Ce 7 septembre, nous célébrions le tricentenaire de François-André Danican Philidor, compositeur français né à Dreux et qui n’a jamais réussi après sa disparition en 1795 à trouver sa place dans le Panthéon des musiciens français, nonobstant la rue qui lui est dédiée dans le XXe arrondissement de Paris et la plaque qui porte son nom sur l’une des façades de l’Opéra-Garnier.
Il était pourtant l’un des compositeurs les plus célébrés de son temps, lui qui avait été formé par le vieux Campra à Versailles, après avoir été remarqué très tôt comme enfant de chœur à la Chapelle Royale. Il écrira pas moins de 19 opéras-comiques en trente ans, s’illustrant avant d’autres dans un genre qui allait trouver son plein essor. Mais là où un Grétry (de 19 ans son cadet et sur qui la musique de Philidor a pu avoir une influence) allait plus durablement inscrire sa marque jusqu’à revenir épisodiquement ces dernières années, ou à l’instar de Dalayrac, Philidor est aujourd’hui oublié alors qu’on trouvait sa musique innovante, trait d’union entre la période baroque finissante et le classicisme.
Oublié ? A l’opéra c’est incontestable. Si l’on en croit l’indispensable Operabase, les productions de ses œuvres lyriques sont très rares sur ces trente dernières années, et c’est son Tom Jones, d’après Fielding, qui revient le plus souvent. En 2026, pour son tricentenaire, on ne relève aucune représentation, si ce n’est Blaise et le savetier à Augsbourg en avril dernier et une sélection d’airs de Tom Jones par l’Academy of Ancient Music dirigée par Laurence Cummings et avec Amanda Forsythe en soliste à Cambridge les 30 septembre et 1er octobre. Mais dans son pays d’origine, presque rien, à part peut-être ce concert dans le cadre des Journées du patrimoine à Saint-Georges Motel (Eure) le 19 septembre prochain.
Peut-être pâtit-il de son exil en Angleterre lors de la Révolution (il mourra à Londres) ? Ou bien est-ce sa double vie ? Ou plus exactement son autre vie, celle qu’il a vouée au jeu d’échecs, dont il était l’un des meilleurs -sinon LE meilleur – joueur de son temps de même que le meilleur théoricien. Il était semble-t-il encore plus connu pour cela que pour sa musique, et sans doute encore aujourd’hui chez les spécialistes.
Mais cela ne doit pas empêcher de célébrer le compositeur comme il se doit, justement avec ce Tom Jones, son œuvre la plus « célèbre », si l’on peut dire… et dont voici le finale, enregistré pour la première fois à Lausanne, sous la baguette de Jean-Claude Malgoire il y a 20 ans.
