Faust avait négocié avec le diable. À la Scala de Milan, il lui faudra peut-être aussi composer avec les syndicats. Prévue le 20 octobre, la première de l’opéra de Gounod est sérieusement compromise. Après deux réunions infructueuses avec le surintendant Fortunato Ortombina, les représentants du personnel ont confirmé, jeudi 15 octobre, leur appel à la grève.
Le mouvement avait été voté à la quasi-unanimité le 12 octobre : sur plus de 450 salariés réunis, un seul s’y était opposé et quatre s’étaient abstenus. Au cœur du conflit, le renouvellement du contrat collectif pour 2027-2029 et une revendication de 15 % de revalorisation des rémunérations annuelles brutes. Les syndicats, qui entendent compenser l’inflation des dernières années, reprochent à la direction de ne toujours pas avancer de propositions financières concrètes. La nouvelle rencontre du 15 octobre n’a pas davantage permis de sortir de l’impasse. La grève est donc maintenue.
La soirée devait pourtant marquer de prestigieuses retrouvailles. Absent de la Scala depuis 2010, Faust y revient dans une nouvelle production de Johannes Erath, coproduite avec les opéras de Valence, Berlin et Madrid. Vittorio Grigolo, Marina Rebeka et Alex Esposito sont à l’affiche, sous la direction de Daniele Rustioni, qui retrouve le pupitre milanais douze ans après son dernier engagement.
Pour l’heure, la première figure toujours au calendrier. Mais si Méphistophélès, chez Gounod, promet monts et merveilles, les salariés de la Scala n’attendent pas de magie : seulement des chiffres.
