Porgy, Wotan, Méphistophélès, Barbe-Bleue, Falstaff et même Othello — chez Shakespeare, sans une note de Verdi ! Sir Willard White fête aujourd’hui ses 80 ans. Un beau chemin parcouru pour ce fils de la Jamaïque devenu l’un des barytons-basses les plus admirés de la scène internationale.
Né le 10 octobre 1946, il découvre le chant en imitant Nat King Cole à la radio avant de se passionner pour Paul Robeson, auquel il consacrera un disque et plusieurs spectacles. Formé à la Juilliard School de New York à partir de 1968, il fait ses débuts au New York City Opera en 1974.
Son Porgy à Glyndebourne en 1986, sous la direction de Simon Rattle et dans la mise en scène de Trevor Nunn, demeure une référence discographique. Trois ans plus tard, ce dernier lui offre un autre rôle mémorable : Othello, cette fois au théâtre, face à Ian McKellen pour la Royal Shakespeare Company.
Anobli en 2004 et fait chevalier de la Légion d’honneur en 2023, Willard White reste très présent sur les plateaux. Cet été, il incarnait frère Bernard dans Saint François d’Assise de Messiaen au Festival de Salzbourg (direction Maxime Pascal, mise en scène Romeo Castellucci) — un ouvrage dont il avait lui-même chanté le rôle-titre à San Francisco en 2002, avant d’en transmettre les clés à Philippe Sly. Une production qui a transporté notre rédacteur au point de lui inspirer cinq cœurs dans son compte rendu.
En mai prochain, on le retrouvera à l’Opéra de Lille dans l’Otello de Verdi. Un Lodovico qu’on imagine tout en noblesse : à 80 ans, pas besoin de tenir le premier rôle pour imposer son autorité.

