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	<title>Jochen RIEDER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 08 Aug 2025 07:53:13 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jochen RIEDER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Jonas Kaufmann in Opera – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-kaufmann-in-opera-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’en existe pas tant que cela, des vedettes qui parviennent à remplir avec leur seul nom les Arènes de Vérone. Jonas Kaufmann en fait incontestablement partie. La seule annonce d’un gala inédit dont il serait la star, sans même que soit connu le programme, a suffi à remplir l’amphithéâtre. Cela fait plusieurs années que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il n’en existe pas tant que cela, des vedettes qui parviennent à remplir avec leur seul nom les Arènes de Vérone. <strong>Jonas Kaufmann</strong> en fait incontestablement partie. La seule annonce d’un gala inédit dont il serait la star, sans même que soit connu le programme, a suffi à remplir l’amphithéâtre. Cela fait plusieurs années que le ténor allemand triomphe dans les célèbres arènes, auxquelles il est attaché depuis son adolescence : on le sait grand amoureux de l’Italie. C’est avec ferveur que le public attend patiemment l’arrivée de « Jonas Kaufmann in Opera », qui fait son apparition, apparemment très décontracté, pantalon et chemise noirs, veste blanche entrouverte et un peu trop étroite, rasé de frais, cheveux disciplinés. On l’a déjà connu plus élégant. Qu’à cela ne tienne, le public est conquis et la magie opère immédiatement dans la première partie entièrement consacrée à Wagner. En forme, le ténor nous enchante avec une interprétation de Walther von Stolzing à la fois sûre et délicate. Mais l’air dure moins de cinq minutes. « Im fernem Land » fait près du double, mais c’est tout de même bien peu. Qu’importe. Jonas Kaufmann habite le rôle et nous murmure avec une délicatesse ineffable la confession du héros avec une force de projection éblouissante, incroyable oxymore, dans une pureté cristalline que rien ne vient troubler et qu’on imagine audible dans l’ensemble des Arènes. L’auditoire est sous le charme, mais c’est déjà la pause… Mené avec élégance et panache par <strong>Jochen Rieder</strong>, vieux complice de la star, totalement à son écoute et à son diapason, l’orchestre de Vérone est parfaitement à l’aise dans le répertoire allemand. Ah&nbsp;! Nous avons failli oublier d’évoquer <strong>Marina Rebeka</strong>, partenaire du ténor superstar. Il est vrai que son portrait ne figure pas sur les affiches du spectacle et que son nom n’est même pas mentionné. Et pourtant, ravissante dans sa robe de mousseline blanche aux amples manches qui magnifient le moindre de ses gestes, délicieuse tant dans ses mimiques que ses gestes de désespoir, la soprano excelle en caractérisation tout comme dans la beauté du chant, rond, ample, impeccablement projeté.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/JonasKaufmann_in_Opera_EnneviFoto_030825_DSCF9648-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-196598"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>La deuxième partie est placée sous le signe de Puccini. Du binôme formé par les chanteurs, c’est Marina Rebeka qui tire son épingle du jeu, héritant des rôles les plus éclatants et spectaculaires. Superbe Cio-Cio San, toute de noblesse dans sa naïveté de jeune fille d’où émane une dignité majestueuse, la jeune femme tient la dragée haute à son Pinkerton en veste rouge sang dont la séduction, un peu trop arrogante, manque peut-être un chouia de profondeur. La diva est encore plus impressionnante en Manon, qui mène, comme il se doit, avec panache et force son Des Grieux par le bout du nez. L’amoureux exalté reste cependant quelque peu en retrait devant l’abattage de la belle tentatrice. N’empêche que l’« Addio fiorito asil » de Pinkerton avait été sublime, quoique toujours aussi bref. Voilà, le récital est déjà terminé… On reste perplexe devant ce programme qui met bien peu en valeur le ténor idolâtré dont le public attend des étincelles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/JonasKaufmann_in_Opera_EnneviFoto_030825_DSCF9908-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-196603"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>Mais c’était sans compter sur d’éventuels rappels… De fait, dans la nuit véronaise, c’est maintenant que commence le feu d’artifice car le chanteur va nous propulser dans les étoiles. C’est près de trois quarts d’heure de bonus qui nous sont offerts et cette fois-ci, Jonas Kaufmann se réserve les plus beaux rôles. Toujours en compagnie des héros pucciniens, on commence par Cavaradossi qui hésite entre deux beautés dissemblables, tout en se déclarant fou d’amour pour Tosca. On se doute de ce qui va suivre : « E lucevan le stelle », bien sûr, sous le ciel constellé de Vérone (euh non, pas vraiment, seules quelques étoiles et les lueurs des avions sont visibles). Mais on est spécialiste des éclairages dans les Arènes et c’est une véritable couronne étoilée saupoudrant les gradins qui sublime la supplique en tous points déchirante du condamné aux mains tremblantes, l’un des moments les plus magiques de la soirée. Avant cela, Marina Rebeka nous a gratifiés d’un superbe « Vissi d’arte » poignant à force de beauté dans le legato et de longueur dans le souffle. Après <em>Tosca</em> et un extrait de la <em>Fanciulla del West </em>où le ténor déploie des trésors de musicalité et de puissance quasi féline, on continue avec une <em>Bohème </em>enchanteresse. La soprano lettone, dans sa robe pailletée idoine, use de toute sa légèreté dans les aigus et de son charme culminant dans des notes élevées voluptueuses et sensuelles, ensorcelante Musette, avant que le couple de chanteurs ne minaude dans la fin du duo d’amour de Mimi et Rodolfo, en apesanteur, avec avantage sonore pour la belle soprano. C’est Jonas Kaufmann toutefois qui conclut, avec un prévisible « Nessun dorma » dont on se doute bien qu’il va faire se liquéfier l’amphithéâtre. À cela près que le dernier « vincerò » ne dure qu’un court instant, ponctué par un geste désinvolte du ténor, tout sourire, ce qui attendrit le public mais apparemment pas mon voisin, dont les « Nein ! » continus dominent les applaudissements nourris. Le voisin se penche en avant pour murmurer quelque chose à un compagnon qui répond distinctement, en allemand : « Mais il n’y a que lui qui puisse faire ça ! ». On ne saura jamais ce que le beau Jonas est le seul à savoir faire, mais l’enthousiasme est à son comble. C’est le moment idéal pour terminer en beauté avec l’indémodable <em>Nel Blu dipinto di blu</em>. Mon voisin continue ses « Nein » avec force, mais le reste du public chante « Volare » en chœur. Comment résister ? Jonas Kaufmann peut revenir l’année prochaine en solo, c’est une valeur sûre, les Arènes seront à nouveau pleines, on en prend le pari. Ah, au fait, Marina Rebeka est la seule à avoir reçu un immense bouquet. En revanche, pas sûr que les auditeurs se souviennent de son nom, mais de sa performance, très certainement. Merveilleux faire-valoir, elle n’en est pas moins une authentique diva, tout là-haut dans les étoiles. Ce serait quand même la moindre des choses de mettre son nom sur l’affiche.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Kaufmann in Opera | 102 Arena di Verona Opera Festival 2025 | Trailer ENG | 15 sec" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/7fsNi8b1U1k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Jonas Kaufmann Mein Wien — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-kaufmann-mein-wien-baden-baden-kaffeeklatsch-avec-jonas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 02:17:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le modèle de la tournée d’avril à mai 2015, où il présentait son CD consacré à la musique légère allemande, Jonas Kaufmann a repris le même principe pour son disque hommage à la ville de rêve qu’est pour lui Vienne. Cependant l’exercice est maintenant deux fois plus long (initié le 14 octobre à Vienne &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le modèle de la tournée d’avril à mai 2015, où il présentait son <a href="https://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-donnons-lui-notre-coeur">CD</a> consacré à la musique légère allemande, Jonas Kaufmann a repris le même principe pour son <a href="https://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-wien-une-pierre-de-plus-a-ledifice">disque</a> hommage à la ville de rêve qu’est pour lui Vienne. Cependant l’exercice est maintenant deux fois plus long (initié le 14 octobre à Vienne puis repris du 7 janvier au 1<sup>er</sup> février) et aux villes allemandes se sont ajoutées Budapest, Bruxelles, Lucerne et bien sûr <a href="https://www.forumopera.com/mein-wien-paris-tce-vienne-sous-toutes-ses-coutures">Paris</a> où le ténor bavarois relevait de <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-viendra-t-il-a-paris-lundi">maladie</a> (il avait dû annuler Nuremberg le 18, deux jours plus tôt, pour raisons de santé). Dix jours plus tard (et 4 récitals supplémentaires), on le retrouve au Festspielhaus de Baden-Baden, où il termine son marathon vocal.</p>
<p>Évidemment, il ne reste plus une place libre et une étrange agitation est palpable aux abords du théâtre, ce qui a tout pour surprendre dans la ville thermale où l’on sait prendre son temps et garder son calme en toutes circonstances. Un nombre sidérant d’autobus stationne sans respecter l’ordre légendaire germanique (l’un d’entre eux s’avance jusqu’aux marches de l’entrée, mais nous ne révélerons pas sa nationalité) et des noms d’oiseaux fusent entre taxis, ce qui est hautement inhabituel. Cependant, un quart d’heure avant la représentation, tout le monde est assis et patiente sagement comme en 2015 dans les mêmes conditions <a href="https://www.forumopera.com/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-baden-baden-ne-demandez-pas-pourquoi-a-jonas">ici-même</a>, non plus devant un, mais deux micros, puisque le ténor a cette fois-ci la partenaire qui manquait lors de la précédente tournée. On retrouve le même chef,<strong> Jochen Rieder</strong>, cette fois à la tête du PKF-Prague Philharmonia, et l’on se met en train avec Johann Strauss fils et son Ouverture d’<em>Eine Nacht in Venedig</em>. L’orchestre sonne bien, sonore et précis, avec des percussions dont les pulsions rappellent les bonnes formations qu’on peut entendre dans certains kiosques à musique. Les deux solistes seront avantageusement soutenus par un ensemble très équilibré et leur chef à l’unisson, qui aurait pu servir de souffleur si l’un ou l’autre en avait eu besoin : on a la sensation de découvrir un ventriloque à chaque fois qu’il se retourne vers les chanteurs. Seule la harpe, ce qui est bien dommage pour le duo amoureux de « Lippen schweigen », n’est pas suffisamment audible. Elle aurait presque mérité d’être sonorisée.</p>
<p>À propos de sonorisation,<strong> Jonas Kaufmann</strong> explique avant de commencer la raison d’être des micros. Il s’agit pour lui de restituer l’effet du « schlager » (qu’on pourrait traduire par chanson à succès), si cher à la culture germanique, qu’on entendait surtout à la radio et pour lesquels il ne faut pas forcer, mais caractériser un personnage ou une ambiance. Avec humour, il nous promet que le micro ne sera pas utilisé pour les opérettes et que tout fonctionnera bien. De fait, la sonorisation des mélodies procure une sensation de complicité avec la star : un peu comme si on l’entendait dans un vaste salon, en stéréo enveloppante et caressante ou mieux, comme si l’on partageait l’une des nombreuses variantes sur le café que proposent les célèbres institutions viennoises, pourquoi pas chez Demel, le mythique salon de thé, dans un délicieux « <em>Kaffeeklatsch</em> » (une expression savoureuse aux sous-entendus multiples, mais à entendre ici comme bavardages légers autour d’un café) avec l’artiste et quelques amis. S’il n’est pas forcément en grande forme (quelques toux réprimées à la fin des airs en témoignent), les qualités habituelles sont au rendez-vous, quand bien même l’artiste semble se ménager : pianissimi ineffables, aigus puissants, nuances délicates, élégance du phrasé et timbre sombre. Quant à la prononciation, elle est parfaite, même lorsque Jonas Kaufmann se risque au dialecte viennois. Chaque mot reste parfaitement distinct et on se félicite de bien comprendre, sans compter que tout cela est savoureux : le <em>wienerisch </em>est relativement proche du dialecte bavarois et notre ténor n’a pas à se forcer beaucoup pour que cela sonne juste.</p>
<p>Il n’en va pas de même pour sa partenaire : certes, <a href="https://www.forumopera.com/podcast/rachel-willis-sorensen-je-vais-chanter-violetta-valery"><strong>Rachel Willis-Sørensen</strong></a><strong> </strong>est pétillante et possède une technique et des brillances qui s’accordent à merveille avec son partenaire. La rousse pétillante est formidable et ce n’est pas les moyens vocaux de la soprano américaine qui sont en cause, mais le fait que précisément, elle soit anglo-saxonne. Certes, la prononciation est remarquable, mais il manque un je-ne-sais-quoi pour qu’elle puisse paraître viennoise. Délicieuse et très à son aise dans l’Air de la montre, où elle mène son Eisenstein par le bout du nez, on a bien du mal à croire en Rosalinde fausse comtesse hongroise dans une Czardas très hollywoodienne. Cela dit, au-delà de ces chipotages, on aurait tort de bouder son plaisir, tant le couple fonctionne bien, y compris dans les quelques pas de valse (car maintenant, il danse, et plutôt bien, contrairement à <a href="https://www.forumopera.com/edito/tu-sais-jonas-les-vrais-tenors-ne-dansent-pas">2015</a> où il était seul en scène). Le public est tout à fait conquis, à tel point que d’aucuns ne peuvent s’empêcher de murmurer « Lippen schweigen »…</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mein_wien_65.jpg?itok=8tke-TYK" title="© Festspielhaus Baden-Baden" width="468" /><br />
	© Festspielhaus Baden-Baden</p>
<p>Au terme du récital, Jonas Kaufmann nous offre pas moins de cinq rappels. Après tout, c’est la fin de la série et le ténor semble très détendu et à l’aise. Il commence par « In einem kleinen Café in Hernals » de Leopoldi, où il nous fait également profiter de ses talents de siffleur. Son <em>parlar cantando</em> évoque les performances des grandes figures du théâtre viennois (on pense notamment à Helmut Lohner en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/champagne-prosit-neujahr">Froch</a> dans <em>Die Fledermaus</em>). Accompagné du chef Jochen Rieder au piano, le ténor s’en donne à cœur joie avec « Der Tod, das muss ein Wiener sein » de Kreisler, où il est question de la Mort, qui doit être Viennoise, où l’on égratigne gentiment les conventions. Pour l’ultime rappel, « Sag beim Abschied leise „Servus“, nicht Lebwohl und nicht Adieu », tout le monde a compris que Jonas Kaufmann prenait congé. Et toute la salle d’accompagner le chanteur sur le refrain, qui doit rappeler bien des souvenirs à tout un chacun. Tout le monde ou presque semble connaître les paroles ; il faut entendre 2000 personnes susurrer des adieux à mi-voix à l’attention de son idole… Voilà qui termine un cycle en beauté car enfin, pourquoi bouder un répertoire pareil, léger comme une chantilly sur du café mais bien plus subtil qu’il n’y paraît ? Pour l’heure, Jonas Kauffmann va enfin pouvoir se reposer jusqu’à son prochain engagement, au <a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=45&amp;v=lwh2yehASl4&amp;feature=emb_logo">Royal Opera House</a>, le 1<sup>er</sup> mars. Bon rétablissement et bon Fidelio !</p>
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		<item>
		<title>Mein Wien — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mein-wien-paris-tce-vienne-sous-toutes-ses-coutures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2020 23:31:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public avait craint un Jonas Kaufmann souffrant et contraint d’annuler sa venue au Théâtre des Champs-Elysées ; mais bien qu’encore malade, le ténor a pu répondre présent et défendre devant le public parisien les mélodies viennoises de son album « Wien ». Le premier air du concert faisait pourtant craindre que la voix ne soit pas &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public avait craint un <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-viendra-t-il-a-paris-lundi"><strong>Jonas Kaufmann</strong> souffrant</a> et contraint d’annuler sa venue au Théâtre des Champs-Elysées ; mais bien qu’encore malade, le ténor a pu répondre présent et défendre devant le public parisien les mélodies viennoises de son album « Wien ».</p>
<p>Le premier air du concert faisait pourtant craindre que la voix ne soit pas encore vraiment rétablie : l’évocation de Venise d’<em>Eine Nacht in Venedig</em> montrait des signes de fatigue évidents et une tension dans le haut medium qui n’était pas de bon augure pour la suite. Pourtant la voix retrouve progressivement une souplesse et le timbre qu’on lui connaît bien, Jonas Kaufmann pouvant jouer de toutes les nuances – dont ses fameux aigus <em>piano</em>.</p>
<p>En plus de la voix, c’est aussi le chanteur qui trouve une décontraction, un flegme très viennois qui lui permettent de passer de la nostalgie à l’humour avec une forme de nonchalance. Si Strauss et Lehár lui vont bien, c’est sans doute dans les chansons de Stolz et Sieczynski qu’il déploie au mieux ses talents de conteur, avec cette diction absolument irréprochable et cette manière de parler plutôt que de chanter.</p>
<p>Certes le ténor est rattrapé par la fatigue et la toux lors du dernier morceau ; mais il nous livre pour le reste une très belle performance dans un répertoire qu’il défend admirablement.</p>
<p>Présente également, la soprano <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> – <a href="https://www.forumopera.com/podcast/rachel-willis-sorensen-je-vais-chanter-violetta-valery">qui nous accordait une interview</a> juste avant ce concert – prête sa voix corsée à certaines des pages les plus célèbres de l’opérette : l’« Uhrenduett » et « Klänge der Heimat » de <em>La Chauve-Souris</em>, puis « Vilja Lied » et « Lippen Schweigen » de <em>La Veuve joyeuse.</em> Le chant est assuré, le souffle remarquablement long et l’aigu brillant : elle est une partenaire de choix pour le ténor, et ils montrent une vraie complicité vocale et scénique. Ils parviennent surtout à ne pas basculer dans la caricature mais à conserver le charme et la délicatesse des compositeurs qu’ils interprètent.</p>
<p>Dommage que les deux chanteurs soient relativement empêchés dans leurs mouvements en raison de la présence de micros. D’ailleurs, si la sonorisation n&rsquo;est pas choquante dans ce type de répertoire, elle était ce soir peu flatteuse pour les voix, ayant tendance à écraser le son dans l’aigu. Un problème de balance qui, fort heureusement, ne pesait pas sur l’ensemble des morceaux. Cela accentuait malgré tout l&rsquo;impression d&rsquo;un orchestre très en retrait : dirigé par <strong>Jochen Rieder</strong>, le PKF-Prague Philharmonia maîtrisait certes son sujet, mais manquait d’inspiration. C’est d’autant plus dommage que de nombreuses pages orchestrales lui laissaient l’occasion de briller.</p>
<p>Bien évidemment, c&rsquo;est Jonas Kaufmann qui clôt ce concert avec deux bis : « Heut ist der schönste Tag in meinem Leben » d’Hans May et « In einem kleinen Café in Hernals » d’Hermann Leopoldi.</p>
<p>Vienne, Vienne et encore Vienne&#8230; mais en bonne compagnie.</p>
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		<item>
		<title>Jonas Kaufmann, le film</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-le-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2019 16:26:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous évoquions récemment le livre consacré à Jonas Kaufmann, et l&#8217;on apprend maintenant que c&#8217;est le film Jonas Kaufmann, My Vienna qui sortira dans tous les bons cinémas le 24 mars 2020. Ce long métrage d&#8217;une heure trente est en fait la captation d&#8217;un concert donné le 14 octobre dernier au Konzerthaus de Vienne, avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous évoquions récemment <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-le-livre">le livre consacré à <strong>Jonas Kaufmann</strong></a>, et l&rsquo;on apprend maintenant que c&rsquo;est le film <em>Jonas Kaufmann, My Vienna</em> qui sortira dans tous les bons cinémas le 24 mars 2020. Ce long métrage d&rsquo;une heure trente est en fait la captation d&rsquo;un concert donné le 14 octobre dernier au Konzerthaus de Vienne, avec un programme associant Johann Strauss fils, Franz Lehár et diverses mélodies rendant hommage à la capitale autrichienne, signées Robert Stolz, Emmerich Kálmán ou Rudolf Sieczynski. Le ténor y partage la vedette avec la soprano américaine <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> (elle fut Rosalind aux côtés de son Eisenstein dans une <em>Fledermaus </em>de concert télédiffusée en 2018), l&rsquo;orchestre Philharmonia de Prague étant dirigé par <strong>Jochen Rieder</strong>. Autrement dit, une chance de rattrapage pour les mélomanes français qui n&rsquo;auront pu assister au concert donné par les mêmes artistes le 20 janvier prochain au Théâtre des Champs-Elysées.</p>
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			</item>
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		<title>An Italian night</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/an-italian-night-une-nuit-damour-ne-soublie-jamais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Sep 2018 06:11:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prompt à exploiter le filon tant qu’il est juteux, Sony propose en CD, DVD et Blu-ray l’enregistrement du concert donné en plein air par Jonas Kaufmann dans le Théâtre de verdure de Berlin le 13 juillet dernier. Effet du mondial de football, comme nous l’avions suggéré non sans une pointe d’humour, l’album aurait dû s’appeler &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Prompt à exploiter le filon tant qu’il est juteux, Sony propose en CD, DVD et Blu-ray l’enregistrement du concert donné en plein air par Jonas Kaufmann dans le Théâtre de verdure de Berlin le 13 juillet dernier. Effet du mondial de football, <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-un-peu-plus-pres-des-etoiles">comme nous l’avions suggéré non sans une pointe d’humour</a>, l’album aurait dû s’appeler « sous les étoiles ». Une « Nuit italienne » déclinée en quelques langues a été préférée. Un partout, la balle au centre.</p>
<p>Humour, osions-nous. Des commentaires régulièrement courroucés de lecteurs et de lectrices nous le rappellent, on ne plaisante pas avec Jonas Kaufmann. Il existe autour du ténor bavarois une forme d’intégrisme qui interdit toute critique, même argumentée. Seul l’éloge le plus absolu est autorisé. Dans ces conditions, qu’écrire sur ce nocturne constellé de chansons napolitaines, si ce n’est qu’il est forcément merveilleux ? En grande forme, ovationné par un public récompensé de son enthousiasme par sept rappels, <strong>Jonas Kaufmann</strong> place l’étendue de sa palette expressive au service de chaque numéro, sans favoritisme, du lumineux « Cielo e mar », extrait de <em>La Gioconda</em>, à l’ensorceleuse bande originale du <em>Parrain</em>, « Parla piu piano », plus irrésistible encore chez Rota que chez Ponchielli. Confortée par l’écoute de <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-munich-le-choc-des-titans">Siegmund</a> et <a href="https://www.forumopera.com/parsifal-munich-de-haut-en-bas">Parsifal à Munich cet été</a>, se pose la question de savoir pourquoi Jonas Kaufmann s’attache à un répertoire moins adapté à sa vocalité que d’autres. Pour le plaisir, répondrait Herbert Léonard. C’est une réponse valable. Est-ce la seule ?</p>
<p>L’autre bonne raison de revivre encore et encore cette nuit d’été italienne, si tant est qu’il en faille une, s’appelle <strong>Anita Rachvelishvili</strong>. Non lors des quelques chansons que la mezzo-soprano disperse au vent de l’oubli pour laisser à son partenaire le temps de souffler, mais le temps du duo de <em>Cavalleria Rusticana</em> où, en un froncement vocal de sourcil, se dessine superbe, à l’encre noire d’un timbre orgueilleux, le portrait jaloux de Santuzza.</p>
<p><strong>Jochen Rieder</strong> dirige le Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, comme on dirige un orchestre la nuit en plein air, avec suffisamment de brillant pour donner aux paillettes l’illusion d’étoiles.</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/yXrq8PUw_kQ" width="560"></iframe></p>
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		<title>Récital Jonas Kaufmann — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jonas-kaufmann-peralada-toute-son-ame-est-la/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jul 2018 06:48:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans le parc du château de Peralada que Jonas Kaufmann a élu, pour un soir, domicile, dans un programme franco-allemand. Après de nombreux récitals consacrés aux chansons et airs d’opéra italiens, on se réjouit de retrouver le ténor dans un répertoire germanophone, d’autant plus après son triomphe dans Parsifal et La Walkyrie, il y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans le parc du château de Peralada que <strong>Jonas Kaufmann</strong> a élu, pour un soir, domicile, dans un programme franco-allemand. Après de nombreux récitals consacrés aux chansons et airs d’opéra italiens, on se réjouit de retrouver le ténor dans un répertoire germanophone, d’autant plus après son triomphe dans <a href="/parsifal-munich-de-haut-en-bas"><em>Parsifal</em></a> et <a href="/die-walkure-munich-le-choc-des-titans"><em>La Walkyrie</em></a>, il y a seulement quelques jours, à Munich.</p>
<p>Le concert s’ouvre sur une première partie consacrée à la musique française avec la Bacchanale de <em>Samson et Dalila</em>. On regrette des tempos bien lents (qui se confirmeront par la suite), mais ils ont le mérite de faire entendre la clarté des pupitres. Les cordes – violons et violoncelles en tête – sont exemplaires, le son est lumineux, et <strong>Jochen Rieder</strong> tire de l’orchestre du Teatro Real un son idéal pour ce répertoire.</p>
<p>Jonas Kaufmann entre alors en scène pour un « Ah lève-toi soleil » qui, depuis son enregistrement dans <a href="/cd/jonas-kaufmann-lopera-le-jonas-dhier-le-kaufmann-de-demain">l’album <em>L’Opéra</em></a>, a gagné sur le plan de la diction. Les voyelles sont globalement plus claires, bien que certaines restent encore un peu en arrière et sans éclat ; mais les voyelles ouvertes ont sans conteste gagné en projection. On attend probablement de Roméo une voix plus lumineuse et plus légère ; on regrette également des fins de son parfois dures. Mais le ténor fait preuve d’une maîtrise du souffle et d’un engagement dramatique de premier ordre, couronnés par une note finale attaquée <em>pianissimo</em>, puis crescendo-decrescendo, d’une efficacité redoutable. Son Don José bénéficie des mêmes qualités, avec une belle musicalité et un grand contrôle de l’instrument. Quant au « Rachel, quand du Seigneur », sa reprise <em>mezza di voce</em> est simplement renversante.</p>
<p>La première partie du concert est rendue éminemment dramatique à la fois par le timbre sombre du chanteur et une forme de solennité dans la diction : « La Fleur que tu m’avais jetée » y est moins un chant d’amour qu’un cri de désespoir, alors que Roméo semble supplier en vain le soleil de paraître. Le célèbre « O souverain, ô juge, ô père », où la voix gagne étonnamment en clarté, achève de nous en convaincre. On apprécie un magnifique vibrato, libre et régulier, tandis que l’orchestre déploie un tapis sonore plein de couleurs et de contrastes.</p>
<p>Le répertoire français n’est certes pas celui dans lequel on apprécie le plus Jonas Kaufmann, notamment à cause d’une prononciation pas encore idéale, et d’un chant appliqué et rigoureux presque avec excès, aux dépens du naturel. Mais il fait preuve d’une exemplarité technique et musicale qu’il faut bien lui reconnaître.</p>
<p>La section allemande du récital, entièrement consacrée à Wagner, s’ouvre sur l’inénarrable « Chevauchée des Walkyries », malheureusement rendue assez illisible par l’orchestre. Les cuivres pressent alors que les cordes traînent, et on en perd tout souffle épique. L’ouverture des <em>Maîtres chanteurs</em> sera tristement scolaire et le prélude de <em>Lohengrin</em> bien peu sacré : l’orchestre n’est donc décidément pas à son aise dans ce répertoire.</p>
<p>C’est dommage car Jonas Kaufmann y apparaît transfiguré. Dès les premières notes de Siegmund (« Ein Schwert verhiess mir der Vater ») on entend un timbre éclatant et une projection idéale. Ses « Wälse » sont interminables et tonitruants : point d’orgue outrancier peut-être, mais nul doute que Wotan en a été ébranlé jusqu’au sommet du Walhalla.</p>
<p>S’ensuit un Walther d’une pureté et d’un lyrisme rares. Le souffle et la ligne sont sans fin, et la voix d’une homogénéité parfaite. Le ténor se révèle enfin un Lohengrin bouleversant de simplicité. Toute la première section, chantée entièrement <em>piano</em>, est d’un naturel déconcertant. Il nous livre un moment suspendu où il apparaît pleinement habité par son personnage et par cette musique. Son chant est, chez Wagner, d’une sobriété étonnante et débarrassé des artifices dont il ornait le répertoire français. C’est dans le répertoire allemand que le chanteur se révèle pleinement : on y atteint l’essence et l’être.</p>
<p>Un « Träume » extrait des <em>Wesendonck Liede</em>r, le « Winterstürme wichen dem Wonnemond » de Siegmund puis « Pourquoi me réveiller » s’invitent en bis. Trois airs, mais toujours cette authenticité ; aucun doute, toute son âme est là !</p>
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		<title>Jonas Kaufmann un peu plus près des étoiles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-un-peu-plus-pres-des-etoiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jul 2018 05:56:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les étoiles ont la cote ce mois-ci. Si l’équipe de France de football se glorifie d’en arborer désormais deux, le monde lyrique en compte plusieurs dizaines, dont au firmament Jonas Kaufmann. Le ténor bavarois donnait vendredi dernier, 13 juillet, un concert à la Waldbühne (Théâtre de verdure) à Berlin. Sept rappels ont couronné un programme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les étoiles ont la cote ce mois-ci. Si l’équipe de France de football se glorifie d’en arborer désormais deux, le monde lyrique en compte plusieurs dizaines, dont au firmament <strong>Jonas Kaufmann</strong>. Le ténor bavarois donnait vendredi dernier, 13 juillet, un concert à la Waldbühne (Théâtre de verdure) à Berlin. Sept rappels ont couronné un programme de mélodies et d’extraits d’opéras italiens placé sous la direction de <strong>Jochen Rieder</strong> à la tête du Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin. Autre étoile plus que montante de l’opéra, la mezzo-soprano <strong>Anita Rachvelisvili</strong> l’a rejoint sur scène à plusieurs reprises pour des airs et des duos dont celui de <em>Cavalleria rusticana</em>. La soirée s’est évidemment achevée avec « Nessun dorma ». Ce concert sera retransmis dans <a href="https://www.cgrevents.com/programmation/jonas-kaufmann-sous-les-etoiles">plusieurs cinémas en France du 21 au 24 Septembre prochains</a> et fera l’objet d’une sortie commerciale CD et DVD cet automne chez Sony Classical. Nom de code : « Jonas Kaufmann sous les étoiles ». Tiens, pardi !</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/HChQHkakjyY" width="560"></iframe></p>
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		<title>Récital Jonas Kaufmann, Nessun dorma — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jonas-kaufmann-nessun-dorma-bruxelles-bozar-kaufmann-en-majeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 May 2016 05:46:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une première date avait été fixée en octobre dernier, que Jonas Kaufmann avait annulée pour raison de santé. Il avait donc fallu attendre longtemps, et personne n’avait envie de dormir, dimanche soir dans la salle archi-comble du Palais des beaux-arts de Bruxelles, où la Staatskapelle de Weimar dirigée par  Jochen Rieder était venue accompagner le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une première date avait été fixée en octobre dernier, que <strong>Jonas Kaufmann </strong>avait annulée pour raison de santé. Il avait donc fallu attendre longtemps, et personne n’avait envie de dormir, dimanche soir dans la salle archi-comble du Palais des beaux-arts de Bruxelles, où la Staatskapelle de Weimar dirigée par  <strong>Jochen Rieder</strong> était venue accompagner le ténor dans un récital d’airs de Puccini, extraits de son dernier album. C’est l’orchestre qui entame la soirée avec le prélude symphonique en la majeur, pièce un peu terne – c’est plutôt un exercice de composition réalisé par Puccini pendant ses études au conservatoire de Milan – à laquelle le chef s’efforce de donner tout le relief possible.</p>
<p>Entre ensuite, sous des tonnerres d’applaudissements, le chanteur tant attendu. Elégant dans son costume trois pièces très ajusté, svelte, dynamique, le cheveux grisonnant et la barbe courte, une dégaine de vedette de cinéma, du charme à revendre, Kaufmann électrise son public dès les premières notes du récital. Il commence par des airs peu connus, comme s’il voulait faire encore patienter un peu son public. Des extraits de <em>Le Villi</em> ou d&rsquo;<em>Edgar</em> lui permettent de chauffer l’instrument et de faire soigneusement monter la tension avant les grands airs que tout le monde attend. Ainsi ménagée, soigneusement préparée, la voix est sublime, homogène dans tous les registres, avec une ardeur constante et des couleurs d’une exceptionnelle richesse. Kaufmann maîtrise tant les passages forte (la voix n’est jamais criarde) que pianissimo, registre dans lequel il excelle à exprimer une tendresse infinie sans détimbrer, tout en restant intelligible jusqu’au denier rang de la salle. Ce sera particulièrement remarquable lorsqu’il murmure <em>« </em>Soave visione <em>»</em> dans l’air d’Edgar, ou <em>« </em>Dolci baci, languide caresse<em> »</em> dans l’air de Cavaradossi, avec une intensité rarement atteinte dans cette nuance d’une grande séduction et d&rsquo;une infinie délicatesse. Il vit chacun de ses personnages sans effet de manche mais avec intelligence et si l’émotion fait parfois défaut, c’est en raison de la structure même d’un récital d’airs relativement courts, tirés de situations très diverses, entrecoupés d’interludes orchestraux et de longues minutes d’applaudissements, qui ne permet pas de construire sur la longueur la cohérence d’un personnage. Ces intermèdes orchestraux, qui émaillent le programme tout au long de la soirée et offrent au chanteur d’utiles moment de répit, viennent rappeler fort à propos qu’en plus d’être le mélodiste de génie que l’on sait, Puccini était aussi un orchestrateur inspiré, auquel les cordes de Weimar rendent parfaitement justice.</p>
<p>Quant à Kaufmann, son plaisir de chanter, d’être en scène est évident, et il le partage généreusement avec le public. L’enthousiasme de la salle ira croissant tout au long de la soirée, jusqu’au « Nessun dorma ! <em>»</em> final, si bref soit-il, qui donne son titre au récital et lui sert à la fois d’aboutissement et de point culminant. Sans laisser le temps à l’orchestre de finir le postlude, le public se lève et fait une ovation au chanteur que ce dernier saluera finalement de cinq bis, arrachés chacun à grand renfort d’applaudissements cadencés, dans une joyeuse atmosphère de liesse très communicative.</p>
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		<title>Jonas Kaufmann, Du bist die Welt für mich — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-paris-tce-lorsque-jonas-parait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2015 10:21:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’il paraisse, et Jonas fait entrer en fusion Les plus chenues mémés tressuant dans leur vison. Une grâce ! Un sourire ! Un timbre ! Une tenue ! Les hommes sont jaloux et les femmes sont nues. Ces Kalman, ces Lehar qu’on connaît peu en France Sonnèrent familiers comme des airs d’enfance.   Las, il fallut compter, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’il paraisse, et Jonas fait entrer en fusion</p>
<p>Les plus chenues mémés tressuant dans leur vison.</p>
<p>Une grâce ! Un sourire ! Un timbre ! Une tenue !</p>
<p>Les hommes sont jaloux et les femmes sont nues.</p>
<p>Ces Kalman, ces Lehar qu’on connaît peu en France</p>
<p>Sonnèrent familiers comme des airs d’enfance.</p>
<p> </p>
<p>Las, il fallut compter, ô larmes, ô douleur,</p>
<p>Ce soir avec un chef d’une immense lourdeur.</p>
<p>Par les rues de Berlin il ne nous mena guère,</p>
<p>Mais plutôt de Munich quand on fête la bière.</p>
<p>Et les bruyants flonflons de sa formation</p>
<p>Chauffant leurs instruments jusqu’à ébullition,</p>
<p>Evoquaient trait pour trait la grâce débonnaire</p>
<p>Des Panzerdivisions du temps de nos grands-pères.</p>
<p> </p>
<p>Aigu pris en dessous mais qui va en s’enflant,</p>
<p>Piano détimbré comme un soupir galant :</p>
<p>De trucs et de tics, Jonas ne manque pas,</p>
<p>Mais la foule enivrée ne les remarque pas.</p>
<p>Micro, déhanchements, cabotin de génie,</p>
<p>Il emballe la salle qui trépigne et qui jouit.</p>
<p>Qu’ils aient nom Stolz, Lehar, Tauber ou Kalman,</p>
<p>Tous s’effacent ce soir : ne reste que Kaufmann.</p>
<p> </p>
<p>On cède ou l’on résiste,  on s’engoue ou l’on tique,</p>
<p>Mais il a un secret désarmant la critique :</p>
<p>Cet étrange talent qui s’appelle le chic.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Jonas Kaufmann, Du bist die Welt für mich — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-baden-baden-ne-demandez-pas-pourquoi-a-jonas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2015 04:10:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann est en tournée : du 15 avril au 20 mai 2015, il promène les airs « légers » de son dernier disque entre Cologne, Dortmund, Stuttgart, Hambourg, Munich, Berlin, Hanovre et Baden-Baden… Difficile d’ignorer que l’événement est sponsorisé par BMW : on accède au Festspielhaus entre deux superbes voitures et des écrans, à l’intérieur, diffusent un clip &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann est en tournée : du 15 avril au 20 mai 2015, il promène les airs « légers » de son dernier disque entre Cologne, Dortmund, Stuttgart, Hambourg, Munich, Berlin, Hanovre et Baden-Baden… Difficile d’ignorer que l’événement est sponsorisé par BMW : on accède au Festspielhaus entre deux superbes voitures et des écrans, à l’intérieur, diffusent un clip en boucle où le ténor côtoie de superbes carrosseries. Le ton est donné. Toutes les places ont été vendues et, si le public n’est pas celui qu’on croise d’habitude, il n’est pas forcément plus jeune. C’est une salle archi-comble qui attend avec ferveur l’arrivée de la star et patiente face à un micro (!) pendant que le Rundfunk-Sinfonieorchester de Berlin propose la Valse de <em>Giuditta</em> de Franz Lehár où l’on reconnaît le thème du « Meine Lippen, sie küssen so heiß » (mes lèvres embrassent avec tant de flamme…). Voilà qui est prometteur. La direction de <strong>Jochen Rieder </strong>ne manque pas de surprendre : on est plus proche des soirées musicales proposées sur les chaînes de télévision allemandes populaires que des interprétations nerveuses d’un Thielemann à la tête de la Staatskapelle de Dresde ou des prestations du Philharmonique de Vienne. On pourrait même dire que l’on traîne un peu les pieds, quoique les percussions redonnent tout de même du punch à l’ensemble.</p>
<p><strong>Jonas Kaufmann</strong> arrive, très élégant, apparemment parfaitement à l’aise, dans un costume sobre d’esprit intemporel rehaussé d’une cravate à pois, motif très en vogue dans les années 1920. Avant de commencer, il explique la présence incongrue du micro et de la sonorisation, prévue pour renforcer l’esprit du « schlager » (qu’on pourrait traduire par chanson à succès), si cher à la culture allemande. Le micro reste devant lui pendant tout le récital, y compris quand il n’est pas utilisé. « Rassurez-vous, il n’y a rien de cassé », anticipe le ténor munichois, non sans humour et comme si son public n’avait pas l’habitude de l’entendre sans amplification. Les puristes doivent grincer des dents…</p>
<p>L’effet de la sonorisation est étonnant : la voix caresse et enveloppe, comme au disque. Le chanteur joue habilement de toutes les possibilités de ce qui magnifie ses atouts tant admirés, et en particulier les somptueux pianissimi, mais surtout, quelque chose de caressant et d’enjôleur flatte l’oreille. À tel point qu’on est presque frustré lorsque l’on retrouve la voix nue, quoique quelques secondes d’adaptation suffisent à retrouver le charme et surtout la maîtrise d’un artiste dans la plénitude de son talent. Aigus surpuissants, ligne continue sans le moindre écart, prononciation admirable sans défaut, articulation parfaite pour des mots d’amour comme susurrés à l’oreille de chacun, l’expérience auditive est des plus réjouissantes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jonas_kaufmann_6n3a2098_bis.jpg?itok=1km82baC" title="© Manolo Press" width="468" /><br />
	© Manolo Press</p>
<p>Mais pour qui a écouté en boucle le CD <em>Du bist die Welt für mich</em> (<a href="http://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-donnons-lui-notre-coeur">chroniqué par Christophe Rizoud</a>) et visionné le DVD passionnant et très instructif qui le complète en explorant l’importance de la chanson et de la musique allemande des années 1920 et 1930 (voir le <a href="http://www.forumopera.com/dvd/du-bist-die-welt-fur-mich-irresistible">compte rendu de Julien Marion</a>), il est une envie frustrée. On attend des airs favoris qui n’arrivent pas, puisque la soprano Julia Kleiter n’est pas présente pour les duos, en particulier pour le délicieux <em>Diwanpüppchen </em>et surtout le sublime extrait de <em>Die Tote Stadt</em> où une sombre mélancolie doublée de <em>Sehnsucht</em> envahit l’auditeur. En échange, l’orchestre nous divertit avec des ouvertures et valses pendant que le ténor se repose la voix. Cela dit, il reste sur scène pendant que résonne la Marche extraite de <em>Frühjahrsparade</em> de Robert Stolz. On aurait aimé le voir se trémousser, danser et épater son monde dans un nouveau registre, mais il faut se contenter d’une gestuelle sobre et minimaliste des bras, avec cependant tout un jeu de mimiques et d’œillades complété par des sourires ravageurs. La présence scénique se réduit ainsi au strict minimum, mais avec une plastique et une aura pareilles, cela suffit à conquérir un public plus ou moins acquis d’avance. Main dans la poche, décontracté, quand il s’agit de prendre les belles qu’on désire sans demander la permission (« Gern hab’ ich die Frau’n geküsst »), timide et mains dans le dos quand il s’agit d’implorer (« Schatz, ich bitt’ dich… »), notre fringuant jeune homme (aux cheveux et barbe poivre et sel, tout de même) se fait tour à tour beau ténébreux romantique, latin lover et crooner.</p>
<p>Après deux rappels, des baisers envoyés vers la salle semblent annoncer la fin. Mais le ténor revient une dernière fois pour entonner « <em>Frag</em>’<em> nicht warum ich gehe</em> » (ne demande pas pourquoi je m’en vais). La salle éclate de rire. Les paroles prennent tout à coup une résonnance toute particulière, à la fois bon enfant et cruelle puisque le texte est modifié pour la circonstance : au lieu de « Morgen küsst dich die and’re » (demain, quelqu’un d’autre t’embrassera), Jonas Kaufmann nous murmure « Morgen steht hier ein andrer » (demain, un autre chantera ici à ma place). La salle est hilare. On peut n’y voir qu’un effet facile et attendu ou une méditation ironique de la condition de chanteur et surtout du rapport très particulier que la superstar entretient avec son public.</p>
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