Il faut parfois regarder un peu à l’écart des grands itinéraires lyriques !
Brescia, l’affairée, la bruyante mais aussi l’une des plus belles villes de Lombardie (superbe patrimoine antique et médiéval, classé UNESCO), possède avec son Teatro Grande un écrin digne des plus grandes scènes italiennes. Pas de Verdi ni de Puccini pour ouvrir sa saison, mais Britten et son définitivement singulier, et obsédant, Death in Venice : le pari pouvait sembler audacieux.
Il s’est transformé en très joli succès. La production de Rodula Gaitanou, créée le 25 septembre, a été chaleureusement accueillie, portée par un Toby Spence très remarqué dans le rôle d’Aschenbach et un Dominic Sedgwick qui relève le tour de force des sept personnages masculins.
« Réussite exemplaire », écrit ClassiqueNews, qui salue notamment la direction « électrisante » de Daniel Smith. Le Giornale di Brescia évoque, lui, « un pari vinto » — un pari gagné — et une mise en scène « opulenta e ricca di sfumature », opulente et riche en nuances. Une Venise fantasmée, entre projections, chorégraphies et jeux de lumière, où le désir et la mort finissent naturellement par se confondre.
Et Aschenbach n’a pas fini de voyager : cette belle production quittera Brescia pour Côme les 9 et 11 octobre, avant de poursuivre sa tournée en Italie jusqu’à Ravenne, en février 2027.
Une Mort à Venise qui, décidément, a encore quelques voyages devant elle…

