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	<title>Marcel Quillevere, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Marcel Quillevere, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Maurice Ravel, l&#8217;insaisissable (Louis Bergès)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-linsaisissable-louis-berges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre vient à point nommé. À l’heure de l’été et des vacances, il faut le glisser dans la valise des voyages, car l’itinéraire que nous propose l’historien et paléontologue Louis Bergès à travers la vie de Ravel est passionnant. Ravel, «jalousement insaisissable», comme le qualifiait Vladimir Jankélévitch, terme que le titre reprend. Ravel lui-même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre vient à point nommé. À l’heure de l’été et des vacances, il faut le glisser dans la valise des voyages, car l’itinéraire que nous propose l’historien et paléontologue Louis Bergès à travers la vie de Ravel est passionnant. Ravel, «jalousement insaisissable», comme le qualifiait Vladimir Jankélévitch, terme que le titre reprend. Ravel lui-même aimait malicieusement brouiller les pistes quand on tentait d’en percer les mystères ! Il se livrait si peu sauf à quelques rares amis intimes. De son côté, Louis Bergès, l’auteur du livre n&rsquo;est guère disert, non plus, quant à sa biographie ! Si ce n’est qu’il a contribué au <em>Dictionnaire amoureux de la musique en France au XIXe siècle</em> en 2003, et que, comme son éditeur bordelais, il est très attaché à la région de Gironde dont il a été directeur des Archives départementales.</p>
<p>Son livre en forme d’enquête se lit d’une traite tant son style est limpide et la narration captivante. On se surprend, page après page, à s’attacher de plus en plus à la personnalité de Ravel car cet ouvrage est aussi une belle déclaration d’amour et de tendresse envers cet homme si célèbre par sa musique mais dont la vie est restée très secrète. Dès le début le ton est donné : « Tour à tour qualifié de parisien, de Suisse, de juif, d&rsquo;espagnol et surtout de basque des Pyrénées l’homme reste une énigme. » Et Bergès d’ajouter : « De ses origines Maurice gardera la fougue et le pittoresque ibérique marié à la minutie et à la précision helvétique ».<br />
Voilà qui ouvre l’appétit pour la suite ! Pas question donc de tout dévoiler ici ! Juste quelques pistes : sa famille est d’origine savoyarde et suisse, sa mère au patronyme espagnol est née à Ciboure au Pays basque. Elle a vécu très jeune à Madrid et son père l’aurait sans doute rencontrée dans les jardins d’Aranjuez ! Ce dernier, grand mélomane, détenteur d’un prix de piano au Conservatoire de Genève, avait décelé très tôt chez son fils un musicien né.  Et tout est à l’avenant dans cette investigation, érudite certes, mais jamais pédante bien au contraire. Relevons certains épisodes comme la belle relation avec Gabriel Fauré qui a toujours défendu Ravel contre les attaques dont il a été l’objet de la part, notamment, de certains groupes de compositeurs (y compris Debussy qui n’était pas un tendre !) sans doute fort agacés par le succès public de leur collègue !</p>
<p>À cet égard, Bergès, nous fait prendre conscience à quel point Ravel a été le compositeur vivant le plus joué à son époque. Il analyse aussi très justement le rôle qu’a eu l’univers hispanique, dans sa vie et son œuvre, surtout après ses séjours fréquents dans sa ville basque natale de Ciboure dès 1911 et ses voyages au-delà des Pyrénées, jusqu’à ce célèbre <em>Boléro </em>de 1928 qui évoque si bien la magnifique «<em> escuela bolera </em>» en Espagne au XVIIIe siècle (Bergès lui consacre un encarté remarquable) sans parler de sa grande amitié avec le pianiste Ricardo Viñés et le pianiste et compositeur cubain Joaquín Nin qu’il fréquentait souvent à Paris.</p>
<p>La prétendue homosexualité du compositeur est évoquée avec délicatesse sans lui donner plus d &lsquo;importance. Et &#8211; ce qui est essentiel &#8211; Bergès souligne de façon émouvante l’engagement de Ravel durant la guerre 1914-1918 et son humanisme profond quand, après le conflit, il prend la défense des jeunes compositeurs autrichiens tels que Webern et Schönberg face à l’ostracisme général. Son ouverture au monde aussi. On oublie trop souvent qu’il a été, à son époque, le compositeur français  le plus fêté à l’étranger notamment aux États-Unis.  Il a parcouru le pays, découvert le Jazz et s&rsquo;est lié d&rsquo;amitié avec Gershwin et la soprano canadienne Eva Gauthier, trop méconnue en Europe, qui organisa une belle fête à New York en son honneur.</p>
<p>La musique de Ravel sous-tend le récit en permanence et en refermant le livre on n’a qu’une hâte : réécouter aussitôt <em>Daphnis et Chloé, </em>les chants de<em> Don Quichotte</em> <em>à Dulcinée</em> ou ses deux ouvrages lyriques <em>L’Enfant et les sortilèges</em> et <em>l’Heure espagnole</em> !</p>
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		<title>OFFENBACH, Robinson Crusoé &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-robinson-crusoe-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Robinson Crusoé, l’opéra-comique de Jacques Offenbach, a connu un engouement singulier de la part du public qui a rempli les théâtres coproducteurs du spectacle : le Théâtre des Champs Élysées en décembre 2025,  Angers Nantes Opéra dès le mois de mai 2026 avant de s’achever à Rennes lors de cinq représentations entre le 16 et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Robinson Crusoé</em>, l’opéra-comique de Jacques Offenbach, a connu un engouement singulier de la part du public qui a rempli les théâtres coproducteurs du spectacle : le Théâtre des Champs Élysées en décembre 2025,  Angers Nantes Opéra dès le mois de mai 2026 avant de s’achever à Rennes lors de cinq représentations entre le 16 et le 24 juin, où un théâtre bondé à acclamé le spectacle. Il est vrai qu’à Rennes comme à Angers et Nantes, le plateau convient mieux à ce genre de répertoire que la grande scène du TCE à Paris. Forum Opéra à rendu compte des représentations de Paris le 5 décembre 2025 et de celles de Nantes le 3 juin 2026.<br />
Pourtant, force est de reconnaître qu’il ne s’agit pas là d’un chef d’œuvre d’Offenbach. Le compositeur semble souvent se chercher voire s’égarer dans des circonvolutions inutiles. Il fallait bien l’inventivité et le brio de la mise en scène de <strong>Laurent Pelly</strong> pour maintenir l’attention du public. Après une ouverture magnifiquement interprétée par l’orchestre, la première scène d’exposition, très longue – un véritable tunnel – désarçonne un instant le public avant que le ballet étourdissant imaginé par Pelly, lors des échanges entre les protagonistes, ne le maintienne attentif.<br />
Puis c’est soudain un véritable moment de grâce qui vient de la fosse et que le public, enfin intéressé, applaudit. Il s’agit de l’ouverture du deuxième acte intitulée « <em>Le chant de la mer</em> » qui évoque le départ de Robinson. Un début pianissimo où tous les instruments se répondent en murmurant à l’image d’une aube sur les vagues. Le pupitre des bois, sollicité sans cesse tout au long de la partition, est remarquable et l’Orchestre National de Bretagne capable de superbes couleurs confirme une fois de plus sa réputation d’excellence, le public lui réservant un triomphe au final. On retrouve cette émotion quand le violoncelliste <strong>Olivier Lacour</strong> intervient en solo et quand furtivement passe le beau thème que le compositeur utilisera bien plus tard dans ses <em>Contes d’Hoffmann</em>. Le chef <strong>Guillaume Tourniaire</strong>, qui avait fait des débuts remarqués, en 1998, au Grand Théâtre de Genève dans <em>Les Fiançailles au Couvent</em> de Prokofiev et <em>le Barbier de Séville</em> de Rossini a dirigé un peu partout, de Montréal à Sydney, de La Fenice de Venise à Prague et Wexford, avant de revenir enfin en France. Il est pour beaucoup dans le succès du spectacle. Le rythme qu’il tient à bout de bras ne faiblit jamais.<br />
Forum Opéra a déjà rendu compte de l’excellence de tous les chanteurs. Citons le ténor <strong>Pierre Derhet</strong>, aux aigus en demi-teintes lumineux au sein d’une ligne de chant sans faille, la soprano <strong>Catherine Trottman</strong>, capable de jouer les meneuses de revues et si touchante dans ses grands airs où elle se joue avec volupté des multiples suraigus et enfin la mezzo <strong>Mathilde Ortscheidt,</strong> au timbre sensuel et mordoré dans le personnage de Vendredi, sorte de poulbot attendrissant égaré dans les bas-fonds de New York tels que Laurent Pelly les a imaginés (Le chœur de l’Opéra de Nantes est impayable dans le ballet absurde des sosies de Donald Trump !).<br />
Le spectacle a été projeté le 18 juin sur écran géant devant l’opéra de Rennes, puis dans les villes de Nantes et d’Angers, où un public impressionnant se donne chaque année rendez-vous mais aussi, cette fois, dans 70 autres villes du grand ouest. Citons par exemple des lieux aussi insolites que Belle-Île-en-Mer ou l’île de Groix (et en différé à Jersey et Guernesey). En ce sens, l’Opéra de Rennes est un vrai précurseur et l’audace du directeur <strong>Mathieu Rietzler </strong>a payé : il a ainsi convaincu plusieurs municipalités d’accueillir enfin des opéras dans leurs théâtres comme à Lorient où la fosse, fermée depuis 15 ans, va rouvrir, ou dans certaines scènes nationales comme Quimper, St Brieuc et Brest (dont les saisons lyriques étaient prisées avant la deuxième guerre mondiale). Pas étonnant que l’Opéra de Rennes ait obtenu, le 15 juin dernier, le 1er prix du Syndicat de la Critique pour la diffusion musicale.<br />
La saison lyrique 2026-27, tellement foisonnante, où les opéras se joignent à la comédie musicale et à des créations appréciées par le public (ce n’est pas fréquent !) débutera par <em>Werther </em>dans la récente production de l’Opéra-Comique (voir Forum Opéra du 20 janvier 2026), <em>Pinocchio</em> de <strong>Philippe Boesmans</strong> dans une mise en scène de <strong>Sambre Kahan</strong>, en coproduction avec dix théâtres français et belges dont l’Opéra-Comique à Paris, <em>Cosi fan Tutte </em>de Mozart dirigé par le jeune et brillant chef canadien <strong>Nicolas Ellis</strong> (directeur musical de l’Orchestre de Bretagne) très aimé du public, <em>Platée </em>de Rameau en mai avec la soprano Catherine Trautmann, les musiciens de l’ensemble Caravaggio et le chœur <em>Mélismes</em> en résidence. Enfin, après <em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck en juin la saison s’achèvera par la comédie musicale <em>No No Nanette</em> dans la version des <em>Frivolités Parisiennes</em> si applaudie à Paris et en tournée. Après le succès, cette saison, des légendes bretonnes de l’opéra <em>La Falaise des Lendemains</em> composé par l’élève de Catherine Collard, <strong>Jean Marie Machado</strong>, issu d’une famille italo-hispano-portugaise, sur un texte chanté en français, en anglais et…en breton, il faut signaler son ballet <em>Canto Brujo</em> pour soprano et danseuse flamenco qui fêtera le 150<sup>ème</sup> anniversaire de Manuel de Falla. L’Opéra de Rennes en proposant, comme la saison symphonique d’ailleurs, tant d’œuvres originales, accueille un public si vaste et varié que son directeur a supprimé les abonnements afin de permettre un brassage de spectateurs plus important. C’est bien ce qu’on appelle, pour un tel vaisseau lyrique tourné vers le grand ouest, avoir le vent en poupe !</p>
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		<title>Récital Les grandes voix d&#8217;Afrique &#8211; Paris (Cortot)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-les-grandes-voix-dafrique-paris-cortot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’énergie et la ferveur avec laquelle la grande scientifique Patricia Djomseu se bat pour le développement de la santé et de l’enseignement dans plusieurs pays d’Afrique est admirable. Sa passion pour l’opéra l’amène aussi à découvrir de jeunes artistes lyriques qu’elle accompagne dans leurs études et leur carrière à travers son association Africa Lyric’s Opera, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’énergie et la ferveur avec laquelle la grande scientifique <strong>Patricia Djomseu </strong>se bat pour le développement de la santé et de l’enseignement dans plusieurs pays d’Afrique est admirable. Sa passion pour l’opéra l’amène aussi à découvrir de jeunes artistes lyriques qu’elle accompagne dans leurs études et leur carrière à travers son association <em>Africa Lyric’s Opera</em>, en organisant régulièrement un concours de chant des « Grandes voix d’Afrique ». Ce sont les lauréats de cette dernière compétition qu’elle présentait lors du concert de ce 21 mai à la Salle Cortot à Paris, le premier d’une tournée à travers la France. Sur l’affiche étaient annoncés la mezzo -soprano franco-algérienne <strong>Camille-Taos Arbouz</strong>, la soprano franco-béninoise <strong>Tahirah Zossou</strong> et le jeune ténor Vanel Djoko, originaire du Cameroun. Hélas, au dernier moment catastrophe !  Vanel Djoko n’a pas pu venir. Lors de la présentation de la soirée, Patricia Djomseu informe le public que deux jours avant le concert, l’ambassadeur de France au Cameroun a refusé de donner un visa au chanteur. Patricia remue ciel et terre pour le faire changer d’avis. Rien n’y fait. Le public n’en revient pas et exprime sa stupeur ! Comment l’ambassadeur de France au Cameroun a-t-il pu agir de la sorte et ignorer à ce point le tort qu’il causait? Que s’est-il donc passé?</p>
<p>Patricia réunit alors, en urgence, son équipe avec en première ligne le pianiste <strong>Thomas Tacquet</strong>, très investi dans cette aventure, et demande au jeune ténor <strong>Malthus Djatché</strong>, actuellement au Conservatoire d’Évry, de remplacer Vanel Djoko au pied levé et à la soprano <strong>Suzanne Taffot</strong>, canado-camerounaise de se joindre à l’équipe. Les répétitions ont ainsi duré jusque tard dans la nuit la veille du concert. Ce sont donc des artistes chauffés à blanc qui, avec un enthousiasme redoublé, montent sur scène ce soir du 21 mai ! Et le public ne sera pas déçu! En lever de rideau Thomas Tacquet joue magnifiquement l’ouverture de l’opéra <em>Treemonisha</em> de Scott Joplin dans une superbe version pour piano. Puis c’est Malthus Datché, aux allures d’adolescent fougueux, qui débute vaillamment la soirée en se lançant avec audace et enthousiasme dans le célèbre air de bravoure de <em>La Fille du Régiment</em> de Donizetti, véritable défi pour les ténors tant les contre-uts s’y succèdent. Malthus épate l’audience : non seulement il est d’une aisance confondante, se jouant avec jubilation de toutes les difficultés, mais il impressionne aussi par sa belle musicalité et sa diction remarquable ! Le public lui fait un triomphe. Sa technique semble si naturelle qu’on lui souhaite simplement d’étudier calmement le répertoire avec un bon pianiste chef de chant !</p>
<p>La soprano canado-camerounaise Suzanne Taffot, après un « Air des bijoux » de <em>Faust</em> de Gounod, chanté avec beaucoup de brio, interprète avec lui, le duo de <em>La Bohème</em> de Puccini qui laisse présager chez le jeune ténor au timbre chaleureux une bien belle carrière ! Dans cette soirée, La mezzo-soprano Camille-Taos Arbouz, déjà bien ancrée dans la profession, est époustouflante dans l’air « Cruda Sorte » de <em>L’Italienne à Alger</em> de Rossini, sa voix à la fois chaleureuse et puissante se jouant de toutes les pyrotechnies rossiniennes avec une facilité déconcertante. Cette grande artiste, avait accordé <a href="https://www.forumopera.com/camille-taos-arbouz-jai-toujours-ressenti-ma-double-culture-comme-une-richesse-interieure/">une interview passionnante</a> à Christophe Rizoud pour Forum Opéra le 9 mai 2025. Son interprétation de <em>Carmen</em> en duo avec Malthus Djatché est remarquable et, à la fin du concert, le chant kabyle d’Idir<em>, Ssendu,</em> en hommage à sa famille, est juste bouleversant. Enfin la jeune soprano Tahira Zossou, formée à la Royal Academy de Londres, au timbre solaire et aux aigus lumineux et flûtés, a chanté la cavatine d’Agathe du <em>Freischütz</em> de Weber, dans un allemand précis et un style qui nous a rappelé les grandes sopranos viennoises d’autrefois. Pour terminer le concert tous les chanteurs se sont réunis pour interpréter d’émouvants chants sénégalais qui sont allés droit au cœur du public qui n’a pas ménagé ses applaudissements. Patricia n’a pas manqué bien sûr de s’exclamer vaillamment : « on ne t’a pas oublié pas Vanel Djoko, tu étais avec nous ce soir ! ». Il reste à souhaiter une belle tournée aux « Voix d’Afrique » à travers la France.</p>
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		<title>2026-27 : la belle saison vagabonde de l&#8217;Opéra-Comique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/2026-27-la-belle-saison-vagabonde-de-lopera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 06:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La prochaine saison 2026-27 de l&#8217;Opéra-Comique devra se tenir hors les murs, la modernisation de la cage de scène et du plateau exigeant la fermeture de la grande salle durant de longs mois. Car il n&#8217;a jamais été  question pour son directeur Louis Langrée d&#8217;annuler la saison, d&#8217;autant que le foyer va rouvrir début janvier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La prochaine saison 2026-27 de l&rsquo;Opéra-Comique devra se tenir hors les murs, la modernisation de la cage de scène et du plateau exigeant la fermeture de la grande salle durant de longs mois. Car il n&rsquo;a jamais été  question pour son directeur <strong>Louis Langrée</strong> d&rsquo;annuler la saison, d&rsquo;autant que le foyer va rouvrir début janvier : « Il nous est apparu très vite que c&rsquo;était l&rsquo;occasion de revenir aux sources de notre cher Opéra-Comique et de nous inspirer de ce que furent ses débuts ».</p>
<p>Quelle belle idée, dès lors, de remonter planches et tréteaux dans des lieux insolites de Paris ou de ville en ville comme au début du XVIIIe siècle, et de retrouver l&rsquo;esprit des spectacles qui animaient autrefois les foires de St Germain et St Laurent ! Cette forme de représentations, dans lesquelles alternaient textes, musique et danses, avait connu un tel succès populaire qu&rsquo;elle était devenue, sous le nom d&rsquo;opéra-comique, le genre emblématique du Siècle des Lumières. Comme les comédiens ambulants de naguère, le théâtre va sortir de ses murs, prendre la route et renouer ainsi avec son histoire. « En effet- précise son directeur- si l&rsquo;Opéra National et la Comédie Française sont des théâtres vraiment parisiens, l&rsquo;Opéra-Comique est le théâtre de toutes nos régions ». Le public est donc invité à devenir nomade lui aussi!</p>
<p>Ainsi le spectacle <em>La Fabuleuse Histoire de l&rsquo;Opéra-Comique</em> de Léo Cohen-Paperman et Émilien Diard-Detœuf, coproduit avec la scène nationale de Poitiers, partira en tournée, entre janvier et mai 2027, pour 25 représentations, mêlant les musiques de Dauvergne, Grétry, Bizet et Offenbach à des chansons « de variétés » (terme idoine s&rsquo;il en est !). Accompagnés par un trio à cordes, les jeunes chanteurs de l&rsquo;Académie de l&rsquo;Opéra-Comique, planteront leurs tréteaux à Poitiers en janvier avant de sillonner les routes de France du sud-ouest à la Touraine, de la Bretagne à l&rsquo;Île-de-France et du Lyonnais à l&rsquo;Alsace.</p>
<p>Mais c&rsquo;est bien sûr à Paris que débutera la saison. Paris, où les équipes du théâtre ont trouvé des lieux insolites et historiques, devenus partenaires, qui accueilleront gracieusement les spectacles. Les 9, 11 et 12 septembre 2026, <em>Zaïde ou le Chemin de lumière</em> d&rsquo;après W. A. Mozart, créé à Salzbourg en août 2025, sera ainsi repris dans le beau Hall Eiffel du Lycée Carnot boulevard Malesherbes. Et ce n&rsquo;est pas un hasard, précise Louis Langée, « l&rsquo;Opéra-Comique repose sur une forêt de poutrelles rivetées Eiffel et sa tour apparaît sur les murs du Foyer ! »  <strong>Raphaël Pichon</strong>, qui sera à la tête de l&rsquo;orchestre Pygmalion, a conçu ce spectacle en ajoutant au singspiel <em>Zaïde</em>, laissé inachevé par Mozart, des extraits d&rsquo;autres œuvres notamment <em>Thamos, roi d&rsquo;Égypte</em>. Les dialogues seront de <strong>Wajdi Mouawad</strong> et c&rsquo;est la soprano <strong>Sabine Devieilhe</strong> qui interprétera le rôle-titre.</p>
<p>Du 24 au 27 septembre, lui succédera l&rsquo;histoire de Carmen, figure emblématique du théâtre, un spectacle créé à la Cartoucherie de Vincennes et à Avignon, intitulé <em>Carmen, opéra-paysage itinérant</em>. Conçu par J<strong>eanne Desoubeaux</strong> et interprété par une troupe de dix artistes, il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte de déambulation lyrique qui débutera à Paris dans le collège Couperin, siège de la Maîtrise de l&rsquo;Opéra-Comique, et la Cité Internationale des Arts avant de tourner dans les théâtres coproducteurs à Caen et Forbach puis dans les Yvelines et la région de Nouvelle-Aquitaine. Le théâtre a même conçu une valise pédagogique multisensorielle (sic!) intitulée « Carmen à emporter » !</p>
<p>Suivra en novembre un spectacle commandité par l&rsquo;Opéra-Comique et le Festival d&rsquo;Aix-en-Provence, auquel Louis Langrée est très attaché. Cette soirée est composée de <em>L&rsquo;Histoire du soldat</em> de Stravinsky et de l&rsquo;opéra <em>Into the Little Hill</em> de George Benjamin inspiré de la légende du <em>Joueur de flûte de Hamelin</em> des Frères Grimm. À ce sujet, Louis Langrée insiste sur le lien profond qui a souvent uni l&rsquo;Opéra-Comique aux grands écrivains, tels que Maeterlinck, Ramuz, Apollinaire, Cocteau, Boris Vian, etc. C&rsquo;est le Théâtre de Gennevilliers où <em>Into the Little Hill</em> a été créé en 2006, qui accueillera ce spectacle pour six représentations (du 8 au 16 novembre) avec la soprano <strong>Jennifer France</strong> et la mezzo <strong>Joanne Evans</strong> tandis que, dans la fosse, l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Radio France sera placé sous la direction de <strong>Lucie Legay</strong>.</p>
<p>Enfin c&rsquo;est au Grand Palais (décidément Eiffel est encore au rendez-vous!) que sera créé les 11, 12 et 13 juin <em>Heaven &amp; Hell</em> sur des textes du célèbre recueil de poèmes de William Blake, une vaste œuvre chorale commandée par l&rsquo;Opéra-Comique à Pascal Dusapin. Toute une aventure ! Étant donné l&rsquo;acoustique très réverbérante du Grand Palais, les initiateurs du projet, notamment la metteuse en scène <strong>Netia Jones</strong>, ont conçu spécialement pour cet espace une sorte de Messe de requiem où l&rsquo;ensemble instrumental et le dispositif électro-acoustique de <strong>Thierry Coduys</strong> accompagneront les 200 choristes amateurs et la maîtrise de l&rsquo;Opéra-Comique avec, en soliste, la mezzo <strong>Christel Loetzsch</strong>, disposés à travers tout l&rsquo;espace.</p>
<p>À partir de janvier, le foyer du théâtre ouvrira ses portes pour accueillir des mises en espace de <em>Rita</em> de Donizetti, du <em>Docteur Miracle</em> de Bizet et <em>Georges et Carmen</em> d&rsquo;après le roman de Jean Rousselot, ainsi qu&rsquo;une série de récitals consacrés à Gounod, Messager et Massenet avec le baryton <strong>Félix Merle</strong>, la soprano <strong>Camille Chopin</strong> et la mezzo-soprano <strong>Léontine Maridat-Zimmerlin</strong>.</p>
<p>Enfin, Louis Langrée, tout juste revenu de New York, ce 18 mai 2026, a annoncé la création d&rsquo;un programme d&rsquo;échanges culturels entre la célèbre Juilliard School et l&rsquo;Opéra-Comique, qui sera à l&rsquo;origine des concerts qui auront lieu les 12 et 13 mars 2027 au foyer. Il ne nous reste qu&rsquo;à souhaiter bon vent à notre cher Opéra-Comique !</p>
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		<title>Alexandra David Néel, la voix de l&#8217;étoile &#8211; Montreuil-sur-Mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alexandra-david-neel-la-voix-de-letoile-montreuil-sur-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est souvent dans les festivals aux moyens modestes, qui animent de belle façon nos régions, que vont se nicher des spectacles et des concerts qui forcent l’admiration en servant la musique avec une ferveur et une audace peu communes. C’est le cas du Festival Musica Nigella sur la Côte d’Opale des Hauts de France, qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est souvent dans les festivals aux moyens modestes, qui animent de belle façon nos régions, que vont se nicher des spectacles et des concerts qui forcent l’admiration en servant la musique avec une ferveur et une audace peu communes. C’est le cas du Festival Musica Nigella sur la Côte d’Opale des Hauts de France, qui accueille chaque année un public important durant le mois de mai. Né sous l’impulsion d&rsquo;Olivier Carreau et du compositeur et chef d’orchestre Japonais <strong>Takénori Némoto</strong>, le festival tient son nom, non pas de la fleur de nigelle d’Eurasie, mais bien du lieu où il est né il y a 29 ans : la ville de Tigny Noyelle, dont l’ancien nom, d’origine celtique, avait été Niviella puis Nigella. Le Festival est ainsi devenu, cette année, un hommage à l’aventure et aux aventuriers ! Rien d’étonnant donc que le spectacle d’ouverture, le vendredi 15 mai, au théâtre de la splendide ville de Montreuil-sur-mer, soit dédié à la célèbre exploratrice, écrivaine et féministe française Alexandra David Néel qui fut la première femme occidentale à pouvoir pénétrer, en 1924, dans Lhassa, capitale du Tibet. Un spectacle musical intitulé <em>Alexandra David Néel, la voix de l’étoile,</em> dont l’énoncé sur l’affiche avait su éveiller la curiosité.</p>
<p>C’est la soprano française <strong>Odile Heimburger</strong> qui en a eu l’idée après avoir lu un roman oublié de l’exploratrice, intitulé <em>Le Grand Art</em>, découvert et édité il y a quelques années seulement. Alexandra David Néel y évoque une époque de sa jeunesse trop longtemps passée sous silence. Très tôt, dans sa lutte pour s’émanciper des tensions familiales, elle songe à voyager vers de lointains horizons et dévore les récits de Jules Verne. Mais c’est par la musique, étudiée au conservatoire de Bruxelles, qu’elle y parvient bientôt en commençant, sous le nom d’Alexandra Myrial, une carrière de grand soprano d’opéra, notamment à Hanoi en 1895 (Y a-t-elle rencontré Camille Saint-Saëns qui y avait séjourné cette année-là ?). Parmi ses grands rôles : Violetta de <em>La Traviata</em> de Verdi, <em>Lakmé </em>de Delibes, Marguerite de <em>Faust </em>de Gounod, etc…</p>
<p>Odile Heimburger et la metteuse en scène <strong>Camille Panonacle</strong> ont alors eu l&rsquo;idée de concevoir un spectacle qui raconterait sous la forme d’un journal, les « années d’apprentissage » de la cantatrice nomade à travers les grands rôles qu’elle a interprétés. Et ce qui exceptionnel dans cette soirée c’est qu’elles ont su éviter le piège d’une banale succession d’airs d’opéra. En effet, il s’agit bien ici d’une pièce de théâtre musical dont le découpage élaboré avec le pianiste Antoine Palloc et issu de nombreuses épures, est d’une rare subtilité et permet un récit, allié à la musique, dont la tension ne faiblit jamais. Ainsi les airs ne sont pas forcément interprétés toujours dans leur intégralité. C’est le texte de l’écrivaine qui les inspire au point qu’au bout d’un moment on ne fait plus référence systématiquement aux opéras dont ils sont extraits. Ainsi, le début de l’air de Lakmé où « tout palpite et je commence à vivre » semble la suite logique d&rsquo;un écrit d’Alexandra et le célèbre « Il faut partir » de Donizetti lancé comme un cri libérateur semble composé pour la circonstance tout comme l’air de Juliette, « je veux vivre dans un rêve », de Gounod sans oublier le bouleversant « Je marche sur tous les chemins » de Manon de Massenet où la cantatrice en robe rouge flamboyant semble sortir des ténèbres vers la lumière. On passe ainsi du texte à la musique dans un rythme constamment soutenu. Et au pied de la scène, l’orchestre lui répond avec une complicité attentive sous la direction de Takénori Némoto (les musiciens sont excellents avec de beaux soli de flûte et de clarinette notamment).</p>
<p>Dès son entrée en scène, Odile Heimburger « est » Alexandra. Quelle présence en scène dans ces costumes magnifiquement dessinés par <strong>Karen Scholz Zorione</strong> qui réinvente les célèbres vêtements que portaient l’exploratrice ! Camille Panonacle a réglé la mise en scène avec finesse. La scénographie est simple et belle, dans les lumières délicates d’<strong>Estelle Cerisier</strong>. La soprano, seule en scène, narre le récit avec un talent de comédienne impressionnant : c’est si rare, aujourd’hui (même dans les grands théâtres), d’entendre les textes dits avec une telle sensibilité, une telle élocution qui porte loin les phrases, jusqu’au murmure. De plus, s’affronter, ainsi sans répit, sans jamais faillir, à tous ces airs virtuoses tient de l’exploit. Odile Heimburger y parvient grâce à une technique sans faille, un appui du souffle constant et juste, une émission du texte dont on ne perd pas un mot. Quelle égalité d’émission avec des graves de grand soprano lyrique et des suraigus de colorature à la fois vaillants et lumineux. On comprend le triomphe que lui réserve à la fin le public debout ! Personne finalement ne s’attendait à un spectacle aussi bouleversant. Il faut, à présent, qu’il tourne à travers le pays ! Et on rêve d’entendre un jour Odile Heimburger dans « La Voix humaine » de Francis Poulenc. Un rôle sur mesure pour elle !</p>
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		<title>Récital Enguerrand de Hys &#8211; Paris (bibliothèque Lagrange Fleuret)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-enguerrand-de-hys-paris-bibliotheque-lagrange-fleuret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Intitulé Ainsi soit-il, le récital que le ténor Enguerrand de Hys et le pianiste Paul Beynet ont donné à la bibliothèque Lagrange-Fleuret à Paris s&#8217;inscrivait à la fois dans le cadre du prochain Festival de musique sacrée de Rocamadour où il sera repris en août et à l&#8217;occasion de la parution de leur enregistrement pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Intitulé <em>Ainsi soit-il</em>, le récital que le ténor <strong>Enguerrand de Hys</strong> et le pianiste <strong>Paul Beynet</strong> ont donné à la bibliothèque Lagrange-Fleuret à Paris s&rsquo;inscrivait à la fois dans le cadre du prochain Festival de musique sacrée de Rocamadour où il sera repris en août et à l&rsquo;occasion de la parution de leur enregistrement pour le label Cantica sacra Rocamadour. Un titre et un récital en forme de prière, au sens large du terme, tout à fait d&rsquo;actualité. Dès les première œuvres, interprétées par le ténor avec des pianissimi bouleversants, les deux artistes ont profondément touché le public.</p>
<p>Remarquable ténor lyrique d&rsquo;opéra, Enguerrand de Hys est aussi un récitaliste singulier. On se souvient de sa prestation remarquable dans<em> L&rsquo;Enlèvement au Sérail</em> de Mozart à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles dont <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-versailles/">Forum Opéra avait rendu compte</a> en mai 2024. On retrouve au récital les mêmes qualités de son chant : le timbre lumineux, l&rsquo;égalité d&rsquo;émission sur toute la tessiture du grave sonore à l&rsquo;aigu rayonnant. Grâce à un legato sans failles et à une précision vocalique rare on ne perd pas un mot des textes qu&rsquo;il chante que ce soit dans le répertoire italien et allemand ou, comme ici, en français. Quel beau duo il forme avec le pianiste Paul Beynet (on songe à la belle complicité, autrefois, entre Fritz Wunderlich et Hubert Giesen) ! Les deux artistes se sont rencontrés au Conservatoire de Toulouse et ne se sont plus quittés.</p>
<p>Leur programme débute par les <em>Trois Prières</em> qu&rsquo;André Caplet avait composées dans les tranchées durant la première guerre mondiale (le ténor présente judicieusement les œuvres interprétées). L&rsquo;émotion qui se dégage du chant, qui va de l&rsquo;aigu forte jusqu&rsquo;au murmure, est  immédiate et l&rsquo;accompagnement de Paul Beynet est à l&rsquo;unisson. Vers la fin du récital ils interprètent aussi la bouleversante <em>Prière Normande</em> qu&rsquo;André Caplet avait également composée lors de la Grande Guerre. Caplet, comme Honegger avec ses <em>Trois Psaumes,</em> donnent une réelle densité au programme composé, par ailleurs, d&rsquo;œuvres de Fauré et Gounod ainsi que d&rsquo;auteurs moins connus comme Mel Bonis, Jacques de la Presle et Clémence de Grandval.</p>
<p>Un programme sans concession, on le voit, qui correspond exactement à celui qu&rsquo;ils ont enregistré. Cependant, lors d&rsquo;un récital, une telle succession de thèmes religieux qui invite surtout au recueillement se heurte vite à une certaine uniformité de sorte qu&rsquo;on décroche plusieurs fois. Plus de diversité et de contrastes seraient les bienvenus, en intégrant des œuvres spécialement choisies pour le récital. Paul Beynet est une découverte pour beaucoup: il sera en concert le 10 avril et le 7 juin à l&rsquo;église St Julien le Pauvre à Paris. Quant à Enguerrand de Hys nous pourrons l&rsquo;entendre l&rsquo;automne prochain à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles dans l&rsquo;opéra <em>Tarare</em> de Salieri et <em>Don Giovanni</em> de Mozart.</p>
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		<title>YOUMANS, No No Nanette &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/youmans-no-no-nanette-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui mieux que la compagnie des Frivolités Parisiennes pour redonner vie de si belle manière à No, no, Nanette considérée comme l’une des premières comédies musicales américaines ? Elle nous convie là à un spectacle éblouissant et très virtuose qui tient l’auditeur sous tension durant plus de deux heures. Le compositeur et pianiste Vincent Youmans, qui était &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="western" style="line-height: 150%;"><span style="font-size: 11.0pt; line-height: 150%; font-family: 'Arial',sans-serif;">Qui mieux que la compagnie des Frivolités Parisiennes pour redonner vie de si belle manière à <i>No, no, Nanette </i>considérée comme l’une des premières comédies musicales américaines ? Elle nous convie là à un spectacle éblouissant et très virtuose qui tient l’auditeur sous tension durant plus de deux heures. Le compositeur et pianiste <b>Vincent Youmans</b>, qui était rentré à New York après la première guerre mondiale, la composa alors qu’il n’avait pas encore 30 ans. En mai 1924, après des avant-premières peu convaincantes, ce « musical » d’un nouveau genre connaît enfin le succès à Chicago. Mais, c’est curieusement à Londres et à Paris que l’œuvre<i> </i>et son célèbre duo <i>Tea for two </i>vont connaître leurs premiers triomphes, au point qu’en France <i>No No Nanette</i> sera intégrée sans discontinuer dans les saisons d’opérettes françaises à travers le pays ! Au théâtre de l’Athénée, du 27 mars au 5 avril 2026, la compagnie des <i>Frivolités Parisiennes</i> s’inscrit dans cette histoire en réussissant le pari d’une mise en scène ébouriffante où les canons du genre à Broadway se mêlent à un esprit et un savoir-faire théâtral typiquement français. Et c’est génial !</span></p>
<p class="western" style="line-height: 150%;"><span style="font-size: 11.0pt; line-height: 150%; font-family: 'Arial',sans-serif;">Et très juste historiquement ! Dans l’Europe de l’immédiat après-guerre et grâce aux alliés américains le jazz était devenu à la mode. Notamment dans la salle du <i>Bœuf sur le toit</i> que fréquentait assidûment Jean Cocteau et qui devait son nom au ballet homonyme de Darius Milhaud, récemment débarqué du Brésil. Cocteau avait suggéré au compositeur de situer l’action dans un bar américain à l’époque de la prohibition – sujet très à la mode – d’autant que les tangos et maxixes brésiliens lui rappelaient les ragtimes d’outre-Atlantique et leurs dérivés en fox-tot ! Le 11 mars 1925, le « musical » <i>No No Nanette</i> est créé à Londres dans une production nouvelle du Palace Theatre qui bat tous les records de durée à l’affiche. Or à Paris, en 1926, les Frères Isolas viennent d’acquérir le Théâtre Mogador et sont à la recherche d’une œuvre lyrique populaire pour leur première saison. Ce sera <i>No No Nanette</i>, qu’ils découvrent lors d’un séjour à Londres et qui devient, le 29 avril 1926, le premier « musical » américain créé à Paris. <em>No No Nanette</em> est aussitôt un succès national et les nouveaux rythmes américains vont contaminer l’opérette française en quête d’un nouvel élan. La production des Frivolités Parisiennes, en tournée en France depuis le 7 mars, s’inscrit dans ce même élan et l’adaptation française de Christophe Mirambeau est exemplaire. L’orchestre réunit des musiciens tous remarquables et devenus des spécialistes enthousiastes du répertoire spécifique de l’opéra-comique français et du théâtre lyrique léger. Dirigés par <b>Benjamin Pras</b> (qui est aussi au piano) ils participent même à l’action par des bruitages ou des commentaires spécialement écrits pour les instruments et savamment dosés. Une complicité applaudie chaleureusement à la fin du spectacle !</span></p>
<p class="western" style="line-height: 150%;"><span style="font-size: 11.0pt; line-height: 150%; font-family: 'Arial',sans-serif;">La trame est digne d’une comédie de boulevard ! Mme Smith, femme très puritaine et son époux, éditeur devenue richissime en vendant des millions de bibles, éduquent leur fille adoptive Nanette à qui ils disent toujours « Non, non ! » à ses désirs d’émancipation. Quand on apprend que le vendeur de bibles entretient plusieurs jeunes femmes à travers le pays, le public est emporté à fond de train dans un vaudeville aux multiples chassés-croisés désopilants !</span></p>
<p class="western" style="line-height: 150%;"><span style="font-size: 11.0pt; line-height: 150%; font-family: 'Arial',sans-serif;">On doit la magnifique mise en scène à la jeune californienne <b>Emily Wilson</b> installée à Paris depuis 2001 et à son complice belge <b>Jos Houben</b>. Pour régler ce spectacle intégralement chorégraphié ils ont pu compter sur l’interprète impeccable du rôle de Mme Smith, <b>Caroline Roëlands</b> danseuse, chanteuse et comédienne d’origine californienne rompue aux règles du genre. On aimerait citer tous les interprètes tant ils sont éblouissants. Les membres du chœur sont chanteurs, comédiens et acrobates tellement virtuoses qu’ils semblent inventer à tout moment une chorégraphie réglée au cordeau ! Signalons le beau timbre de mezzo de <b>Lauren Van Kempen,</b> les deux amoureux : <b>Marion Préïté</b> inénarrable dans le rôle de Nanette et <b>Loaï Rahman</b>, dans le rôle de Tom, baryton léger, musicien dans l’âme et danseur élégant de tap dance. Les trois demoiselles qu’entretient le vendeur de bibles sont malicieuses à souhait dont <b>Véronique Hatat</b> qui se lance un moment dans de brillantes coloratures ! Mr Smih c’est l’imposant <b>Arnaud Masclet</b> et Pauline, la bonne à tout faire, <b>Marie Elisabeth Cornet</b> drôle et émouvante à la fois (son petit air murmuré à la fin du spectacle en est même bouleversant).</span></p>
<p class="western" style="line-height: 150%;"><span style="font-size: 11.0pt; line-height: 150%; font-family: 'Arial',sans-serif;">Quant à la création scénographique d’<b>Oria Puppo </b>c’est un modèle du genre : de vastes panneaux de couleurs délimitent les différents espaces de jeu tout comme les meubles à l’élégance discrète qui semblent inspirés de la Sécession viennoise ! Sans parler des figures géométriques multicolores en carton dont se jouent les membres du chœur avec malice et tendresse (notamment lors du duo d’amour des protagonistes). Aux saluts, le public est debout ! On l’a compris, c’est un spectacle à ne pas rater. Voir aussi l&rsquo;article de Catherine <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/youmans-no-no-nanette-reims/">lors de la création à Reims</a> et de Jean-Marcel Humbert,<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/youmans-no-no-nanette-compiegne/"> lors de la reprise à Compiègne</a>.</span></p>
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		<title>FISZBEIN, L&#8217;homme qui aimait les chiens &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fiszbein-lhomme-qui-aimait-les-chiens-paris-theatre-de-lathenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nommé en 2001 à la tête du Théâtre de Caen, Patrick Foll, qui a pris sa retraite en décembre dernier, en a fait un lieu de création singulier en France notamment en ce qui concerne l&#8217;art lyrique. C&#8217;est son dernier spectacle lyrique, créé à Caen le 28 janvier dernier, qui est repris les 19, 20 &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/fiszbein-lhomme-qui-aimait-les-chiens-paris-theatre-de-lathenee/"> <span class="screen-reader-text">FISZBEIN, L&#8217;homme qui aimait les chiens &#8211; Paris (Athénée)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nommé en 2001 à la tête du Théâtre de Caen, Patrick Foll, qui a pris sa retraite en décembre dernier, en a fait un lieu de création singulier en France notamment en ce qui concerne l&rsquo;art lyrique. C&rsquo;est son dernier spectacle lyrique, créé à Caen le 28 janvier dernier, qui est repris les 19, 20 et 21 février au Théâtre de l&rsquo;Athénée à Paris. Le niçois Grégory Cauvin, directeur de la scène nationale de Forbach depuis 2020, a repris le flambeau.<br />
L’œuvre est annoncée dans la presse et le programme comme une pièce de « théâtre musical » composée sur un livret adapté par <strong>Agnès Jaoui</strong> du roman cubain de Leonardo Padura <em>L’homme qui aimait les chiens</em>, publié en Espagne en 2009, dont le succès international a été impressionnant, ce qui a attiré un grand nombre de spectateurs au Théâtre de l’Athénée. Et c’est là que le bât blesse : les admirateurs de l’œuvre de Léonard Padura, sont sortis particulièrement déçus car le spectacle, malgré son titre, n’est en rien une adaptation de cette œuvre majeure de l’écrivain cubain !<br />
Comment Agnès Jaoui<strong>,</strong> passionnée de culture latino-américaine, a-t-elle pu oublier Cuba où se déroule une grande partie du récit et réduire son livret à un de ces nombreux récits historiques consacrés à l’exil de Trotski et à la vie de son assassin, l’Espagnol Ramón Mercader ? Aucune référence à Padura même sur les trois courts textes très anecdotiques qui s’affichent à l’écran. Les nombreux chapitres consacrés aux événements vécus à la Havane par Leonardo Padura sont passés à la trappe ! Le mot même de Cuba n’est jamais mentionné ! Dieu sait, pourtant, combien ce roman a compté dans la vie de Padura qui, face au totalitarisme en vigueur dans son pays, a porté ce récit en lui durant des années avant de l’achever au point de se cacher derrière son alter ego qui raconte l’histoire, un jeune écrivain dénommé Iván confronté sans cesse à la censure. « Comme Rimbaud à Hara<em> – </em>écrit Padura – j’avais préféré oublier que la littérature existait. J’avais opté pour  « écrire en silence » <em>. </em>Au moins en fermant la bouche je pouvais me sentir en paix et maintenir enfermées mes peurs ».</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/L_Homme_qui_aimait_les_chiens_27.01.2026_759-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1771666047870" />© Pierre Grosbois</pre>
<p>Le jeune écrivain évoque ses rencontres fréquentes, sur la plage de Santa María del Mar, avec un homme mystérieux qui y promène ses deux lévriers. C’est un récit de Raymond Chandler, auteur favori de Padura, « <em>The man who loved dogs</em> » qui lui vient aussitôt à l’esprit. L’enquête avance au rythme de ces promenades, où l’inconnu, sous le nom de López, lui raconte l’horreur de la guerre civile espagnole, le destin tragique de Trotski et l’ambiance glaçante de Moscou où il s’est réfugié. Ce n’est qu’à la fin du roman que le lecteur comprend qu’il s’agit bien de Ramón Mercader, l’assassin de Trotsky accueilli par Fidel Castro à Cuba en 1974.  Or ce qui fait la grandeur du roman de Padura c’est justement l’enchevêtrement de ces deux histoires avec le récit de sa propre expérience à Cuba et du destin tragique de ses compatriotes souvent condamnés à l’exil au péril de leur vie. En ce sens le chapitre 23 est bouleversant : en 1994, Iván assiste au port de Cojimar au départ en exil de nombreux Cubains désespérés sur des embarcations de fortunes et comme « des centaines de milliers d’hommes et de femmes » à travers le pays ils fuient la dictature. « Dans ces trois histoires –explique Padura – l’une est la conséquence de l’autre ». Toute cette dimension disparaît malheureusement dans le spectacle, lui ôtant la véritable portée à laquelle on s’attendait. La mise en scène dépouillée de <strong>Jacques Osinski</strong> est efficace, et les projections réalisées sur la toile d’avant-scène par <strong>Yann Chapotel</strong> magnifiques même si la présence en permanence de cette toile contraint le spectateur à une certaine distanciation avec les personnages en scène. En réalité, le spectacle doit beaucoup à ses interprètes, à commencer par les chanteurs, tous excellents, notamment le ténor <strong>Pierre Emmanuel Robert</strong>, impressionnant dans le rôle de Trotsky, qui se confronte avec virtuosité à une écriture vocale aussi périlleuse qu’artificielle, les suraigus brillants qu’il parvient à négocier aisément succédant régulièrement aux graves profonds. La désarticulation de la phrase et les accents toniques de la langue française souvent mis à mal font que, sans les sous-titres, on comprendrait difficilement les interprètes. C’est au point qu’on est heureux (voire soulagés) de les entendre dans les scènes parlées où leur diction est parfaite et leur talent de comédiens affirmés. Cette écriture vocale nous ramène à des schémas trop rebattus par une certaine école de composition qui a de moins en moins cours aujourd’hui heureusement. Le rôle de l’agent soviétique Todov est remarquablement interprété par le baryton <strong>Vincent Vantyghem</strong>, à la voix ample et sonore et celui de Ramón Mercader chanté avec une belle sensibilité par le baryton <strong>Olivier Gourdy</strong>. Il parvient à rendre la fragilité du personnage particulièrement touchante face à une mère fanatique et autoritaire dont le rôle convient parfaitement à la voix sonore de la soprano <strong>Léa Trommenschlager</strong>. Les musiciens de l’ensemble Court-circuit sont tous excellents sous la direction précise de <strong>Jean Deroyer</strong>. Dans la musique du compositeur <strong>Fernando Fiszbein</strong> (né en Argentine en 1977 et installé en France depuis l’an 2000), dont le pointillisme omniprésent à l’orchestre semble parfois un peu suranné, il faut noter le très beau moment de lyrisme lors de la lecture de la longue lettre adressée à Trotsky et son épouse en exil à Barbizon en 1933 et 1934. Un moment trop rare de belle émotion musicale dans cette soirée plutôt éprouvante.</p>
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		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 06:19:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux concerts consacrés par l’Orchestre de Paris à la Missa solemnis de Beethoven ont fait salle comble à la Philharmonie et ont reçus un accueil particulièrement enthousiaste du public. L’œuvre avait été présentée, dans cette même salle, en avril 2024 dans une belle interprétation du Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer, formation qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux concerts consacrés par l’Orchestre de Paris à la <em>Missa solemnis</em> de Beethoven ont fait salle comble à la Philharmonie et ont reçus un accueil particulièrement enthousiaste du public. L’œuvre avait été présentée, dans cette même salle, en avril 2024 dans une belle interprétation du Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer, formation qui aborde le répertoire du XVIIIème et XIXème siècle avec des instruments d’époque. C’est donc, sans doute, ce type de formation qui avait créé l’œuvre. Les musicologues Brigitte et Jean Massin ont insisté, à ce sujet, sur le fait que Beethoven, toujours insatisfait, était toujours à l’aguet des innovations concernant les factures d’instruments (notamment le piano) afin d’en augmenter les possibilités expressives. Ils ajoutaient que « Richard Wagner estimait que l&rsquo;orchestration de la 9e symphonie dépassait vraiment les possibilités des instruments du début du XIXème siècle ». Les grands orchestres symphoniques d’Autriche et d’Allemagne au début du XXème correspondraient-ils donc d’avantage à ce que recherchait Beethoven ? On peut l&rsquo;imaginer! Dans le public, la plupart des mélomanes qui ont découvert la <em>Missa Solemnis</em> grâce à ces ensembles dirigés par d’éminents chefs tels que Klemperer, Karajan ou Karl Böhm, attendaient avec impatience l’interprétation de l’Orchestre de Paris qui ne l’avait pas jouée depuis 2008. Ce 29 janvier, le spectacle était saisissant à l’arrivée de l’imposante formation et du chœur au grand complet dont les pupitres de ténors et de basses avaient dû être placés sur le balcon réservé d’ordinaire au public.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21_MATHIAS_BENGUIGUI_DSCF6013-1294x600.jpg" />© Mathias Benguigui</pre>
<p>Le jeune chef <strong>Klaus Mäkelë </strong>très à l’écoute de ses musiciens et aimé du public, notamment pour son investissement, sa fougue et sa sympathie, dirige le prélude du <em>Kyrie </em>et l’entrée du chœur avec la gravité et la lenteur requise et aussi une certaine retenue. Par contre, dès l’introduction énergique du <em>Gloria, </em>il nous entraîne avec fougue dans cet hymne à l’humanité, dans cette foi en son combat pour conquérir la liberté et la joie au sens le plus noble du terme. C’est dans le <em>Gratias agimus tibi</em> que se détache le merveilleux quatuor vocal qui sera si émouvant toute la soirée. Un quatuor de grandes voix, aussi homogène qu’un ensemble de musique de chambre, qui nous va droit au cœur. La soprano <strong>Chen Reiss</strong>, que Jérémie Rohrer avait déjà engagée à la Philharmonie, est sublime. Sa voix possède un timbre chaleureux et peut passer de la douceur aux suraigus vaillants sans jamais perdre cette couleur magnifique. Quelle égalité sur toute la tessiture ! Et c’est le cas de tous les chanteurs. La voix de la mezzo <strong>Wiebke Lehmkulh </strong>qu’on a pu entendre déjà à Paris, notamment dans le rôle d’Erda de la Tétralogie de Wagner, se marie à merveille avec elle tout comme avec celle du ténor <strong>Andrew Staple</strong> capable de tant de couleurs, aux aigus brillants, tantôt héroïques et tantôt filés jusqu’aux piani les plus subtils. Son intervention dans le déchirant <em>Et homo factus</em> <em>est </em>du <em>Credo </em>est bouleversante. L&rsquo;engagement et la puissance du chœur sont impressionnants tout au long du concert et particulièrement ici dans la fugue <em>Et vitam</em> et l’<em>Amen</em> final martelé avec force. Dans le <em>Benedictus</em> du <em>Sanctus</em> qui suit, c’est la voix de la soprano qui domine le quatuor dans de longues phrases au aigus lumineux<em>. </em>C’est alors que s’élève  le chant particulièrement poignant du violon interprété avec un lyrisme puissant par <strong>Sarah Nemtanu</strong>, nommée premier violon de l’orchestre le 1<sup>er</sup> janvier dernier. Son solo, tel un message de paix, parcourt toute la fin du Sanctus. Quant au baryton <strong>Gerald Finley</strong>, qu’on ne présente plus, sa voix large et profonde s’épanouit vraiment au début de <em>l’Agnus Dei</em> avec une largeur et un dramatisme inhabituels donnant plus de force encore au recueillement qui suit et surtout au mot <em>Pacem </em>scandé énergiquement par le chœur jusqu’à la fin, sous la direction vigoureuse de Mäkelë, tel un appel déterminé à l’humanité tout entière. Et le message est fort par les temps qui courent! L’émotion était palpable dans le public qui s&rsquo;est levé pour faire un triomphe à l’orchestre et aux chanteurs.</p>
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		<title>GRANADOS, Goyescas / DE FALLA, Les Tréteaux de Maître Pierre &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/granados-goyescas-de-falla-les-treteaux-de-maitre-pierre-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2026 08:03:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1er février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé La Edad de Plata (L’âge d’argent) incluant l’opéra Goyescas de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les Tréteaux de Maître Pierre de Manuel de Falla. La Edad de Plata, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 24 janvier au 1<sup>er</sup> février 2026, le Théâtre de la Zarzuela de Madrid présente (pratiquement à guichets fermés) un spectacle lyrique intitulé <em>La Edad de Plata (L’âge d’argent)</em> incluant l’opéra <em>Goyescas </em>de Granados, rarement monté depuis sa création en 1916, et les <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> de Manuel de Falla. <em>La Edad de Plata</em>, née à la fin du XIXe siècle, fait référence à une période faste de la culture espagnole. Plusieurs mouvements artistiques majeurs se sont ainsi succédé jusqu’à la guerre civile de 1936, dans une sorte de retour aux sources de la culture ibérique et d’ouverture au monde. Le metteur en scène et scénographe andalou <strong>Paco López</strong> a eu l’idée d’évoquer cette époque en inscrivant les œuvres de Granados et de Falla dans leur contexte historique, avec comme point d’ancrage Paris où les deux compositeurs avaient vécu et où ils avaient lié une belle amitié. Manuel de Falla avait ainsi révélé au public parisien l’exceptionnelle profondeur des œuvres pour piano de Granados.  Et la suite pour piano<em> Goyescas</em> avait été créée par Granados lui-même en 1914. Il y exprimait sa passion pour le XVIIIe siècle, pour Scarlatti et surtout Goya qui avait remis à l’honneur, à Madrid, les <em>majos</em> et <em>majas</em> madrilènes dansant fandangos et boléros sur la Pradera de la Florida. C’est sur le conseil d’un pianiste américain de ses amis, que Granados décida d’en faire un opéra dont la création fut programmée à l’Opéra de Paris en 1915 (mais, en raison du conflit mondial, c’est au Metropolitan Opera de New York qu’elle eut lieu en janvier 1916). Manuel de Falla se sentait, lui, plus proche du Siècle d’Or et notamment de Miguel de Cervantes dont le Don Quichotte allait lui inspirer le <em>Retablo de Maese Prado</em>, créé sept ans plus tard à Paris dans le salon de la princesse de Polignac.<br />
Dès le début de la soirée le public ressent qu’il va être entraîné dans un récit dont on il ne va pas sortir tout à fait indemne : la soirée commence par la tragique <em>Marche des Vaincus</em> de Granados interprétée de manière bouleversante par l’orchestre tandis qu’un film, projeté en fond de scène, évoque l’année 1939, les nazis entrant dans Paris et les populations fuyant la barbarie. Dans l’ombre en avant-scène, le personnage du peintre Ignacio Zuloaga, qui a fui la France, évoque le Paris d’avant-guerre et les fêtes organisées dans son salon où il recevait tant d’artistes comme la danseuse flamenca Antonia Mercé dite <em>La Argentina</em> dont l’interprétation de la <em>Danza de los Ojos verdes</em> l’avait bouleversé (elle est incarnée superbement dans le spectacle par <strong>Marina Walpercin</strong>). Il avait même dessiné des décors afin d’y créer <em>Les Tréteaux </em>de Falla et des extraits de l’opéra <em>Goyescas</em>.<br />
L’orchestre attaque alors l’ouverture de l’opéra, la scène entière s’illumine et c’est un éblouissement : Madrid est en fête au bord du fleuve Manzanares, les aristocrates se mêlant aux gens du peuple, les costumes des nombreux choristes et danseurs, conçus par <strong>Jesús Ruiz</strong>, sont flamboyants, la chorégraphie d’<strong>Olga Pericet</strong> spectaculaire et le grand chœur du Théâtre de la Zarzuela impressionnant tant vocalement que par sa présence en scène. L’Orchestre de la <em>Comunidad </em>de Madrid rayonne sous la direction d’<strong>Álvaro Albiach</strong>, chef exceptionnel, qui maintient, avec un rythme saisissant, toute la soirée sous tension. Suit l’entrée des personnages, souvent réduits à de simples archétypes : le personnage historique de Paquiro, torero populaire et fanfaron, interprété vaillamment par le baryton <strong>César San Martín</strong> et sa fiancée, la sensuelle Paquita, campée avec charme et sensualité par la jeune mezzo <strong>Mónica Redondo</strong> au timbre chaleureux. Face à eux, les aristocrates : le capitaine Fernando et sa fiancée Rosario. <strong>Alejandro Roy, </strong>qui a fait ses débuts au Met de New York dans <em>Turandot </em>en 2019, interprète vaillamment le rôle du militaire de sa voix belle et puissante de ténor <em>spinto</em> (un rôle créé au Met par Giovanni Martinelli). Cependant, plus de nuances et de phrasés seraient les bienvenus. La soprano lyrique <strong>Raquel Lojendio</strong>, interprète le rôle de Rosario avec une grande sensibilité et une musicalité sans faille. Dans ce premier tableau le torero invite Rosario au bal « aux chandelles » (<em>baile de candil</em>) : la rivalité entre les deux hommes laisse présager le pire.<br />
Le rideau tombe et commence alors le célèbre <em>Intermezzo </em>orchestral, souvent joué en concert, dirigé par Albiach de manière particulièrement intense et dramatique. Sur l’écran, l’océan et les nuages s’amoncellent sur un océan déchaîné, le peintre Zuloaga seul dans la pénombre, s’inquiète de la neurasthénie et des prémonitions funestes de son ami Granados.<br />
Le deuxième tableau nous entraîne au <em>baile de candil</em> rutilant et très animé, les chœurs et les danseurs rivalisant de virtuosité. Mais le drame sourd. Des spectres, entièrement couverts d’une bure, tout droit sortis des <em>Caprichos</em> de Goya se mêlent bientôt aux fandangos et séguedilles. La chorégraphie est alors particulièrement désarticulée et les danseurs impressionnants.<br />
L’interlude orchestral qui suit offre un contraste encore plus puissant. C’est, soudain le Granados passionné de musique germanique qui s’exprime quand, sur le rythme implacable des percussions, s’élève aux violons une longue plainte bouleversante. Sur scène, devant l’écran, une danseuse en blanc semble se battre au milieu de l’océan jusqu’à disparaitre au milieu des vagues, rappelant la mort de Granados et son épouse. À leur retour de New York, après le succès remporté par l’opéra au Met, ils avaient péri dans le naufrage du <em>Sussex</em> torpillé par les sous-marins allemands peu après son départ d’Angleterre.<br />
Le troisième et dernier tableau, <em>La maja et le rossignol</em>, contrairement à ce que le titre laisse supposer, est en réalité une sorte de long aria dramatique interprété par Rosario pour qui le chant de l’oiseau n’est qu’un mauvais présage. Elle parvient à retrouver Fernando mais celui-ci, blessé à mort, s’écroule dans ses bras.  Raquel Lojendio y est remarquable et cette fois dans un registre de lirico spinto, d’un grave profond à un aigu dramatique. Le public, enthousiaste tout au long de la représentation, applaudit à tout rompre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EdadPlata-2-1294x600.jpg" />© Javier De Real</pre>
<p>Après l’entracte, en prélude aux <em>Tréteaux de Maître Pierre</em> c’est l’Espagne de 1939 qui est à l’écran alors que se mêlent les mains tendues des saluts fascistes. Manuel de Falla se souvient de son départ en exil et les spectres goyesques réapparaissent. Paco López a judicieusement choisi, en introduction, sa <em>Psyché</em>, mélodie avec ensemble instrumental, sorte d’appel au renouveau du printemps, à laquelle la grande voix de Raquel Lojendio aux aigus pianissimi lumineux, donne une tonalité presque tragique que le prélude des Tréteaux de Maître Pierre qui lui succède dissipe à peine. La mise en scène est très astucieuse : le théâtre de marionnettes est remplacé par un film muet comme ceux des années 1920, et cela fonctionne à merveille. La lutte, sur l’écran, du chevalier médiéval pour libérer son épouse, soudain ramené dans la vraie vie par l’idéaliste Don Quichotte, n’est pas étrangère à notre monde actuel. Cette mise en abîme a pu heurter une partie du public mais elle est pertinente. Le jeune ténor <strong>Pablo García López</strong> incarne Maese Pedro et dans le personnage du <em>Trujamán</em> qui raconte l’histoire, la mezzo-soprano <strong>Lydia Vinyes-Curtis</strong> est impayable. Quelle voix claire et sonore et quelle comédienne ! Quant au baryton <strong>Gerardo Bullón</strong>, il est un Don Quichotte émouvant à la voix chaude et à la diction sans faille. Tous deux sont très applaudis aux saluts.</p>
<p>On sort du théâtre particulièrement impressionné. Concevoir un tel spectacle était un défi ambitieux relevé brillamment par le Théâtre de la Zarzuela.</p>
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