Le grand éclairagiste italien Vinicio Cheli nous a quittés récemment. Figure majeure de la scène lyrique et chorégraphique depuis les années 1970, il avait travaillé avec les plus grands : Giorgio Strehler, Rudolf Noureev, Pier Luigi Pizzi, Luca Ronconi, Nikolaus Lehnhoff, Werner Herzog ou Andreï Kontchalovski, de Milan à Paris, de Salzbourg à Aix-en-Provence, de New York à Tokyo.
À l’Opéra de Paris, il avait notamment signé les lumières des Troyens de Pizzi, spectacle inaugural de Bastille, mais aussi de La Bayadère, La Belle au bois dormant, Samson et Dalila, De la maison des morts, Mireille ou La Dame du lac. Complice privilégié d’Ezio Frigerio, il avait également contribué à certaines des productions qui ont marqué l’histoire récente de nombreux théâtres européens.
Mais c’est au Capitole de Toulouse, auquel il était profondément attaché, que son nom restera peut-être le plus intimement lié. Depuis Falstaff en 1991, il y avait accompagné Nicolas Joel et l’équipe Frigerio–Squarciapino, éclairant Lucia di Lammermoor, Otello, Tristan et Isolde, La Femme sans ombre, Le Chevalier à la rose et bien d’autres productions. Jusqu’au bout, il était resté fidèle à la maison : Salomé, en mai dernier, aura été sa dernière création.
Au-delà de l’immense technicien et artiste, ses proches, les équipes du Capitole et l’Opéra National de Paris en la personne d’Alexander Neef, saluent un homme d’une élégance, d’un charme et d’une bonté rares.

