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	<title>Ruperto CHAPÍ - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ruperto CHAPÍ - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Concert Claire de Monteil et Aymeric Gracia &#8211; Bagneux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-claire-de-monteil-et-aymeric-gracia-bagneux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2024 04:54:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Claire de Monteil avait créé la surprise à Milan en remplaçant au pied levé la titulaire du rôle de Médée. Nous la retrouvons ce soir pour un concert entre amis et presque en famille dans l&#8217;église de Bagneux où elle s&#8217;est déjà produite à plusieurs reprises accompagnée d&#8217;Aymeric Gracia, violoniste, pianiste, compositeur et chef d&#8217;orchestre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Claire de Monteil</strong> avait créé la surprise à Milan <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/claire-de-monteil-je-nen-reviens-toujours-pas/">en remplaçant au pied levé la titulaire du rôle de <em>Médée</em></a>. Nous la retrouvons ce soir pour un concert entre amis et presque en famille dans l&rsquo;église de Bagneux où elle s&rsquo;est déjà produite à plusieurs reprises accompagnée d&rsquo;<strong>Aymeric Gracia</strong>, violoniste, pianiste, compositeur et chef d&rsquo;orchestre !</p>
<p>Le programme de la soirée s&rsquo;ouvre justement avec une de ses compositions. Après avoir étudié à La Sorbonne et au CRR de Rueil-Malmaison en tant que violoniste, Aymeric Gracia a intégré la Haute École de Musique de Genève où il a obtenu son Master d’Interprétation en 2015. Il a également reçu le Prix Spécial Adolphe Neuman de la ville de Genève. Le musicien a donné des concerts en soliste ou au sein de formations orchestrales (il est l&rsquo;un des premiers violon de l&rsquo;Orchestre Colonne) et il est également pianiste doué, comme on aura pu le voir au cours de ce concert. Gracia est aussi auteur, ayant appris la composition avec Francine Aubin*. Ce concert nous permet d&rsquo;apprécier quelques une de ses oeuvres. Dédié au danseur-étoile Jean-Guillaume Bart, présent dans la salle, artiste qu&rsquo;il découvrit en résidence à l’Académie de l’Opéra national de Paris, <em>Le Jardin éveillé</em> est un poème chorégraphique dont nous entendrons ici la délicate valse. Son cycle de <em>Cinq mélodies à la manière de Reynaldo Hahn</em> (auquel il a ajouté une ouverture-féérie) est d&rsquo;un charme délicieusement suranné avec une musique élégante au idéales pour ces poèmes d&rsquo;Armand Silvestre qui semblent avoir été écrits pour être chantés. On y appréciera cette distance faussement désengagée, très typique du style français de cette époque, où le je-ne-sais-quoi et le presque-rien l&#8217;emportaient sur la boursouflure romantique. Le cycle est dédié à Claire de Monteil qui l&rsquo;interprète avec goût, délicatesse et intelligence.</p>
<p>Le jeune soprano, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">qui se produit depuis quelques mois dans plusieurs villes italiennes dans une coproduction d&rsquo;<em>Il Trovatore</em></a><em>, </em>consacre l&rsquo;autre partie du concert à quelques grands airs d&rsquo;opéra. Bien sûr, la voix est encore verte, mais ces pages ambitieuses laissent déjà augurer de belles prises de rôles futures (à condition toutefois de savoir prendre son temps pour ne pas forcer ses moyens). Le « Casta diva » est chanté avec la délicatesse requise et le souffle est impeccablement géré tout au long de ce périlleux morceau. Après une délicate « Élégie » de Massenet, « Un bel di vedremo » offre une émotion sincère et retenue, et le soprano y fait la démonstration d&rsquo;un aigu généreux. Toutefois, c&rsquo;est surtout chez les compositeurs hispanophones (Astor Piazzola pour <em>Maria de Buenos Aires</em> et Ruperto Chapí pour la zarzuela <em>Las Hijas del Zebedeo</em>) que Claire de Monteil peut déployer ce registre grave naturel, coloré et profond, qui est une de ses spécificités <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">comme nous l&rsquo;avions déjà souligné l&rsquo;année passée</a>. Deux bis viennent conclure la soirée : un endiablé « I Could Have Danced All Night » extrait de <em>My</em> <em>Fair</em> <em>Lady,</em> et une reprise des <em>Feuilles mortes</em>, avec un accompagnement très original d&rsquo;Aymeric Gracia au piano, qui achève d&rsquo;enthousiasmer un public qui sortira le sourire aux lèvres. Le programme est accompagnée par une belle phalange de jeunes artistes doués dont la visible complicité contribue au plaisir de la soirée.</p>
<ul>
<li>
<pre>* Francine Aubin, née Francine Agnès Gisèle Marie-Thérèse Tremblot de la Croix le 6 février 1938 à Paris et morte le 14 août 2016 à Boulogne-Billancourt, était une compositrice, chef d'orchestre, enseignante et artiste peintre française, connue pour être la première femme à avoir obtenu le certificat d'aptitude aux fonctions de directeur de conservatoire et en avoir occupé la fonction (source Wikipedia)</pre>
</li>
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		<title>Récital Elīna Garanča &#038; Jonathan Tetelman – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elina-garanca-jonathan-tetelman-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des moments privilégiés, rares et précieux. Le gala d’ouverture de saison proposé ce premier dimanche de janvier au Festspielhaus de Baden-Baden en est un. Par le passé, le gala clôturait la saison ; les habitudes ont changé pour un décalage dans le temps, mais l’idée se révèle excellente, puisqu’en reprenant une formule qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des moments privilégiés, rares et précieux. Le gala d’ouverture de saison proposé ce premier dimanche de janvier au Festspielhaus de Baden-Baden en est un. Par le passé, le gala clôturait la saison ; les habitudes ont changé pour un décalage dans le temps, mais l’idée se révèle excellente, puisqu’en reprenant une formule qui a fait ses preuves, un programme connu et des habitués de la maison qu’on mêle à un nouveau venu déjà super star, on arrive, dans ce cocktail un peu trop artificiel a priori, à un résultat explosif, dans le bon sens du terme. Non seulement le mélange fonctionne, mais surtout, on obtient une réussite d’une rare perfection, tant vocale qu’instrumentale avec, pour épicer le tout, une dose d’émotions fortes qui augurent mieux que bien la nouvelle année lyrique à peine entamée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/240107_Konzert-FSH_Garanca_Tertelmann_MSymphoniker_cAndreaKremper-3-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-153957"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>L’idée d’associer <strong>Elīna Garanča</strong> à <strong>Jonathan Tetelman</strong> n’est pas nouvelle, les deux partenaires ayant déjà à leur actif une tournée européenne en Autriche, Espagne et Lettonie dont on peut trouver quelques extraits en ligne ainsi qu’un travail en commun sur <em>Carmen</em>. L’accord des deux voix est de toute beauté et la complicité qui a pu se développer atteint ici un apogée, dans une performance rôdée et ultra-millimétrée. La mezzo lettone affiche une santé vocale insolente, très en beauté dans ses deux robes de contes de fées, la première rappelant les brocards maniéristes contemporains de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlo-milan/">son récent rôle d’Eboli</a> à la Scala, la seconde évoquant une fleur vénéneuse, voire carnivore, mais de sublime garance. Le port de reine n’est pas sans rappeler le charisme assorti de chic d’Arletty dans le mythique rôle de Garance. La diva propose des interprétations très expressives des différents rôles qu’elle endosse ce soir, avec en points d’orgue une Santuzza jalouse comme un tigre et une Carmen plus libre et déterminée que jamais. On est à des années-lumière de la distance et de la froideur qu’on lui reproche parfois. Son partenaire est lui aussi en très grande forme et le public badois le retrouve avec plaisir après sa remarquable performance dans le <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-baden-baden/">Werther d’il y a un mois à peine</a></em>. Les déferlantes de décibels alternent avec les murmures les plus ténus, dans un lacis de nuances subtiles où l’on cherche en vain la faille, tant au niveau des aigus que dans les graves. Le bel apollon darde son œil noir aussi caressant et velouté que sa voix est solaire et puissante, sorte de Pavarotti qui aurait fait une cure de minceur extrême sans perdre sa voix. En principe, ces messieurs soucieux de leur apparence ferment le bouton de leur veste en se levant ; lui l’ouvre avant de chanter, sans doute pour éviter qu’il ne fasse craquer son habit. Et pourtant, on ne le voit jamais sur ses ergots ni bomber le torse à outrance. Tout est dans une technique stupéfiante de naturel, tout en transparence. Le visage à la Gassman du beau ténébreux est fermé puis s’anime juste ce qu’il faut pour accrocher et convaincre le public. Il va sans dire que la maîtrise technique est à l’avenant. Alors que tout est sous contrôle, il s’agit tout de même d’introduire un petit bémol : le ténor a besoin de partitions lors de la seconde partie du concert. Il s’empare d’un pupitre bien trop bas qu’il ne parvient pas à remonter. Alors que sa partenaire et le chef font semblant d’échouer à l’aider, l’assistant du théâtre arrive en courant avec un pupitre à bonne hauteur. La petite facétie fait manifestement partie du show et permet d’humaniser le phénomène vocal. Il faut dire à sa décharge qu’une large partie de la soirée est dédiée à des zarzuelas ne correspondant pas forcément à son répertoire. Les deux artistes sont par ailleurs au sommet et rivalisent d’intelligence scénique, de sens dramatique aigu (alors qu’il s’agit bien d’un récital) dans leur gestuelle et d’adéquation à leurs rôles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/240107_Konzert_FSH_Garanca_Tertelmann_MSymphoniker_c-AndreaKremper36-1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-153960"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>On retiendra en particulier de cet étalage de virtuosité les mugissements de Cavaradossi dans un lyrisme furieusement exalté et le «&nbsp;S’io non tornassi&nbsp;» affolé et presque résigné de Turridu. Et c’est sans doute le moment le plus magique de la soirée que l’affrontement des deux grands fauves en présence, à savoir Santuzza et Turridu. Tout en violence contenue mais en rugissements terribles qui laissent les auditeurs pantelants, le duo tragique est fascinant. On se souvient avec émotion que pour le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/belle-complicite/">gala de clôture de 2013</a>, la même scène avait déjà été interprétée par Elīna Garanča et Jonas Kaufmann. La performance d’alors est aujourd’hui au moins égalée sinon surpassée… Et dans le duo final de <em>Carmen</em>, les deux stars électrisent toute la salle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/240107_Konzert-FSH_Garanca_Tertelmann_MSymphoniker_cAndreaKremper-4-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-153958"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>Pour achever de séduire avantageusement l’oreille, le <strong>Münchner Rundfunkorchester</strong> nous enchante dès les premières mesures d’une Ouverture de <em>Luisa Miller</em> à toute berzingue. Toute la formation déploie des trésors de virtuosité dans de très riches palettes sonores, tout en couleurs raffinées, où brillent tout particulièrement les percussions. <strong>Karel Mark Chichon</strong> semble à peine les diriger, la complicité de tous les artistes présents s’imposant comme une évidence. Les arrangements du chef d’orchestre pour <em>Granada </em>de Lara et les extraits de zarzuelas permettent tous les épanchements d’une formation survitaminée qui s’en donne à cœur joie, en particulier dans un <em>Tico Tico</em> chaloupé à souhait où il devient difficile de ne pas se tortiller sur sa chaise. Tous se permettent des excès en dérapages contrôlés&nbsp;: la belle mezzo nous offre une nouvelle fois son tube <em>Carceleras</em> (qu’elle avait par exemple <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/elina-garanca-baden-baden/">bissé en 2017</a> dans ce même lieu), nous offrant ce soir une série de trémolos à n’en plus finir. Quant à Jonathan Tetelman, après avoir susurré des mots d’amour joue contre joue puis fait danser la belle, il se mettra, dans l’inoxydable <em>O sole mio</em>, à faire pour ainsi dire les trois ténors à lui tout seul. Il va sans dire que le public est à la fois sonné et en proie à la fièvre. On voudrait pouvoir réécouter tout cela calmement chez soi pour faire le tri et se repaître tranquillement de chaque morceau de ce festin. Las, aucune caméra n’était présente pour immortaliser ce moment de grâce…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elina-garanca-jonathan-tetelman-baden-baden/">Récital Elīna Garanča &#038; Jonathan Tetelman – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CHAPÍ, El Rey que Rabió — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/el-rey-que-rabio-madrid-la-zarzuela-plus-dynamique-que-jamais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jun 2021 09:45:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le vieux Madrid, entre la Puerta del Sol et la place de Cybèle, le magnifique Théâtre de la Zarzuela, niché au milieu d’un dédale de ruelles, connaît, depuis quelque temps, un regain de popularité assez spectaculaire. Il est devenu l’un des fers de lance de l’art lyrique espagnol. Son directeur Daniel Bianco a fédéré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le vieux Madrid, entre la Puerta del Sol et la place de Cybèle, le magnifique Théâtre de la Zarzuela, niché au milieu d’un dédale de ruelles, connaît, depuis quelque temps, un regain de popularité assez spectaculaire. Il est devenu l’un des fers de lance de l’art lyrique espagnol. Son directeur Daniel Bianco a fédéré un public très large, grâce une programmation variée : zarzuelas, récitals (Lieder et mélodies hispaniques), concerts et opéras.</p>
<p>Le théâtre a été construit en 1856 grâce à un banquier mélomane, et sur l’instigation d’une association de compositeurs et d’artistes, afin de permettre l’éclosion d’un genre lyrique totalement espagnol et de contrer l’hégémonie de l’opéra italien. Au XVIe siècle, on donnait déjà le nom de zarzuelas à des opéras baroques représentés dans une résidence royale bâtie, hors de la ville, sur une zone de maquis inextricable, une « zarzuela » (littéralement une « ronceraie »). Mais la zarzuela dite « romantique » est née vers 1850 grâce au compositeur Barbieri qui a relégué au rayon des accessoires les personnages mythologiques baroques et mis sur scène le petit peuple de Madrid. Le succès a été immédiat et la Zarzuela est devenue un genre unique dans l’art lyrique européen. Il compte de véritables chefs-d’œuvres à redécouvrir. Les plus grands artistes lyriques espagnols y ont fait leurs classes.</p>
<p>En ce printemps 2021, le théâtre présente une œuvre peu souvent programmée  <em>El Rey que Rabió</em> (« Le roi qui avait contracté la rage ») créée en 1891 avec un grand retentissement. Une zarzuela qui porte l’empreinte de l’opéra-comique français. Le compositeur <strong>Ruperto Chapí,</strong> venait de passer plusieurs années en Italie et en France, où il avait rencontré Saint-Saëns. Lors de la création, ses librettistes et lui-même ont même été accusés d’avoir plagié <em>Le Roi en Vacances,</em> un vaudeville parisien de 1835. Assertion ridicule car déjà en 1868, le vice-roi de <em>La Périchole</em> d’Offenbach se mêlait incognito à ses sujets afin d’apprécier sa cote de popularité. Et, en 1887, le <em>Roi malgré Lui</em> de Chabrier, lassé de sa fonction, se déguisait en page pour conspirer contre lui-même ! Dans la zarzuela le jeune roi espagnol, conscient de la corruption au sein de son administration, annonce, au grand dam de ses ministres prévaricateurs, qu’il va se déguiser en berger, se mêler à ses sujets, s’amuser avec eux et savoir enfin ce qu’ils pensent de son gouvernement. En fait, en se mêlant au peuple, il part surtout à la découverte de lui-même. En 1891, le public n’est pas dupe : l’œuvre est une critique à peine déguisée de la Restauration des Bourbons, du Roi Alphonse XII et de ses conseillers.</p>
<p>Le premier acte se déroule au palais et on est en plein opéra-comique français avec ce qu’il faut de mazurkas et de polkas (La presse avait d’ailleurs comparé le compositeur à un Offenbach espagnol). A la mise en scène, <strong>Bárbara Lluch</strong> s’en donne à cœur joie dans la bouffonnerie et l’excès. Les courtisans, les ministres et les militaires sont plus ridicules les uns que les autres. <strong>Clara Peluffo Valentini</strong> les a magnifiquement affublés de costumes et de coiffures grotesques. Dommage que ces personnages ont tendance à surjouer. Cette bouffonnerie débridée aurait sans doute gagné à être plus maîtrisée afin de ne pas gommer le propos caustique de l’œuvre. Ceci dit, on ne va pas bouder le plaisir qu’on éprouve à cette représentation. Le public marche à fond !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="305" src="/sites/default/files/styles/large/public/rey_que_rabio-final2.jpeg?itok=vpg9i7lG" title="Rey que Rabió-Final  (Teatro de la Zarzuela-Foto Javier del Real)" width="468" /><br />
	Rey que Rabió-Final  (Teatro de la Zarzuela © Javier del Real)</p>
<p>Au deuxième acte, on suit le Roi dans ses pérégrinations campagnardes. Ruperto Chapí s’éloigne alors du style français et revient aux sources de la musique hispanique. Le chœur des moissonneurs, au début, donne le ton. Dans le premier village, le monarque tombe fou amoureux de Rosa, la fille de l’aubergiste, et c’est une passion partagée. Se succèdent alors des moments tendres et poétiques magnifiquement réglés par Bárbara Lluch avec une direction d’acteurs sobre et juste. Le magnifique nocturne orchestral, avant le dernier acte, est un moment magique, quand les deux amants rêvent sous le ciel étoilé de la plaine castillane, un décor réalisé grâce a un ingénieux système de rétroprojection, par le scénographe <strong>Juan Guillermo Nova</strong>, qui nous offre ainsi plusieurs tableaux d’une intense beauté. Les lumières de <strong>Vinicio Cheli</strong> sont tout aussi remarquables. Et comme le Roi a bien failli attraper la rage, le chien présumé coupable rentre en scène, à la fin, alors que les docteurs délibèrent, affublés de masque anti Covid ! Le petit animal est très applaudi ! C’est une scène pleine de poésie et d’humour qu’on doit au talent du marionnettiste <strong>Jofre Carabén</strong>.</p>
<p>Quant aux chanteurs, ils font partie de ce qu’on pourrait appeler la troupe du théâtre tant ils sont fidélisés. Le 17 juin, la soprano <strong>Rocío Ignacio</strong> chantait le rôle de Rosa. Le Roi, écrit originellement pour une soprano, était interprété par le ténor <strong>Enrique Ferrer</strong> très convaincant dans son dernier air. Le benêt de service, le paysan Jeremías, amoureux de Rosa, était le sympathique ténor <strong>José Manuel Zapata</strong>. A la fin de l’œuvre, il chante avec brio une <em>tarántula</em> au rythme d’enfer. Barba Lluch lui a cousu sur mesure un personnage à la fois cocasse et touchant. Et puis tout finit bien : au moment où Rosa comprend qu’elle va épouser un roi, celui-ci déchoit ses ministres et nomme Jeremías à un poste officiel mais&#8230;très éloigné.</p>
<p>L’orchestre du Théâtre est excellent et le chef <strong>Iván López Reynoso</strong>, très à l’écoute du plateau, a choisi judicieusement certains tempi plus posés que d’ordinaire. La musique y gagne et respire beaucoup mieux. Et le rythme général ne faiblit pas.</p>
<p>La prochaine saison du théâtre s’annonce brillante. Il faudra retourner à Madrid.</p>
<p> </p>
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