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Un été avec … Äneas Humm

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Interview
30 juillet 2026
C’est au tour du jeune baryton Äneas Humm de se prêter au jeu de nos questions estivales !

Äneas Humm s’est imposé comme un interprète particulièrement engagé dans l’univers du lied, qu’il explore avec une attention constante portée au texte. Également présent sur les scènes lyriques, il a récemment incarné Papageno dans La Flûte enchantée ou Owen Wingrave de Britten. À l’aube de nouveaux projets, dont des débuts en Guglielmo dans Cosi fan tutte ou en Héraut du Roi dans Lohengrin de Wagner, il répond à nos questions estivales.

– Votre programme estival sur scène ?
Je passe mes vacances d’été à Berlin, ma ville d’adoption. J’adore être ici : la ville est absolument parfaite en été, et je sors presque tous les soirs avec des amis pour profiter d’un apéritif quelque part. Ma principale mission est de garder mon balcon bien vert — jusqu’à présent, j’y arrive avec succès.
NDLR :  Au final, Äneas Humm a fait des débuts non prévus dans le rôle de Mark Torrance dans The Shining au Staatstheater Regensburg en juillet.

– Vos vacances, si vous avez la possibilité d’en prendre ?
En août, je reprendrai mon rythme habituel. D’ici là, je me réjouis de participer à plusieurs magnifiques projets de musique de chambre : Winterreise avec le pianiste Kit Armstrong en Suisse, aux Aegeri Concerts et au Hagenhaus au Liechtenstein ; un programme véritablement unique avec le Ludimus Ensemble, autour de musiques de Pärt, Bach, Barber et Schumann, au Festival de Langenberg en Allemagne ; ainsi qu’un autre Winterreise au Festival de Falera avec le Quatuor Amar. Comme si ces voyages ne suffisaient pas, je m’envolerai également pour Faro, au Portugal, afin de donner un récital au Teatro Lethes avec la pianiste Doriana Tchakarova.

– Un festival que vous recommandez ?
Un festival que je recommande vivement est le Festival Valle d’Itria, dans les Pouilles, en Italie. L’été dernier, j’ai eu le bonheur absolu d’y chanter Owen Wingrave de Britten. Ce festival met à l’honneur des opéras rarement joués et leur donne vie dans le cadre exceptionnel du Palazzo Ducale de Martina Franca, l’une des villes italiennes les plus photogéniques que j’aie jamais visitées. Petit conseil d’initié : il faut absolument dîner au Bistro Garibaldi et terminer le repas avec leur fior di latte maison. Je vous promets que vous ne le regretterez pas.

– Un livre que vous aimeriez lire ?
J’aime beaucoup lire, surtout en été. Je pense que nous devrions tous lire davantage et passer moins de temps sur nos téléphones portables. Je viens de terminer View from the East Wing de Jill Biden et je peux vivement le recommander. Il y a quelque temps, j’ai acheté Swimming in the Dark de Tomasz Jedrowski, et j’espère commencer à le lire ce week-end.

– La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
> Un morceau que j’écoute en boucle en ce moment est « Lay Lady Lay » de Brothers and Sisters. Une musique tout simplement magnifique.
> Mon amie Elenora Pertz a récemment sorti son premier album, Terra. J’aime beaucoup son interprétation de « Black Earth » de Fazıl Say. Elenora est une artiste fascinante, et j’adore voir sa créativité s’exprimer à travers cet album. Il mérite vraiment d’être écouté.
> Je chante beaucoup de Schubert. Ses symphonies m’ont toujours semblé mystérieuses. Par moments, elles donnent l’impression d’avoir été composées par un vieil homme, alors qu’en réalité Schubert est mort bien trop jeune — à seulement 31 ans. Celle qui a particulièrement retenu mon attention est sa Neuvième Symphonie. J’apprécie tout particulièrement l’enregistrement du B’Rock Orchestra sous la direction de René Jacobs. Cette interprétation historiquement informée m’a immédiatement captivé.

– Votre plus beau souvenir d’été ?
L’un de mes souvenirs d’été préférés remonte à de nombreuses années, à Arosa. J’avais donné un récital au Festival d’Arosa, à 1 800 mètres d’altitude — une hauteur qui n’est pas des plus faciles pour un chanteur. Après cela, nous sommes tous allés dîner et avons profité de l’air vif de la montagne avant de lever les yeux vers un ciel sombre et majestueux, rempli de plus d’étoiles que je n’en avais jamais vu. Nous étions persuadés de pouvoir même apercevoir Mars.
Plus tard dans la soirée, un chauffeur m’a raccompagné jusqu’à mon hôtel, situé un peu plus haut sur la montagne. Je suis arrivé, j’ai ouvert toutes les fenêtres de ma chambre et je me suis couché. Une vingtaine de minutes plus tard, j’ai commencé à entendre des cloches de vaches se rapprocher. Je suis sorti sur le balcon et j’ai aperçu ce qui devait être une centaine de vaches s’installant pour la nuit. La magnifique résonance de leurs cloches — chacune ayant sa propre sonorité —, le ciel à couper le souffle et la pureté de l’air de la montagne m’ont fait retomber amoureux de mon pays natal, la Suisse.

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