais les exigences vocales sont parfaitement remplies. Même observation au sujet de l&rsquo;Alidoro d&rsquo;<strong>Alessandro Corbelli</strong>, certes excellent, mais trop peu différencié lui aussi d&rsquo;Enzo Dara qui, dans le genre bouffe, écrase un peu tous ses collègues. <strong>Francisco Araiza</strong> est un Ramiro au timbre brillant et percutant, à la vocalisation fluide et rapide. Certains ténors ultérieurs seront sans doute plus imaginatifs en termes de variations, mais n&rsquo;oublions pas que le chanteur mexicain est ici un précurseur déjà exceptionnel. La  direction de <strong>Gabriele Ferro</strong> est plus élégante que vive, mais suffisamment alerte. Les ensembles sont remarquablement en place et les chanteurs parfaitement accompagnés. L&rsquo;ouvrage est donné ici avec un quart d&rsquo;heure de coupures, dont, bien entendu, les scènes de « balai »&#8230;</p>
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		<title>La donna del Lago</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-donna-del-lago-coup-dessai-coup-de-maitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Mar 2017 06:35:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1980, le Rossini Opera Festival est devenu aujourd&#8217;hui une institution incontournable. Durant ses toutes premières années, son volontarisme se heurte à la difficulté de trouver des chanteurs, en particulier des ténors, rompus au style de l&#8217;opera seria. En 1983, la reprise de La donna del Lago offre au festival l&#8217;occasion de présenter une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1980, le Rossini Opera Festival est devenu aujourd&rsquo;hui une institution incontournable. Durant ses toutes premières années, son volontarisme se heurte à la difficulté de trouver des chanteurs, en particulier des ténors, rompus au style de l&rsquo;<em>opera seria</em>. En 1983, la reprise de <em>La donna del Lago</em> offre au festival l&rsquo;occasion de présenter une distribution totalement adéquate, heureusement enregistrée en studio dans le fil des représentations. Une fois n&rsquo;est pas coutume, nous ne commencerons pas par les chanteurs, mais par saluer le talent du pianiste <strong>Maurizio Pollini</strong> qui dirige ici le Chœur Philharmonique de Prague et le Chamber Orchestra of Europe avec une fougue et un allant proprement enivrants : une leçon pour les nombreux tâcherons qui officient habituellement dans ce répertoire, et même pour certaines gloires de la fosse. La proximité des représentations aidant, on croirait assister à une représentation sur le vif tant l&rsquo;électricité est palpable tout au long de l&rsquo;ouvrage. Malheureusement, si l&rsquo;orchestre est somptueux, les choses se gâtent un peu avec les voix. Pollini est plutôt un ayattolah du respect de la partition écrite, ignorant que, traditionnellement, les reprises devaient permettre aux exécutants d&rsquo;offrir des variations par rapport au thème de base, que celles-ci soient de la main de Rossini ou dues à l&rsquo;imagination de l&rsquo;artiste. On reste donc souvent sur sa faim face à cette intégrité mal venue. <strong>Katia Ricciarelli</strong> n&rsquo;a que 37 ans, mais son déclin vocal a déjà commencé, le soprano ayant abordé trop tôt les rôles de <em>spinto</em> qui ne correspondent pas à ses moyens. Avec cette Elena, la chanteuse vénitienne offre les beautés d&rsquo;un timbre riche et personnel, une réelle agilité vocale, mais aussi quelques problèmes de respiration se manifestant par des effets de soufflet bizarroïdes. L&rsquo;excellente <strong>Lucia Valentini- Terrani</strong> déploie également un matériau magnifique. Les vocalises sont réalisées avec une facilité déconcertante, mais on sent la chanteuse légèrement sur la réserve, moins exubérante qu&rsquo;à la scène. <strong>Dalmacio Gonzalez</strong> est un Umberto très satisfaisant, d&rsquo;une grande musicalité, triomphant d&rsquo;une tessiture aiguë meurtière. <strong>Dano Raffanti </strong>n&rsquo;est pas le baryténor attendu, mais la voix, plus large que celle de son confrère, contraste bien avec celle de ce dernier, et son timbre est de toute beauté. L&rsquo;un et l&rsquo;autre auront des successeurs autrement grandioses, mais ils sont ici impeccables et souvent enthousiasmants, vocalisant remarquablement et offrant tous les nombreux aigus de la partition, à défaut d&rsquo;en ajouter d&rsquo;autres ! Dans le court rôle de Duglas, <strong>Samuel Ramey </strong>est proprement époustouflant : une leçon de chant inégalée. Au global, un enregistrement à redécouvrir.</p>
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		<title>La Grande-Duchesse de Gérosltein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-grande-duchesse-de-gerosltein-derniers-feux-dune-etoile-rossinienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 07:14:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rossinienne émérite, Lucia Valentini-Terrani est morte en 1998 à l’âge de 51 ans d’une leucémie détectée deux années auparavant. Sa dernière apparition sur scène fut, en 1996, La Grande-duchesse de Gérolstein au Festival della Valle d&#8217;Itria à Martina Franca, proposée aujourd’hui en 2 CD par le label Dynamic. Une chanteuse familière des opéras de Rossini &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rossinienne émérite, <strong>Lucia Valentini-Terrani</strong> est morte en 1998 à l’âge de 51 ans d’une leucémie détectée deux années auparavant. Sa dernière apparition sur scène fut, en 1996, <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> au Festival della Valle d&rsquo;Itria à Martina Franca, proposée aujourd’hui en 2 CD par le label Dynamic. Une chanteuse familière des opéras de Rossini peut-elle mieux qu’une autre rendre justice à l&rsquo;opéra-bouffe d&rsquo;Offenbach ainsi que le décrète dans le livret d’accompagnement Sergio Segalini (qui fut l’instigateur de cette prise de rôle) ? Difficile de l’affirmer à l’écoute de cet enregistrement. Déjà malade, la mezzo-soprano italienne n’offre qu’une triste image de ce qu’elle fut, tenaillée par des registres disjoints, soumise aux écarts de justesse, désavantagée par une langue française qu’elle ne maîtrisait pas suffisamment pour la rendre compréhensible et en éviter les pièges les plus fréquents. Le fameux « dites-lui » devient ici par exemple « dites-louis ». Si atténuée soit-elle cependant, la personnalité fougueuse de celle qui chanta Arsace dans <em>Semiramide</em> coiffe la souveraine offenbachienne d’un panache flamboyant dont les contours ombrés d’une voix profonde projettent les derniers feux. </p>
<p>La profondeur de la voix, justement, n’a pas dû être sans influer sur le choix des autres protagonistes, dans une recherche légitime d’équilibre vocal. Ainsi, <strong>Carla di Censo</strong> habille Wanda d&rsquo;un soprano certes exotique dans la prononciation du français mais moins léger que d’habitude avec ce que cette matière dense donne de consistance à un rôle sinon pâlichon. De même, l’alors jeune <strong>Carlo Allemano</strong>, désormais polarisé sur le répertoire baroque et mozartien, présente un profil différent des ténors à l’émission haute imposés par les « taratata » claironnants de la chanson du régiment : plus épicé, plus viril, plus brusque mais aussi plus crédible. Dans un parti-pris inverse difficile à justifier, la jeunesse d’<strong>Etienne Ligot</strong>, baryton alors âgé de 29 ans et tragiquement décédé en 2011 d’un accident de ski, fait dégringoler Boum de quelques grades dans la hiérarchie militaire, moins général ici que lieutenant, fringant dans un « Pif, paf, pouf » d’une verdeur crédible mais inadapté aux noirs desseins du conspirateur. Mieux que le Baron Puck sans grand relief de <strong>Thomas Morris</strong>, <strong>Richard Plaza,</strong> vingt ans avant son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/linstant-lyrique-au-banc-dessai">Instant lyrique</a> qui aujourd’hui enchante les lambris d’Elephant Paname, zézaye drôlement un Prince Paul clair et sonore.</p>
<p>Outre l’ultime témoignage d’une grande dame du chant, l’intérêt premier de l’enregistrement résiderait dans la direction d’<strong>Emmanuel Villaume</strong>, elle aussi à la mesure de l’interprète du rôle-titre, vigoureuse, altière et non dénuée de second degré si la prise de son, approximative, ne transformait chaque coup de grosse caisse en coup de tonnerre et si le choix d’une version presque intégrale ne finissait pas focaliser l’attention sur l’œuvre au détriment de l&rsquo;interprétation. C&rsquo;est que Jean-Christophe Keck, le meilleur apôtre aujourd’hui de la parole d&rsquo;Offenbach, a fait pour l&rsquo;occasion le ménage dans plus d&rsquo;un siècle de petits arrangements et de coupures avec une partition qui le soir de sa création atteignait les quatre heures. Allégement des dialogues aidant, la présente version dépasse les deux heures, reprenant au troisième acte, la bénédiction des poignards – une parodie des <em>Huguenots</em> – et le chant des rémouleurs, supprimés dès le lendemain de la création, mais excluant au contraire de Minkowski en 2004 le « carillon de ma grand-mère », remplacé ici, comme l’avait alors suggéré Léon Halevy – le père de Ludovic –, par une reprise du trio de la conspiration que le retour sur scène de la Grande Duchesse transforme en quatuor. Ces explications fastidieuses pour donner une idée du travail d’orfèvre réalisé par Jean-Christophe Keck qui, pour parvenir à établir cette édition originelle, a infatigablement recherché, collecté, analysé et comparé les multiples sources à sa disposition. Grâce lui en soit rendu !</p>
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		<title>Lucia Valentini Terrani donne son nom à un hôtel à Padoue</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lucia-valentini-terrani-donne-son-nom-a-un-hotel-a-padoue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2016 13:25:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pilier de la Rossini Renaissance au festival de Pesaro, la mezzo-soprano Lucia Valentini-Terrani est décédée en juin 1998 à l’âge de 51 ans, alors qu&#8217;elle était soignée pour une leucémie dans un hôpital de Seattle, aux Etats-Unis. N&#8217;ayant pas les moyens de se payer une chambre d&#8217;hôtel, son époux, Alberto Terrani, avait alors dû dormir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pilier de la Rossini Renaissance au festival de Pesaro, la mezzo-soprano <strong>Lucia Valentini-Terrani</strong> est décédée en juin 1998 à l’âge de 51 ans, alors qu&rsquo;elle était soignée pour une leucémie dans un hôpital de Seattle, aux Etats-Unis. N&rsquo;ayant pas les moyens de se payer une chambre d&rsquo;hôtel, son époux, Alberto Terrani, avait alors dû dormir dans sa voiture. Pour éviter ce genre de situation, la chanteuse avait souhaité, avant de mourir, qu’un hôtel portant son nom soit ouvert dans sa natale ville, Padoue, pour héberger à un tarif préférentiel les patients suivant une thérapie à l’hôpital local ou les membres de leur famille. Ouverte depuis peu, la Casa Valentini accueille également les touristes, mais au prix fort. La ville de Padoue a également donné le nom de l’artiste à une petite place proche du Teatro Verdi.  (plus de renseignements sur le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.casavalentiniterrani.it/">site de la Casa Valentini Terrani</a>).</p>
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