Née à Cheltenham en 1947, Felicity Lott se destinait d’abord à l’enseignement avant que la musique ne s’impose définitivement. Formée à Londres à la Royal Academy of Music, elle se fait rapidement remarquer pour la finesse de son interprétation plus que pour tout effet spectaculaire.
Très vite, les grandes maisons d’opéra l’accueillent. Glyndebourne, Covent Garden, le Metropolitan Opera, la Bayerische Staatsoper ou encore le Festival de Salzbourg deviennent des lieux familiers d’une carrière menée avec constance et exigence.
Mozart puis Strauss occupent une place centrale dans son parcours : la Comtesse des Noces de Figaro ou Fiordiligi dans Cosi fan tutte, la Maréchale du Rosenkavalier, Arabella, comptent parmi ses incarnations les plus admirées. Felicity Lott excellait dans l’art subtil de faire parler le texte autant que la musique. « Je n’ai jamais su dire non, sauf pour des rôles dangereux ! » confiait-elle lors d’une interview accordée à Violette Viannay en 2018.
Au sein de son répertoire, La France fut pour elle bien davantage qu’un pays d’accueil artistique. Elle y trouvait une langue, une tradition musicale et un esprit auxquels elle semblait profondément attachée. C’est ainsi qu’elle entretint une relation privilégiée avec la mélodie française et l’opérette. Son interprétation de Chabrier, Poulenc, Hahn reste une référence, son incursion dans l’univers d’Offenbach au début du XXIe une révélation.
A la manière d’Offenbach justement, dont la musique masque sa mélancolie sous les couleurs de la fantaisie, sourions pour ne pas pleurer avec cette anecdote racontée par Felicity Lott elle-même dans Il nous faut de l’amour, son livre de souvenirs : à l’issue d’une représentation de La Flûte Enchantée dans laquelle elle chantait Pamina, une spectatrice enthousiaste se précipite pour la féliciter : « c’était merveilleux ! ». Mais alors que la chanteuse flattée, la remercie, la femme lui répond : « Pas vous, la Reine de la Nuit ! ».
Cette élégance, cette distance légère face aux choses de la vie, résument peut-être mieux que tout l’art de Felicity Lott.



