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Revue de presse : de Caluwe à Salzbourg – On salue l’homme, on interroge la méthode

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Actualité
24 septembre 2026
La nomination de Peter de Caluwe à la tête du Festival de Salzbourg suscite un accueil largement favorable à son expérience artistique, sans dissiper les critiques sur la gouvernance de l’institution.

Une semaine après l’annonce, les premiers entretiens précisent les intentions du futur intendant, tandis que Markus Hinterhäuser lui-même accueille son successeur avec une bienveillance mesurée.

Présenté officiellement le 18 septembre, Peter de Caluwe prendra ses fonctions le 1er octobre 2027, après une période préparatoire débutant dès octobre 2026. L’ancien directeur de La Monnaie arrive dans une institution éprouvée par le départ de Markus Hinterhäuser et par une succession dont les négociations avec le tandem Barrie Kosky–Sophie de Lint ont constitué l’épisode le plus commenté. Mais plusieurs observateurs refusent de voir dans son choix une solution de repli. Dès le 16 septembre, Heinz Sichrovsky saluait dans News une heureuse nomination, tout en dénonçant le désordre de la recherche. Source : News, 16 septembre.

Le magazine autrichien approfondit cette position le 23 septembre. Sous les signatures de Sichrovsky et de Susanne Zobl, il inscrit de Caluwe dans la continuité artistique de Gerard Mortier et de Hinterhäuser, sans lui dénier une personnalité propre. L’article recueille surtout deux témoignages significatifs. Hinterhäuser estime que son successeur pourrait réussir à conjuguer la singularité salzbourgeoise et la place de l’opéra dans le débat public. Andrea Breth, qui a régulièrement travaillé à Bruxelles, souligne quant à elle la qualité des distributions, le soin apporté aux équipes et une atmosphère de travail accueillante. Source : News, 23 septembre.

L’argument de l’expérience domine également chez BR-Klassik. Pour Larissa Schütz, la maîtrise des budgets, des contrats et de la production représente une condition essentielle de l’ambition artistique, particulièrement à l’approche des travaux qui bouleverseront les conditions d’accueil du festival. La journaliste rappelle que de Caluwe a su défendre la création contemporaine et ouvrir son théâtre à des artistes de différentes générations. Dans Der Standard, Christoph Irrgeher privilégie, lui aussi, la perspective d’une direction clairement identifiée, après les difficultés rencontrées dans la définition des responsabilités du tandem envisagé. Sources : BR-Klassik, 17 septembre ; Der Standard, 16 septembre.

L’accueil est nettement plus acide dans Die Presse. La présentation écrite d’un podcast réunissant Thomas Kramar et Wilhelm Sinkovicz décrit une succession devenue farce politique et s’interroge sur la notoriété du nouveau venu. Les attaques visent surtout le conseil de surveillance et la politique culturelle autrichienne. Le même Kramar publie toutefois, quelques heures plus tard, un entretien sensiblement plus ouvert, dans lequel il juge crédibles l’humilité de de Caluwe et son attachement à l’idée fondatrice du festival. Sources : Die Presse, podcast du 18 septembre ; entretien du 18 septembre.

Cet entretien livre plusieurs pistes : réunir les trois opéras Mozart–Da Ponte dans une saison, envisager un nouveau Rosenkavalier pour 2031, renforcer la danse et susciter des créations. De Caluwe évoque notamment son rêve d’un opéra sur la vie de Stefan Zweig, auquel Radio Classique consacre un article le 21 septembre. Ces intentions ne constituent pas encore une programmation arrêtée. Source : Radio Classique, 21 septembre.

Dans son nouvel entretien à News, le 23 septembre, de Caluwe n’exclut pas d’inviter Hinterhäuser comme pianiste, souhaite échanger avec Currentzis avant de se déterminer et compte parler à Kosky. Il évoque aussi les collectifs, les formes hybrides et les démarches participatives. Le propos dessine une ouverture artistique qui entend préserver des continuités tout en renouvelant les collaborations. Source : News, 23 septembre.

Reste l’environnement institutionnel. L’ORF rapporte l’incertitude entourant l’avenir du directeur administratif et financier Lukas Crepaz, acteur essentiel du chantier. La nomination bénéficie, selon les déclarations recueillies par la chaîne, du soutien unanime de la commission de sélection. Elle ouvre néanmoins une période où la capacité des dirigeants à travailler ensemble sera scrutée autant que leurs choix artistiques. De Caluwe dispose d’un crédit réel ; l’apaisement de Salzbourg reste à construire. Source : ORF, 18 septembre.

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