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	<title>Munich - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Munich - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Macbeth &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Martin Kušej est un metteur en scène talentueux qui s’est fait beaucoup plus rare sur les scènes d’opéra ces dix dernières années. Si nous gardions un très bon souvenir de sa Lady Macbeth de Mzentsk à l’opéra Bastille, on ne peut pas en dire autant de ce Macbeth munichois, créé en 2008 et déjà repris maintes fois, dont une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto"><strong>Martin Kušej</strong> est un metteur en scène talentueux qui s’est fait beaucoup plus rare sur les scènes d’opéra ces dix dernières années. Si nous gardions un très bon souvenir de sa </span><i><span data-contrast="auto">Lady Macbeth de Mzentsk</span></i><span data-contrast="auto"> à l’opéra Bastille, on ne peut pas en dire autant de ce </span><i><span data-contrast="auto">Macbeth</span></i><span data-contrast="auto"> munichois, créé en 2008 et déjà repris maintes fois, dont une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/du-sang-sous-les-gants/">en 2013</a>. On a le sentiment qu’il a voulu faire de l’effrayant à tout prix, voire du choquant, quitte à se détacher complètement du pourtant très bon livret de Piave. Dommage d’abord de faire chanter les sorcières en coulisse, l’impact de leur chant grinçant en est forcément amoindri et ce ne sont pas des danseurs qui se grattent, forniquent ou pissent qui pourront compenser. Leur incarnation sur scène est un groupe d’enfant muets sortis du </span><i><span data-contrast="auto">Village des Damnés</span></i><span data-contrast="auto">. Avouons n’avoir pas compris le lien avec le drame de Shakespeare. Le chœur des sicaires chante aussi en coulisse, et les danseurs s’amusent à mettre et retirer leur cagoule au gré de l’extinction des lumières. Tout le monde est coupable, vous comprenez. Et la mort est partout, d’où l’omniprésent tapis de crâne, à peine égayé par les déguisements médiévaux dérisoires des convives du banquet, ou par le lustre qui s’approche bien trop du sol. En revenant chez les sorcières, la tête de Banquo (dont Lady Macbeth a accouché à la fin du banquet) tombe des cintres et un chien vient la récupérer. Rires dans la salle. Reste cette tente à cour qui voit naitre les enfants, qui sera détruite par Malcolm lors du final et dont Macbeth tire un Macduff attaché à une laisse pendant que le chœur blafard chante </span><span data-contrast="auto">« Patria oppressa » entre les cadavres suspendus par les pieds : mais pourquoi diable ? On cherche toujours. Et les longues pauses entre chaque tableau n’ont pas suffi à nous fournir la réponse. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">La donne musicale est un peu plus heureuse : à commencer par orchestre et chœurs très professionnels, dirigés par <strong>Andrea Battistoni</strong> qui joue habilement des contrastes de volumes et des changements d’ambiance. On aurait aimé davantage de furie et de prise de risque dans certaines scènes mais l’ensemble est très réussi. En Banco, <strong>Roberto Tagliavani</strong> expose une voix superbe mais son élocution manque d’angles et son jeu est bien peu excitant (cette mort mollassonne). Annoncé en remplacement quelques jours plus tôt, <strong>Jonathan Tetelman</strong> joue dans la même catégorie : « Alla paterna mano » est puissant, précis, le timbre est splendide, mais l’acteur use trop des poses stéréotypées pour réussir à émouvoir. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Est-ce que <strong>Gérald Finley</strong> est un baryton verdien ? Pas vraiment. Mais dans un autre rôle sa proposition aurait pu être intéressante. Ici il est hélas bien trop élégant, et souvent en manque de puissance pour incarner l’animal ambitieux puis chancelant, l’assoiffé de pouvoir traqué par ses hallucinations. Il n’y a que dans le dernier air résigné qu’il trouve des accents justes qui lui permette de rappeler quel immense chanteur il est toujours. Compagne attendue, la Lady Macbeth d’<strong>Asmik Grigorian</strong> impressionne bien davantage sans totalement convaincre : ayant bien compris le souhait de Verdi de disposer d’une « vociaccia », elle n’hésite pas à enlaidir son émission et en rajouter dans le monstrueux, aussi bien dans son jeu scénique que dans le volume de ses vociférations, quitte à souvent sacrifier la prononciation. Néanmoins elle manque de précision dans les coloratures pour assumer l’héritage belcantiste du rôle, même si on lui reconnait de notables efforts pour les trilles du banquet. Elle propose une vision originale du personnage, presqu’aussi angoissée que son époux, elle qui participe au meurtre du roi (elle l’achève alors qu’il essaye de s’échapper de la tente dans laquelle Macbeth a manifestement bâclé le travail). Le lancinant duo qui suit ce premier meurtre sera d’ailleurs son meilleur moment avec « La luce langue » dont elle souligne parfaitement le coté libidinal.  La scène de somnambulisme aurait pu être également très réussie si le metteur en scène n’avait jugé bon de la réduire à une simple confession à l’occasion d’une pause clope.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
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		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sept ans après sa dernière reprise pour Nina Stemme, la spectaculaire Turandot de La Fura del Baus revient à Munich pour Sondra Radvanovsky. Peu de choses à ajouter sur la mise en scène de Carlus Padrissa, si ce n’est qu’elle nous a paru plus fouillis qu’en 2019, que les effets 3D ont hélas vieilli et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sept ans après sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-munich-turandot-cyber-punk/">dernière reprise</a> pour Nina Stemme, la spectaculaire <em>Turandot </em>de La Fura del Baus revient à Munich pour Sondra Radvanovsky. Peu de choses à ajouter sur la mise en scène de <strong>Carlus Padrissa</strong>, si ce n’est qu’elle nous a paru plus fouillis qu’en 2019, que les effets 3D ont hélas vieilli et qu’on aurait vraiment pu se passer des hockeyeuses, surtout quand les mauvaises chutes ne sont jamais loin. Reste une production impressionnante par les moyens déployés avec des tableaux mémorables, une esthétique marquante, et une direction d’acteurs souvent pertinente. A l’exception de la mort de Liu, qui n’a pas le temps de suicider et meurt empalée sur un bambou : difficile d’imaginer que Calaf puisse pardonner tel traitement à la princesse, malgré son ambition dévorante.</p>
<p>Comme en 2019, l’orchestre joue beaucoup trop fort (les cuivres !) et ce constamment. Signature locale ou intention du chef <strong>Andrea Battistoni</strong> ? Son <em>Macbeth</em> bien plus équilibré deux jours plus tard nous fait pencher pour la première option. On ne peut s’empêcher de pointer sa responsabilité néanmoins dans la mort de Liu (dont toute finesse est évacuée) et dans la course aux décibels engagée par les protagonistes.</p>
<p>A ce jeu-là, tous les rôles secondaires sont éclipsés : le Mandarin qui ouvre l’œuvre jouit des graves solides du vétéran <strong>Balint Szabo</strong>, mais la projection est insuffisante ;  le Pang de <strong>Tansel Akzeybek</strong> et le Pong de <strong>Samuel Stopford</strong> sont trop occupés à virevolter sur scène pour être audibles tandis que le Ping de <strong>Vitor Bispo</strong> surnage mais son italien est incompréhensible ; le Timur de <strong>Christian van Horn</strong> est tout simplement transparent, pour ne pas dire fainéant. L’empereur interprété par <strong>Kevin Conners</strong> surprends : ce n’est pas le vieillard fatigué voulu par Puccini, mais une voix légère et hors du monde, qui convient bien au « fils du ciel » et le ferait presque passer pour un noble benêt. Et c’est en tout cas un chanteur à la technique solide et à l’émission naturelle.</p>
<p>Tout le contraire du Calaf de <strong>Yonghoon Lee</strong>, martial jusqu’au massacre : va pour le premier acte, ce n’est pas fin mais ça passe la rampe, même si les mezzo voce sont tous coincés en fond de gorge, que son abus de formant commence à devenir pénible, que l’éventail d’expression est très limité et qu’il n’est pas capable de frapper le gong à temps. A l’acte II, l’endurance faiblit et ce sont les consonnes qui trinquent. A l’acte III, « Nessun dorma » est chanté par un forcené obnubilé par le saut d’obstacles et qui perd toute considération pour la beauté du son. Une chose est sûre: personne ne peut dormir !</p>
<p>Heureusement que les femmes relèvent le niveau : à commencer par la très belle Liu de<strong> Golda Schultz</strong>, bien plus convaincante qu’en 2019. Dès son premier air, la délicatesse de la ligne de chant, les superbes aigus filés sur « sorriso », la justesse du jeu font mouche. Le vibrato a tendance à augmenter par la suite, mais cela ne gêne en rien une mort très émouvante. <strong>Sondra Radvanosky</strong> est une Turandot monumentale aux aigus toujours très bien accrochés ! Stridences (et italien approximatif…) aidant, elle campe davantage une sphinge monstrueuse qu’une jeune princesse : les énigmes sont donc plus marquantes que le récit d’« In questa reggia ». Mais la cruauté du personnage s’incarne bien dans cette voix sauvage dont la maitrise menace d’échapper à la chanteuse.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Die Walküre — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Vivement la suite » écrivions-nous à l’issue du premier volet totalement déjanté de la nouvelle production du Ring de Tobias Kratzer. Die Walküre nous prend toutefois par surprise avec un parti pris opposé, au moins en ce qui concerne les deux premiers actes : le monde des humains sera un monde réaliste et noir, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">« Vivement la suite » écrivions-nous <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-munich/">à l’issue du premier volet totalement déjanté</a> de la nouvelle production du <em>Ring</em> de <strong>Tobias Kratzer</strong>. <em>Die Walküre</em> nous prend toutefois par surprise avec un parti pris opposé, au moins en ce qui concerne les deux premiers actes : le monde des humains sera un monde réaliste et noir, très éloigné de celui des dieux, presque burlesque.</p>
<p>Le rideau s&rsquo;ouvre sur une forêt allemande contemporaine avec, en son centre et en éclaté, le chalet en bois de Hunding sur une tournette. Hunding est confit en dévotion, s’inclinant régulièrement devant un autel qui est la miniature du gigantesque retable qui concluait le précédent <em>Rheingold</em> et qui figurait le Walhalla. Il a ramené un bélier pour le sacrifice à Fricka. La modeste Lada de Hunding est immatriculée WRW M 1870, même s&rsquo;il faut de bons yeux (<em>Die Walküre</em> a été créée à Munich en 1870). Sieglinde apparait comme une victime totalement soumise face à la violence de son mari, essayant d’anticiper ses moindres désirs. Siegmund, essoufflé, fait son entrée en sweat à capuche. Pendant les différents récits, un écran descend des cintres à mi-hauteur : des vidéos en noir et blanc nous montrent l’enfance heureuse des jumeaux aux côtés d’un père attentionné, puis la proximité fusionnelle des enfants qui annonce la conclusion du premier acte (ils se tiennent par la main tout en dormant dans des lits superposés, ils se marquent mutuellement le bras avec un tison&#8230;), et enfin la découverte par Wotan de l’incendie de la maison, avec les lits superposés calcinés.<br />
Sur la scène, les jumeaux s’unissent, renversant et brisant l’autel. Ils s’enfuient, Sieglinde abandonnant sa petite culotte (ce qui n’est pas un simple gag comme on le comprendra à l’acte suivant). Comme toujours, la prégnance de vidéos d’une grande force dramatique empêche malheureusement une parfaite concentration sur la musique.</p>
<p>Le deuxième acte reste dans la même veine « réaliste » (si l’on peut dire) : le rideau se lève sur le même décor (pour la première scène), avec l’adjonction des personnages divins dans leurs costumes du <em>Rheingold</em>, c’est-à-dire inspirés de l’imagerie traditionnelle. Wotan est stupéfait de voir l’autel brisé (et l’autorité des dieux ainsi clairement contestée) et tente vainement de le réparer. Hunding brandit la lingerie de Sieglinde comme une sorte de pièce à conviction de l&rsquo;adultère dont il est victime. L’affrontement entre Fricka et Wotan est traité de manière assez sobre et réaliste. Resté avec Brünnhilde, Wotan tente sans succès de se trancher les veines en lançant « Das Ende! », exprimant une sorte de désir d’autodestruction que son statut divin lui interdit.<br />
On retrouvera également les jumeaux dans le décor des vestiges brûlés de leur ancienne maison ((ils reprendront le geste des mains qui se tiennent sur les lits superposés). Wotan exécutera Hunding devant Fricka, venue assister à la mort de Siegmund.</p>
<p>Avec l’acte III, nous renouons avec l’esprit du <em>Rheingold</em>, pour le meilleur ou pour le pire. Alors que retentit la <em>Chevauchée des Walkyries</em>, le rideau s’ouvre sur un écran géant : un hélicoptère survole Munich (on pense bien sûr immédiatement à <em>Apocalypse Now</em>) avec une walkyrie armée et casquée à son bord (probablement Helmwige). À terre, les walkyries à cheval et lance en main cavalcadent au milieu des passants stupéfaits. Un duo ramasse le cadavre d’une sorte de SDF, peut-être noyé dans le lac de l’Englischer Garten. D’autres soulèvent le corps d’un cycliste, jeune cadre dynamique qui vient de s’exploser le crâne contre un trottoir. Alors que Helmwige est parachutée devant le National Theater, on voit les walkyries tirer les cadavres dans les escaliers de l’opéra, avant que l’écran ne disparaisse pour laisser place au décor du dernier acte : le grand foyer du théâtre, transformé en hôpital de campagne, où les walkyries dénudent les cadavres, les rafistolent, leur redonnent vie, leur donnent une armure et les renvoient à la bataille (laquelle du reste ?).<br />
On aura rarement dynamité à ce point le mythe wagnérien, et la salle explose plusieurs fois en applaudissements et en rires pendant toute la scène, au point de couvrir parfois la musique (c’est là bien sûr que le bât blesse quelque peu, mais nous ne bouderons pas pour autant notre plaisir). La suite est beaucoup plus sobre, dramatiquement très bien dirigée. Devenue simple mortelle, Brünnhilde semble se couper les veines. Elle s’allonge sur un simple matelas. Aux côtés de Fricka, Loge (incarné par <strong>Sean Panikkar</strong> qui tenait le rôle dans le prologue, à moins que ce ne soit un sosie parfait) vient allumer une simple bougie symbolisant le cercle de feu. Dans une ultime vidéo, on voit Fricka et Loge contemplant la maison des Wälsungen en flammes, suggérant que Loge est l’auteur de l’incendie, serviteur de la vengeance de Fricka.</p>
<p style="font-weight: 400;">Vocalement, la soirée est dominée par le Wotan de <strong>Nicholas</strong> <strong>Brownlee</strong>. La projection est impressionnante et le chanteur semble infatigable. Surtout, le baryton-basse américain met toute sa maîtrise technique au service du texte, en utilisant toutes les ressources vocales possibles (longueur de souffle, piani, forte, voix mixte, couleurs&#8230;), exprimant toute une gamme de sentiments (colère, ironie, autorité, abattement&#8230;) et témoignant ainsi d’une intime compréhension du drame wagnérien. Seul bémol, des Adieux qui restent un peu extérieurs et qui peinent à tirer les larmes.<br />
<strong>Miina-Liisa Värelä</strong> est une Brünnhilde vaillante, à la voix puissante, mais au timbre un peu clair et monochrome : il lui manque une certaine dimension charnelle, même si celle-ci est moins indispensable dans la première journée que dans les suivantes. Initialement cataloguée mezzo-soprano, <strong>Irene Roberts</strong> s’oriente avec Sieglinde vers les rôles de sopranos. Ce changement ne va pas sans quelques compromis : le bas de la tessiture est, paradoxalement, moins impressionnant, et on est habitué à davantage de puissance dans le duo de l’acte I. L’incarnation est en revanche remarquablement habitée. C’est plutôt dans ses courtes mais spectaculaires interventions aux actes suivants que nous entendrons la voix exploser dans un aigu généreux et vibrant, chargé d’émotion, laissant présager d’une évolution favorable dans cette tessiture.<br />
<strong>Joachim</strong> <strong>Bäckström</strong> offre un Siegmund au timbre séduisant, plutôt clair mais un peu charnu, faisant parfois penser à un <em>spinto</em> italien. La puissance est également correcte mais on sent l’aigu un brin fragile. L’engagement est réel et le personnage sensible et touchant. <strong>Ekaterina Gubanova</strong> est une Fricka plutôt « bon chic, bon genre », sans débordements dramatiques particuliers, à la projection peu impressionnante. En dépit d’une certaine usure vocale, <strong>Ain Anger</strong> offre un Hunding dramatiquement plutôt nuancé et une belle projection. Enfin, les walkyries sont d&rsquo;un excellent niveau et forment un ensemble idéalement homogène.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dès les premières mesures de l’acte I, <strong>Vladimir Jurowski</strong> offre une lecture électrisante, au service du théâtre. La pâte orchestrale semble comme dégraissée : ce n’est pas ici un Wagner charnu, opulent, monumental, mais allégé, nerveux, précis, essentiel. L’orchestre sonne clair, des détails inhabituels d’orchestration ressortent ainsi que certains contrechants, mais le chef ne perd jamais de vue le drame qu’il sert. Sa direction a également le mérite d’être idéale pour les voix, qu’elle ne met jamais en difficulté, permettant aux chanteurs de nuancer jusqu’au murmure, tout en réservant à l&rsquo;orchestre des moments de puissance particulièrement impressionnants. C’est toutefois une direction avec peu de pathos (on le ressentira dans les <em>Adieux</em>) plus proche d’un Toscanini que des grands maîtres austro-allemands. En ce qui concerne la durée totale, l&rsquo;exécution est assez lente, mais avec des dynamiques diverses tout au long de l&rsquo;ouvrage : moins de 64 minutes pour le premier acte, (plutôt rapide), 94 pour le deuxième (plutôt lent), et 72 pour le dernier (lent également), soit près de 3h50 (durée plus longue que la plupart des exécutions). Même si l’on peut préférer des directions très différentes (plus classiques, plus hédonistes&#8230;), celle-ci apparait toutefois comme une expérience originale et passionnante.</p>
<p>Encore une fois, nous attendons la suite avec impatience.</p>
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		<item>
		<title>A Munich, le successeur de Jurowski est connu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-munich-le-successeur-de-jurowski-est-connu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 08:18:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Annonce surprise mercredi en début d’après-midi : lors d’une conférence de presse le ministre de la Culture de l’Etat de Bavière Markus Blume a annoncé que c’est le tchèque Petr Popelka (actuel chef principal de l&#8217;Orchestre symphonique de Vienne) qui succédera en tant que GMD (Genaralmusikdirektor) du Bayerische Staatsoper à Vladimir Jurowski, dont le contrat expire &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Annonce surprise mercredi en début d’après-midi : lors d’une conférence de presse le ministre de la Culture de l’Etat de Bavière Markus Blume a annoncé que c’est le tchèque <strong>Petr Popelka</strong> (actuel chef principal de l&rsquo;Orchestre symphonique de Vienne) qui succédera en tant que GMD (Genaralmusikdirektor) du Bayerische Staatsoper à <strong>Vladimir Jurowski</strong>, dont le contrat expire en 2029.<br />
Petr Popelka, qui ne faisait pas partie des favoris ( <a href="https://www.forumopera.com/breve/opera-de-munich-la-succession-est-deja-ouverte/">on avait plutôt parlé</a> de <strong>Joana Mallwitz</strong>, du Konzerthausorchester Berlin, de <strong>Daniele Rustioni</strong>, ou encore de <strong>Thomas Guggeis</strong>) a d’abord étudié la contrebasse, il fut membre de l’Orchestre symphonique du Bayerische Rundfunk à l’âge de 19 ans, puis a occupé pendant dix ans le poste de second contrebassiste solo à la Staatskapelle de Dresde. En 2020, il est devenu chef d’orchestre principal de l’Orchestre de la radio norvégienne d’Oslo, et à partir de la saison 2024/25, il occupa le même poste à la tête de l’Orchestre symphonique de Vienne.<br />
Parallèlement, Petr Popelka est jusqu’en 2026 chef d’orchestre principal et directeur artistique de l’Orchestre symphonique de la radio de Prague. Ces dernières années, il a été l’invité par les Orchestres philharmoniques de Berlin et de Munich, l’Orchestra dell’Accademia di Santa Cecilia, l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich ou l’Orchestre symphonique de Chicago. Dans le domaine de l’opéra Popelka a dirigé  <em>Tosca</em>  à au Staatsoper Berlin,  <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-berlin-deutsche-oper/"><em>Tristan et Isolde</em> au Deutsche Oper</a>, ou <em>Le Nez</em>  au Semperoper.</p>
<p>À Munich son contrat prévoit qu’il dirige environ 40 soirées d’opéra par saison (dont deux nouvelles productions chacune) ainsi que les concerts de l’Académie. Il n’avait jusqu’à présent été entendu à Munich que dans la reprise de <em>Káťa Kabanová</em> en 2025.<br />
Popelka signé un contrat jusqu’à 2034.</p>
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		<item>
		<title>Saison 2026-27 : les programmes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/saison-2026-27-les-programmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 06:41:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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<li><a href="https://www.atlantaopera.org/"><strong>Atlanta</strong></a></li>
<li><a href="https://www.operagrandavignon.fr/agenda?daterange=&amp;field_type_de_spectacle_target_id%5B1%5D=1&amp;field_date_value_1%5Bmin%5D=&amp;field_date_value_1%5Bmax%5D="><strong>Avignon</strong></a></li>
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<li><a href="https://www.theater-bonn.de/en/spielzeit-26-27#oper"><strong>Bonn</strong></a></li>
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<li><strong><a href="https://www.opera-lille.fr/#ConstellationAutomne">Lille</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.operalimoges.fr/search">Limoges</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.eno.org/about/this-season/">Londres (English National Opera)</a></strong></li>
<li style="text-align: left;"><a href="https://www.rbo.org.uk/tickets-and-events?hotFilter=opera-and-music&amp;page=1"><strong>Londres (Royal Opera House)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.laopera.org/whats-on?Genre%5B0%5D=2026-27%20Season">Los Angeles</a></strong></li>
<li><a href="https://www.opera-lyon.com/programmation-2026-2027"><strong>Lyon</strong></a></li>
<li><a href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Magdebourg</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://operazuid.nl/en/season-26-27/">Maastricht (Opera Zuid)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroreal.es/sites/default/files/AVANCE_26-27.pdf">Madrid</a></strong></li>
<li><a href="https://opera-odeon.marseille.fr//actualites/saison-2026-2027"><strong>Marseille</strong></a></li>
<li><a href="https://www.opera-massy.com/fr/saison-26-27-abonnez-vous.html?cmp_id=77&amp;news_id=1255&amp;vID=3"><strong>Massy</strong></a></li>
<li><a href="https://opera.eurometropolemetz.eu/fr/a-l-affiche.html"><strong>Metz</strong></a></li>
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<li><strong><a href="https://www.opera-nice.org/agenda/?_season=saison-2026-2027">Nice</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.operaoviedo.com/actualidad/opera-oviedo-temporada-26-27/">Oviedo</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.teatromassimo.it/en/the-2026-27-season/">Palerme</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm?&amp;mk=1&amp;im=92744&amp;in=28707&amp;il=1286069">Paris (Athénée)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.chatelet.com/saison/26-27/tous/">Paris (Châtelet)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.opera-comique.com/fr/magazine/serie-la-saison-2026-2027">Paris (Opéra Comique)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.musee-armee.fr/au-programme/saison-musicale-invalides/les-concerts-2026-2027.html"><strong>Paris (Invalides)</strong></a></li>
<li><a href="https://www.operadeparis.fr/programmation/saison-26-27"><strong>Paris (OnP)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/saison-26-27">Paris (Philharmonie)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/saison-26-27">Paris (Radio France)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2026-27"><strong>Paris (TCE)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregioparma.it/en/season-27-opera/">Parme</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregioparma.it/en/festival-verdi-2026-en/">Parme (Festival Verdi)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.narodni-divadlo.cz/en/ensembles/opera/opera-repertoire-2026-27">Prague</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.operaphila.org/whats-on/2627-season/">Philadelphie</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://operadereims.com/event/?filters=type_of_event-2,68,54,222,60">Reims</a></strong></li>
<li><a href="https://opera-rennes.fr/fr/programmation"><strong>Rennes</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.opera.lv/en/repertoire/">Riga</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.operaroma.it/news/il-dolce-suono-mi-colpi-la-stagione-2026-2027-del-teatro-dellopera-di-roma/">Rome</a></strong></li>
<li><a href="https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/regarder/nouvelle-saison-changer-nos-desirs-plutot-que-lordre-du-monde/"><strong>Rouen</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-26-27/spectacles//type-lyrique">Saint-Etienne</a></strong></li>
<li><a href="https://www.sfopera.com/seasons/explore/"><strong>San Francisco</strong></a></li>
<li><a href="https://www.seattleopera.org/tickets/tickets-and-packages/discover-the-season/"><strong>Seattle</strong></a></li>
<li><a href="https://drive.google.com/file/d/1OO4VQd0fzem7MVzR5xGuxGSdWhQzGKqo/view"><strong>Séville</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-26-27/opera-1">Strasbourg, Mulhouse, Colmar (Opéra national du Rhin)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.nntt.jac.go.jp/english/2026-27season-opera.html">Tokyo</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.coc.ca/tickets/2627-season">Toronto</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://mcusercontent.com/73e7fda2a33bc83bfc84c30b4/files/a977de9c-c4af-13e9-0d09-6925f41c4d24/Brochure_26_27.pdf">Toulon</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://opera.toulouse.fr/saison-2026-2027/">Toulouse</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/saison-26-27/">Tourcoing</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://operadetours.fr/fr/programmation?filtre%5Bliste_evenements%5D%5Btype%5D=125">Tours</a></strong></li>
<li><a href="https://www.teatroverdi-trieste.com/it/news/presentata-la-stagione-lirica-e-di-balletto-2026-27/"><strong>Trieste</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregio.torino.it/node/8236">Turin</a></strong></li>
<li><a href="https://www.lesarts.com/es/programacion/c/opera-61.html"><strong>Valence</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.vancouveropera.ca/whats-on/2026-2027-season/">Vancouver</a></strong></li>
<li><a href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Varsovie</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.teatrolafenice.it/en/new-season-2026-2027/">Venise</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/app/uploads/sites/2/2026/03/Avant-programme-A3-saison-musicale-26-27_17-MARS-2026_WEB.pdf?_gl=1*o28uom*_gcl_au*NjQwOTA1Nzc1LjE3NzU4ODUxMTE.">Versailles</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.wiener-staatsoper.at/en/new-season/">Vienne (Staatsoper)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.theater-wien.at/en/events/season2026-27">Vienne (Theater an der Wien)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.volksoper.at/premieres/season-2026-2027.en.html"><strong>Vienne (Volksoper)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://img1.wsimg.com/blobby/go/70eeb621-a1d4-4dc5-bf4a-7e51fc42fde1/2627_WNO_Renewal_Brochure_5-15PM.pdf">Washington</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.wexfordopera.com/programme/festival-programme">Wexford (Festival Opera)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.staatstheater-wiesbaden.de/spielplan/premieren-26-27/">Wiesbaden</a></strong></li>
<li><a href="https://www.opernhaus.ch/en/spielplan/spielzeit-ueberblick-2026-27/"><strong>Zurich</strong></a></li>
</ul>
<ul>
<li><strong><a href="https://lesgrandesvoix.fr/saison-2026-2027/">Les Grandes Voix</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://opera-rara.com/">Opera Rara</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.philippemaillardproductions.fr/page-37/saison-concerts-paris-2026-2027.html">Philippe Maillard Productions</a></strong></li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Munich 2026-27 : sous le signe de la chute des dieux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/munich-2026-27-sous-le-signe-de-la-chute-des-dieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 14:53:23 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=210126</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Bayerische Staatsoper a structuré sa saison lyrique 2026-27 autour d’un fil dramaturgique inspiré par la conclusion du Ring wagnérien. La phrase finale de Götterdämmerung — « Ainsi périt la dynastie des dieux comme un dernier souffle » — sert d’axe poétique à une programmation qui interroge la disparition des systèmes de pouvoir et ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Bayerische Staatsoper a structuré sa saison lyrique 2026-27 autour d’un fil dramaturgique inspiré par la conclusion du <em>Ring</em> wagnérien. La phrase finale de <em>Götterdämmerung</em> — « Ainsi périt la dynastie des dieux comme un dernier souffle » — sert d’axe poétique à une programmation qui interroge la disparition des systèmes de pouvoir et ce qui subsiste après eux : l’amour, la responsabilité et les choix humains, selon la lecture proposée par le directeur général Serge Dorny.</p>
<p>Le cycle wagnérien , initié en octobre 2025, s’achèvera avec les nouvelles productions de <em>Siegfried</em> et <em>Götterdämmerung</em>, mises en scène par <strong>Tobias Kratzer</strong> sous la direction musicale de <strong>Vladimir Jurowski</strong>.</p>
<p>Parmi les autres nouvelles productions, <em>Maria Stuarda</em> de Gaetano Donizetti abordera les mécanismes du pouvoir avec<strong> Nadine Sierra</strong> puis <strong>Lisette Oropesa</strong>, tandis que la maison munichoise donnera pour la première fois <em>Doctor Atomic</em> de John Adams, dirigé par Vladimir Jurowski avec <strong>Simon Keenlyside</strong> en Robert Oppenheimer.</p>
<p>La violence politique et intime sera au centre de <em>Mazeppa</em> de Pyotr Tchaikovsky, mis en scène par <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> et dirigé par <strong>Daniele Rustioni</strong>. Plus intime, <em>Werther</em> de Jules Massenet réunira notamment <strong>Jonathan Tetelman</strong> et <strong>Marina Viotti</strong>, tandis que la dernière création de la saison, <em>Death in Venice</em> de Benjamin Britten, sera présentée au Prinzregententheater avec <strong>Allan Clayton </strong>dans le rôle d’Aschenbach.</p>
<p>Ces nouvelles productions côtoieront plusieurs reprises marquantes du répertoire, parmi lesquelles <em>Cenerentola</em>, <em>Faust</em>, <em>Un ballo in maschera</em> ou encore <em>Tosca</em>, confirmant la volonté de la Bayerische Staatsoper d’associer prestige vocal international et continuité du grand répertoire.</p>
<p>Plus d’informations sur <a href="https://www.staatsoper.de/en/season-2026-27">Season 2026–27 &#8211; Bayerische Staatsoper</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Opéra de Munich : la succession est déjà ouverte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-de-munich-la-succession-est-deja-ouverte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 07:31:01 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=209503</guid>

					<description><![CDATA[<p>2029 c’est demain à Munich. Le bayerische Staatsoper se met déjà en quête d’un successeur à Vladimir Jurowski, dont il est apparu clairement ces derniers mois que son contrat n’irait pas au-delà de la date fixée contractuellement. Et, c’est bien normal, les spéculations quant à sa succession vont bon train. Plusieurs noms ressortent, d’après le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>2029 c’est demain à Munich. Le bayerische Staatsoper se met déjà en quête d’un successeur à <strong>Vladimir Jurowski</strong>, dont il est apparu clairement ces derniers mois que son contrat n’irait pas au-delà de la date fixée contractuellement.<br />
Et, c’est bien normal, les spéculations quant à sa succession vont bon train. Plusieurs noms ressortent, d’après le toujours bien informé <a href="https://www.merkur.de/kultur/vladimir-jurowski-nachfolge-bayerische-staatsoper-joana-mallwitz-nathalie-stutzmann-thomas-guggeis-zr-94193846.html"><em>Merkur.de</em></a>.<br />
Le premier nom est celui de <strong>Joana Mallwitz</strong> qui a déjà dirigé plusieurs fois à l&rsquo;Opéra national de Bavière. L’ancienne directrice du Théâtre national de Nuremberg, née en 1986, vient en fait de l&rsquo;opéra, même si elle est depuis 2023 cheffe d&rsquo;orchestre principale du Berliner Konzerthausorchester (son contrat court jusqu’en 2029).<br />
L’autre nom qui circule est celui de <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. Elle vient de faire ses débuts à l&rsquo;Opéra national de Bavière dans un <em>Faust</em> que <a href="https://www.forumopera.com/?s=faust+munich">Jean Michel Pennetier a qualifié de mémorable</a>. De plus il est fort probable qu&rsquo;elle dirige la nouvelle production de <em>Werther</em> lors de la saison à venir. La carrière de l&rsquo;ancienne contralto a pris un essor considérable ces dernières années et cet été, elle se verra confier la direction d&rsquo;orchestre de <em>Rienzi</em>, l&rsquo;opéra de Wagner qui n&rsquo;a encore jamais été joué au Festspielhaus de Bayreuth.<br />
Cela dit, depuis 2022, Nathalie Stutzmann est à la tête de l&rsquo;Orchestre symphonique d&rsquo;Atlanta et, à partir de cet automne, elle prendra également la direction de l&rsquo;Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Trop de postes pour une éventuelle directrice musicale générale de l&rsquo;Opéra national de Bavière ?<br />
Enfin l’autre prétendant est <strong>Thomas Guggeis</strong> qui vient de diriger son premier opéra à l&rsquo;Opéra national de Bavière : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/">la <em>Salomé</em>  incarnée par Asmik Grigorian</a>. Guggeis, né en 1993, est directeur musical général de l&rsquo;Opéra de Francfort depuis l&rsquo;automne 2023. Son contrat actuel est d&rsquo;une durée de cinq ans et expire donc en 2028.<br />
Il est clair que le directeur général <strong>Serge Dorny</strong> aura son mot à dire. Son contrat court jusqu&rsquo;en 2031 à moins qu’il rejoigne prématurément le Festival de Salzbourg, <strong>Markus Hinterhäuser</strong> n’y étant plus en odeur de sainteté.<br />
Affaire à suivre.</p>
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		<title>GOUNOD, Faust – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-faust-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:07:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand a-t-on assisté pour la dernière fois à une standing ovation pour un chef à la fin d&#8217;un Faust ? Malgré quelques décennies de fréquentation des salles et une bonne quarantaine de représentations de l&#8217;ouvrage, nous n&#8217;en avions pas le souvenir jusqu&#8217;à cette représentation mémorable. L&#8217;hommage est mérité : avec Nathalie Stutzmann, nous redécouvrions la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand a-t-on assisté pour la dernière fois à une standing ovation pour un chef à la fin d&rsquo;un <em>Faust</em> ? Malgré quelques décennies de fréquentation des salles et une bonne quarantaine de représentations de l&rsquo;ouvrage, nous n&rsquo;en avions pas le souvenir jusqu&rsquo;à cette représentation mémorable. L&rsquo;hommage est mérité : avec <strong>Nathalie Stutzmann</strong>, nous redécouvrions la partition du chef d&rsquo;œuvre de Gounod, dans une relecture polymorphe. Les tempos d&rsquo;abord : alors que l&rsquo;usage actuel est davantage un respect strict des indications de la partition, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">la chef</a> française choisit une approche plus libre, imposant des fluctuations expressives (des <em>agogies</em>, si on veut faire le savant) qui viennent bouleverser la linéarité du discours musical. Pour ne donner qu&rsquo;un exemple, « Il était un roi de Thulé » commence avec un tempo un peu vif : Marguerite, lavandière, passe le linge sur une planche à laver, tout en chantonnant pour se distraire durant cette tache peu gratifiante. Le chant est un brin mécanique. Elle se redresse, songeuse, « Il avait bonne grâce, à ce qu&rsquo;il m&rsquo;a semblé » : le tempo s&rsquo;étire subtilement, accompagnant sa réflexion, et ainsi de suite. Stutzmann cisèle également l&rsquo;équilibre orchestral, mettant en avant tel instrument, faisant émerger une ligne plutôt qu&rsquo;une autre, dans un raffinement incroyable et faisant ressortir des sonorités que nous n&rsquo;avions jamais entendues. De même, lorsqu&rsquo;un thème est repris, le rendu orchestral est généralement différent la seconde fois. La chef joue aussi sur la variation des dynamiques. Elle réussit même à nous surprendre avec une page aussi rebattue que « Gloire immortelle de nos aïeux ». Enfin, de par son expérience de chanteuse lyrique, Stutzmann fait respirer l&rsquo;orchestre avec les chanteurs. Non seulement elle ne les met pas en difficulté mais, à l&rsquo;inverse, elle en tire le meilleur. Au final, on reste médusé par la qualité d&rsquo;un tel travail, et on se dit qu&rsquo;il doit malheureusement perdre énormément dans le cadre d&rsquo;une retransmission basique (1). Considérant que Stuzmann excelle dans un répertoire particulièrement large, puisqu&rsquo;elle vient du baroque et qu&rsquo;elle dirige à Bayreuth, on ne peut s&#8217;empêcher de se faire la réflexion suivante : si un opéra cherche un directeur musical, il n&rsquo;y a pas loin à chercher.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/93-Faust_2026_J.Tetelman_K.Ketelsen_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209097"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Avec <strong>Jonathan</strong> <strong>Tetelman</strong>, on tranche aussi par rapport aux interprétations récentes du rôle-titre. Loin des jeunes gens rêveurs, son Faust est d&rsquo;une virilité décomplexée telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas entendu depuis Franco Corelli ou Richard Leech : comme le Baron de Gondremark dans <em>La vie parisienne</em>, ce Faust veut clairement « s’en fourrer jusque là » ! Théâtralement, ce personnage de séducteur ombrageux lui convient à merveille, et il sait parfaitement faire ressentir l’impatience exaspérée de l’homme qui veut saisir cette opportunité de laisser libre cours à ses pulsions. Le ténor sait également dissocier les caractères des deux Faust en modifiant légèrement son émission au premier acte. Il y donne quelques accentuations inédites, comme un dernier « Rien ! » quasi éructé, qui exprime parfaitement la déréliction de Faust et sa colère sourde face à ce qu’il considère comme une vie ratée. Tout cela est bien entendu très éloigné du style historiquement français (Vezzani, Vanzo, Gedda, Kraus, Alagna&#8230;), mais très efficace dans le cadre d’une représentation. Vocalement, la projection nous a paru plus homogène que précédemment, avec un léger vibrato toutefois, un peu serré. Les aigus sont toujours puissants, mais maitrisés : il n’est pas courant d’entendre une voix qui se consacre principalement au répertoire de ténor <em>spinto</em> lancer aussi crânement le si naturel sur « Ô belle enfant, je t&rsquo;aime » (lors de la fête du deuxième acte) et le contre-ut de « Salut demeure chaste et pur » en les terminant tous deux avec un parfait <em>diminuendo</em>. Il sera intéressant de voir si ce Faust atypique constitue une parenthèse dans les emplois habituels du chanteur chilo-américain, ou s’il constitue une évolution plus durable vers un répertoire moins lourd. <strong>Kyle Ketelsen</strong> est un Méphistophélès faussement diablotin : moqueur, virevoltant, mais surtout manipulateur, sinistre et sans pitié. La basse américaine ne sacrifie toutefois jamais l’expressivité à la qualité du chant. Musique et jeu théâtral sont parfaitement intégrés, au service d’une compréhension fine du texte. Toutes les notes sont parfaitement en place (en particulier la descente chromatique sur des rires sarcastiques qui conclue sa sérénade « Vous qui faites l’endormie »). Sans être d’une puissance exceptionnelle, sa voix remplit suffisamment la salle et reste parfaitement compréhensible grâce à une diction impeccable alliée à une compréhension fine du texte. <strong>Olga</strong> <strong>Kulchynska</strong> campe une Marguerite d&rsquo;une grande finesse, capable de varier l&rsquo;émission ou la couleur de la voix en fonction des situations dramatiques, et toujours à bon escient. Son jeu scénique est fin. Le timbre est légèrement corsé, l&rsquo;aigu franc et la vocalisation impeccable. L&rsquo;articulation reste encore à perfectionner (le soprano ukrainien n&rsquo;a que 35 ans) afin de rendre son français totalement compréhensible, d&rsquo;autant que l&rsquo;accent est tout à fait correct. Interprète régulier de Valentin et seul chanteur français de la distribution, <strong>Florian Sempey</strong> est ce soir en grande forme, avec un chant soigné moins extraverti qu&rsquo;en d&rsquo;autres occasions, en accord d&rsquo;ailleurs avec la noirceur de la production. Au physique, le Siebel d&rsquo;<strong>Emily Sierra</strong> n&rsquo;est pas vraiment androgyne, mais le chant du mezzo cubain est superbe, avec une belle voix bien projetée, au timbre corsée, et qui tranche avec celle de bien bon nombre d&rsquo;interprètes un peu anémiques. On l&rsquo;imaginerait volontiers en Adalgise par exemple. La Dame Marthe de <strong>Dshamilja Kaiser</strong> n&rsquo;est pas la matrone que l&rsquo;on entend souvent. Le mezzo allemand chante très bien et arrive même à nous émouvoir dans ce court rôle dont elle rend bien le caractère pitoyable plutôt que ridicule. <strong>Thomas Mole </strong>sait attirer l&rsquo;attention malgré la brièveté du rôle de Wagner (signalons au passage que ce jeune baryton britannique a été choisi pour être Billy Budd cet été à Glyndebourne).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/203-Faust_J.Tetelman_O.Kulchynska_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209099"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">La version donnée restitue un certain nombre de passages souvent coupés au théâtre : la scène de Marguerite au début de l’acte IV, l’air de Siebel qui la suit, la Nuit de Walpurgis, sans ballet mais avec les rares couplets bachiques du ténor, « Doux nectar ». D’une manière générale, on appréciera aussi, jusque dans les plus petits rôles (mais moins pour le chœur), un travail sur le français assez remarquable, tendant à le rendre quasi idiomatique (par exemple, quand Wagner dit « Une seule suffit, pourvu qu’elle soit bonne », Thomas Mole le fait avec une légère gouaille moqueuse de titi parisien).</p>
<p>La production de <strong>Lotte de Beer</strong> et <strong>Florian Hurler</strong> est particulièrement foisonnante, et bien trop riche pour qu’on puisse ici la détailler dans son intégralité. De même que la direction musicale fait qu’on ne sait plus où donner de l’oreille, le travail théâtral fait qu’on ne sait plus où regarder non plus. Le traitement des chœurs en particulier est particulièrement réussi, chaque artiste ayant sa partie à jouer. On notera avec amusement que les paroles « Déposons les armes » du célébrissime <em>Chœur des soldats</em> sont ici prises au pied de la lettre : Valentin et ses amis sont en effet vaincus et ont hissé le drapeau blanc ! Des enfants vêtus d’uniformes trop grands pour eux semblent hélas déjà prêts à les remplacer. L’esthétique allie des costumes évoquant un Moyen-Âge crasseux et un décor stylisé (une tournette et deux pans de murs en « V » qui délimitent trois espaces différents suivant les accessoires ajoutés). Le mouvement de la tournette permet aux interprètes de marcher sur la scène en faisant du surplace, ce qui donne une dynamique certaine, et les déplacements sont parfaitement exécutés. Les décors sont dans une relative pénombre, seuls les solistes étant vivement éclairés (il n’est pas certain que ces clair-obscur passent à la télédiffusion). La mise en scène accentue la noirceur du livret en gommant les intermèdes plus légers (rappelons que la présence de scènes plus légères au sein d’un ouvrage dramatique est courante dans l’opéra français et contribue à l’équilibre du spectacle). Si l’essentiel des didascalies sont respectées, quelques scènes sont travaillées différemment. Pour ne détailler qu’un exemple, la scène de la chambre à l’acte III est un peu chamboulée, en ce sens que le « qui est avec qui et à quel moment » n’est pas nécessairement respectée (ce qui vaut d’ailleurs une adaptation des surtitres). Dame Marthe est présente pendant l’air de Marguerite. C’est elle qui, intriguée par son attitude, la surprend dans ses rêveries et lui fait reprendre son travail de lavandière (avec les changements de tempos que nous avons évoqué plus haut). Lors du duo entre Faust et Marguerite, les aigus de la jeune fille coïncident avec le moment où le jeune homme lui frôle la poitrine. Marguerite donne une potion à Marthe pour l’endormir (fiole obligeamment fournie par Méphisto bien sûr), ce qui conduit à la mort de celle-ci vers la fin du duo d’amour (cette mort n’est pas dans le livret de Barbier et Carré mais figure dans l’œuvre de Goethe, et Berlioz y fait allusion dans sa <em>Damnation</em>) : l’aigu final de Marguerite exprime ici la découverte de ce trépas, et Faust profite de son émotion pour l’enlever. Globalement, la scène est ainsi plus fluide, au lieu d’être une succession de tableaux convenus. La production opte pour un final ambigu (on sait que, dans l’œuvre de Goethe, Faust n’est pas damné) : Méphisto disparait, vaincu ; Marguerite est accueillie par une cohorte de trépassés ; Faust, témoin de sa rédemption et de son pardon, semble terrassé par le remord (plus que par la peur de l’Enfer) mais ne peut les rejoindre : il s’effondre loin d’elle, dans une sorte de purgatoire, perdant sa jeunesse. Le public, assez silencieux tout au long de la soirée, fera une longue ovations aux artistes.</p>
<ol>
<li>
<pre>Il nous revient en mémoire une <em>Dinorah</em> en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dinorah-berlin-meyerbeer-a-berlin-saison-1/">concert</a> qui avait perdu ses effets de spatialisation avec son passage au <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dinorah-la-version-quon-attendait/">disque</a> par la faute des ingénieurs du son.</pre>
</li>
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		<title>STRAUSS, Salome – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Krzysztof Warlikowski transpose Salome dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&#8217;une part avec la montée du nazisme et, d&#8217;autre part, avec la fin brutale de l&#8217;âge d&#8217;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&#8217;une longue table décorée de ménorahs, d&#8217;une bibliothèque immense &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> transpose <em>Salome</em> dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&rsquo;une part avec la montée du nazisme et, d&rsquo;autre part, avec la fin brutale de l&rsquo;âge d&rsquo;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&rsquo;une longue table décorée de ménorahs, d&rsquo;une bibliothèque immense mais saccagée (comme si des livres en avaient brutalement disparu, peut-être parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait « d&rsquo;art dégénéré »). Semblant enfermés dans cette demeure, les participants donnent l&rsquo;impression de rejouer l&rsquo;histoire de la princesse biblique, tout en regardant régulièrement vers une porte côté jardin, comme si à tout moment un danger pouvait en surgir. La Salome de Warlikowski n&rsquo;est pas dominatrice, pas trop séductrice, plutôt femme-enfant. Elle réclame ainsi la tête de Jochanaan avec des exaspérations d&rsquo;ado gâtée qui rappellerait presque Natalie Dessay dans <em>La fille du régiment</em>. Ce dernier n&rsquo;est pas vraiment davantage prisonnier que les autres : on le verra déambuler, cigarette aux lèvres, pendant la danse des sept voiles. Sans doute le prophète avait-il prédit qu&rsquo;il fallait fuir, mais personne ne l&rsquo;aura écouté. Par moment, le fond de scène s&rsquo;anime d&rsquo;une vidéo figurant un bestiaire biblique (une licorne, symbole de pureté, face à un loup, symbole de pulsion prédatrice, de violence sexuelle et de destruction de l&rsquo;innocence). Dans cette version, la relation malsaine entre Salome et Herodes s&rsquo;estompe toutefois largement. La danse n&rsquo;en est pas vraiment une, et aucun érotisme, aucune sensualité, aucune perversion sexuelle ne vient animer la scène, transformée en un dialogue muet entre la jeune fille et un danseur incarnant la mort. Pas davantage de tête coupée pour la scène finale, ni de baiser sur les lèvres de Jochanaan&#8230; Dans les dernières mesures, le bourreau ensanglanté tourne son pistolet vers les divers occupants de la demeure : ceux-ci craignaient un danger mortel venus de l&rsquo;extérieur, mais la mort était déjà à l&rsquo;intérieur. Comme toujours chez le metteur en scène polonais, on trouvera des références à demi cachées mais un peu vaines, propres à titiller les exégètes modernes, quitte à ce qu&rsquo;ils se crêpent le chignon sur les interprétations à donner (comme justement les cinq juifs de <em>Salome</em>). <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-munich-la-grenouille-et-le-boeuf/">Notre confrère Yannick Boussaert en propose d&rsquo;ailleurs ici quelques unes</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/135-Salome_2026_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209112"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied<br></sup></figcaption></figure>


<p>Les interprètes jouent le jeu de la mise en scène. La Salome d&rsquo;<strong>Asmik Grigorian</strong> est ainsi assez différente d&rsquo;incarnations dans un contexte lui laissant davantage de liberté interprétative (au hasard, en concert à Londres sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano). Le soprano lituanien reste toutefois une bête de scène, avec un jeu à la fois varié et moderne, réaliste. Comme semble le vouloir Warlikowski, sa Salome est dépourvue de perversité lubrique, mais ce n&rsquo;est pas non plus une pure jeune fille. Si le registre aigu ne lui pose aucun problème, la voix, très droite, manque par ailleurs de la largeur de timbre nécessaire pour exprimer ici une vraie sensualité. <strong>Wolfgang Koch</strong> met quelques minutes à chauffer sa voix, mais chante le rôle avec une grande facilité, sans jamais sembler forcer. Comme souvent, on reste confondu par l&rsquo;intelligence de l&rsquo;interprète. Le rôle d&rsquo;Herodes est parfois confié à des vieux chanteurs sur le retour compensant par leur histrionisme l&rsquo;usure de leurs moyens. Ce n&rsquo;est pas le cas de <strong>Gerhard</strong> <strong>Siegel</strong>, acteur subtil, très correctement chantant, sans fausseté, avec une belle projection, et c&rsquo;est d&rsquo;autant plus nécessaire que la mise en scène lui impose une relative sobriété : il n&rsquo;était pas possible ici de compenser le chant par un jeu outré. <strong>Claudia Mahnke</strong> est une Herodias tout aussi sobre, au timbre cuivré. <strong>Joachim Bäckström</strong> offre en Narraboth une voix particulièrement percutante, au métal d&rsquo;une clarté juvénile. <strong>Avery Amereau</strong> sait se faire remarquer dans le court rôle du page grâce à une voix bien projetée, une vraie capacité à dire le texte et une belle présence scénique. L&rsquo;ensemble des rôles secondaires sont excellemment tenus. Actuel directeur musical de l&rsquo;Opéra de Francfort, le jeune <strong>Thomas Guggeis</strong> (33 ans) offre une lecture plus hédoniste qu&rsquo;expressionniste. L&rsquo;orchestre sonne magnifiquement mais toujours proprement, sans véritable théâtre : pas de couleurs glauques, de tension morbide, d&rsquo;érotisme pervers. Au diapason de la mise en scène, la violence émotionnelle se retrouve ainsi quelque peu extériorisée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/">STRAUSS, Salome – Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La Boîte à pépites : le cancan de Michael Spyres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-boite-a-pepites-le-cancan-de-michael-spyres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Dec 2025 07:24:48 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=205505</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vite ! Jupiter doit divertir Semele pour chasser de l’esprit de la jeune princesse tout désir d’immortalité. Allegro, ma non troppo, Haendel glisse à l’intention du dieu un air en Ré majeur chargé par son débit pressant et son écriture virtuose de traduire l’urgence de la situation A Munich en 2023, Michael Spyres y alliait diction, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vite ! Jupiter doit divertir Semele pour chasser de l’esprit de la jeune princesse tout désir d’immortalité. <em>Allegro, ma non troppo</em>, Haendel glisse à l’intention du dieu un air en Ré majeur chargé par son débit pressant et son écriture virtuose de traduire l’urgence de la situation A <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-semele-munich/">Munich en 2023</a>, <strong>Michael Spyres</strong> y alliait diction, souplesse et noblesse de timbre. La mise en scène de <strong>Claus Guth</strong> accentuait encore la difficulté en imposant au ténor un jeu particulièrement véloce, culminant dans un numéro de danse où le ténor, entouré de<em> boys</em>, levait la jambe avec une aisance digne d’un danseur du Moulin Rouge. Depuis Offenbach, on le sait : de l’Olympe à Montmartre, il n’y a qu&rsquo;un pas. Oui, mais de french cancan. </p>
<pre>La boîte à pépites rassemble des vidéos destinées à faire découvrir des moments insolites, admirables ou amusants du monde de l’opéra. (<a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-boite-a-pepites-de-la-redaction/">voir nos autres pépites</a>).</pre>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="MICHAEL SPYRES I must with speed amuse her (Handel: Semele)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/gA6_a-Kj6ds?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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