Alors que Louise est revenue à l’affiche ces dernières années (et encore tout récemment à l’Opéra national de Lyon), nous commémorons ce 18 février les 70 ans de la disparition de Gustave Charpentier, qui connut avec cet opéra (il préférait l’appeler « roman musical ») naturaliste et populaire, son seul véritable succès.
Le nom de ce Mosellan né 95 ans plus tôt est profondément lié à Paris, le véritable personnage de son opéra, qu’il ne quittera lui-même, pour ainsi dire, plus guère, vivant pendant plus de 50 ans boulevard Rochechouart, non loin de ce Montmartre qu’il a contribué à mythifier. Il est lui-même inhumé au Père-Lachaise.
Son catalogue est des plus restreints car il avait cessé de composer après l’échec de la suite qu’il avait voulu donner à Louise, Julien, en 1913. Charpentier a consacré sa vie aux luttes sociales et à la défense des arts et de l’enseignement populaire. Son autre grande œuvre était de ce point de vue la création du Conservatoire populaire Mimi Pinson, en 1902, destiné à former gratuitement les ouvrières parisiennes et à permettre un accès plus large aux arts. Le Conservatoire déclinera après la Première Guerre mondiale et disparaîtra tout à fait peu après la mort de Charpentier.
Quelques années avant sa disparition, figure respectée du monde musical parisien, Charpentier dirigeait encore lui-même le fameux Couronnement de la Muse, tiré de l’acte IV de Louise à la tête d’un chœur de 1200 personnes. Pour lui rendre hommage, voici cette page rayonnante ici dans une interprétation que Charpentier a peut-être entendue lui-même, puisqu’elle date de 1935, tirée d’une intégrale historique de Louise, dirigée par Eugène Bigot et dans laquelle on pouvait entendre Georges Thill en Julien et Ninon Vallin en Louise.


