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Discothèque idéale : Verdi – Falstaff (Karajan, Warner – 1956)

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Brève
18 septembre 2025
De Mariano Stabile à Bryn Terfel, en passant par Fischer-Dieskau, Taddei, Bruson ou encore Van Dam, les incarnations mémorables de Falstaff ne manquent pas. Mais dans cette intégrale – la première gravée en stéréo –, ce qui se joue dépasse la simple addition de qualités individuelles.

Mais dans cette intégrale – la première gravée en stéréo –, ce qui se joue dépasse la simple addition de qualités individuelles. Dès les premières mesures, Karajan entraîne l’auditeur dans une mécanique infernale : l’action s’emballe, irrésistible, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Qui, depuis, a su conjuguer avec une telle évidence la précision du moindre détail et ce sentiment de totale liberté ? Le Philharmonia, mené tambour battant, chante, rit, rutile, cajole : plus qu’un accompagnateur, il s’impose presque comme le véritable protagoniste de cette comédie endiablée. Les solistes, il est vrai, se fondent idéalement dans cette vision à la fois théâtrale et d’une rigueur absolue. Tito Gobbi et Rolando Panerai se complètent à merveille, chacun donnant au mot un relief d’une vérité saisissante. Luigi Alva, timbre d’or et de miel, incarne peut-être le plus idéal des Fenton de la discographie ; sa Nannetta, Anna Moffo, fait ici des débuts discographiques éclatants. Autour d’eux, Schwarzkopf, irrésistible de beauté et de naturel dans l’un de ses rares rôles comiques, Fedora Barbieri, impayable Quickly, et Nan Merriman, qui prête à Meg une vraie densité humaine, complètent un plateau d’anthologie. Près de trois quarts de siècle après son enregistrement, ce Falstaff n’a rien perdu de sa verve ni de son évidence. C’est toujours vers lui que l’on revient pour savourer toute la malice shakespearienne et la modernité de l’ultime chef-d’œuvre verdien.

Tito Gobbi (Falstaff), Luigi Alva (Fenton), Rolando Panerai (Ford) ,Elisabeth Schwarzkopf (Alice Ford), Anna Moffo (Nannetta), Fedora Barbieri (Mrs Quickly), Nan Meriman (Meg Page), Renato Ercolani (Bardolfo), Nicola Zaccaria (Pistola), Tomaso Spataro (Dr Cajus)
Philharmonia Orchestra & Chorus; Herbert von Karajan (direction). Parution : EMI (Warner) 1956

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