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5 questions à Massimo Zanetti

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Interview
25 octobre 2008

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Après ses études musicales au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, Massimo Zanetti a reçu plusieurs prix internationaux. Il est considéré comme l’un des chefs les plus excitants de sa génération pour l’opéra italien. De 1999 à 2002, il a été directeur musical de l’Opéra des Flandres à Anvers. Il a dirigé dans des salles prestigieuses comme Covent Garden, la Scala, le Mai musical florentin, la Staatsoper de Hambourg, l’Opéra national de Paris, les Opéras de Leipzig et de Copenhague… Cette rencontre a eu lieu dans sa loge, au Teatro Regio de Parme où il débutait, pendant le premier entracte de Rigoletto, lors du Festival Verdi 2008.

Vous avez dirigé beaucoup d’orchestres différents, quelle est votre méthode pour obtenir ce que vous souhaitez ?

Chaque orchestre a un son à lui et, naturellement, une tradition. Quand on arrive à Parme pour diriger Rigoletto de Verdi, c’est évidemment un défi. Je suis, moi aussi, un chef qui a un certain son. Alors, j’essaye de trouver un bon compromis entre le son de l’orchestre et le mien. Bien sûr, j’essaye d’être psychologue. À Paris, quand je suis venu pour Luisa Miller, j’ai tout de suite entendu que l’orchestre de l’Opéra avait une sonorité extraordinaire, qu’il était capable de rendre toutes les couleurs imaginables et j’ai très vite obtenu la légèreté que je voulais pour cet opéra. Au début les musiciens me disaient « Maestro, la salle est très grande. Il faut que nous jouions un peu plus fort » Et je répondais « Non, ce n’est pas la peine » et finalement, le public a très bien pu entendre tous les pianissimi. Vraiment, j’ai été heureux à la Bastille… Avec l’orchestre comme avec la salle !

Pour un opéra, combien de répétitions aimez-vous avoir ?

En général, il y en a trois et cela suffit. Les répétitions sont vraiment la plus belle partie de notre travail. Quand on a une certaine idée dans la tête et que l’on arrive à faire comprendre aux musiciens où l’on veut aller et que, peu à peu, sans jamais en faire un combat, ils finissent par jouer exactement ce qu’on avait imaginé … On dirait que les âmes se sont rencontrées. C’est un grand bonheur !

Et les chanteurs ? Vous ne pouvez pas les diriger. Souvent vous devez plutôt les suivre…

Absolument ! Le théâtre, c’est la vie. Pendant les répétitions, on se met d’accord sur l’interprétation et sur les tempos selon leurs capacités. Mais chaque représentation est différente. Quand un chanteur doit faire passer une émotion, il lui arrive d’être certaines fois un peu plus lent ou un peu plus rapide. Le chef doit absolument être prêt à le suivre, à respirer avec lui et il doit être instantanément capable de ralentir ou d’accélérer le tempo et de faire jouer l’orchestre plus ou moins fort en fonction des besoins du chanteur. Naturellement il faut respecter la partition, ce qui est écrit, mais chacun à sa sensibilité, son rythme. On doit oser jouer rubato. Ce qui est beau dans la musique, c’est la vie !

À part l’opéra italien, quel autre répertoire aimez vous ?

Je suis surtout connu pour l’opéra italien : Bellini, Verdi, Puccini… Il est plus rare que l’on me demande pour autre chose. J’adore Strauss. J’ai énormément aimé faire Salomé. Mais j’aime aussi Pélleas et Mélisande de Debussy qui pour moi est un sommet de la musique. J’ai eu la chance de le diriger à Anvers et à Milan. C’est une musique tellement difficile et si particulière. Je suis prêt à le refaire n’importe quand, n’importe où…

Imaginons que vous deviez choisir les deux derniers opéras que vous auriez la possibilité de diriger ?

Ah Madame, quelle question ! (grand rire) Comme opéra italien, je choisirai Simon Boccanegra de Verdi. Bien sûr, j’aime Otello et Don Carlo que j’ai aussi dirigés. Mais, je ne sais pas pourquoi Simon Boccanegra est très près de mon cœur — de la première à la dernière note. Il m’émeut beaucoup. Ce n’est pas un opéra facile, il n’est pas immédiat. Il faut dire que j’ai eu la chance d’être pendant trois ans l’assistant de Claudio Abbado… Pour l’autre, je vous l’ai dit, l’œuvre que j’aime par dessus tout, c’est Pelléas et Mélisande. Mon rêve serait de le faire chaque soir avec un orchestre différent… Bien sûr c’est irréalisable !

 

Propos recueillis par Brigitte Cormier, Parme, 20 octobre 2008


© Roberto Ricci

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