Pierre Dumoussaud fait partie depuis maintenant plusieurs années des chefs français les plus demandés dans les fosses de France et d’Europe. La saison qui arrive n’en sera pas moins spéciale dans sa carrière, puisqu’il s’apprête à prendre ses fonctions de directeur musical de l’Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen, à la tête duquel il dirigera, en septembre, le Macbeth de Verdi.
Quel est votre programme de l’été ?
Un certain nombre de petites étapes à travers la France pour passer du temps avec ma famille, mes amis, et surtout mes enfants que je ne vois pas assez pendant la saison. Puis, une fois les avoir couchés, commence une « deuxième journée », plutôt nocturne à vrai dire, pendant laquelle j’étudie les nombreuses partitions qui attendent sur le pupitre.
Un festival que vous recommandez ?
Musique en Ré, sur l’Île du même nom ! Voilà maintenant dix ans que j’y suis invité, dans une atmosphère éminemment familiale permettant de réunir certains des plus beaux solistes de nos orchestres français. Nous y avons développé une forme très populaire d’opéra à peine mis en espace, au tomber du camion, en plein air, gratuit et qui rassemble plusieurs milliers de spectateurs chaque été. M’y suivent quelques amis chanteurs avec qui nous ne nous sommes pas lassés de collaborer pendant l’année. Comme moi, ils apprécient d’aborder une fois par an de grands titres avec beaucoup de simplicité et de spontanéité.
Votre livre de plage ?
L’été est souvent rempli par la littérature ayant inspiré les œuvres que je m’apprête à diriger la saison suivante. J’utilise ce temps pour les relire et m’imprégner de leur atmosphère, leur dramaturgie, leur verbe… En ce moment c’est donc aussi varié que Macbeth de Shakespeare, des poètes bretons rassemblés par Ropartz, quelques contes d’E.T.A. Hoffmann, Thaïs d’Anatole France, et bien-sûr encore et toujours le Faust de Goethe.
La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
En dehors d’un quotidien déjà très habité par le son de la musique, je me ressource plutôt dans le silence et les bruits de la nature. Dans la réalité, l’été est aussi rythmé par les playlists des enfants dans la voiture : l’un d’eux s’est pris d’une récente passion pour Édith Piaf que je me plais à redécouvrir, ils adorent aussi Aldebert que je trouve assez nourrissant à l’écoute pour leur âge.



