C’est à guichets fermés que le théâtre Bolchoï affichait ce samedi soir (ainsi que les 27 et 29 septembre) Mefistofele d’Arrigo Boito dirigé par Valery Gergiev dans une mise en scène de Giancarlo del Monaco. Cette production marquait le retour de cet opéra sur la scène moscovite après plus d’un siècle d’absence (la dernière représentation datait de 1902 avec le légendaire Fiodor Chaliapine).
Dans le rôle-titre, Ildar Abdrazakov a reçu un accueil triomphal – et fleuri (voir ci-dessous) – qui s’inscrit dans un contexte international particulier. Autrefois habituée des plus grandes scènes occidentales, la basse bachkortostanaise fait en effet l’objet de vives critiques et d’annulations en Europe et aux États-Unis en raison de ses liens étroits avec le pouvoir russe et de son refus de dénoncer le conflit en Ukraine — en témoignent sa nomination à la tête du théâtre de Sébastopol en Crimée et son retrait volontaire du Metropolitan Opera de New York en soutien à d’autres artistes russes.
Arnaud Buissonin


