Figure majeure de la scène lyrique internationale, Paata Burchuladze a été condamné à sept ans de prison par un tribunal de Tbilissi en Géorgie.
Âgé de 71 ans, le chanteur s’est formé au Conservatoire de Tbilissi puis à la Scala de Milan avant de remporter plusieurs prestigieux concours internationaux dans les années 1980, dont les concours Tchaïkovski et Luciano Pavarotti. Les plus grandes scènes lyriques l’ont accueilli, du Royal Opera House de Londres au Metropolitan Opera de New York, dans les grands rôles du répertoire russe et italien. Depuis plusieurs mois, il était devenu l’un des visages du mouvement pro-européen « Rustaveli Avenue », né en réaction au rapprochement du gouvernement géorgien avec Moscou et au gel des négociations d’adhésion à l’Union européenne.
Très présent lors des rassemblements organisés dans les rues de Tbilissi, Paata Burchuladze chantait régulièrement devant les manifestants et dénonçait ce qu’il qualifiait de dérive autoritaire du pouvoir. Il a été arrêté après l’assaut du palais présidentiel survenu le 4 octobre 2025, lors d’une manifestation ayant dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Les autorités géorgiennes l’accusaient notamment d’avoir participé à l’organisation de violences collectives et d’avoir appelé au renversement du gouvernement. (voir brève du 6 octobre dernier)
Sa condamnation, ce 7 mai, a suscité de nombreuses critiques parmi les organisations de défense des droits humains et les milieux culturels européens, qui dénoncent un procès politique destiné à faire taire les opposants au pouvoir.



