Forum Opéra

PESSON, Trois Contes — Lille

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
Spectacle
6 mars 2019
Le beau est toujours bizarre

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Opéra de chambre en 3 actes, livret de David Lescot d’après 3 récits :
La Princesse au petit pois de Hans Christian Andersen
Le Manteau de Proust de Lorenza Foschini
Le Diable dans le beffroi d’Edgar Allan Poe
Créé le 6 mars 2019 à l’Opéra de Lille.

Détails

Mise en scène
David Lescot
Scénographie
Alwyne de Dardel
Assistante scénographie
Claire Gringore
Costumes
Mariane Delayre
Lumières
Paul Beaureilles
Vidéo
Serge Meyer
Assitante mise en scène
Linda Blanchet

La Princesse au petit pois

La Reine
Camille Merckx
Le Roi
Marc Mauillon
Le Prince
Enguerrand de Hys
La Princesse
Maiïlys de Villoutreys
L’autre Princesse / la Servante
Melody Louledjian
Le Serviteur
Jean Gabriel Saint-Martin

Le Manteau de Proust

Guide du musée / Marthe Dubois
Melody Louledjian
Visiteuse / Libraire
Maïlys de Villoutreys
Jacques Guérin
Marc Mauillon
Robert Proust / Conservateur du musée
Jean-Gabriel Saint Martin
Secrétaires de Jacques Guérin
Camille Merckx
Werner
Enguerrand de Hys

Le Diable dans le beffroi

Le Narrateur (rôle parlé)
Jos Houben
La Maitresse de maison
Camille Merckx
Garçons
Maïlys de Villoutreys
Melody Louledjian
Enguerrand de Hys
Maitre de maison
Jean-Gabriel Saint Martin
Gardien du beffroi
Marc Mauillon
Le Diable
Sung Im her (danseuse et chorégraphe)

Ensemble Ictus
Direction musicale
Georges-Elie Octors

Opéra de Lille, mercredi 6 mars 2019

« Le beau est toujours bizarre » écrivait Charles Baudelaire et il semble bien que Gérard Pesson et David Lescot son librettiste soient partis de cette citation comme inspiration des Trois Contes, opéra en création mondiale et dont la première avait lieu ce mercredi 6 mars 2019 à l’Opéra de Lille. Une citation qui figure d’ailleurs en préambule du récit de Lorenza Fochini Le Manteau de Proust, deuxième texte d’un corpus qui réunit aussi La Princesse au petit pois (Andersen) et Le Diable dans le beffroi (Poe). Un assemblage iconoclaste, donné d’une seule traite en 1h30, sans interruption du flot musical. Ainsi, après les cinq variations autour de la Princesse au petit pois (une exposition classique, un récit accéléré, un récit ralenti, un récit tragique etc.) l’on bascule directement dans la scène du musée Proust qui lance le défilé cinématographique des saynètes qui narrent comment la pelisse de l’écrivain français a pu finir dans une boite en carton et du papier de soie. Ni une ni deux, un livre géant débarque du fond de scène, s’ouvre en décor de place du village encerclée de collines et couronnée d’un beffroi en son centre. Un narrateur (rôle parlé) vient nous conter l’histoire inventée par Poe, pendant que 6 solistes ponctuent ce récit.

Le matériau musical de Gérard Pesson est à l’avenant : il ponctue, souligne et commente les situations tel un caméléon s’adaptant à son environnement. L’Ensemble Ictus fait la part belle aux percussions, sollicitées pour peindre d’étranges couleurs dans la trame de ces contes, un peu à la manière d’un Ravel. Fidèle à son art du pastiche, le compositeur français truffe sa partition de citations et de références à des opéras – Madama Butterfly, Der Rosenkavalier etc.– ou de pages symphoniques (là une cellule de Bruckner, là du Schumann et surtout Ainsi parlait Zaratoustra utilisé comme un véritable leitmotiv wagnérien) qui ne durent jamais guère plus qu’une mesure. Un capharnaüm en apparence que Georges-Elie Octors s’ingénie à mettre en bon ordre avec succès. Leur répétition éventuelle finit par susciter des effets comiques même pour le public le moins spécialiste. Il en résulte une œuvre jouissive, abordable immédiatement pas tous, délectable pour les plus érudits (s’ils veulent s’amuser à faire la chasse aux références) et surtout éminemment théâtrale.


© Simon Gosselin

L’entente avec le librettiste et metteur en scène est palpable tout du long tant on sent que les interludes ont dû être composés pour servir le récit que le metteur en scène voulait pouvoir déployer ; comme par exemple cet effet de rembobinage en pantomime pour revenir au début de la Princesse au petit pois et commencer une nouvelle variation. La scénographie est du reste parfaitement lisible avec des décors et costumes adaptés à chaque époque, avec une mention spéciale pour les costumes de plastique façon parc à thème des personnages du Diable dans le Beffroi. Les chanteurs acteurs sont dirigés de main de maître et leur plaisir à être en scène crève aussi les yeux.

Plaisir enfin pour le public de voir un tel investissement, surtout lorsque le chant s’épanouit à ce niveau d’excellence. Maïlys de Villoutreys, princesse au timbre cristallin, enchante tout le premier conte par la précision et la beauté diaphane de ses interventions. A ses côtés, Enguerrand de Hys incarne un prince lumineux avant d’enfiler l’habit et les accents malicieux de Werner chez Proust. Marc Mauillon se distingue dans les trois rôles qui lui reviennent (le Roi, Jacques Guérin et le gardien du Beffroi), même si c’est dans le premier que se développent les plus belles lignes et le flair comique du chanteur. Camille Merckx (la Reine) possède une voix ample et charnue qui colle immédiatement au portrait de la reine malicieuse ou tyrannique (selon les variations du conte). Melody Louledjian (guide du musée, Marthe Robert etc.) Jean-Gabriel Saint Martin (Robert Proust) viennent compléter ce délicieux plateau vocal. La faconde de Jos Houben et le diable au corps de Sung Im Her ajoutent enfin une cerise de folie sur le gâteau. Si vous ne passez pas par Lille d’ici au 14 mars 2019, la dernière représentation sera rediffusée sur operavision.eu

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
>

Note ForumOpera.com

4

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Opéra de chambre en 3 actes, livret de David Lescot d’après 3 récits :
La Princesse au petit pois de Hans Christian Andersen
Le Manteau de Proust de Lorenza Foschini
Le Diable dans le beffroi d’Edgar Allan Poe
Créé le 6 mars 2019 à l’Opéra de Lille.

Détails

Mise en scène
David Lescot
Scénographie
Alwyne de Dardel
Assistante scénographie
Claire Gringore
Costumes
Mariane Delayre
Lumières
Paul Beaureilles
Vidéo
Serge Meyer
Assitante mise en scène
Linda Blanchet

La Princesse au petit pois

La Reine
Camille Merckx
Le Roi
Marc Mauillon
Le Prince
Enguerrand de Hys
La Princesse
Maiïlys de Villoutreys
L’autre Princesse / la Servante
Melody Louledjian
Le Serviteur
Jean Gabriel Saint-Martin

Le Manteau de Proust

Guide du musée / Marthe Dubois
Melody Louledjian
Visiteuse / Libraire
Maïlys de Villoutreys
Jacques Guérin
Marc Mauillon
Robert Proust / Conservateur du musée
Jean-Gabriel Saint Martin
Secrétaires de Jacques Guérin
Camille Merckx
Werner
Enguerrand de Hys

Le Diable dans le beffroi

Le Narrateur (rôle parlé)
Jos Houben
La Maitresse de maison
Camille Merckx
Garçons
Maïlys de Villoutreys
Melody Louledjian
Enguerrand de Hys
Maitre de maison
Jean-Gabriel Saint Martin
Gardien du beffroi
Marc Mauillon
Le Diable
Sung Im her (danseuse et chorégraphe)

Ensemble Ictus
Direction musicale
Georges-Elie Octors

Opéra de Lille, mercredi 6 mars 2019

>

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Samson retrouvé – et après ?
Lea DESANDRE, Nahuel DI PIERRO, Claus GUTH
Spectacle