Traduire les opéras avec W.H. Auden

Par Laurent Bury | jeu 03 Mars 2016 | Imprimer

On sait que la collaboration du poète britannique W.H. Auden (1907-1973) avec les compositeurs de son temps déboucha sur quelques grandes réussites de l’art lyrique au XXe siècle : Paul Bunyan pour Benjamin Britten, The Rake’s Progress pour Stravinski, Elegy for Young Lovers et The Bassarids pour Hans Werner Henze, entre autres. La parution d’un essai d’Auden jusqu’ici inédit en français nous rappelle qu’il fut aussi, avec son compagnon Chester Kallman, traducteur de livrets d’opéra. La diffusion d’opéras à la télévision américaine fournissant un contexte où l’entreprise se justifiait par le grand public visé, Auden  livra successivement une version anglaise de La Flûte enchantée en 1956, des Sept Péchés capitaux de Kurt Weill en 1958, et de Don Giovanni en 1960. On découvre ainsi qu’Auden avait des idées très arrêtées quant à l’art de traduire un opéra. Directrice du Centre for Research in Translation and Transcultural Studies à l’Université de Roehampton, Lucile Desblache propose une version française de l’essai d’Auden intitulé « Translating Opera Libretti » (1962) et un commentaire très instructif qui souligne « l’arrogance et la virtuosité » d’Auden traducteur.

 

« Traduire des livrets d’opéra », suivi de « W.H. Auden et la traduction de l’opéra : tradition, transgression et collaboration », Lucile Desblache, in L’Art de la traduction, Essais sur l’art, vol. VIII, Michel Houdiard Editeur, 2015, p. 156-189

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