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	<title>Chen REISS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Chen REISS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 06:19:49 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux concerts consacrés par l’Orchestre de Paris à la <em>Missa solemnis</em> de Beethoven ont fait salle comble à la Philharmonie et ont reçus un accueil particulièrement enthousiaste du public. L’œuvre avait été présentée, dans cette même salle, en avril 2024 dans une belle interprétation du Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer, formation qui aborde le répertoire du XVIIIème et XIXème siècle avec des instruments d’époque. C’est donc, sans doute, ce type de formation qui avait créé l’œuvre. Les musicologues Brigitte et Jean Massin ont insisté, à ce sujet, sur le fait que Beethoven, toujours insatisfait, était toujours à l’aguet des innovations concernant les factures d’instruments (notamment le piano) afin d’en augmenter les possibilités expressives. Ils ajoutaient que « Richard Wagner estimait que l&rsquo;orchestration de la 9e symphonie dépassait vraiment les possibilités des instruments du début du XIXème siècle ». Les grands orchestres symphoniques d’Autriche et d’Allemagne au début du XXème correspondraient-ils donc d’avantage à ce que recherchait Beethoven ? On peut l&rsquo;imaginer! Dans le public, la plupart des mélomanes qui ont découvert la <em>Missa Solemnis</em> grâce à ces ensembles dirigés par d’éminents chefs tels que Klemperer, Karajan ou Karl Böhm, attendaient avec impatience l’interprétation de l’Orchestre de Paris qui ne l’avait pas jouée depuis 2008. Ce 29 janvier, le spectacle était saisissant à l’arrivée de l’imposante formation et du chœur au grand complet dont les pupitres de ténors et de basses avaient dû être placés sur le balcon réservé d’ordinaire au public.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21_MATHIAS_BENGUIGUI_DSCF6013-1294x600.jpg" />© Mathias Benguigui</pre>
<p>Le jeune chef <strong>Klaus Mäkelë </strong>très à l’écoute de ses musiciens et aimé du public, notamment pour son investissement, sa fougue et sa sympathie, dirige le prélude du <em>Kyrie </em>et l’entrée du chœur avec la gravité et la lenteur requise et aussi une certaine retenue. Par contre, dès l’introduction énergique du <em>Gloria, </em>il nous entraîne avec fougue dans cet hymne à l’humanité, dans cette foi en son combat pour conquérir la liberté et la joie au sens le plus noble du terme. C’est dans le <em>Gratias agimus tibi</em> que se détache le merveilleux quatuor vocal qui sera si émouvant toute la soirée. Un quatuor de grandes voix, aussi homogène qu’un ensemble de musique de chambre, qui nous va droit au cœur. La soprano <strong>Chen Reiss</strong>, que Jérémie Rohrer avait déjà engagée à la Philharmonie, est sublime. Sa voix possède un timbre chaleureux et peut passer de la douceur aux suraigus vaillants sans jamais perdre cette couleur magnifique. Quelle égalité sur toute la tessiture ! Et c’est le cas de tous les chanteurs. La voix de la mezzo <strong>Wiebke Lehmkulh </strong>qu’on a pu entendre déjà à Paris, notamment dans le rôle d’Erda de la Tétralogie de Wagner, se marie à merveille avec elle tout comme avec celle du ténor <strong>Andrew Staple</strong> capable de tant de couleurs, aux aigus brillants, tantôt héroïques et tantôt filés jusqu’aux piani les plus subtils. Son intervention dans le déchirant <em>Et homo factus</em> <em>est </em>du <em>Credo </em>est bouleversante. L&rsquo;engagement et la puissance du chœur sont impressionnants tout au long du concert et particulièrement ici dans la fugue <em>Et vitam</em> et l’<em>Amen</em> final martelé avec force. Dans le <em>Benedictus</em> du <em>Sanctus</em> qui suit, c’est la voix de la soprano qui domine le quatuor dans de longues phrases au aigus lumineux<em>. </em>C’est alors que s’élève  le chant particulièrement poignant du violon interprété avec un lyrisme puissant par <strong>Sarah Nemtanu</strong>, nommée premier violon de l’orchestre le 1<sup>er</sup> janvier dernier. Son solo, tel un message de paix, parcourt toute la fin du Sanctus. Quant au baryton <strong>Gerald Finley</strong>, qu’on ne présente plus, sa voix large et profonde s’épanouit vraiment au début de <em>l’Agnus Dei</em> avec une largeur et un dramatisme inhabituels donnant plus de force encore au recueillement qui suit et surtout au mot <em>Pacem </em>scandé énergiquement par le chœur jusqu’à la fin, sous la direction vigoureuse de Mäkelë, tel un appel déterminé à l’humanité tout entière. Et le message est fort par les temps qui courent! L’émotion était palpable dans le public qui s&rsquo;est levé pour faire un triomphe à l’orchestre et aux chanteurs.</p>
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		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-missa-solemnis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende dit que Daniel Barenboim, au mitan des années 80, avait prévu de diriger la Missa Solemnis de Beethoven avec le Chœur et l&#8217;Orchestre de Paris. Tout semble bien se passer, jusqu&#8217;au jour du concert. Venu pour encourager son jeune confrère, Georg Solti trouve Barenboim affalé sur un banc en coulisses, la mine défaite, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende dit que Daniel Barenboim, au mitan des années 80, avait prévu de diriger la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven avec le Chœur et l&rsquo;Orchestre de Paris. Tout semble bien se passer, jusqu&rsquo;au jour du concert. Venu pour encourager son jeune confrère, Georg Solti trouve Barenboim affalé sur un banc en coulisses, la mine défaite, la baguette de chef ayant roulé à terre. Barenboim aurait confié, blême : « La Missa Solemnis, je ne peux pas Georg. C&rsquo;est trop difficile. »&nbsp;Solti aurait alors forcé son collègue à entrer en scène.</p>
<p>Vraie ou fausse, l&rsquo;anecdote a pour mérite de faire percevoir le statut très particulier de cette pièce dans l&rsquo;histoire de la musique. Beethoven voulait l&rsquo;offrir à son élève l&rsquo;archiduc Rodolphe à l&rsquo;occasion de son intronisation comme archevêque d&rsquo;Olmütz. Mais, de simple cadeau, l&rsquo;œuvre a pris au fil du temps une importance démesurée : Beethoven y a travaillé cinq ans, y mettant tous ses acquis artistiques et la considérant finalement comme son œuvre « la plus parfaite ». Il ne l&rsquo;entendit jamais intégralement. Depuis deux siècles, elle se dresse comme un des monuments de la musique sacrée, enthousiasme le public et intimide les interpètes par sa longueur, la vigueur de son style les difficultés diaboliques de son écriture chorale, orchestrale et vocale. Toutes les formes y sont illustrées : la fugue, l&rsquo;aria, l&rsquo;écriture imitative, le retour au plain-chant, le solo instrumental. L&rsquo;intime et le grandiose s&rsquo;y cotoyent sans cesse, obligeant le chef à maintenir une difficile unité.</p>
<p>Loin des timidités d&rsquo;un Daniel Barenboim, <strong>Jérémie Rhorer</strong> semble n&rsquo;avoir peur de rien, et il se jette dans la fournaise avec une audace qui bouscule nos habitudes d&rsquo;écoute. Première donnée objective : des tempi extrêmement rapides. En 71 minutes, le chef français va plus vite que René Jacobs (72&prime;), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-missa-solemnis-pump-up-the-volume/">Maazaki Suki (74&prime;)</a> ou Philippe Herreweghe (76&prime;), issus pourtant du même mouvement « baroqueux ». Il renoue avec le tout premier chef qui ait enregistré l&rsquo;œuvre sur instruments anciens : John Eliot Gardiner, le Monteverdi Choir et l&rsquo;Orchestre révolutionnaire et romantique, en 1989, chez Arkiv. Comme son illustre devancier, Rhorer dépoussière l&rsquo;œuvre en en faisant percevoir plus nettement l&rsquo;architecure, ce qui est bien sûr plus facile à faire lorsque le temps musical est réduit. Les fugues retrouvent une urgence qu&rsquo;elles pouvaient perdre dans les versions traditionnelles : le début du « Cum sancto spiritu »&nbsp;est d&rsquo;une énergie à faire se dresser les cheveux sur la tête. Partout, le geste alerte du chef allège le propos, explose les dynamiques, allume le feu sacré qui consumait Beethoven au moment de l&rsquo;écriture. On ressort secoué mais enthousiaste, surtout que le vif-argent de la conception n&#8217;empêche ni le lyrisme ni le recueillement. Le <em>Kyrie</em> a beau être rapide, on y entend bien une humanité implorante qui ploie sous le malheur et le sentiment de faute. Tous les passages du <em>Credo</em> relatifs à l&rsquo;incarnation sont rendus avec humanité et sensibilité, et le début du <em>Sanctus</em> a beau être rapide, il est aussi sépulcral qu&rsquo;il le faut pour créer un contraste avec le déferlement de joie du « Hosannah »&nbsp;qui suit.</p>
<p>C&rsquo;est que le chef peut compter sur des forces de premier ordre pour réaliser sa conception. La <strong>Audi Jugendchorakademie</strong> aligne plus de 80 choristes, ce qui signifie que les moments de puissance pure sont véritablement cataclysmiques (le début du <em>Gloria</em>, les affirmations du <em>Credo</em>, la fin de <em>l&rsquo;Agnus Dei</em>). Mais le chœur peut aussi très facilement s&rsquo;alléger et tisser une toile polyphonique d&rsquo;une transparence inouïe, ce qui permet d&rsquo;entendre par exemple le « in una sanctam, catholicam et apostolicam ecclesiam » à la fin du Credo, exploit à notre connaissance jamais réalisé au disque jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. On pourrait d&rsquo;ailleurs dire que cela va à l&rsquo;encontre de la volonté de Beethoven, qui avait des réserves à l&rsquo;égard de l&rsquo;institution catholique et qui a volontairement noyé cette phrase dans un tissu extrêmement dense, mais le mérite des interprètes n&rsquo;en est pas diminué pour autant. Les fugues impossibles écrites par Beethoven se dressent dans toute leur majesté ; les obstacles techniques de la partition sont surmontés, et ne subsiste plus que l&rsquo;œuvre elle-même; dominant toute l&rsquo;histoire de la musique sacrée. Le <strong>Cercle de l&rsquo;harmonie</strong> conjugue la saveur des instruments d&rsquo;époque à la perfection d&rsquo;un orchestre symphonique traditionnel. Du rebond, de la verdeur, mais aussi des basses charnues lorsqu&rsquo;il le faut, et un violon solo splendide dans le <em>Benedictus</em>, dont il aurait fallu écrire le nom sur la pochette. Le quatuor de solistes est lui aussi de tout premier ordre, mais il faut regretter qu&rsquo;il soit un peu la victime de la conception d&rsquo;ensemble. Pris à un tel train d&rsquo;enfer, les solos ont certes fière allure, mais il n&rsquo;est pas toujours possible de distinguer les chanteurs les uns des autres, ni surtout de pleinement jouir de leurs qualités individuelles. Or, un diamant comme la voix de <strong>Chen Reiss</strong> mériterait de recevoir un peu plus de lumière pour que chaque facette en soit mise en valeur. De même, la voix chenue de <strong>Tareq Nazmi</strong> au début de l&rsquo;<em>Agnus Dei</em> pourrait facilement se déployer si le chef lui laissait un peu plus d&rsquo;espace. Cette petite réserve mise à part, voici un enregistrement de la<em> Missa Solemnis</em> qui fera date.</p>
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		<title>STRAUSS, Vier letzte Lieder &#8211; Toulouse (La Halle aux grains)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-vier-letzte-lieder-toulouse-la-halle-aux-grains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2024 03:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des silences qui en disent long. Et dont on voudrait qu’ils durent, s’étirent, ne serait-ce que quelques secondes. Histoire de retenir l&#8217;émotion, retarder encore un peu la brisure, le basculement avant la manifestation des passions du public sous emprise. Il y a eu deux de ces beaux moments pour clôturer les deux pièces &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des silences qui en disent long. Et dont on voudrait qu’ils durent, s’étirent, ne serait-ce que quelques secondes. Histoire de retenir l&rsquo;émotion, retarder encore un peu la brisure, le basculement avant la manifestation des passions du public sous emprise. Il y a eu deux de ces beaux moments pour clôturer les deux pièces à l’affiche du concert de l’autre soir à la Halle aux Grains de Toulouse. A l’issue du <em>feierlich</em> de la symphonie N°9 d’Anton Bruckner, le chef <strong>Tarmo Peltokoski</strong> a retenu de toutes ses forces et de longues secondes durant, la tension qu’il avait créée pendant une heure à la tête de ce qui est désormais son orchestre, le National du Capitole. Ce jeune (très jeune même, il a 24 ans) chef finlandais a été recruté pour succéder à Tugan Sokhiev, et ce qui se dit déjà sur la place toulousaine est assez enthousiasmant et donne envie de découvrir ses talents sur une saison complète. Pour cette seconde partie de concert, Peltokoski n’avait pas choisi la facilité tant cette ultime symphonie de Bruckner réserve des changements d’atmosphère incessants, qu’il faut rendre sans rompre le fil narratif. C’est ce qu’il a bien fait, dirigeant d’autorité un orchestre que l’on sent rompu à ce répertoire (Mahler et Strauss, mais aussi Chostakovitch, sont régulièrement à son programme).<br />
Mais nous venions principalement pour écouter les <em>Quatre derniers lieder</em> de Richard Strauss, testament musical bien trop concis&nbsp;; un ou deux codicilles n’auraient pas été de refus, pour prolonger cette ambiance crépusculaire dont on ne se lasse pas et que Strauss a si bien renseignée dans <em>Capriccio</em> ou, déjà, <em>Rosenkavalier </em>(Monologue du I de la Maréchale). Plus que toute autre pièce, ces quatre chants&nbsp; exigent une maîtrise ultime, une retenue parfaite des moyens développés. On ne saurait concéder nulle place à l’affectation, l’emphase ou l’excès. Les poèmes (Hesse et Eichendorff) &nbsp;ne le permettent pas, qui disent tous quatre le rêve (<em>Frühling</em>), l’automne de la vie (<em>September</em>), le lâcher-prise (<em>Beim</em> <em>Schlafengehen</em>) et enfin la paix éternelle (<em>Im</em> <em>Abendrot</em>) avec des moyens d&rsquo;une rare économie. Pour dire tout cela et en faire un récit cohérent et construit, la soprano israélienne Chen Reiss, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie/">applaudie récemment à la Philharmonie</a> dans la <em>Missa Solemnis</em>, déploie mille et un atours. Le moindre n’est pas de savoir se fondre, se couler dans les vagues de l’orchestre avec ce tout juste d’autorité qui l’impose à l’auditeur. Certes, elle est là et bien là, tient toute sa place, dans une posture fière et appliquée, mais elle sait aussi rester en retrait, se lovant, se noyant dans la chaude marée des cordes et des cuivres. La voix est claire, presque froide. Ne l’est-elle pas trop ? Nous nous posons d’emblée (<em>Frühling</em>) la question. N’y manque-t-il pas cette expression de brisure, de fragilité, de patine aussi qu’une vie trop longue a imposée à soi-même ? N’aurait-on pas attendu plus de gravité, une certaine pesanteur, qu’appelle du reste l’accompagnement orchestral ?<br />
Mais non finalement, cette lente descente vers le crépuscule que nous récite Chen Reiss, est celle d’une âme restée jeune et qui se livre aux forces de la nuit, en toute confiance. La technique est là, solide, pour tisser cette toile translucide, si fragile (les ultimes vers «&nbsp;So tief im Abendrot./Wie sind wir wandermüde -/Ist dies etwa der Tod&nbsp;?&nbsp;» ne tolèrent pas la moindre approximation), sans se perdre (les <em>forte</em> ne sont jamais forcés) ni rompre le charme.<br />
Et puis le silence. Avant la communion avec un public sous emprise.</p>
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		<item>
		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis – Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2024 05:49:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment dire son émerveillement sans avoir recours à des formules galvaudées, à des expressions mille fois utilisées&#160;? Comme chacun sait, la Missa Solemnis de Beethoven, créée il y a tout juste deux siècles, est « l’Everest de la musique sacrée » &#8211; pour le chef d’orchestre et les interprètes, musiciens et chanteurs. L’auditeur, quant à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment dire son émerveillement sans avoir recours à des formules galvaudées, à des expressions mille fois utilisées&nbsp;? Comme chacun sait, la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/jeremie-rhorer-et-le-cercle-de-lharmonie-celebrent-les-deux-cents-ans-de-la-missa-solemnis/">créée il y a tout juste deux siècles</a>, est « l’Everest de la musique sacrée » &#8211; pour le chef d’orchestre et les interprètes, musiciens et chanteurs. L’auditeur, quant à lui, assiste à l&rsquo;ascension depuis son fauteuil. Mais voilà qu’il est ce soir sollicité du début à la fin du concert par la ferveur et l’élévation de l’interprétation qui en est donnée par <strong>Jérémie Rhorer</strong> à la tête du Cercle de l’Harmonie et d’un ensemble de chanteurs de premier plan.</p>
<p>On en sort bouleversé, non pas épuisé mais grandi par une expérience unique. Du chef, saluons l’intense concentration et la capacité à allier une éclatante énergie avec un profond recueillement. La précision de la battue, la subtilité des nuances, la mise en valeur des contrastes sont source de plaisir esthétique autant que d’émotion véritable, répondant ainsi à la volonté de Beethoven, notant en exergue du Kyrie : « Venu du cœur – Puisse-t-il retourner – au cœur ! ». Magnifiées par l’acoustique exceptionnelle de la grande salle de la Philharmonie de Paris, les voix entrent et progressent de manière inhabituellement harmonieuse et comme évidente dans ce premier mouvement, qui pourtant paraît si difficultueux dans bien d’autres interprétations. Ici, instruments et voix se fondent, tandis que tout au long de l’œuvre la fusion entre les voix elles-mêmes semble aller de soi.</p>
<p>Les quatre chanteurs solistes, placés derrière l’orchestre, immédiatement devant le chœur, se complètent admirablement : au soprano clair et incisif de <strong>Chen Reiss</strong>, ménageant aussi de beaux effets dans les tenues de notes, répond le mezzo chaleureux et enveloppant de <strong>Varduhi Abrahayan&nbsp;</strong>; la précision et l’articulation impeccable du ténor allemand <strong>Daniel Behle</strong> lui permettent de s’allier aux voix féminines mais aussi de s’en démarquer, tandis que l’ample voix de la basse koweïtienne <strong>Tareq Nazmi</strong> apporte un souffle et une sonorité d’une rare intensité. L’alternance et la correspondance entre individu et collectivité, notions beethovéniennes, sont ainsi manifestes dans leur dynamique. Révélation de la soirée, la <strong>Audi Jugendchorakademie</strong>, chœur de jeunes Allemands fondé en 2007 par le groupe automobile Audi, chante de manière remarquable, précise et homogène, avec un sens époustouflant du verbe, dans la diction, l’expressivité et la projection. Véritable élixir de jouvence, cet ensemble est invité pour la première fois en France par Jérémie Rhorer. (Présent au festival d’Aix-en-Provence le 6 avril dernier, il se produira à nouveau avec le Cercle de l’Harmonie à Ingolstadt le 22 juin.)</p>
<p>La palette des nuances à l’orchestre est d’une richesse inouïe&nbsp;: la houle des cordes, les envolées des bois, les trilles de la flûte (dans l’<em>Incarnatus</em>), la douceur des bassons et des cuivres (trombones et cors sont particulièrement mis en valeur), et bien sûr tout l’art du timbalier… il faudrait pouvoir dire un mot de chacun de ces instrumentistes du <strong>Cercle de l’Harmonie</strong>, tous excellents, illustrant là encore cette dialectique de l’individu et du collectif, si fondamentale dans l’exécution d’une telle œuvre.</p>
<p>Les moments les plus percutants de la partition délivrent assurément le sentiment de la joie si cher aux yeux de Beethoven, que ce soit dans le <em>Gloria</em> ou le <em>Credo</em>, impressionnants de puissance, ou dans les rythmes très marqués du <em>Quoniam</em>, et bien sûr dans l’énergie communicative de la fin de l’<em>Agnus Dei</em>. Mais, quelque brillants et proprement enthousiasmants que soient ces passages, on ne peut se départir, à l’écoute de l’interprétation donnée ce soir, du sentiment que l’essentiel est dans les moments de recueillement auxquels cette jubilation et ces ébranlements nous préparent : le changement de ton du <em>Et incarnatus est</em>, les modifications de sonorité dans la fugue (<em>Et vitam venturi saeculi</em>), surtout la méditation du <em>Sanctus</em> et celle du <em>miserere</em>.</p>
<p>Une grande, très grande interprétation, qui rend manifestes cette articulation entre classicisme et romantisme, mais aussi ce lien entre lyrisme, narration et sens dramatique – comme à l’opéra en quelque sorte – et qui communique de manière universelle émotion et ferveur.</p>
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		<item>
		<title>Jérémie Rhorer et le Cercle de l’Harmonie célèbrent les deux cents ans de la Missa Solemnis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jeremie-rhorer-et-le-cercle-de-lharmonie-celebrent-les-deux-cents-ans-de-la-missa-solemnis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2024 14:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux siècles après sa première audition intégrale à Saint-Pétersbourg (le 18 avril 1824) et sa création partielle à Vienne au cours d’un concert (le 7 mai de la même année), la Missa Solemnis de Beethoven sera interprétée par le Cercle de l’Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer en trois lieux différents : &#8211; le 6 avril 2024 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux siècles après sa première audition intégrale à Saint-Pétersbourg (le 18 avril 1824) et sa création partielle à Vienne au cours d’un concert (le 7 mai de la même année), la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven sera interprétée par le Cercle de l’Harmonie dirigé par <strong>Jérémie Rhorer</strong> en trois lieux différents :<br />
&#8211; le 6 avril 2024 à Aix-en-Provence dans le cadre du Festival de Pâques<br />
&#8211; le 23 avril 2024 à la Philharmonie de Paris<br />
&#8211; le 22 juin 2024 à Ingolstadt dans le cadre des Audi Sommerkonzerte (Concerts estivaux Audi).<br />
En cette année de bicentenaire de la création de l’œuvre, Jérémie Rhorer, à la tête du Cercle de l’Harmonie, convie le public à ce qu’il considère comme « un voyage gigantesque qui nous renvoie à notre propre condition humaine ». On y entendra <strong>Chen Reiss</strong> (en alternance avec <strong>Christiane Karg</strong>), <strong>Varduhi Abrahamyan</strong>, <strong>Daniel Behle</strong> et <strong>Johannes Weisser</strong> (en alternance avec <strong>Tareq Nazmi</strong>) ainsi que la <strong>Audi Jugendchorakademie</strong> – un chœur de jeunes chanteurs, fondé en 2007 sous l’égide de l’entreprise Audi, qui se produira pour la première fois en France.<br />
On cite souvent cette lettre de 1822 dans laquelle Beethoven écrivait à son éditeur Peters, de Leipzig : « C’est l’œuvre la plus <em>grande</em> que j’aie composée jusqu’ici. » Par son travail sur le texte et son approche révolutionnaire de la musique sacrée – nourrie de recherches sur les traditions anciennes mais s’ouvrant aux affects sans en atténuer la violence –, le compositeur a créé une messe concertante aux dimensions inhabituelles, dont le texte est traité comme un livret, et que beaucoup considèrent comme un oratorio.<br />
Jérémie Rhorer, qui devait donner l’œuvre à Aix lors du festival de 2020 finalement annulé en raison de la pandémie, l&rsquo;a dirigée à la Philharmonie de Berlin en 2023 à l’occasion d’un remplacement de Daniel Barenboim à la tête de la Staatskapelle. On attend avec impatience de l’entendre cette année avec sa propre formation instrumentale et les grandes voix qui sont annoncées.</p>
<p><em>N.B. : Le concert à la Philharmonie de Paris fera l&rsquo;objet d’un enregistrement pour Alpha Classics.</em></p>
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		<title>MAHLER, Symphonie n° 4 — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-symphonie-ndeg4-berlin-symphonie-pour-soprano-espiegle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Dec 2021 05:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Berliner Philharmoniker dans leur antre, Semyon Bychkov à leur tête et un tube du répertoire – la IVe de Mahler – n’y auront pas tout à fait suffit. Dans un Berlin cerné après les fermetures à Liepzig et à Dresde, irréductible village brandebourgeois devant l’avancée de la cinquième vague, la Philharmonie ne fait pas le plein. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les <strong>Berliner Philharmoniker</strong> dans leur antre,<strong> Semyon Bychkov</strong> à leur tête et un tube du répertoire – la IV<sup>e</sup> de Mahler – n’y auront pas tout à fait suffit. Dans un Berlin cerné après les fermetures à Liepzig et à Dresde, irréductible village brandebourgeois devant l’avancée de la cinquième vague, la Philharmonie ne fait pas le plein. Dommage pour les absents, ils passent à coté de trois bonnes raisons d’être dans la salle.</p>
<p>Le nouveau concerto pour piano de Thomas Larcher, créé <em>in loco</em> à cette occasion s’avère une remarquable œuvre qui puise ses influences autant dans le Japon d’un Joe Hisaishi, le jazz ou encore Bartók tout en affirmant une style personnel. Classiquement composé en trois mouvements (des manières d’allegro, d’adagio et d’andante), il alterne grandes pages où le Philharmonique de Berlin et <strong>Kirill Gertsein</strong> rivalisent de virtuosité et de moments intimes où l’on se régale des sonorités de la myriade d’instruments exotiques sortis tout d’un droit d’un studio de bruitage de cinéma, le piano recouvert de capodastres ou encore le pianiste debout pour jouer les harmoniques en étouffant les cordes sur le cadre.</p>
<p>La direction de Semyon Bychkov constitue le deuxième point fort de la soirée. D’un geste souple et élégant, il brosse, pupitre après pupitre, les phrases musicales de cette symphonie en sol majeur à la couleur si lumineuse dans l’œuvre du compositeur autrichien. Il donne un leçon de rubato dans un premier mouvement chaloupé comme une valse en fin de soirée arrosée. Il colore avec doigté les commentaires qui encadrent amoureusement le violon désaccordé du deuxième et étire le troisième jusqu’à une explosion finale grisante. Enfin, il sertit un petit écrin acerbe autour de la soprane et de son texte extrait des <em>Knaben Wunderhorn</em>.</p>
<p><strong>Chen Reiss</strong> les déclame avec toute la poésie et l’ironie nécessaires. La voix possède une chaleur communicative. Le timbre, comme un cépage charnu, bénéficie d’un fruit tour à tour doux et acide. La technique et la longueur du souffle lui autorise des attaques de phrases au millimètres et des pianos à l’aigu du plus bel effet. Si le quatrième mouvement est le plus court, il donne très certainement envie de fréquenter le soprano israélien sur une scène dans un rôle conséquent.</p>
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		<title>Concert de Paris &#8211; 14 juillet 2019 — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-paris-14-juillet-2019-paris-concert-de-paris-le-jour-de-gloire-est-arrive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jul 2019 08:51:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Stéphane Bern apparaît derrière nous sur le petit podium duquel il assure les transitions entre les différents morceaux du programme, destinées à la télévision et inaudibles depuis le Champ-de-Mars. L’Orchestre National de France entame la « Marche hongroise » de La Damnation de Faust de Berlioz : la septième édition du Concert de Paris démarre selon un rituel désormais bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Stéphane Bern apparaît derrière nous sur le petit podium duquel il assure les transitions entre les différents morceaux du programme, destinées à la télévision et inaudibles depuis le Champ-de-Mars. L’Orchestre National de France entame la « Marche hongroise » de <em>La Damnation de Faust</em> de Berlioz : la septième édition du Concert de Paris démarre selon un rituel désormais bien établi.</p>
<p style="font-size: 14px">22 caméras, 1 hélicoptère, 7 semi-remorques, 200 musiciens et 450 techniciens mobilisés : l’événement, retransmis sur France Inter, sur France 2, et dans plus de dix pays à travers le monde, a toutes les caractéristiques de ces grosses machines où les chiffres impressionnent parfois plus que le résultat final, où la prouesse technique peut étouffer les émotions. Pourtant, cette année encore, le Concert de Paris frappe par sa spontanéité, son mélange de clins d’œil enjoués et d’esprit bon enfant qui coche toutes les cases d’une grande fête populaire réussie. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un concert normal, évidemment, et les cadres à l&rsquo;intérieur desquels le critique a l&rsquo;habitude d&rsquo;exercer s&rsquo;en trouvent explosés. Mais c&rsquo;est un concert tout de même, en ce qu&rsquo;il accorde, deux heures durant, une vraie primauté à la musique.</p>
<p style="font-size: 14px">Si la sonorisation brouille quelque peu les intentions de <strong>Khatia Buniatishvili </strong>dans le célèbre mouvement lent du 23<sup>ème</sup> Concerto pour piano de Mozart, elle n’empêche pas <strong>Jakub Orlinski</strong> (dont les téléspectateurs purent apparemment apprécier une démonstration de break dance) de suspendre le temps, dans ce « Vedro con mio diletto » qu’il distille comme personne, ni <strong>Gauthier Capuçon </strong>de faire souffler, dans une transcription pour violoncelle de l’air de Rusalka, un vent de lyrisme plus fort que les quelques bourrasques endurées durant la soirée. Evidemment très attendues, les prestations de <strong>Roberto Alagna</strong>, nombreuses et généreuses, n’ont pas déçu : aussi engagé dans un poignant « Rachel, quand du seigneur… » que dans la « Mama » en hommage à Aznavour, il donne aussi de sa personne dans une « Heure exquise » en duo avec <strong>Aleksandra Kurzak</strong>, qui avait auparavant affronté crânement les roulades de la Juliette de Gounod, et dans des couplets de <em>La Périchole</em> particulièrement enlevés, avec la toujours parfaite <strong>Gaëlle Arquez</strong>. Anniversaire oblige, Offenbach reste à la fête du côté de l’orchestre, qu’<strong>Alain Altinoglu </strong>entraîne avec enthousiasme dans l’ouverture vibrionnante de <em>La Gaîté Parisienne.</em></p>
<p style="font-size: 14px"><strong>René Pape</strong> et Gaëlle Arquez, toujours, contribuent à la coloration très française du programme de cette année, le premier dans un « Veau d’or » de haute stature, la seconde dans une sensuelle « Habanera », mais les frontières hexagonales sont dépassées, avec Verdi (« Va, Pensiero », encore un tube, mais ainsi chanté, et dans ce décor, qui s’en plaindra ?), Bernstein (beau duo entre <strong>Chen Reiss, </strong>jeune talent de l&rsquo;Opéra de Vienne, et <strong>Christian Elsner</strong>), Brahms, Khatchaturian, Rodrigo… après « l’Ode à la Joie » et « la Marseillaise », bissée, le feu d’artifice vocal cède au traditionnel spectacle pyrotechnique de la Tour Eiffel. Les chiffres d’audience publiés ce matin estimaient à 3,2 millions le nombre de téléspectateurs ayant suivi ces 2 heures de musique. Ce n’est peut-être pas exactement le « plus grand concert classique du monde » largement vanté, mais quel succès indéniable !</p>
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		<title>HAENDEL, Ariodante — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-philharmonie-un-salaud-magnifique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Mar 2018 21:12:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’expérience préalable de la scène constitue en général un atout substantiel pour fédérer une équipe de chanteurs amenés à donner un ouvrage en version de concert. William Christie et ses Arts Florissants viennent ainsi de faire leurs débuts au Staatsoper de Vienne dans une nouvelle production d’Ariodante confiée à David Mc Vicar. Le 10 mars, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’expérience préalable de la scène constitue en général un atout substantiel pour fédérer une équipe de chanteurs amenés à donner un ouvrage en version de concert. <strong>William Christie</strong> et ses <strong>Arts Florissants</strong> viennent ainsi de faire leurs débuts au Staatsoper de Vienne dans une nouvelle production d’<em>Ariodante </em>confiée à David Mc Vicar. Le 10 mars, deux jours à peine après la dernière représentation, ils se produisaient à la Philharmonie de Paris avec la même distribution, hormis Sarah Connolly que Kate Lindsey remplaçait dans le rôle-titre. Et pourtant la magie n’opérait que par intermittence au cours d’une soirée à maints égards déroutante quand, sur papier, elle nous paraissait si riche de promesses. Nous en attendions peut-être trop, conditionné par le souvenir prégnant des glorieux faits d’armes de William Christie chez Haendel (<em>Theodora</em>, <em>Orlando</em>, <em>Giulio Cesare</em>, etc.) comme par celui non moins vivace de certains opéras joués en concert, sans apprêts inutiles et simplement portés par une direction d’acteurs exemplaire. Avec son intrigue limpide et solidement charpentée, dépourvue de trame secondaire comme de tout élément surnaturel, <em>Ariodante </em>se prêtait, a priori du moins, plutôt bien à l’exercice.  </p>
<p>Personne n’était crédité pour la mise en espace dans le programme de la Philharmonie et les artistes auraient sans doute eu besoin d’un délai supplémentaire pour se préparer et trouver ensemble leurs marques sur le plateau nu de la Grande Salle Pierre Boulez qu’ils devaient partager avec l’orchestre. Nous les imaginions encore imprégnés d’un rôle qu’ils connaissent d’ailleurs par cœur, or, à l’exception de Kate Lindsey et de Christophe Dumaux, ils ne semblent guère à l’aise ni vraiment libres de leurs mouvements, limités et convenus. <em style="line-height: 1.5">A contrario</em>, leurs sorties systématiques, côté cour ou jardin, se révèlent fastidieuses, voire périlleuses. En seconde partie, alors que l’orchestre a fini de jouer les premières mesures de son <em style="line-height: 1.5">arioso</em> (« Mi palpita il cor »), Ginevra (Chen Reiss) demeure invisible, manifestement toujours en coulisse. William Christie finit par adresser deux ou trois mots à l’auditoire – couverts par les cris d’un spectateur – puis sort de scène. Il ne réapparaîtra que quelques minutes plus tard, précédé de la princesse, raide comme un piquet. Ce sont les vicissitudes du concert, nous dira-t-on, soit, mais pareil incident ne laisse pas d’étonner et nous nous interrogeons encore sur ce qui a bien pu arriver.</p>
<p>La prestation de <strong style="line-height: 1.5">Chen Reiss</strong> (Ginevra) ne se réduit pas à cette anecdote, fort heureusement, mais elle suscite la perplexité. De prime abord agréablement surpris par la chaleur du timbre et la générosité des moyens, nous avons ensuite du mal à reconnaître dans cette beauté altière et ce chant empreint de gravité l’innocente jeune fille, coquette (Vezzi, lusinghe, e brio ») et même gaie (« Volate, amori ») qu&rsquo;incarne la princesse d&rsquo;Ecosse avant d’affronter l’adversité et de se draper dans sa dignité. Chen Reiss ne se départira jamais complètement de ce quant-à-soi intimidant, pas même dans son célèbre <em style="line-height: 1.5">lamento </em>(« Il mio crudel martoro ») où nous devrons nous contenter d’apprécier le galbe de la ligne et des aigus joliment perlés. Soprano argentin dont la fraîcheur s’accorde parfaitement à Dalinda, <strong style="line-height: 1.5">Hila Fahima</strong> cherche d’abord à s’échapper d’une partie qui ne lui donne guère l’occasion de briller et décoche un suraigu détonnant – elle n’en est pas à son premier <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-entfuhrung-aus-dem-serail-toulouse-faut-il-en-rire">coup d’éclat dans le genre</a> –, mais elle gagne ensuite en assurance et conclut sur un délicieux <em style="line-height: 1.5">duetto</em> (« Dite spera, e son contento »). S’il n’a pas toujours la souplesse ni la vaillance souhaitées (« Il tuo sangue »), <strong style="line-height: 1.5">Rainer Trost</strong> possède un grain sombre qui sied à l’ardeur virile de Lurcanio et brosse un portrait sensible du prince (« Del mio sol vezzosi rai » magnifiquement conduit et phrasé).</p>
<p>Probablement afin de pouvoir respecter un format imposé par les organisateurs, William Christie a procédé à quelques coupures. Non pas la suppression, pure et simple, de certains numéros, mais pire que cela : leur mutilation. Retrancher la section B d’une <em style="line-height: 1.5">aria Da Capo</em> c’est la priver du contraste, fondamental et si fécond, qu’elle offre avec la Section A et plus encore renoncer au développement non pas seulement ornemental mais surtout rhétorique de la reprise, à l’approfondissement des affects sinon à certains climax et c’est toute l’économie du drame qui s’en trouve affectée. S’agissant de la partie du Roi d’Ecosse, le mal est moindre, nous jetterons d’ailleurs un voile pudique sur le contre-emploi de <strong style="line-height: 1.5">Wilhelm Schwinghammer</strong>, parachuté à des années-lumière de son répertoire habituel. En revanche, avec Polinesso, la faute est impardonnable. « <em style="line-height: 1.5">Pour donner vie à ce sommet du bel canto handélien</em>, pouvons-nous lire sur le site de l’ensemble fondé par William Christie, <em style="line-height: 1.5">cette nouvelle production réunit autour de <strong>Christophe Dumaux</strong>, lauréat de la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.arts-florissants.com/le-jardin-des-voix/le-jardin-des-voix-1%C3%A8re-%C3%A9dition-2003.html">première édition</a> du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.arts-florissants.com/le-jardin-des-voix.html">Jardin des Voix</a>, une distribution de chanteurs qui pour la plupart collaborent pour la première fois avec Les Arts Florissants</em>. » La publicité ne croit pas si bien dire : le contre-ténor domine ses partenaires, astre noir sublimant le pire salaud jamais enfanté par Haendel. Les tableaux de l’acte I s’enchaînent au gré d’une lecture scrupuleuse, mais formatée et sans véritable relief, or il suffit de quelques mesures pour qu’elle décolle enfin, il suffit que Polinesso entreprenne de séduire, dans tous les sens du terme, la sœur de Ginevra (« Spero per voi »). Christophe Dumaux nous surprend et nous tient en haleine en réinventant le discours avec une énergie, un aplomb et une apparente spontanéité d’où jaillit enfin le théâtre. Vocale autant que dramatique, la performance de l’alto français révèle également une puissance insoupçonnée et culmine sur un décoiffant « Dover, giustizia, amor ». Au fond, ce n’est que justice pour la figure de Polinesso, puisque toute l’histoire procède de ses machinations.</p>
<p>A dire vrai, nous n’avions pas attendu que le duc d’Albany sorte le grand jeu avec Dalinda pour tendre l’oreille et nous nous laissions déjà captiver par la lumière ambrée de <strong style="line-height: 1.5">Kate Lindsey</strong> dans sa cavatine « Qui d’amor », admirant une élégance et une délicatesse de touche qui allaient s’épanouir dans un « Scherza infida » anthologique, oscillant entre le reflux amer de la colère et une plainte à fleur de lèvres, infiniment douce et triste. Au-delà de leur moelleux légendaire, nous retrouvions aussi l’art de l’estompe (les <em style="line-height: 1.5">pianissimi </em>des bassons !) et la finesse des coloris qui ont également forgé la légende des Arts Florissants. Kate Lindsey n’a pas tout à fait l’étoffe ni la stature du héros créé par le flamboyant Carestini (« Tu preparati a morire »), mais si la voix manque un peu d’ampleur et de mordant, elle a de l’élasticité à revendre et s’illumine d’un sourire irrésistible dans le plus pétillant des « Dopo notte ». </p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Tel Aviv</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-tel-aviv-abondance-de-calaf-ne-nuit-pas-non-plus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jul 2017 21:10:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/abondance-de-calaf-ne-nuit-pas-non-plus/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines, Londres s’amusait d’une abondance de titulaires du rôle d’Otello présents dans les murs du Royal Opera House. Si les débuts de Jonas Kaufmann attisaient toutes les curiosités, certains soulignaient l’assurance annulation qu’avait souscrite le ROH : Gregory Kunde, peut-être meilleur Otello encore que son confrère bavarois en deuxième distribution&#8230; sans oublier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines, Londres s’amusait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/abondance-de-tenors-a-londres-ne-nuit-pas">d’une abondance de titulaires du rôle d’Otello</a> présents dans les murs du Royal Opera House. Si <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/otello-londres-roh-toute-premiere-fois">les débuts de Jonas Kaufmann attisaient toutes les curiosités</a>, certains soulignaient l’assurance annulation qu’avait souscrite le ROH : Gregory Kunde, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/otello-londres-roh-abondance-dotello-ne-nuit-pas">peut-être meilleur Otello encore que son confrère bavarois en deuxième distribution</a>&#8230; sans oublier la présence au même moment pour une série de Turandot d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-londres-roh-lendemain-qui-chante">Aleksandrs Antonenko</a> – grand Otello à New-York ces dernières années – ou encore de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/turandot-londres-roh-trente-trois-ans-mais-pas-une-ride">Roberto Alagna</a>, qui reviendra sous les traits du Maure dès l’année prochaine à Vienne.  Alors que se donne une série de Turandot en version concert au Charles Bronfman Auditorium de Tel-Aviv où <strong>Gregory Kunde</strong> effectue ses débuts dans le rôle de Calaf, on se dit avec amusement que l’assurance annulation était à double sens.</p>
<p>En effet, le ténor américain fait sien avec brio un rôle spinto de plus et il surclasse au passage ses deux camarades londoniens. Infatigable à 63 ans, la voix possède la fraîcheur d’un jouvenceau. Chaude et claire, elle illumine le portrait du jeune prince audacieux. Puissance et projection étayent la performance de celui qui rivalise avec la wagnérienne Elena Pankratova, Turandot en alternance avec Anna Pirozzi ici en Israël. Au-delà de la maitrise technique, ce sont surtout le phrasé et l’intelligence musicale du ténor qui bluffent l’auditeur. Si Calaf possède deux beaux airs et le long duo avec Turandot au dernier acte, ses interventions sont souvent péremptoires, ou de courts commentaires sur l’action. Gregory Kunde les colore à l’envi, de la plainte à l’exultation (splendide ut tenu sur « ti voglio ardente d’amore ») au point de faire oublier qu’il doit encore parfois jeter un œil sur la partition. Seule ombre à cet éloge, un « nessun dorma » plus maniéré où le ténor relâche sciemment son vibrato et abuse de certains tremolos. Péché mignon d’une version concert déjà parée de toutes les qualités et qui ne retire rien aux frissons que le ténor procure. <strong>Elena Pankratova</strong> propose une Turandot dans le style, n’était un italien peu compréhensible. Loin des Strauss ou des Wagner telluriques qu’elle chante, elle compose une princesse de glace très humaine, au timbre étonnement moelleux, déjà prête à fondre une fois les énigmes résolues. <strong>Chen Reiss</strong> gratifie son public d’une Liù exemplaire où la longueur du souffle se mêle aux sons filés et aux pianos du plus bel effet. <strong>Liang Li</strong> (Timur) convainc par le volume et l’épaisseur du timbre, grâce auxquels il peut endosser les traits humains et meurtris du roi déchu. <strong>Guy Mannheim</strong> (Altoum) semble promis à un bel avenir tant la voix, puissante, bien caractérisée et pure, s’empare des quelques interventions de l’Empereur. Même remarque concernant le Mandarin d’<strong>Abramo Rosalen</strong> au puissant calibre vocal. Restent les trois masques que Puccini a voulus différenciés malgré l’écriture en canon des rôles. Si les ténors <strong>Pablo Garcia-Lopez</strong> (Pong) et <strong>Roberto Covatta</strong> (Pang) se distinguent aisément, notamment grâce à la caractérisation et la projection sans faille du premier, le baryton <strong>German Olvera</strong> (Ping) présente lui un timbre très clair qui le rapproche de ses comparses. Notre trio voit sa hiérarchie retournée en conséquence et c’est Pong qui remporte la palme.</p>
<p>Directeur musical à vie de l’<strong>Orchestre Philharmonique d’Israël</strong> depuis 1981, <strong>Zubin Mehta</strong> retrouve la formation qu’il a façonnée à son envie dans une œuvre définitivement attachée à sa baguette. Les qualités de l’orchestre sont multiples : cordes moelleuses, percussions précises, petite harmonie à la française… ce qui transporte cette <em>Turandot</em> dans des ambiances debussiennes à plusieurs reprises. Les tempi sont allants et les enchaînements fluides. Le chef indien ne souligne qu’à la marge les trouvailles de la partition (un basson dans les énigmes par exemple) pour s’appliquer à la définition de la texture de son orchestre et des couleurs de chaque pupitre. Tout au plus regrettera-t-on que la balance ne soit pas plus équilibrée entre le chœur, appliqué mais scolaire, les instruments et des solistes que l’auditorium a tendance à fondre dans la masse. Reste que ce sens inné du drame allié au talent coloriste d’un peintre façonne une grande fresque musicale, comme une image d’Epinal de Turandot.</p>
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		<title>Haydn Opera Gala</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haydn-opera-gala-plus-de-trous-plus-de-gout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2016 08:59:34 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans parler des innombrables productions du <em>Monde de la lune</em>, de <em>L’Isola disabitata </em>ou même d’une récente <em>Armida </em>donnée en tournée, les représentations de <em>L’Infedeltà delusa </em>dirigées à Aix-en-Provence en 2008 par Jérémie Rhorer ont montré qu’il est possible de faire du très bon théâtre avec les opéras de Haydn. Pourtant, et malgré tous les efforts entrepris ici et là, ce ne sont que des œuvres aimables dont l’inscription au programme permet surtout de diversifier le répertoire ; nul ne saurait prétendre que le compositeur s’y élève au même niveau que ses meileurs contemporains dans le genre lyrique, ou que lui-même dans l’oratorio. Estimant sans doute qu’il était inutile d’entrer en concurrence directe avec les différentes intégrales disponibles sur le marché, le label Capriccio a préféré ne retenir, sous le titre aguicheur de <em>Haydn Opera Gala</em>, qu’une sélection d’extraits au sein de deux concerts donnés par la radio de Cologne, l’orchestre et la présence de la soprano Chen Reiss étant les seuls points communs entre ces deux interprétations. Tous les récitatifs ont disparu, mais il ne manque pas tant d’airs que ça  : 12 numéros sur 15 pour <em>L’Infedeltà delusa</em>, et 14 sur 17 pour <em>La Vera Costanza</em>, grâce à un minutage généreux. Ces coupes s’avéreraient-elles bénéfiques ? Cela se discute, d’autant plus que le choix des morceaux retenus paraît souvent rien moins qu’arbitraire.</p>
<p>Evidemment, l’argument de vente est ici la présence de « stars » pour interpréter Haydn, la principale artiste pouvant prétendre à ce titre étant bien sûr <strong>Simone Kermes</strong>. En dehors des Mozart de Teodor Currentzis, la soprano n’a pas eu si souvent l’occasion de participer à des intégrales au disque. Le suraigu fait l’effet d’une aiguille qui viendrait piquer l’auditeur dans une de ses parties sensibles, mais pour le reste, il faut reconnaître que la diva teutonne se montre relativement sobre. Elle chante ici le rôle de la servante qui mène la danse dans <em>L’Infedeltà delusa</em>. Des airs « comiques » écrits pour Vespina déguisée n’a été conservé que « Trinche vaine allegramente », où elle se fait passer pour une Allemande : curieux choix que de sabrer le plus dans ce que chante la vedette du disque. Mais après tout, le rôle de la soubrette est-il vraiment celui qui convient le mieux à madame Kermes, et n’aurait-elle pas dû échanger avec sa partenaire ? Vedette de l’Opéra de Vienne, où elle est Ilia, Adina ou Sophie du <em>Chevalier à la rose</em>, <strong>Chen Reiss</strong> n’a pas vraiment percé sur les scènes internationales, malgré un timbre charmant. Son incarnation des deux airs de Sandrina de <em>L’Infedeltà </em>ne manque pas de personnalité, mais sur l’autre disque, la chanteuse n’est présente que dans les ensembles de la<em> Costanza</em>. Dans cette deuxième œuvre, on avoue avoir eu l’oreille tout à fait captivée par la prestation de <strong>Juanita Lascarro</strong>, voix chaude et caractérisation affirmée : on s’explique d’autant plus mal que n’ait pas été retenu un des sommets de la partition, le grand air « Care spiaggie » qui revient justement à l’héroïne.</p>
<p>Parmi les messieurs, <strong>Wolfgang Holzmair</strong> est un nom sans doute plus familier des amateurs de mélodies que d’opéra proprement dit, puisque le baryton allemand semble préférer le <em>liederabend</em> aux incarnations scéniques. Le rôle comique de Masino, pour lequel il adopte un timbre nasillard, ne lui réserve guère d’occasions de briller. S’il fait surtout carrière dans le monde germanophone, <strong>Rainer Trost </strong>était il y a un an Alessandro dans <em>Il Re pastore</em> au Châtelet : il a la chance d’avoir à interpréter le bel air d’Ernesto. Le ténor qu’on entend pourtant le plus est <strong>Thomas Michael Allen</strong>, qui vocalise habilement mais sans éviter toujours les sonorités désagréablement nasales. <strong>Andreas Scheidegger</strong>, le troisième ténor présent dans ce coffret, se tire avec brio de son air de rire, « Oh che gusto ». <strong>Jürgen Sacher</strong> en fait un peu trop dans le rôle du père antipathique, et ses aigus tirés dans « Tu sposarti alla Sandrina » sont vite lassants, mais sans doute cela vient-il de l’idée curieuse de confier à un baryton un rôle écrit pour un ténor. Entendu au Palais Garnier dans <em>Le Chant de la terre</em>, <strong>Paul Armin Edelmann</strong> est un baryton élégant mais un peu froid. <strong>Ivan Paley</strong> n’est pas tout à fait la basse qu’appelle le rôle de Nanni, et cela s’entend avec des graves fabriqués dont on se demande s’ils seraient vraiment audibles en scène.</p>
<p>L&rsquo;orchestre de la radio de Cologne remplit très correctement son contrat, paraissant peut-être plus vif sous la baguette de <strong>Manuel Hernandez-Silva</strong> dans <em>La Vera Costanza</em>, ce qui tient peut-être aussi à l&rsquo;intérêt supérieur de la partition. Maintenant, à vous de décider si ces deux « quasi intégrales sans récitatifs » sont préférables à des enregistrements complets ou à un disque d’airs de Haydn comme Anna Bonitatibus, entre autres, en a superbement gravé un.</p>
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