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	<title>Sarah LAULAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 24 Jan 2026 15:16:24 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Sarah LAULAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WEINBERG, Die Passagierin (La Passagère) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weinberg-die-passagierin-la-passagere-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 09:47:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Première française attendue à Toulouse pour Die Passagierin (La Passagère), opéra en deux actes achevé en 1968 par Mieczysław Weinberg (mais qu’il n’a jamais pu entendre), livret d’Alexandre Medvedev d’après le roman Pasażerka, datant de 1962, écrit par la Polonaise Zofia Posmys (1923-2022) et dont, à notre connaissance, il n’existe pas de traduction française (les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Première française attendue à Toulouse pour <em>Die Passagierin</em> (<em>La Passagère)</em>, opéra en deux actes achevé en 1968 par Mieczysław Weinberg (mais qu’il n’a jamais pu entendre), livret d’Alexandre Medvedev d’après le roman <em>Pasażerka</em>, datant de 1962, écrit par la Polonaise Zofia Posmys (1923-2022) et dont, à notre connaissance, il n’existe pas de traduction française (les non-polonisants germanistes s’intéresseront à <em>Die Passagierin</em> dans la traduction de Peter Ball datant de 1969). L’œuvre fut créée en version de concert au Théâtre de musique de Moscou Stanislavski et Nemirovich-Danchenko le 25 décembre 2006 et connut sa première scénique au festival de Bregenz en 2010, dans la mise en scène de <strong>David Pountney</strong> et sous la direction de <strong>Teodor Currentzis</strong>.<br />
Weinberg (1919-1996) était un compositeur polonais ; on lui doit des musiques de film, de la musique de chambre, une vingtaine de symphonies, d’autres opéras dont <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lidiot-moscou-lidiot-en-cours/"><em>L’Idiot</em></a> avec toujours Medvedev comme librettiste. Réfugié en URSS pendant la Seconde guerre mondiale, il eut une amitié durable avec Dimitri Chostakovitch, qui lui fit du reste connaître Medvedev.<br />
L’œuvre présentée ce soir a déjà été reprise à Varsovie, Francfort, Chicago, Houston, Detroit, Graz, Innsbruck (qui coproduit le spectacle), Bregenz mais n’avait donc encore jamais été donnée dans l’hexagone. A noter qu’il existe de <em>La Passagère</em> une captation en <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-passenger-pouvoirs-de-labjection/">DVD enregistré en 2016</a> ainsi qu’un enregistrement audio datant de 2021, chez Capriccio, avec les Grazer Philharmoniker, sous la direction de <strong>Roland Kluttig</strong>.<br />
Un mot sur Zofia Posmysz, auteur du roman à l’origine du livret, et qui a son importance pour la genèse de l’opéra : elle fut elle-même prisonnière des camps d’Auschwitz et Ravensbrück, puis devint journaliste et écrivaine. En 1962, son récit <em>Pasażerka</em>, remarqué par Chostakovitch, fit l’objet d’adaptations radiophonique et cinématographique.<br />
<em>La Passagère</em> se déroule tantôt en 1960 sur un paquebot transatlantique, tantôt en 1943 dans le camp d’Auschwitz. Au premier acte, un couple d’Allemands, Lisa et son mari le diplomate Walter, traversent l’Atlantique pour gagner le Brésil. Le voyage prend cependant un tournant inattendu lorsque Lisa croit reconnaitre en une passagère une certaine Marta, femme polonaise qu’elle a jadis connue dans des circonstances particulièrement terribles : on apprend en effet que Lisa est une ancienne gardienne SS dans le camp de concentration d’Auschwitz. Marta serait, pense-t-elle, l’une des femmes qu’elle était alors chargée de surveiller… une prisonnière qui avait suscité son irritation en raison de l’extrême dignité dont elle ne se départait jamais. Lorsque Walter apprend le passé nazi de son épouse, une dispute éclate : la carrière du diplomate ne risque-t-elle pas d’être compromise ? Un membre du personnel, cependant, les rassure en leur apprenant que la passagère ne serait pas polonaise, mais britannique. Mais Lisa est peu à peu envahie par une vague de souvenirs liés à la guerre et au rôle qu’elle joua dans le camp d’Auschwitz.<br />
Au second acte,  un concert se prépare dans le camp, au cours duquel Tadeusz, un prisonnier, devra jouer au commandant sa valse préférée. Or il se trouve que Tadeusz est fiancé à Marta, qu’il retrouve dans le camp. Lisa propose au couple de se revoir régulièrement en secret, espérant ainsi s’assurer une domination psychologique sur les deux amoureux. Mais Tadeusz refuse, préférant renoncer à voir Marta plutôt que se soumettre. Dans le tableau suivant qui se déroule à nouveau sur le paquebot, le steward dit à Lisa et Walter s’être trompé: la mystérieuse passagère est en fait bien polonaise et non britannique. Au cours de la soirée dansante, cette mystérieuse passagère demande que soit jouée une valse, et ce sera précisément la valse préférée du commandant du camp d’Auschwitz. Mais à Auschwitz, Tadeusz avait refusé de jouer cette valse sur son violon, il lui avait préféré la fameuse chaconne de la partita BWV 1004 de Bach, ce qui lui a coûté la vie.  Les derniers mots reviennent à Marta, qui dans un poignant monologue évoque le devoir de mémoire :  « Si un jour vos voix se taisent, alors nous sombrerons tous ».<br />
A noter que dans le roman de Posmysz, l’épilogue est différent ; Lisa veut en finir avec ses doutes sur l’identité de la passagère et choisit, au grand dam de son mari, de s’expliquer avec elle au moment du débarquement au Brésil. Les deux femmes se fixent des yeux et se dirigent l’une vers l’autre, mais la mystérieuse passagère, à l’ultime moment, contourne Lisa et poursuit son chemin. L’hypothèque ne sera jamais levée.<br />
Chaque personnage, dans le livret, s’exprime dans sa propre langue, on entend ainsi aussi bien du yiddish que de l’allemand, de l’anglais, du français, du polonais, et du russe.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0854-1-1294x600.jpg" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Salle comble pour la première, c’est dire que les attentes étaient fortes. La découverte de la musique de Weinberg tout d’abord ; on retrouve, tout au long de la partition, des influences multiples du XXe siècle, Stravinsky, Zemlinski et surtout Chostakovitch ainsi que quelques touches de jazz mais aussi de puissants accents personnels avec des rythmes marqués par des percussions omniprésentes, une utilisation habile du <em>Sprechgesang</em>, particulièrement au premier acte. On note justement une césure complète à l’issue de la première partie, le second acte dépassant nettement le premier en intensité dramatique et lyrique (monologue de Marta et chanson <em>a cappella</em> de Katja). La mise en scène ensuite : comment rendre l’horreur du quotidien d’un camp de concentration, sans verser ni dans la caricature, ni dans le misérabilisme ? Le metteur en scène allemand <strong>Johannes Reitmeier</strong> qui a dirigé pendant onze ans le Tiroler Landestheater d’Innsbruck, a su éviter ce double écueil. Grâce à un habile décor en bois figurant d’un côté le pont supérieur du paquebot et la cabine de Walter et Lisa et, de l’autre côté, les baraquements du camp d’Auschwitz, on passe d’une ambiance à l’autre par simple rotation du plateau, les tableaux s’enchaînant ainsi sans interruption. Ces rotations fréquentes illustrent judicieusement la confusion dans l’esprit de Lisa qui, en évoquant devant son mari un passé qu’elle lui avait toujours caché, revit instantanément ces scènes qu’elle aurait voulu enfouir à jamais. La direction d’acteurs montre de très beaux moments, comme ces prisonniers qui s’avancent en chœur (remarquable travail à nouveau de <strong>Gabriel Bourgoin</strong> à la tête des voix d’hommes et de femmes) jusqu’à l’avant-scène pour dévoiler leurs avant-bras marqués à jamais de l’horreur. Très poignantes aussi les retrouvailles entre Tadeusz et Marta qui, dans un premier temps, ne se reconnaissent pas. Certes tout n’est pas réussi, les trois officiers SS ne sont guère effrayants, Lisa elle-même ne semble pas une surveillante bien redoutable, mais Reitmeier, avec une délicatesse qu’il faut louer, rend scrupuleusement l’ambiance des camps et, pour le dire autrement, sait transcender l’horreur pour la rendre visible à nos yeux de contemporains.<br />
Plateau irréprochable dominé par la Lisa omniprésente d’<strong>Anaïk</strong> <strong>Morel</strong> ; son allemand est quasi parfait, l’ampleur de la voix et sa vraie-fausse dureté font merveille même si, nous l’avons dit, la femme déchirée entre son passé et son amour pour Walter nous semble plus convaincante que la vicieuse Kapo d’antan. <strong>Nadja</strong> <strong>Stefanoff</strong> est une merveilleuse découverte : elle est une Marta sans concession, sa scène au début du II (« Würde er mich rufen, Gott der Herr » ) est soufflée avec les tripes et elle sait entretenir le mystère sur sa vraie identité. Plaisir de retrouver en <strong>Céline</strong> <strong>Laborie</strong> une Katja solide : elle délivre un « Du, mein Teil », chanson de son enfance, <em>a cappella</em> et à haut risque avec une belle maîtrise dans les notes perchées. Plateau féminin parfaitement complété par <strong>Victor Bunel</strong> (Krystina), <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> (Vlasta), <strong>Sarah Laulan</strong> (Hannah), <strong>Julie Goussot</strong> (Yvette), <strong>Janina Baechle</strong> (Bronka), <strong>Ingrid Perruche</strong> en vieille femme et <strong>Manuela Schütte</strong> en Kapo. Casting réussi également pour les deux rôles masculins principaux : <strong>Mikhail Timoshenko</strong> déploie un baryton somptueux et qui ne demande qu’à chanter, quant à <strong>Airam Hernández</strong>, il est un Walter puissant, sûr de lui, mais que Lisa réussit à faire vaciller.<br />
Ce soir c’est le sicilien <strong>Francesco Angelico</strong> qui est dans la fosse devant les musiciens de l’orchestre national du Capitole, qu’il avait déjà conduits dans <em>Mefistofele</em> en 2023. Direction soignée, précise. Il le faut car la partition est complexe avec de multiples changements d’ambiance.<br />
Justice est donc enfin rendue à une partition qui doit désormais trouver sa place sur les affiches françaises.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Luisa Miller &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-luisa-miller-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 May 2024 07:19:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette Luisa Miller, mise en scène par Frédéric Roels, directeur de l’Opéra d’Avignon, avait été produite à Tours en mars. Hors la réalisation scénique, tout est renouvelé, sinon le fantastique Wurm que campe toujours Mischa Schelomianski. &#160;Avant la série des chefs-d’œuvre qu’ouvrira Rigoletto dix ans après, nous avons déjà l’essence de leurs composantes dramatiques et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette <em>Luisa Miller</em>, mise en scène par <strong>Frédéric Roels</strong>, directeur de l’Opéra d’Avignon, avait été produite à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-luisa-miller-tours/">Tours en mars</a>. Hors la réalisation scénique, tout est renouvelé, sinon le fantastique Wurm que campe toujours <strong>Mischa Schelomianski</strong>. &nbsp;Avant la série des chefs-d’œuvre qu’ouvrira <em>Rigoletto</em> dix ans après, nous avons déjà l’essence de leurs composantes dramatiques et musicales. Sombre drame, très manichéen, troisième emprunt de Verdi à Schiller (1), il oppose trois personnages foncièrement bons, purs (2), à trois autres, sombres à souhait&#8230; La polémique manzonienne des opprimés, des justes contre les puissants. Deux pères, l’un humble, bon et pieux, l’autre, puissant, scélérat, bien qu’aimant son rejeton à sa manière, le sujet que proposa Cammarano à Verdi était neuf.</p>
<p>L’ouvrage est suffisamment rare sur nos scènes pour mériter la curiosité d’une nombreuse assistance. Captivante de bout en bout, la réalisation, tragique, implacable, lisible et fouillée, sans intention ajoutée, servie par une distribution proche de la perfection, vaudra d’interminables ovations aux interprètes lors des saluts. L’ingénieux dispositif scénique qui permet de moduler l’espace a été décrit dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-luisa-miller-tours/">compte-rendu pertinent de Christian Peter</a>, auquel nous renvoyons. Les remarquables lumières de <strong>Laurent Castaingt</strong> participent pleinement à la réussite visuelle, ainsi que les costumes intemporels de <strong>Lionel Lesire</strong>&nbsp;(3). Les seules réserves, minimes, résident dans l’évacuation du cadre campagnard (supposé tyrolien) dans lequel l’intrigue se développe, ainsi qu’une direction d’acteur qui parfois interroge (Wurm et la poupée&nbsp;?).<strong>&nbsp;</strong></p>
<p>La distribution, bien que ne comportant aucun Italien, est non seulement exempte de faiblesses, mais encore brillante. <strong>Axelle Fanyo</strong> nous vaut un attachant portrait de l’héroïne, insouciante, puis broyée par le destin. Un caractère tendre, dont les épreuves vont forger la résolution, le courage. A-t-elle été plus épanouie ? Son aisance est suprême : Un souffle infini, une capacité à tenir ses aigus forte, un contrôle de l’émission, un legato captivant, des pianissimi distillés avec élégance… Les trilles et les piqués (de son air d’entrée), les accents véhéments de la grande scène du II, tout est là. On oublie le caractère exemplaire des vocalises de « La tomba è un letto sparso di fiori » tant l’émotion nous saisit. Elle atteint au sublime dans ce dernier acte (« Ah ! l’ultima preghiera »), après la cabalette touchante du père et de la fille. Une admirable leçon de chant, particulièrement dans les ensembles (ses duos comme le trio ultime sont accomplis). Miller, ébauche de Rigoletto, est confié à<em>&nbsp;</em><strong>Gangsoon Kim</strong>. Son legato, la conduite de phrasé et l’expression sont justes, pour camper ce vieux soldat dont la probité et l’amour porté à sa fille sont les moteurs. Avec l’intelligence du chant et le sens de la ligne, un vrai baryton verdien, du moelleux dans le timbre. «&nbsp;Sacra la scelta è d’un consorte&nbsp;», empreint d’une profonde bonté, nous émeut, où les arpèges discrets des clarinettes ornent la ligne. Son duo du III, , chanté <em>mf</em> et <em>p</em> est remarquable. <strong>Sehoon Moon</strong> campe un Rodolfo juvénile, ardent, d’une sourde intensité, au mieux de la vocalité du rôle. L’émission est haute, le timbre clair, avec une admirable aisance dans la tessiture la plus tendue. Sa merveilleuse cantilène « Quando le sere al placido », émerveillée et nostalgique, avec les arpèges discrets de la clarinette est un moment fort, d’une sincérité touchante et élégante. La netteté de la diction, l’impact dramatique de ses récitatifs méritent d’être signalés. Un grand ténor, plus que prometteur, auquel on souhaite une belle carrière (4).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone  wp-image-163562 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24S2706271-200x300.jpg" alt="" width="348" height="522"></p>
<pre>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Sehoon Moon (Rodolfo) © Studio Delestrade</pre>
<p>Dramatiquement, les trois intrigants, conduits par Wurm, ne se réduisent pas à des comprimari&nbsp;: ils équilibrent les purs, futures victimes.<br />
Wurm, confié à&nbsp;<strong>Mischa Schelomianski, </strong>est impressionnant, la noirceur absolue du manipulateur, méphistophélique et couard. <strong>Wojtek Smilek</strong> a la morgue d’un aristocrate méprisant et méprisable du Comte Walter, une basse imposante, tranchante, terrifiante, enfermée dans ses certitudes mais aussi – à sa manière – père aimant… Leur duo, où ils nous révèlent le meurtre qui les unit, d’une progression dramatique et musicale extraordinaire, fait frémir. Pour incarner Federica, <strong>Sarah Laulan</strong>, authentique contralto, dont l’émission et le jeu sont d’une rare élégance. Dotée d’un beau timbre, sombre, et d’une solide technique, elle se joue de l’ambitus le plus large avec des graves robustes (ses octaves descendantes…). Une tragédienne en puissance. Une heureuse découverte que la Laura de <strong>Cécile Lastchenko</strong> : de la fraîcheur d’émission, la projection, une assurance juvénile et un jeu approprié.</p>
<p>Le chœur est puissant, précis, ductile. La direction attentive de <strong>Franck Chastrusse Colombier</strong>, soucieuse des équilibres avec le chant, imprime sa marque, où le caractère bel-cantiste et la vigueur <em>Sturm und Drang </em>se marient avec bonheur. L’élan, la dynamique, la tension ne faibliront jamais jusqu’au dénouement, à ceci près que l’ouverture est convenue dans sa première partie, insuffisamment dramatique, violente, jusqu’au solo de clarinette qui ouvre son second volet (5). Tendre comme fébrile, tourmentée, impérieuse, l’écriture orchestrale de Verdi est magnifiée par un Orchestre national Avignon-Provence au mieux de sa forme.</p>
<p>Puisse cette réalisation exceptionnelle connaître une large diffusion&nbsp;: si la découverte de <em>Luisa Miller</em> la justifie, la mise en scène, le chant, l’orchestre lui rendent pleinement justice.</p>
<pre>(1) après&nbsp; <em>Giovanna d’Arco</em> (<em>Die Jungfrau von Orleans</em>) et&nbsp; <em>I Masnadieri</em> (<em>Die Räuber</em>). 
(2) « Il s’en voit qui méritent tout et qui n’ont rien d’elle [de la fortune] » écrivait déjà Bussy-Rabutin en 1660.&nbsp;
(3) on peine à comprendre le costume des hommes (les archers) encapuchonnés de la garde de Walter, porteurs d’armes automatiques, anachroniques.&nbsp;
(4) Sehoon Moon chantait déjà un Rodolfo (mais celui de <em>La Bohême</em>) à Glyndebourne la saison dernière.
(5) A&nbsp; signaler la clarinette, toujours associée aux moments intimes, de tendresse (Verdi connaît son Weber), où François Sluznis fait merveille.</pre>
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		<title>Carte blanche de Sarah Laulan : À bout de souffle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/carte-blanche-de-sarah-laulan-a-bout-de-souffle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contribution externe]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2024 12:46:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« C’est un cri que je n’entends pas pour la première fois, mais qui a le courage de s’adresser au public, et pas seulement à quelques confidents désolés, avec force. Chapeau » Sylvain Fort, directeur de la Rédaction Le spectateur qui conteste la légitimité de notre art&#160;; l’apprenti chanteur à qui l’on enseigne seulement l’usage de son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><em>« C’est un cri que je n’entends pas pour la première fois, mais qui a le courage de s’adresser au public, et pas seulement à quelques confidents désolés, avec force. Chapeau »<br />
</em><strong>Sylvain Fort, directeur de la Rédaction</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Le spectateur qui conteste la légitimité de notre art&nbsp;; l’apprenti chanteur à qui l’on enseigne seulement l’usage de son instrument en aiguisant son individualisme&nbsp;; le professeur qui projette ses propres expériences sur l’élève&nbsp;; le critique qui n’a peut-être jamais assisté à une répétition – toute la somme des artisans et promoteurs de notre art en somme &#8211; connaissent-ils le mode de fonctionnement institutionnel actuel&nbsp;? Savent-ils combien les interprètes, par un accord entrepreneurial tacite et généralisé, sont mis au ban du processus de création ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Savent-ils que les chanteurs n’ont plus d’autre lien avec les théâtres que via leurs agents (pour un peu qu’ils aient eu la chance d’en trouver un) ? Qu’ils signent leurs contrats avec pour seule information un rôle de partition pour une production d’opéra dans laquelle ils ne peuvent se projeter, faute de connaître les noms du chef d’orchestre, metteur en scène, et partenaires à venir – et réciproquement&nbsp;? Que les contrats dûment signés ne les mettent pas à l’abri d’un licenciement abusif à n’importe quel moment du processus de répétition&nbsp;? Et ce, plus encore depuis le grand branle-bas-de-covid&nbsp;? Que ces dits contrats peuvent aller jusqu’à contenir des clauses de non-éloignement interdisant aux artistes de rentrer voir leur famille pendant les 6 semaines de travail&nbsp;? Que les obligations de l’artiste-interprète concernant la promotion du spectacle sont des zones grises pouvant donner lieu à toutes sortes d’intrusions dans le temps de répétition, ainsi dépouillé de sa magie en préparation&nbsp;? Que le droit à l’image est quasi réduit à néant, et que les vidéos volées dans des conditions techniques douteuses servent néanmoins régulièrement de casting virtuel&nbsp;? Que des artistes concrets sont évalués au nombre de likes&nbsp;abstraits ? Que les mieux payés d’entre eux sont aussi ceux qui réinvestissent dans des conseillers-marketings&nbsp;? Sans parler de l<em>’industrie du disque</em> qui, rappelons-le, dans plus de 80% des cas repose sur un auto-financement intégral du musicien. J’en passe.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il est temps de se reposer la question de nos motivations profondes. L’opéra comme art total &#8211; certes. La satisfaction de se baigner dans son propre son, d’expulser une énergie extra-ordinaire, de faire corps avec la musique, aussi. Pour ma part, je me souviens des premières émotions en écoutant Leyla Gencer, Edda Moser, ou les Marionnettes de Salzburg. Et si je n’en connaissais pas encore la terminologie, le sentiment était clair&nbsp;: celui de la <em>catharsis</em> (fondement de notre culture occidentale depuis 2,5 millénaires déjà).</p>
<p style="font-weight: 400;">Ne laissons donc pas des arguments qui ne nous appartiennent pas obscurcir nos passions, ne nous laissons pas déporter par les <em>logiques du marché</em> qui ont prouvé leur caractère mortifère. Et fixons-nous des objectifs réalistes.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand commencera-t-on le travail par des discussions autour du livret, des moyens existants et des contraintes qui les accompagnent, et surtout des publics, contextes, époques auxquels l’œuvre est destinée&nbsp;? Car non, le chanteur n’a pas besoin d’avoir une opinion sur l’air qu’il interprète, mais au contraire une pensée dramaturgique globale dans laquelle s’inscrire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand décidera-t-on de tourner franchement les talons lorsqu’une salle de spectacle, au lieu de se mettre au service de son audience, la prend en otage des fantasmagories d’un directeur et/ou metteur en scène en lui imposant le pire spectacle qui soit&nbsp;: l’avilissement de ses interprètes ou le détournement de l’œuvre à ses fins personnelles ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand décidera-t-on de briser le cercle vicieux de l’<em>auto-promotion</em>, passé d’antinomique à prétendument indissociable de notre pratique d’interprète&nbsp;? Certes le système de la <em>mise en concept</em> et autres synthèses à l’emporte-pièce s’est généralisé à toutes nos activités du quotidien, mais l’Opéra n’est-il pas un lieu de relecture et de résonance par excellence&nbsp;?</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand prendra-t-on au sérieux les enfants (dont la qualité d’écoute est souvent bien plus fine que celles des adultes inhibés quant à eux par leurs habitudes), afin de proposer une éducation lyrique de fond qualitative et engagée ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand reverra-t-on le métier à sa racine&nbsp;: la pédagogie&nbsp;? En commençant par donner aux apprentis chanteurs un mode d’emploi du métier auquel ils pourront choisir de dédier ou non un nombre certain de leurs années de jeunes adultes. Les enseignants pour leur part auront-ils le courage de remettre d’équerre l’offre pédagogique avec ses possibles débouchés, et de déboucher la pédagogie à l’aune de la réalité du marché&nbsp;? D’autoriser les jeunes artistes à être créateurs et non pas seulement exécutants, afin que leurs forces de propositions puissent réinventer un milieu culturel aligné sur les nécessités de leur époque&nbsp;?</p>
<p style="font-weight: 400;">Certaines expériences actuelles nous confirment que le <em>jeunisme</em> a pour principale conséquence de renforcer la précarité de tous les partis &#8211; la durée moyenne d’une carrière lyrique soliste (d’après une étude allemande pré-covid) étant de 7 ans. Inquiétons-nous donc de la dilapidation non seulement du capital mais aussi des énergies.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les compositeurs, grands coordinateurs des talents réunis, sont aujourd’hui les plus vulnérables, à la merci d’une commande et des desiderata techniques qui l’accompagnent (durée et délais imposés à la minute près). Les metteurs en scène pour leur part, s’ils sont en tête d’affiches, n’en sont pas moins réduits à découvrir le casting au premier jour de répétition, après avoir dû rendre une année en amont le plan de scénographie / costumes / parti pris – c’est-à-dire tout le concept vidé de son essence première, à savoir la chair qui l’anime. Dans cette logique de reproductibilité des productions d’opéra dont les chanteurs seraient de petits soldats interchangeables – faisant un total déni de l’altérité des partenaires entre eux, comme à l’intérieur d’eux-mêmes &#8211; mais surtout prônant le contrôle du facteur humain, se niche probablement le nerf de la pensée dite <em>élitiste</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour le reformuler, si l’artiste qui réinterprète l’œuvre n’est pas pris en compte en tant que variable, à quoi bon la revisiter&nbsp;? Dans l’enseignement artistique tout comme dans sa mise en pratique professionnelle, la seule école ne devrait-elle pas être celle d’un artisanat fondé sur le doute et la recherche&nbsp;? «&nbsp;C’est en explorant des déserts qu’on peut rencontrer des vérités, y compris dans le jeu&nbsp;» &#8211; Chéreau. Où sont passées nos heures de prise de risques et de déshérence, notre travail sur ce qui justifie le temps d’un artiste passé à se replier sur lui-même (la gestation <em>intermittente</em>…) et à travailler son instrument &#8211; qui n’est ni un emballage (le <em>physique</em>), ni une étiquette (<em>l’emploi</em>), ni un prêt-à-porter (<em>toi tu es, toi tu seras</em>…), mais une faille sublime. Celle qui nous rend à la fois uniques et égaux à l’heure du spectacle. Qui fait des acteurs et des spectateurs…. société.</p>
<p style="font-weight: 400;">Alors oui les solutions existent et d’autres en ont parlé mieux que moi, chiffres à l’appui. Mais rappelons-nous notre rôle d’artiste. Participer en première ligne au repeuplement des salles. Interroger nos propres regards de spectateurs. Encourager toutes les formes artistiques pour autant qu’elles se mettent au service de leur public. Ne pas subir les quotas / thématiques / présupposés auto-limitants. Attiser la curiosité intellectuelle, émotionnelle et sensorielle. S’interdire de tricher sur scène, car seule la sincérité est contagieuse. Vibrer profond. Accueillir l’inconnu. Partager. Perdre le contrôle. S’insurger. Ne jamais baisser les bras.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Sarah Laulan</strong><br />
Contribution externe</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’Olivier Py arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&#8217;actualité de cette histoire qu&#8217;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’<strong>Olivier Py</strong> arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&rsquo;actualité de cette histoire qu&rsquo;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, voire rend difficilement lisible des scènes pourtant évidentes : le statisme du chœur et la pauvre direction des figurants (on croirait presque que les militaires répriment une émeute) lors du prologue rendent incompréhensible la manipulation du peuple ou ses chamailleries tragi-comiques. Sans parler de cette ballerine qui danse face à un soldat ivre pendant la scène du couronnement. L&rsquo;effort pédagogique est donc lourdement appuyé : l’action est transposée au XXe siècle, un immense Z occupe le mur de scène du prologue, la façade du palais est celle de la Douma à Moscou et se retourne pour laisser voir des façades d’immeubles éventrées (sans doute une évocation des bombardements en Ukraine) lors du tableau de la taverne, et les nombreuses autres allusions (déjà <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/">détaillées par notre confrère</a>) semblaient ne pas suffire : Boris lance son monologue devant une toile peinte sur laquelle Poutine fait face à Staline, et Fiodor joue à faire virevolter une mappemonde gonflable (la « carte de Russie ») comme Charlie Chaplin singeant Hitler. Quelques réussites plus fines tout de même : l’apparition de l’innocent dès le lever de rideau qui singe le tsar (il réapparaitra travesti, pied de nez à la masculinité toxique des autocrates russes) ; le rideau de scène, toile de fonds de la folie de Boris peuplée de troncs d’arbres formant une sombre forêt infinie, laquelle finira par s’enflammer pour voir Boris s’effondrer, accompagné seulement de son fils qui s’enfuit, tandis que Grigori s’empare du bonnet de Monomaque, le viseur du pistolet de Chouïski pointé sur lui. Mieux vaut tout de même avoir révisé son histoire russe pour comprendre. Belles réussites également de <strong>Bertrand Killy</strong> dont les lumières stroboscopiques permettent de belles apparitions du fantôme de Dimitri (dont la minuscule tombe hante l’avant-scène) ou jouent avec le cadre de scène pour amplifier l’espace scénique. On retrouve en outre des éléments habituels de la poétique scénique de Py (les hautes façades dorées à alcôve, les néons qui clignotent, la prostituée au mascara dégoulinant, les hommes torse nu…), sans distiller d’autres parfums que celui du déjà-vu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Boris-Godounov_MIR8837-©-Mirco-Magliocca-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157215"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Musicalement, le compte y est davantage, mais quitte à jouer la version de 1869, plus théâtrale et sèche, on aurait aimé plus de relief, de drame et de rugosité. <strong>Andris Poga</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre National de France</strong> soigne la beauté du son et se montre attentif à ne pas saturer l’espace sonore, ce qui est très appréciable pour le très bon <strong>Chœur de l’Opéra National du Capitole</strong> qui peut impressionner sans hurler malgré leur effectif réduit. Hélas, les différentes populations sont insuffisamment caractérisées et le chef ne réussit pas à rendre sensible la tension angoissante, la course à l’abime, l’effroi qui habite ce drame. Un peu comme si la sérénité lénifiante de Pimène était à la baguette. Parmi les seconds rôles, nous n’avons pas apprécié l’émission un peu trop relâchée de l’Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong>, trouvé un peu maigre le Varlaam de <strong>Yuri Kissin</strong>, et reconnaissons avoir peu de souvenir de Missaïl, Mitioukha et de la nourrice. Louons cependant la présence dévastatrice du Nikititch de <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, et la belle contenance de l’Andreï de <strong>Mikhail Timoshenko</strong>. <strong>Airam Hernandez</strong> et <strong>Sarah Laulan</strong> sont prometteurs, mais sans acte polonais pour le premier, ni chanson du canard pour la seconde, difficile de transformer l’essai. La très intense Xenia de <strong>Lila Dufy</strong> et le Fiodor plein de vie de <strong>Victoire Bunel</strong> réussissent néanmoins à briller malgré la brièveté de leur intervention. <strong>Roberto Sciandiuzzi</strong> est un Pimène décevant, qui offre certes ses longues années de carrière au service de la vieillesse du personnage, mais n’arrive jamais à en faire le prophète implacable et menaçant qui précipitera la chute du tsar. <strong>Marius Brenciu</strong> campe un Chouïski éclatant, un peu trop sans doute, difficile d’entendre de l’arrogante fourberie ici. Franc succès pour finir que le magnifique Boris d’<strong>Alexander Roslavets</strong> qui hésite constamment entre la puissance et la fragilité, sait effrayer autant qu’émouvoir sans jamais sombrer dans la caricature.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Nov 2023 06:40:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie Olivier Py dans la nouvelle production de Boris Godounov, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie <strong>Olivier Py</strong> dans la nouvelle production de <em>Boris Godounov</em>, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu de poésie que l’on perd, une part de ce mystère russe que Py connaît pourtant parfaitement, et dont il maîtrise les tenants et les aboutissants. Ce sentiment de poésie, de tourment, de tragédie, d’angoisse, celui qui nous assaille jusqu’au plus profond de nous-mêmes, ne le ressentons-nous pas <em>in extremis</em> seulement, dans cette scène conclusive, mémorable entre toutes et qui se joue devant le rideau baissé. Boris va expirer, il est seul, seul malgré ses visions, seul malgré le fantôme de Dimitri (le tsarévitch présent du début à la fin comme pour le narguer une ultime fois), seul malgré son fils qu’il étreint sans le voir.  Cette épure nous rend enfin le tsar tel qu’il est : un homme assailli par ses visions, prisonnier de son histoire et qui trouve dans la folie puis la mort la seule issue possible à son drame ; les flammes de l’enfer vers lesquelles il se précipite n’apportent rien à la démonstration.</p>
<p>La version choisie est celle de 1869, l’original donc. Sept tableaux présentant sans interruption une action resserrée, souvent elliptique et qui fait la part plus que belle aux chœurs, donc au peuple de Russie (« C’est le peuple que je veux peindre. Quand je dors, je le vois devant moi, quand je mange, je pense à lui […], il ne cesse de m’apparaître encore et toujours », écrit Moussorgski à Répine en 1875), mais qui laisse la portion congrue aux rôles féminins (d’où l’ajout de l’acte polonais quelques années plus tard, pour, entre autre, insérer le magnifique rôle de Maryna). Le metteur en scène choisit de dresser le portrait de la Russie de toujours, celle qui, quel que soit son statut politique (Russie, Union soviétique) met en œuvre les mêmes forces destructrices, la même violence. Nous assistons donc au cours de cette magnifique leçon d’histoire à la traversée des siècles, depuis le couronnement de Boris jusqu’à la période contemporaine avec l’invasion de l’Ukraine et les drapeaux russes et polonais (et pourquoi donc ?) omniprésents : dès le premier tableau un immense Z apparaît en fond de scène, et au cinquième tableau, le dialogue entre Boris et Chouïski se joue au Kremlin dans la salle où Poutine reçut Macron autour de cette immense table de marbre blanc ! Les allusions à la dictature stalinienne sont également légion. Au troisième tableau ; lorsque Pimène retrace à grands traits l’histoire de la Russie, Grigori revêt les habits des grands dictateurs du pays, comme pour illustrer la continuité dans la violence subie par le peuple. Très belle scène aussi dans le cinquième tableau où Fiodor jouant, non pas avec une carte de la Russie, mais un ballon géant représentant notre planète, dit à son père : « Regarde la carte de Russie » !</p>
<pre>             <img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR9530-1294x600.jpg" alt="" width="688" height="319" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Mirco Magliocca</pre>
<p>La production d’Olivier Py est saluée chaleureusement par le public (comme quoi il n’est pas toujours hué, <a href="https://www.forumopera.com/olivier-py-il-ny-a-pas-de-il-faut-en-art/">quoi qu’il en dise</a> !), sensible à coup sûr à la magnifique traduction scénique réalisée et ô combien réussie par <strong>Pierre-André Weitz</strong> : une série de décors tournant rapidement sur eux-mêmes et nous faisant voyager dans le temps et des espaces aussi différents qu’une cathédrale, une auberge aux allures de bordel ou encore une salle d’étude dans un couvent. Le tout superbement éclairé par <strong>Bertrand Killy</strong>.</p>
<p>Pour ce qui est de la production musicale, il faut saluer l&rsquo;excellente capacité de l’ensemble à « sonner russe ». Ce compliment vaut d’abord pour l’orchestre du Capitole dirigé par <strong>Andris Poga</strong>. Le jeune chef letton a su insuffler toutes les nuances dans les couleurs de l’orchestre voulu par Moussorgski ; de ce point de vue, le dépaysement est parfait. De même qu’est remarquable le travail effectué par <strong>Gabriel Bourgoin</strong> à la tête des chœurs et de la maîtrise de l’opéra national. Nous l’avons dit le chœur c’est le peuple russe, il est au cœur de l’ouvrage et, pour ce soir de première, la copie rendue est impressionnante : puissance, articulation, soin dans les variations dynamiques.</p>
<p>Plateau vocal de grande tenue : commençons par Boris ; c’était ce soir-là la prise de rôle d’<strong>Alexander</strong> <strong>Roslavets</strong> (qui remplaçait Matthias Goerne, initialement programmé) : clarté de timbre, projection suffisante et surtout incarnation du rôle, notamment dans la scène finale, nous l’avons dit. Autre performance, celle du Pimène de <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> à la diction admirable. Il possède une basse chaleureuse mais qui sait être aussi cassante. <strong>Marius Brenciu</strong> est un Chouiski parfaitement retors ; <strong>Airam Hernandez</strong> est un Grigori fantasmatique ; <strong>Sulkhan Jalani</strong> un Nikititch effrayant au possible et <strong>Mikhaïl Timoshenko</strong> (Andrei) nous fait apprécier la clarté et la beauté de son timbre. Notable enfin l&rsquo;Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong> , sorte de fou du roi, omniprésent dès le lever de rideau. Chez les femmes, pas de rôle vraiment marquant, c’est un peu le travers de cette version de <em>Boris</em>.  <strong>Victoire Bunel</strong> est un Fiodor gracile et au final charmant. <strong>Svetlana Lifar</strong> (en nourrice) et <strong>Sarah Laulan</strong> (l’aubergiste) nous ont semblé plus convaincantes que <strong>Lila Dufy</strong> en Xenia.</p>
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		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette – Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-rouen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 07:14:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la production de Roméo et Juliette d’Eric Ruf, vue à l’Opéra Comique et adaptée de celle de la Comédie française, un Pati succède à un autre. A Paris, Pene remplaçait au pied levé et triomphait. A Rouen, son frère cadet Amitai fait ses débuts. Dans la famille, lyrisme, phrasé et diction coulent de source, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la production de <em>Roméo et Juliette</em> d’<strong>Eric Ruf</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/romeo-et-juliette-paris-opera-comique-pene-pati-embrase-lopera-comique/">vue à l’Opéra Comique</a> et adaptée de celle de la Comédie française, un Pati succède à un autre. A Paris, Pene remplaçait au pied levé et triomphait. A Rouen, son frère cadet Amitai fait ses débuts. Dans la famille, lyrisme, phrasé et diction coulent de source, l’aisance à l’aigu et la générosité de même. Le timbre un rien plus nasal d’<strong>Amitai Pati</strong> contribue au portrait d’un Roméo attendrissant. Si la projection et le volume sont limités, la prise du rôle de ténor est tout à fait convaincante. <strong>Olga Kulchynska</strong> remporte la palme de la soirée en Juliette. Elle se rit des embuches du rôle et délivre un air poignant tout en crescendo au quatrième acte. Le reste de la distribution participe à la fête vocale rouennaise. <strong>Sarah Laulan</strong> compose une Gertrude joyeuse et tendre. <strong>Jérôme Varnier</strong> habite Frère Laurent de son timbre profond. Philippe-Nicolas Martin parade tant scéniquement que vocalement en Mercutio et <strong>Jean-Fernand Setti</strong> incarne tout à fait la bonhommie et l’autorité du Comte Capulet. Distribuer Stéphano au sopraniste&nbsp;<strong>Bruno de Sà</strong> s’avère un choix judicieux : le virtuose brésilien dispose du volume et de la technique pour faire de sa scène un moment de respiration comique et de jubilation vocale. Tybalt lui tient la dragée haute. <strong>Julien Henric</strong> confère à l&rsquo;arrogant Capulet toute la morgue et le volume nécessaires dans une incarnation aussi réussie que détestable. Seul <strong>Halidou Nombre</strong> passe, ce soir-là, à coté de la courte scène du Duc de Vérone. Enfin, comme à Paris, les <strong>Chœurs Accentus /Opéra de Rouen Normandie</strong> s’avèrent aussi à l’aise scéniquement qu’homogènes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="705" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ORN_S2223_Romeo_et_Juliette_generalepiano_c_MarionKerno-20-1024x705.jpg" alt="" class="wp-image-133668" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marion Kerno / Agence Albatros</sup></figcaption></figure>


<p>En fosse, <strong>Pierre Dumoussaud</strong>, régulièrement invité sur ces bords de Seine, signe une nouvelle fois une direction d’orchestre magistrale. Si les scènes de groupe sont prises tambour battant, cela ne nuit en rien à la liaison avec le plateau ou aux couleurs de l’orchestre tout en dynamisant l’action. Les pages plus lyriques et les duos trouvent la quiétude et le soupçon de rubato pour pimenter les ébats.</p>
<p>La production est désormais connue. Elle aura bonifié en passant de la Comédie française – où Shakespeare est pénalisé par la mauvaise traduction hugolienne – aux institutions lyriques. Eric Ruf dit apprécier qu’à l’Opéra, la masse et le groupe fassent passer ce que le théâtre ne peut faire que par les mots et l’intention. De fait, son décor aride d’Italie du Sud offre un certain nombre de ressorts scéniques qu’une bonne direction d’acteur vient surpiquer. Même si le choix de la temporalité (pourquoi l’Entre-deux-guerres pour évoquer les vendetta mafieuses ?) laisse perplexe, il permet à <strong>Christian Lacroix</strong> et aux équipes techniques de faire étalage de leurs talents artisans.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-rouen/">GOUNOD, Roméo et Juliette – Rouen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DELIBES, Lakmé — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lakme-liege-lakme-bien-temperee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Sep 2022 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le lecteur ne nous en voudra pas de passer assez vite sur le travail de mise en scène de Davide Garattini Raimondi. Non qu&#8217;il soit un échec, mais il ne brille pas par son originalité. L&#8217;action est située dans une Inde plus ou moins contemporaine de celle de l&#8217;opéra, et l&#8217;action est narrée au plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur ne nous en voudra pas de passer assez vite sur le travail de mise en scène de <strong>Davide Garattini Raimondi.</strong> Non qu&rsquo;il soit un échec, mais il ne brille pas par son originalité. L&rsquo;action est située dans une Inde plus ou moins contemporaine de celle de l&rsquo;opéra, et l&rsquo;action est narrée au plus près du synopsis voulu par les librettistes. Seuls éléments d&rsquo;actualisation : un Gandhi qui contemple l&rsquo;action depuis le côté de la scène et intervient très ponctuellement, des citations de lui qui sont affichées au niveau des cintres, et les scènes dansées (très bien coordonnées par <strong>Barbara Palumbo)</strong> qui contiennent un message anticolonial. Rien de tout cela ne peut être décrit comme révolutionnaire en 2022, mais il faut reconnaitre que le résultat visuel et dramaturgique est éminemment regardable, notamment grâce aux éclairages subtilement dosés de <strong>Paolo Vitale</strong>, et permet surtout de se concentrer sur les forces musicales du spectacle.</p>
<p>Et là, on est plutôt à la fête. A qui donner la palme ? Le choix est difficile. La révélation la plus surprenante de la soiree est sans doute le jeune <strong>Pierre Doyen</strong>. Encore peu connu, le baryton belge offre en Frédéric une voix puissante parfaitement contrôlée, doublée d&rsquo;un sens de la diction qui ressuscite les mânes du chant francais de l&rsquo;immédiat après-guerre. Un chant qui n&rsquo;hésite pas à recourir au parlando sans jamais sacrifier la beauté du son, avec le souci de porter au même niveau le sens et la musique. A plus d&rsquo;un moment, nous avons cru entendre le jeune Gabriel Bacquier revenu de chez les morts. S&rsquo;ajoute à ces multiples atouts une aisance scénique qui étonne a un stade aussi précoce de la carrière. Encore plus jeune, <strong>Pierre Romainville</strong> livre un Hadji tout aussi touchant, avec une voix fraîche et timbrée avec juste assez de puissance pour évoquer le serviteur dévoué et peut-être un peu amoureux.</p>
<p>Ce qui surprend moins est le triomphe de <strong>Lionel Lhote </strong>en Nilakantha. Le baryton belge dispense à pleines mains son legato impérial, ses réserves de puissance et sa justesse jamais prise en défaut. Toutes des qualités qu&rsquo;il avait déjà montrées lors de participation au Concours Reine Elisabeth de chant en 2004, et qu&rsquo;il porte petit à petit vers des sommets. Il serait aisé d&rsquo;évoquer un succeseur à José van Dam, mais ce chant est d&rsquo;une nature foncièrement différente, plus physique, plus en lien avec les tripes de l&rsquo;artiste. Au risque de se répéter et de choquer, nous déplorerons encore une fois que la carrière de Lionel Lhote ne soit pas entièrement à la hauteur de ses moyens. Chanter à Liège, Toulon et Bordeaux est bel et bon, mais l&rsquo;artiste a l&rsquo;étoffe d&rsquo;un invité régulier à la Scala, à Vienne ou au Met de New York. Le rôle de Nilakantha conviendrait idéalement à ses débuts, avec une identification parfaite au personnage, y compris visuelle. Avis aux directeurs d&rsquo;opéras qui nous lisent.</p>
<p>On sera plus réservé sur le trio des dames britanniques : <strong>Julie Mossay, Caroline de Mahieu</strong> et <strong>Sarah Laulan</strong>. Elles sont certes impayables scéniquement, mais le choix d&rsquo;un chant criard pour évoquer des occidentales coincées n&rsquo;est pas des plus heureux. A l&rsquo;inverse, <strong>Marion Lebègue</strong> profite de la brève partie de Malika pour mettre en valeur son mezzo somptueux.</p>
<p><strong>Philippe Talbot</strong>  pose un problème de conscience au critique. La voix est idéale, parfaitement conduite, et ce chant d&rsquo;un goût parfait enfonce les douces cantilènes de Gérald jusqu&rsquo;au fond de la mémoire, où elles retentiront bien longtemps après la fin de la représentation. Mais le volume est vraiment minuscule, et il y a des moments où le chant peine à franchir la fosse d&rsquo;orchestre. Certes, Delibes etait un des compositeurs attitrés de l&rsquo;Opéra-comique, il excellait dans le demi-caractère, et Gérald n&rsquo;est pas Siegfried. Mais des artistes comme Gregory Kunde ont démontré qu&rsquo;on pouvait mettre de la puissance dans ce rôle sans en détruire la finesse.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/j._devos_orw-liege_c_j_berger.jpg?itok=DE6WN9IN" title="@ORW - J. Berger" width="468" /><br />
@ORW &#8211; J. Berger</p>
<p>Les débuts belges de <strong>Jodie Devos</strong> en Lakmé étaient très attendus, <a href="https://www.forumopera.com/lakme-tours-naissance-dune-lakme">après sa prise de rôle à Tours, célébrée par Christophe Rizoud : </a>la tessiture comme le contenu dramatique du personnage étaient supposés lui convenir à merveille. On n&rsquo;est pas décu. Aux qualités déja soulignées lors des représentations tourangelles s&rsquo;ajoute une fragilité assumée. Il y a quelque chose de bouleversant à voir ce minuscule bout de femme couverte d&rsquo;un voile blanc, courbée en deux, lancer ses premieres vocalises avant l&rsquo;air des clochettes, et dérouler peu à peu la gamme complète des coloratures les plus illustres. Comment tant de son peut-il surgir d&rsquo;un corps si menu ? Oh magie de l&rsquo;opéra &#8230; Mais l&rsquo;artiste ne se contente pas d&rsquo;éblouir ; elle n&rsquo;oublie pas d&rsquo;émouvoir, et plus d&rsquo;une joue s&rsquo;est mouillée face au sort horrible qui frappe le jeune hindoue. Délicatesse suprême : alors que ses moyens sont très supérieurs à ceux de son partenaire, elle allège la voix dans leurs duos pour ne jamais le couvrir. Lorsque tant de générosité s&rsquo;unit à tant de talent, on rend les armes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/j._devos_-_p._talbot_orw-liege_c_j_berger.jpg?itok=I5GdVkp0" title="@ORW - J. Berger" width="468" /><br />@ORW &#8211; J. Berger</p>
<p>Les<strong> Chœurs de l&rsquo;Opéra royal de Wallonie </strong>ont fière allure, et se jouent des embûches semées par Delibes dans la scène du marché au début de l&rsquo;acte II. Visiblement amoureux de cette musique que des beaux esprits ont dénigrée, <strong>Frédéric Chaslin </strong>excelle à en rendre les subtilités et les couleurs délicates comme les quelques moments de puissance. Il est parvenu à entraîner dans son sillage un <strong>orchestre de l&rsquo;opéra </strong>qui fait rivaliser ses pupitres de virtuosité, mettant en valeur une orchestration qui, pour être légère, n&rsquo;en oublie jamais d&rsquo;être élégante.</p>
<p> </p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-metz-un-rigoletto-puissant-et-emouvant-juste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2019 04:00:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il ne déroge pas à ses principes d’humilité et de respect de l’ouvrage, Paul-Emile Fourny, qui en signe sa cinquième mise en scène, illustre Rigoletto de façon exemplaire. Sans ajout de quelque message politique ou sociétal, sans provocation gratuite (les seins nus des courtisanes du premier acte sont du déjà vu), il nous raconte l’histoire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il ne déroge pas à ses principes d’humilité et de respect de l’ouvrage, <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, qui en signe sa cinquième mise en scène, illustre <em>Rigoletto</em> de façon exemplaire. Sans ajout de quelque message politique ou sociétal, sans provocation gratuite (les seins nus des courtisanes du premier acte sont du déjà vu), il nous raconte l’histoire telle que Victor Hugo aurait pu la concevoir, n’était son allergie à la musique. Propos d’autant plus apprécié qu’il est rare dans le paysage lyrique français de s’inscrire dans la tradition en ce qu’elle a de meilleur. De surcroît, il réussit le miracle de construire une distribution de haut vol, en dépit des moyens limités de la scène valeureuse qu’il dirige.</p>
<p>Sans esthétisme gratuit, les décors de <strong>Poppi Ranchetti</strong>, les costumes de <strong>Giovanna Fiorentini</strong>, les éclairages de <strong>Patrick Méeüs</strong>, créent l’atmosphère propre à chaque moment, avec pour unique souci celui de servir l’ouvrage. La scène tournante participe à son rythme offrant des décors en pleine harmonie avec les tableaux successifs. Des marbres du palais ducal, au mur lépreux sur lequel débouche l’impasse, à la maison où est recluse Gilda, au bouge de Sparafucile et de Maddalena, c’est un constant régal. D’autant que ce cadre, s’il réduit les volumes appelés par les scènes de foule, autorise de nombreuses combinaisons, toutes bienvenues. Ainsi, le lent flash back qui fait défiler le souvenir des scènes vécues, où les personnages sont figés dans leur posture, est plus qu’une trouvaille. De la frénésie de la fête chez le Duc jusqu’au dénouement tragique, le rythme imposé nous captive sans autre rupture que les contrastes voulus par le librettiste et le compositeur.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto_14_c_christian_bremont_-_opera-theatre_de_metz_metropole_.jpg?itok=vPhYp61O" title="Gilda et Rigoletto © Christian  Brémont - Opéra-Théâtre de Metz Métropole" width="468" /><br />
	Gilda et Rigoletto © Christian  Brémont &#8211; Opéra-Théâtre de Metz Métropole</p>
<p>De Rigoletto, du Duc de Mantoue, de Gilda au modeste rôle du page, la distribution est sans la moindre faiblesse. L’opéra repose, avant tout, sur Rigoletto. <strong>Pierre-Yves Pruvot</strong>, authentique baryton verdien, use de la plus riche palette expressive, du cri, du parlando à la déclamation lyrique. Le bouffon prend ici une dimension humaine, ambiguë, complexe. Sa solitude, son amour possessif pour sa fille, sa révolte nous émeuvent. La voix est sonore, admirablement projetée, toujours intelligible, assortie des couleurs les plus justes. Christophe Rizoud écrivait de <strong>Thomas Bettinger</strong> « le ténor français qui monte » après sa prestation à Orange en juin dernier. Son Duc de Mantoue nous ravit, et nous change de ces ténors aguerris dont la voix et le jeu trahissent l’âge, si ce n’est l’usure. Son émission comme la vie qu’il donne à son personnage, insolents, sont empreints de fraîcheur, de jeunesse, de désinvolture. Comment ne pas être conquis par la sincérité de sa déclaration à Gilda, tout autant que par sa « conquête » de Maddalena ? Le jouisseur-séducteur est campé avec une vérité rare. Toutes les inflexions attendues sont là, sans jamais sentir l’artifice. Gilda, innocente et passionnée, n’est pas moins jeune. <strong>Oriana Favaro</strong>, soprano au timbre et à la nationalité argentines, est cette jeune fille sensible, émouvante. Elle nous vaut un splendide « Gualtier Maldè… Caro nome », frais, clair. L’évolution du personnage est perceptible durant les duos suivants, jusqu’à l’ultime, poignant. La maîtrise technique est admirable, tout comme le jeu, le soprano léger se mue progressivement en soprano dramatique. Sparafucile, <strong>Mischa Schelomianski</strong>, est puissant. La voix large et sonore sait se faire caressante comme brutale. Il se double d’un excellent comédien, tout comme sa sœur, la vénale et passionnée Maddalena, chantée par <strong>Sarah Laulan</strong>. Beau mezzo, à la voix chaude et animée, au jeu exemplaire, on regrette que la partition ne nous permette pas de l’apprécier davantage. De noir vêtu, l’immense <strong>Jean-Fernand Setti</strong> impose sans peine la figure noble, impérieuse et sombre de Monterone dans ses imprécations et sa malédiction. Aucun des autres solistes ne démérite, jusqu’au page mutin de <strong>Hadhoum Tunc</strong>.</p>
<p>Le chœur d’hommes de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole fait preuve de toutes ses qualités de précision, d’émission et de justesse : sonore comme discret, toujours intelligible, il remplit idéalement sa fonction musicale comme dramatique. On oubliera l’imprécision des cuivres dans le prélude et le début du premier acte pour ne retenir de l’orchestre que son engagement et son attention à la direction animée et inspirée de <strong>Cyril Englebert</strong>. Son souci du chant est constante et les tempi adoptés confèrent les caractères attendus à chaque séquence, de la retenue de l’air de Gilda aux accents dramatiques de l’orage qui domine la dernière scène. Les solistes (le violoncelle et le hautbois tout particulièrement) sont remarquables.</p>
<p>Le public, pris dans le tourbillon de l’action, réserve l’essentiel de ses longues acclamations pour la fin de l’ouvrage : malgré le dénouement tragique, chacun sort heureux, conscient d’avoir partagé un moment rare. Reims reprendra cette production, à laquelle participe son opéra, dont nous avons apprécié l’orchestre, les 13 et 15 octobre.</p>
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		<title>Le Chant de la mine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-chant-de-la-mine-germinal-en-musique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Feb 2019 08:56:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout comme en littérature, c’est un natif d’Aix-en-Provence qui sut exalter la poésie des mines du Nord, c’est en musique un natif de Nice qui devait chanter le gloire des mineurs. Ce Chant de la mine, sorte de Germinal en musique, on le doit à un déraciné, Eugène Bozza. De père italien comme Zola, il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout comme en littérature, c’est un natif d’Aix-en-Provence qui sut exalter la poésie des mines du Nord, c’est en musique un natif de Nice qui devait chanter le gloire des mineurs. Ce <em>Chant de la mine</em>, sorte de <em>Germinal</em> en musique, on le doit à un déraciné, Eugène Bozza. De père italien comme Zola, il avait vu le jour à Nice en 1905. Après une carrière internationale de violoniste, il fut Grand Prix de Rome en 1934. Chef d’orchestre de l’Opéra-Comique de 1939 à 1948, il fut ensuite directeur du Conservatoire de Valenciennes de 1950 à 1975 (l’institution porte son nom depuis 2016), et c’est là qu’il composa son « oratorio social » créée sous sa direction en 1956, avec 700 exécutants ! Egalement donnée à Lille et à Paris, l’œuvre semble avoir ensuite été bien oubliée, jusqu’au jour où elle fut recréée, toujours dans l’Athènes du Nord, la partition manuscrite étant toujours conservée à la Bibliothèque de Valenciennes…</p>
<p>Elève d’Henri Busser, Bozza composa trois opéras, dont un d’après <em>La Duchesse de Langeais</em>, de Balzac (1967). Le poète belge José Bruyr, auteur du texte du <em>Chant de la mine</em>, devait aussi lui fournir le livret de son opéra-bouffe <em>Beppo ou le mort dont personne ne voulait</em> (1963). Sa musique est un concentré d’influences variées, où l’on entend des réminiscences de Debussy et même des citations tout droit sorties de chez Ravel. La forme oratorio avec récitant (ici, <strong>Didier Kerckaert </strong>très engagé) rappelle inévitablement le Honegger de <em>Jeanne au bûcher</em> et l’évocation des machines renvoie à tout un courant musical du XX<sup>e</sup> siècle, russe notamment (<em>Les Fonderies d’acier</em>….) mais pas seulement. L’épisode de la ducasse renvoie au deuxième acte de <em>La Bohème</em>, aux scènes de liesse montmartroise de <em>Louise</em> et même de la Garde montante de <em>Carmen</em> pour les « Taratata » des enfants. Après la déploration des victimes du grisou, le « P’tit Quinquin » passe sur le mode mineur (c&rsquo;est le cas de le dire). Sans crier au génie, il faut reconnaître que cette partition a été écrite par quelqu’un pour qui l’orchestration n’avait plus de secret. Le traitement des chœurs est intéressant, donnant dans le parlé rythmé pour l’introduction, intervenant tantôt bouche fermée, tantôt sur le texte, avec superpositions de rythme dans les grandes scènes de foule. Plus connu comme organiste et claveciniste, directeur du Centre de musique baroque de Versailles, <strong>Nicolas Bucher </strong>se souvient qu’il est natif de Lens pour diriger avec conviction cette œuvre délicieusement éclectique mais portée par une réelle émotion.</p>
<p>Quant au livret, il prend heureusement une forme infiniment plus souple que celle de la fameuse cantate du Prix de Rome, qui avait valu maints honneurs à Eugène Bozza. Après un appel à l’attention du public, l’œuvre s’ouvre par une évocation du chaos de la préhistoire, quand le charbon se forma dans le sol. C’est le moment où l’on entend « la voix du charbon », avec un <strong>Daniel Ottevaere</strong> aux couleurs adéquates mais au vibrato hélas très prononcé. Vient ensuite l’éveil de la nature, quand commence une journée de travail : <strong>Zoé Gosset</strong> réussit à être exquise et jamais mièvre dans les « Tireli » de l’Alouette. On entre dans le coron, et chez le mineur descendu à la fosse, l’Aïeule songeuse veille sur l’enfant au berceau : <strong>Sarah Laulan </strong>met son somptueux timbre grave au service de ce touchant personnage d’octogénaire. Après la fête et le coup de grisou fatal, le texte nous propulse une vingtaine d’années plus tard, quand l’enfant au berceau est à son tour devenu mineur. Dans un rôle bref mais au format héroïque, <strong>Sébastien Obrecht </strong>se lance à corps perdu sans se ménager le moins du monde.</p>
<p>Dommage que le label Indésens ait fait preuve d’une indéniable négligence dans son travail éditorial. On ne trouve nulle part le détail des plages – on sait juste qu’il y en a onze, la plus courte durant 30 secondes, la plus longue 12 minutes 30 – et il n’aurait pas été superflu de reproduire le texte de José Bruyr dans le livret d’accompagnement. Quant au texte signé René Dumesnil, on devine très vite qu’il a été écrit peu après la création de l’œuvre (le brave homme est décédé en 1967), mais on aurait bien aimé en connaître la provenance et la date exacte.</p>
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		<title>Les Blasphèmes &#8211; mélodies fin-de-siècle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-blasphemes-melodies-fin-de-siecle-sarah-la-ropsienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jul 2017 05:52:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est assez logiquement que Félicien Rops a été convoqué pour illustrer le livret d’accompagnement de ce disque très fin-de-siècle. Pour son premier disque, Sarah Laulan a réuni tout un aréopage de poètes décadents, de Baudelaire à Anna de Noailles, en passant par Moréas et Rimbaud. Jean Richepin donne son nom à l’album : Les Blasphèmes est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est assez logiquement que Félicien Rops a été convoqué pour illustrer le livret d’accompagnement de ce disque très fin-de-siècle. Pour son premier disque, <strong>Sarah Laulan</strong> a réuni tout un aréopage de poètes décadents, de Baudelaire à Anna de Noailles, en passant par Moréas et Rimbaud. Jean Richepin donne son nom à l’album : <em>Les Blasphèmes </em>est le titre d’un recueil publié en 1884. La contralto a signé elle-même le texte en forme d’abécédaire où elle évoque cet univers intellectuel qui a guidé ses choix, pour un programme extrêmement intelligent, avec une belle dose de raretés.</p>
<p>Anne Sofie von Otter avait jadis consacré un disque entier à Cécile Chaminade, mais Sarah Laulan opte pour une mélodie bien plus âpre que ce qu’on entendait dans <em>Mots d’amour, </em>« Les deux ménétriers », sur un texte macabre de… Jean Richepin. On se réjouit d’entendre ici deux pages de Gabriel Dupont, compositeur mort trop jeune en 1914 et dont la redécouverte s’impose. On connaît bien mal Vincent d’Indy mélodiste, et c’est sans doute dommage, à en juger d’après « Pieusement » (1909). On reviendra bientôt sur Poldowski, pseudonyme de Régine Wienawski, car Delos vient de publier un disque entier de ses mélodies, où ne figure cependant pas le « Nocturne des cantilènes » retenu ici. Belle idée aussi que de regarder du côté d’Enesco.</p>
<p>Et même lorsqu’elle fréquente les stars de la musique, Sarah Laulan s’aventure encore loin des sentiers battus : « Un grand sommeil noir », du jeune Ravel (1895) n’est vraiment pas la mélodie la plus connue de son auteur, et c’est regrettable. Si la « Danse macabre » de Saint-Saëns est désormais chantée assez régulièrement, on n’en dira pas autant de « Violons dans le soir » ou de « Tournoiement ». Les deux Duparc ne sont pas non plus les plus ressassés. La <em>Chanson perpétuelle</em> de Duparc ferait presque figure de tube, par comparaison.</p>
<p>La chanteuse s’offre le luxe canaille de conclure par une chanson, le « Tango stupéfiant », immortalisé en 1936 par Marie Dubas, où sa diction incisive et son talent de comédienne font merveille. Tout au long de ce disque, on admire une voix aux notes graves d’une densité rares, qui justifient pleinement l’appellation de contralto. Revers de la médaille, le vibrato se fait sentir dans certaines notes tenues, et l’aigu semble parfois assez tendu.</p>
<p>On ne présente plus <strong>Maciej Pikulski</strong>, accompagnateur attitré de José Van Dam, qui bénéficie ici d’une plage pour lui seul, la « Danse païenne » de Cécile Chaminade. Mais il convient de saluer la belle idée d’avoir convié le <strong>Quatuor Hermès</strong> à joindre ses sonorités chaudes au piano pour quelques plages.</p>
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