Forum Opéra

Concert Bruno de Sá – Bayreuth

Partager sur :
Spectacle
11 septembre 2026
Un fascinant ramage

Note ForumOpera.com

5

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Détails

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
Aminta e Fillide HWV 83 
Ouverture – Recitativo « Arresta il passo » – Aria « Fermati ! »
Aria « Si vago rio »
Aci, Galatea e Polifemo – HWV 72
Aria « Qui l’augel di pianta in pianta »
Delirio amoroso – HWV 99
Aria « Un pensiero voli in ciel »
Ottone, Re di Germania – HWV 15
Johann Adolph Hasse (1699-1783)
Aria « Un sol sospiro » de la sérénade Marc’Antonio e Cleopatra
Aria « Quel candido armellino »
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
Adriano in Siria
Aria « Splenda per voi sereno»
Georg Philipp Telemann
Musique de table : Ouverture – Suite en si majeur TWV 55:B1
Sonate en mi mineur TWV 50:4
Johann Georg Pisendel (1687-1755)
Sonate en ut mineur

Bruno de Sá soprano
Wroclaw Baroque Orchestra
Direction musicale et clavecin
Pedro Beriso

A l’Opéra de la Margravine, ce bijou rococo qui est l’écrin de la plupart des manifestations du Festival de musique baroque de Bayreuth, on attendait Julia, ce fut Bruno. La soprano russe Julia Lezhneva ayant dû déclarer forfait c’est le soprano brésilien Bruno de Sá qui l’a remplacée au pied levé. Brillant interprète du rôle de Timante dans l’opéra de Händel Floridante à l’affiche cette année, il a accepté de se produire en récital entre deux représentations.

L’Orchestre baroque de Wroclaw, dont il fut plusieurs fois partenaire, entame l’Ouverture de la cantate Aminta e Fillide, composée en 1708 pendant le séjour romain de Haendel. La netteté rythmique, la précision du jeu, la propreté d’un son exempt de boursouflures sont déjà un réel plaisir. Ce sera le cas pour toutes les pièces orchestrales où ces musiciens épouseront la direction à la fois charpentée et souple mais très précise de Pedro Beriso, qui dirige depuis le clavecin. A aucun moment leur virtuosité pourtant spectaculaire, en particulier celle de Violetta Szopa-Tomczyk au violon et de Christopher Palameta au hautbois ne vise à l’esbroufe, même quand leur plaisir de jouer est manifeste comme pour la sonate en ut mineur de Johann Georg Pisendel, un violoniste virtuose contemporain de Haendel auquel Vivaldi dédia plusieurs œuvres, ou la sonate en mi mineur de Georg Philipp Telemann où se remarque le théorbe de Theodoros Kitsos.

Cette ouverture animée annonce l’irruption du berger Aminta qui s’élance pour interrompre la course de la nymphe Fillide : pourquoi le fuit-elle, après l’avoir séduit ? Malgré la véhémence des reproches qui s’élève jusqu’aux hauts cris et aux aigus afférents, la plainte reste mélodieuse et les trilles attestent de la sincérité et de la durée de la souffrance. C’est superbement exécuté et semble d’une facilité confondante.
Ce hors-d’œuvre est suivi d’un air extrait de la sérénade Aci, Galatea e Polifemo (1708) « Qui l’augel de pianta in pianta » où la musique se fait figurative, le hautbois trille tel un oiseau, plus tard c’est le violon, plus tard encore les deux à la fois, et enfin la voix les entraînera tous, après leur avoir répondu avec messe di voce et trilles à profusion, tant qu’on pourrait les croire naturels et que Bruno de Sá tient de l’oiseau ! On retrouve Aminta avec l’air suivant, « Se vago rio », une plainte où le berger compare ses larmes au flux d’un fleuve, espérant par ces images attendrir l’insensible, et on ressent à écouter Bruno de Sà « la pudeur toute en délicatesse » qui avait ému Bernard Schreuders à Göttingen.
La première partie se termine sur un air tiré de la sérénade Marc’ Antonio e Cleopatra que Hasse, élève de Porpora puis d’Alessandro Scarlatti,  composa en 1725 pour un riche Napolitain. Après Farinelli, Bruno de Sà incarne la reine d’Égypte, et c’est sur cet air primesautier, festival de notes tenues, de vocalises, de suraigus interpolés, d’accélérations, de notes piquées, couronné d’un crescendo magistral que prend fin la première partie.

Après l’entracte, « Un pensiero voli in ciel », provient de la cantate Il delirio amoroso, dont le texte est dû au Cardinal Pamphili. La nymphe Clori se désole : elle aimait Tirsi et il vient de mourir. Est-il au ciel ou en enfer ? Dans ce cas elle est résolue à l’épreuve pour éventuellement le sauver. Cette fermeté est exprimée par les accents et les répétitions, les reprises en miroir ou en écho de la ligne vocale par les instruments au premier rang desquels, ici, le violon. Le long souffle initial a laissé pantois, les broderies et les gazouillis en arpèges, plus quelque trille interminable, et l’auditeur médusé est pieds et poings liés !

Changement d’atmosphère avec l’air de Cleopatra dans la sérénade déjà citée ; alors que le sort des armes lui est défavorable, elle expose sa résolution : pour conserver intact son honneur, elle est prête à mourir. La fermeté de la reprise confirme son choix, soutenue par celle de l’orchestre, qui se prolonge et clôt le discours : il n’y a pas à y revenir. Dernier air du programme, un extrait d’ Adriano in Siria. Sabina, la fiancée d’Adriano, a surgi en Syrie pour découvrir qu’il en aime une autre, mais cette dernière est éprise d’un autre homme, alors Sabina décide de favoriser leur fuite et leur souhaite bonne chance. Plus que les ornements attendus et bien en place, le rythme final laisse estomaqué, car il sonne tellement Offenbach !

Toujours plus ! C’est la devise des lyricomanes, et leur insistance obtiendra deux bis. Le premier est un air tiré de L’Olimpiade, de Vivaldi, « Siam navi all’onda » dont la conclusion est un aigu glorieux, ce qui incite évidemment l’assistance à en vouloir encore. Mais Bruno de Sà ne se laisse pas ballotter par les émotions, malgré le texte qu’il vient de chanter : il annonce qu’il va interpréter un extrait de son prochain disque, qui sera intitulé, si nous avons bien compris « Marmelade », ce qui doit signifier « Mélanges » et il annonce en français Le Cygne, de Saint-Saëns, du Carnaval des animaux. Et c’est une bien douce conclusion, que nous avons trouvée proche, par son climat, de certaine Bacchiana Brasileira de Villa-Lobos.

Un mot pour finir sur ses tenues, sobre en première partie, boléro noir et argent sur pantalon noir, plus exubérante ensuite, boléro brillant de paillettes colorées sur sarouel rouge, une recherche d’harmonies manifestement calculée !

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

5

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Détails

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
Aminta e Fillide HWV 83 
Ouverture – Recitativo « Arresta il passo » – Aria « Fermati ! »
Aria « Si vago rio »
Aci, Galatea e Polifemo – HWV 72
Aria « Qui l’augel di pianta in pianta »
Delirio amoroso – HWV 99
Aria « Un pensiero voli in ciel »
Ottone, Re di Germania – HWV 15
Johann Adolph Hasse (1699-1783)
Aria « Un sol sospiro » de la sérénade Marc’Antonio e Cleopatra
Aria « Quel candido armellino »
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
Adriano in Siria
Aria « Splenda per voi sereno»
Georg Philipp Telemann
Musique de table : Ouverture – Suite en si majeur TWV 55:B1
Sonate en mi mineur TWV 50:4
Johann Georg Pisendel (1687-1755)
Sonate en ut mineur

Bruno de Sá soprano
Wroclaw Baroque Orchestra
Direction musicale et clavecin
Pedro Beriso

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

En attendant le bicentenaire…
CDSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Féerie d’une nuit d’été bordelaise
Pierre LEBON, Blandine DE SANSAL, Louis-Noël BESTION DE CAMBOULAS
Spectacle