Un nouveau Fach serait-il apparu dans les traités de chant ? Notre confrère Matthieu Chenal, de 24 heures, couronne Renée Fleming « voix de l’Anthropocène ». La formule, heureusement, ne prétend pas que la soprano résume à elle seule l’empreinte géologique de l’humanité : elle reprend le titre de Voice of Nature: The Anthropocene, projet né pendant le confinement, lorsque les promenades de la chanteuse dans la campagne de Virginie se doublèrent d’une prise de conscience de l’urgence climatique. Un album enregistré avec Yannick Nézet-Séguin en 2021, couronné d’un Grammy en 2023, en a constitué la première étape.
Le 1er août dernier, Renée Fleming en présentait à Verbier une version orchestrale sous la direction de Lahav Shani, mêlant aux images de National Geographic des pages de Haendel, Canteloube, Villa-Lobos, Howard Shore, Nico Muhly, Kevin Puts, Björk ou encore Bacharach. Ni conférence scientifique ni apocalypse mise en musique, donc, mais une contemplation en forme d’alerte : Fleming compte sur la beauté de sa voix et des paysages pour raviver notre attachement à une nature que l’Anthropocène malmène sérieusement.




