Dans Tosca, Angelotti échappe à la police de Scarpia. À Calgary, son interprète n’a pas échappé aux sanctions de la direction. Vendredi 16 octobre, aux saluts de la première, la basse canadienne Gabriel Sanchez-Ortega a déployé un drapeau palestinien face au public du Jubilee Auditorium. Il ne chantera pas les deux représentations suivantes.
Dans un communiqué publié sur Instagram, Calgary Opera dénonce une initiative « inattendue et non autorisée ». La compagnie rappelle que son règlement proscrit toute manifestation politique individuelle, contraire à sa volonté de favoriser par l’art le respect et le dialogue. Un autre chanteur reprendra le rôle les 18 et 24 octobre.
Sanchez-Ortega maintient sa position. « Je ne regrette rien », écrit-il sur son compte Instagram. Il dit savoir que des pressions financières pèsent sur la maison, sans que rien ne l’ait publiquement confirmé, puis ajoute : « Ce fut un honneur d’interpréter Angelotti, un prisonnier politique évadé. »
Diplômé de la Glenn Gould School de Toronto, le chanteur effectue sa première année dans le programme de jeunes artistes de Calgary Opera. Il doit encore chanter cette saison dans Cendrillon, Otello et The Pied Piper. La direction n’a pas indiqué si ces engagements étaient maintenus.
Le slogan choisi pour cette production : « Fear Nothing. Lose Everything » (« Ne craignez rien. Perdez tout »).
