Aucun anniversaire en vue, mais qu’importe, et tant mieux si le Palazzetto Bru Zane jette cette saison son dévolu sur Camille Saint-Saëns (1835-1921) ! Alors que l’Opéra de Paris s’est enfin décidé à remettre Samson et Dalila à l’affiche, la Salle Favart programme ce printemps Le Timbre d’argent avec la soutien du Centre de musique romantique française, qui n’en a donc pas fini de nous régaler de musiques inouïes, après avoir révélé les mélodies avec orchestre de Saint-Saëns dès cet été (enregistrement à paraître en 2017). Même s’il faudra peut-être encore attendre quelques années pour réentendre Ascanio ou Déjanire, il y a là déjà de quoi rassasier l’appétit des mélomanes les plus curieux. Et il n’y a pas que les partitions ressuscitées, il y a aussi les colloques : du 7 au 9 octobre, « Les mille visages de Camille Saint-Saëns » à Lucques, et en juin prochain, « Saint-Saëns à pleine voix » à l’Opéra-Comique. Sans oublier les publications annoncées : en janvier, Le Compositeur globe-trotteur évoquera Saint-Saëns voyageur, mais dès à présent la Correspondance Saint-Saëns / Jacques Rouché (compte rendu à paraître). Pour le moment, l’événement est bien Proserpine, à peu près jamais réentendue depuis 1900, qui renaîtra d’abord à Munich le 9, puis à Versailles le 11, avec une distribution qui fait rêver, dominée par Véronique Gens et Frédéric Antoun en têtes d’affiche. Attention : rien de mythologique ni de grec dans cette Proserpine-là, mais une héroïne perverse, courtisane de la Renaissance, pour une œuvre que le compositeur jugeait sa « plus avancée dans le système wagnérien ». Si tout ça ne vous met pas l’eau à la bouche…
Un Saint-Saëns n’arrive jamais seul
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Brève
28 septembre 2016
Un Saint-Saëns n’arrive jamais seul
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Il suffit de lire le dramatis personae et tout est dit : Crespin, Janowitz, Vickers, Stewart, Talvela, Karajan. Des choix qui étonnèrent en 1967. L’époque des géants, Mödl, Nilsson, Hotter, s’éloignait à peine, et voilà qu’on proposait un Wagner lyrique, quasi belcantiste, vibrant d’humanité.
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