Forum Opéra

Jonas Kaufmann au Figaro : « On ne compose pas un personnage avec ce qui nous manque mais au contraire avec ce que l’on est. »

Partager sur :
Brève
9 juin 2020
Jonas Kaufmann au Figaro : « On ne compose pas un personnage avec ce qui nous manque mais au contraire avec ce que l’on est. »

A l’occasion de la sortie de son nouvel Album pour Sony, Otello, Jonas Kaufmann a répondu aux questions du Figaro. Il y explique entre autre toute la complexité psychologique du personnage, écueil suprême de ce rôle selon lui, et les raisons profondes qui le font basculer dans la folie.

C’est cette fragilité que le ténor allemand a essayé de faire transparaître dans son enregistrement, sans chercher de couleur particulière a priori dans sa voix, ce qui aurait été  contreproductif. Bien au contraire, la recherche de la couleur adéquate ne peut se réaliser sans abandonner toute idée préconçue sur le personnage, vocalement et psychologiquement, mais en laissant passer la charge émotionnelle, sans pour autant perdre le contrôle de sa voix. « On ne compose pas un personnage avec ce qui nous manque mais au contraire avec ce que l’on est ». Cet équilibre s’avère particulièrement délicat à instaurer au disque du fait des conditions d’enregistrement respectant peu la chronologie de la partition, et n’est rendu possible que par des prises de rôle préalables sur scène face un public.

Scène, que malheureusement, Jonas Kaufmann n’a pu retrouver en mai dernier à Paris pour la Walkyrie pour cause de confinement. D’ailleurs, à part un Don Carlos et un autre concert à Vienne cet été, les autres projets demeurent pour l’instant bien nébuleux. Le ténor en profite pour rappeler à quel point la crise de la Covid a mis en lumière la fragilité de l’art lyrique, alors que ce dernier, à l’instar de toutes les autres formes d’art, sont aussi constitutifs de notre identité que certains sports…

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Plus qu’un témoignage, une somme capitale
LivreSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Si l’on en croit le précieux site OpéraDIS(cography), il n’existe qu’une trentaine d’enregistrements du Guillaume Tell de Rossini, presque tous captés sur scène, en concert ou à la radio : on ne compte que deux enregistrements en studio, l’un en italien (Chailly chez Decca) et l’autre dans la version originale en français (Gardelli chez EMI/Warner). Les deux appartiennent à la décennie 1970 et c’est bien le moment où l’on a commencé à observer un basculement : après des décennies d’enregistrements en italien, c’est le retour à la version en français. Cette dernière s’impose depuis 50 ans et singulièrement depuis le début des années 2000.
Brève
Les enregistrements de La Bohème poussent comme herbes folles dans les prés. Qu’un ténor émerge, qu’une soprano se fasse remarquer, et a fortiori que les deux s’accordent et aient une frimousse passable, La Bohème est pour eux, avec comparses obligés et orchestre de rencontre.
Brève
[themoneytizer id="121707-28"]