Pour inaugurer son nouvel opéra, Shanghai n’a pas choisi un opéra, mais un concert de gala. Samedi 17 octobre, Juan Diego Flórez, Siobhan Stagg et plusieurs grandes voix chinoises, dont Liao Changyong et Shi Yijie, se sont partagé la scène du Shanghai Grand Opera House, dont l’inauguration coïncidait avec le lancement du 25ᵉ Festival international des arts de la ville. Trois chefs se sont relayés au pupitre : Zhang Guoyong, Yu Long et Xu Zhong. Le programme mêlait Mozart, Verdi et Puccini à des œuvres chinoises, dont l’ode symphonique Hongqi Song (Ode au drapeau rouge) de Lü Qiming.
Le bâtiment, lui, ne passe pas inaperçu. Conçu par l’agence norvégienne Snøhetta avec des partenaires chinois, ce grand vaisseau blanc posé au bord du Huangpu évoque un éventail qu’on déplie. Ses trois salles totalisent 4 200 places, dont 2 000 pour la plus grande. Un escalier monumental en spirale mène jusqu’au toit, devenu promenade publique avec vue sur le fleuve.
La saison inaugurale s’annonce à la hauteur : 47 productions et 82 représentations jusqu’en février 2027. Côté lyrique, La Fenice de Venise donnera Tosca les 22 et 24 octobre. Suivront l’Aida du Mariinski, dirigée par Valery Gergiev, puis, en novembre, Le Chevalier à la rose de la Staatsoper de Berlin, sous la baguette de Christian Thielemann. Ces trois productions n’avaient encore jamais été présentées en Asie. Le chef russe y donnera aussi, avec son orchestre, l’intégrale des quinze symphonies de Chostakovitch.
La plus jolie idée des architectes reste pourtant ce toit ouvert à tous, où l’on peut monter sans billet, même quand on n’a rien à y entendre.
