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	<title>Catherine Jordy, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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	<title>Catherine Jordy, auteur/autrice sur Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia – Florence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-florence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival d’été du Maggio musicale de Florence consiste cette année essentiellement en une version de la Bohème adaptée par Paolo Fresu, un concert dédié à Ennio Morricone et en la reprise du Barbier de Séville déjà proposé en 2024. Il s’agit en l’occurrence d’une énième reprise de la mythique mise en scène de Damiano &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival d’été du Maggio musicale de Florence consiste cette année essentiellement en une version de la <em>Bohème </em>adaptée par Paolo Fresu, un concert dédié à Ennio Morricone et en la reprise du <em>Barbier de Séville</em> déjà proposé en 2024. Il s’agit en l’occurrence d’une énième reprise de la mythique mise en scène de <strong>Damiano Michieletto</strong> inaugurée en 2005 au Teatro Romano di Fiesole et conçue pour l’extérieur. C’est <strong>Stefania Grazioli</strong> qui reconstitue pour trois représentations le spectacle minimaliste : le décor se réduit à une vaste caisse noire et à des panneaux latéraux de même teinte servant de coulisses, avec quelques chaises et échelles comme accessoires principaux. Lorsque commence le spectacle à la tombée de la nuit dans la Cavea, à savoir sur l’espace situé sur le toit du théâtre, on se dit qu’on va sans doute passer une pauvre soirée, tant les moyens semblent limités, la soufflerie intense et dérangeante, sans compter les bruits parasites d’un quartier bien sonore. Or, très vite, on se laisse prendre à l’évidente <em>vis comica</em> des comédiens, très <em>commedia dell’arte</em>, au rythme frénétique et millimétré où l’on ne s’ennuie pas une seconde ainsi qu’à l’esprit malin et efficace d’une mise en scène farcie de brio et de bonnes idées. Si l’on n’éclate pas forcément de rire sans cesse, il est bien difficile de ne pas sourire continument. Par ailleurs, la soufflerie se fait oublier jusqu’à disparaître et les bruits parasites du quartier s’effacent pour une qualité d’écoute optimale pour du plein air.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/152_MicheleMonasta_1M_02626-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-217305"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Michele Monasta</sup></figcaption></figure>


<p>Le voyage musical commence par une annonce : le départ du Florence/Séville. L’ouverture sera ainsi l’occasion du mime d’une expédition en train chahutée et endiablée. Chanteurs et figurants s’en donneront à cœur joie durant toute l’aventure, en multipliant les chorégraphies entre bouffe et naturel, à grands coups de batailles de gourdes ou de pistolets à eau. On pense beaucoup à la géniale version de Dario Fo, notamment pour les jeux de parapluies et les mouvements de groupes, organisés comme de grandes vagues humaines. Mais là où Dario Fo s’approchait visuellement du jeune Goya, dans des dégradés pastel, les couleurs sont ici hyper saturées et les costumes de réjouissantes transcriptions de caricatures romantiques. Basilio, en particulier, a l’habit qui se termine en queue verte et ressemble à un serpent, voire un basilic. Les jeux de mots visuels sont nombreux. Le travail de Damiano Michieletto est mieux qu’intéressant et l’on comprend aisément l’engouement qu’il suscite sur le public.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20_MicheleMonasta_1M_08388-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217275"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Michele Monasta</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est très équilibré, à commencer par <strong>Min Kim</strong>, affublé d’une perruque se terminant en oreilles de renard ou en forme de cœur, impeccable en Figaro à la fois rusé et tendre. La voix est souple, l’interprétation charismatique et la verve comique certaine. La jeune <strong>Alexandra Meteleva</strong> est délicieuse en Rosine au caractère bien trempé et à la détermination sans faille. Ravissante, vive et virevoltante, la mezzo nous offre un « Una voce poco fa » comme à la parade, vocalises envoyées comme si de rien n’était. Le timbre est frais et respire la santé. À ses côtés, <strong>Marco Ciaponi</strong> incarne un Almaviva charmant, à la grande beauté du timbre et une flexibilité appréciable que magnifie encore la force de projection. <strong>Roberto De Candia</strong> est impayable en Bartolo, pour qui la vélocité rossinienne n’a aucun secret et qu’il maîtrise crânement dans le chant sillabato, tout en élégance. <strong>Giorgio Caoduro</strong> est un Basilio de premier choix, mais curieusement, sa « Calunnia » laisse quelque peu sur sa faim, les graves tout comme les aigus manquant de force, mais peut-être était-ce là l’effet de la Première, le rôle <em>buffa</em> s’affirmant au fil de la soirée. Le jeune <strong>Gonzalo Godoy Sepúlveda</strong> se tire sans difficulté de ses deux rôles. D’abord très effacée et quasi souffreteuse (elle éternue divinement), la jeune <strong>Aloisia de Nardis</strong> s’affirme très fortement, totalement déchaînée dans « Il vecchietto cerca moglie », devenu un véritable air de bravoure. La jeune soprano est à surveiller et affiche de formidables qualités qui magnifient un timbre fort séduisant.</p>
<p>Le <strong>chœur du Maggio Musicale Fiorentino</strong>, placé sur le côté de l’orchestre, a beau être en retrait, il soutient efficacement les solistes, offrant une belle profondeur et soulignant un chant globalement superbement projeté. Et il faut également louer l’excellent travail du tout jeune chef <strong>Riccardo Bisatti</strong> qui sait donner rythme, cadence et garder l’équilibre entre les voix et un orchestre très en forme. Voici un <em>Barbier</em> de très belle qualité…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="&quot;Il barbiere di Siviglia&quot; - Trailer" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/uZU3w4zntrM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor – Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-milan-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 06:14:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour clôturer sa saison 2025-26, la Scala de Milan a choisi de reprogrammer sa Lucia di Lammermoor créée en 2023 (et chroniquée par Charles Sigel) avec Yannis Kokkos à la mise en scène et Riccardo Chailly à la direction d’orchestre à l’époque. Pour cette reprise, c’est à Speranza Scappucci qu’est confiée la baguette, et la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour clôturer sa saison 2025-26, la Scala de Milan a choisi de reprogrammer sa <em>Lucia di Lammermoor</em> créée en 2023 (et chroniquée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-milan/">Charles Sigel</a>) avec <strong>Yannis Kokkos</strong> à la mise en scène et Riccardo Chailly à la direction d’orchestre à l’époque. Pour cette reprise, c’est à <strong>Speranza Scappucci</strong> qu’est confiée la baguette, et la jeune femme rencontre un beau succès sous forme de longue ovation de la part d’un public milanais qui, visiblement, l’aime beaucoup. La distribution est totalement différente, à l’exception des rôles d’Enrico et Raimondo. Exit, donc, Lisette Oropesa et Juan Diego Flórez, les stars de la première version. Mais nous avons eu droit à une prestation globalement de très haute qualité, pour un spectacle du genre de ceux qui nous rassurent sur le bien-fondé de notre passion lyrique et justifient amplement la petite folie de s’offrir un voyage à destination de la Scala.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/022_GN1A0059-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217038"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>La mise en scène de Yannis Kokkos est d’une élégance classique très évocatrice, non pas d’une Écosse du début du xvi<sup>e</sup> siècle ou fantasmée en plein Romantisme, mais d’une époque moderne contemporaine de l’entre-deux-guerres. L’esthétique tend vers le théâtre et surtout le cinéma expressionniste allemand et il en résulte de nombreuses correspondances visuelles familières. Il faut saluer le jeu subtil et efficace des éclairages de <strong>Vinicio Cheli </strong>(notamment pour une scène d’orage très réussie qui se propage dans tout le théâtre et ses loges striées d’éclairs, avec le judicieux travail du prestigieux vidéaste <strong>Éric Duranteau</strong>). Les arbres aux branches nues du premier acte ne sont pas sans rappeler les <em>Nibelungen</em> de Fritz Lang, pour une forêt où les cerf et chiens de chasse sont à l’arrêt, puisque présents sous forme de sculptures. Personnages réels et être inanimés se côtoient, pour des sculptures qui passent du blanc lilial au vert-de-gris, d’une vie chaste et pure à une déchéance mortelle stylisée, notamment dans la scène finale où un pleurant fait écho à la mort voilée reconnaissable à sa faux. Pas de fontaine, mais une statue féminine, entre art funéraire et fantaisie symboliste inspirée du Bernin, pour une créature fantasmatique dont on ne sait pas trop si elle s’abandonne au plaisir charnel ou si elle vient de succomber ; sa chevelure s’écoule comme de l’eau au milieu de la roche. Tout le travail de Yannis Kokkos est résumé dans cette apparition, que Lucia étreint, où elle se recroqueville puis s’en détache, exaltée. Les personnages masculins, quant à eux, n’hésitent pas à écraser le visage marmoréen de leur main. Ce n’est pas tant la folie de Lucia qui est en question ici, mais bien la haine de son frère et même celle de son amant, comme le précise le metteur en scène grec dans sa note d’intention. Pour lui, il s’agit d’une sorte de « fatalité d’un désastre qui se met en place dès la première scène » et la folie est la conséquence de l’incapacité à supporter la pression morale, sociale et économique subies par la jeune femme (dans sa robe ensanglantée, elle est devant une projection de gravure représentant un hallali et une mise en curée, les chiens se jetant sur le cerf). Les parallèles avec les Années folles n’en font que davantage sens, dans cette course vers l’imparable désastre à venir.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/040_096A4365-Rosa-Feola-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217041"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>À la fois fragile et magistrale, <strong>Rosa Feola</strong> est fabuleuse en Lucia. Admirable comédienne, la soprano italienne incarne merveilleusement les soubresauts d’une personnalité tout en extrêmes. Ses altérations émotionnelles sont perceptibles avant même qu’elle n’ouvre la bouche. Quant elle s’exprime, c’est avec une noblesse de ligne de chant, un raffinement exquis dans les vocalises et variations, une apparente facilité et un charisme qui emportent tout. On aime, doute et souffre à l’unisson, en symbiose cathartique intense. Dans le rôle de son frère Enrico, <strong>Boris Pinkhasovich</strong> est impérial. Prêt à tout pour sauver sa peau, débordant de rage et de haine, le baryton austro-russe, tout d’un bloc, exprime les subtilités de son caractère par un timbre riche et ambré et une aisance dans tous les registres. En amoureux trahi et éperdu, <strong>Piero Pretti</strong> est exemplaire dans le rôle d’Edgardo. Le ténor sarde dispose d’une voix solaire et lumineuse, idéale pour les élans tant amoureux que tragiques. La facilité dans l’aigu est impressionnante et la beauté des ensembles, tant avec la soprano que le baryton, sont des sommets de raffinements.</p>
<p>C’est aussi avec un très grand plaisir qu’on retrouve le grand <strong>Michele Pertusi</strong> en Raimondo. La basse magnifie un rôle plutôt secondaire en le hissant au premier rang et déploie un éventail d’émotions qui donne beaucoup de profondeur à son personnage. Si <strong>Leonardo Cortellazzi</strong>, dans le rôle bien trop court d’Arturo, parvient sans peine à tirer son épingle du jeu et à marquer les esprits, tout comme le ténor <strong>Paolo Antognetti</strong> en Normanno, on restera davantage sur sa faim quant à la prestation de <strong>Hyeonsol Park </strong>en Alisa. La jeune chanteuse de l’Accademia Teatro della Scala est dotée d’une belle voix de mezzo et douée d’un beau sens de l’incarnation, mais elle peine encore à passer la rampe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/220_096A4996-ph-Brescia-e-Amisano-©-Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217058"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Brescia e Amisano ©Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>Les <strong>chœurs de la Scala</strong> se font le miroir de leur garde-robe chic et distinguée, tout en moires et en chatoiements sonores. Et l’<strong>Orchestre del Teatro alla Scala</strong>, manifestement sensible à la battue énergique et ample de Speranza Scappucci, développe des trésors de beautés sonores, tout en contrastes et en frémissements. N’oublions pas le glass harmonica qui accompagne l’air de la folie de sa beauté étrange et cristalline. De quoi faire vibrer les plus insensibles…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Lucia di Lammermoor - Ardon gl&amp;apos;incensi (Teatro alla Scala)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/aXK4QZzOdp8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Oh La La La ! Opérettes en promenade – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oh-la-la-la-operettes-en-promenade-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xxe siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xx<sup>e</sup> siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version pour orchestre. Le spectacle s’adresse à tous les âges, entre facilité d’écoute et nostalgie d’airs connus depuis l’enfance, d’Offenbach à Cole Porter en passant par Poulenc, Kurt Weill ou Franz Lehár. <br />C’est avec le plus grand sérieux et professionnalisme que la metteure en scène <strong>Louise Brun</strong> a façonné cette fantaisie initialement destinée à des personnes âgées isolées qu’elle a également conçue pour des enfants qui composeraient un programme cohérent et faussement naïf (de l’<em>Enfant et les sortilèges</em> à la <em>Tragique histoire du petit René</em> à qui on finit par couper le nez parce qu’il se met les doigts dedans). Le pont transgénérationnel se fait par l’intermédiaire d’un adolescent qui joue au maître de cérémonie, sous le regard de la pianiste démiurge (excellente <strong>Nima Santonja</strong>), installée sur la scène. Dès lors, il suffit de quelques accessoires, cerf-volant, parapluies miniatures de couleurs vives que n’auraient pas reniés Jacques Demy, échelles à la Jacques Tati dans les <em>Vacances de Monsieur Hulot</em>, ciel étoilé et divers objets en modèles réduits pour créer une atmosphère empreinte d’une touchante mélancolie. La « Barcarole » des <em>Contes d’Hoffmann</em> évoque ainsi tout autant <em>La Vie est belle </em>de Benigni que les nuits d’amour à Venise ou tout simplement les plus belles des berceuses de l’enfance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Oh-La-La-La-©-Amandine-De-Cosas-14-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-216310"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Amandine De Cosas</sup></figcaption></figure>


<p>L’émotion vient avant tout de la rencontre entre les membres du Chœur de l&rsquo;Opéra national de Nancy-Lorraine et de la Maîtrise citoyenne itinérante composée de jeunes chanteurs issus prioritairement de territoires ruraux ou de bourgs du Grand Nancy (formidable initiative !), sublimant en particulier des airs interprétés jadis par les Frères Jacques ou Bourvil ici chantés par des solistes accompagnés par le chœur ou les enfants. À l’exception de quelques mouvements hésitants, l’essentiel de la charmante chorégraphie est maîtrisé et a tout pour séduire un public attendri et attentif. Et l’on prend beaucoup de plaisir à mieux entendre des membres du Chœur devenus solistes, avec une mention spéciale pour les deux sopranos <strong>Clémence Millet</strong>, la Mère, et <strong>Noémie Bousquet</strong>, la Jeune Maman, mais également <strong>Séverine Maquaire</strong>, l’Anglaise, toutes trois impressionnantes de naturel et de justesse. Les deux voisines, <strong>Jiwon Kim</strong> et <strong>Jue Zhang</strong>, sont un peu moins convaincantes, avec des approximations dans la prononciation et une projection moins tonitruante. Les hommes tirent eux aussi leur épingle du jeu, en particulier <strong>Benjamin Colin</strong> dans le rôle du père. Mais c’est surtout l’unité de groupe et la réussite collégiale que l’on saluera ici. Le Chœur est impeccable et l’on peut rendre hommage à l’excellent travail de <strong>Virginie Déjos</strong>, cheffe de chœur et d’orchestre, qui réussit à obtenir de l’ensemble des artistes une qualité sonore tout en délicatesse où l’innocence de l’enfance se mêle à la préciosité du souvenir pour ceux que le poids des ans encombrerait la mémoire bien farcie.</p>
<p>En tout état de cause, cet inventaire musical à la Prévert est une porte d’entrée idéale pour le monde de l’opéra, quel que soit l’âge des néophytes. En ce qui nous concerne, restera l’image de cette petite fille déjà bien grande, juste devant nous, qui agitait l’éventail de sa maman comme une dame, profil enfantin et queue de cheval, « nubel » (pardon, sucette) en bouche, doudou à la main, bien en avant sur le bord de son siège, qui n’en perdait pas une miette. La larme à l’œil, on a pu sortir en se disant que le public de demain était déjà bien là, prêt à revenir souvent et sans doute en train de se rêver sur les planches, pour chanter l’« Heure exquise » ou les « Chemins de l’amour ». Et l’on ne peut que s’en réjouir : « Oh la la la, c’est magnifique » !</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Oh La La La ! Opérettes en promenades | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/SHtqMG0Kb38?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>OFFENBACH, Robinson Crusoé – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-robinson-crusoe-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=214518</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après avoir connu un beau succès au Théâtre des Champs-Élysées où elle était créée l’hiver dernier, la production de Laurent Pelly (en fait une coproduction avec Angers Nantes Opéra, Rennes et le Palazzetto Bru Zane) du rare Robinson Crusoé de Jacques Offenbach suit son périple et s’installe pour quelques jours à Nantes. L’œuvre est ici &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir connu un beau succès au Théâtre des Champs-Élysées où elle était créée <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-robinson-crusoe-paris-tce/">l’hiver dernier</a>, la production de <strong>Laurent Pelly</strong> (en fait une coproduction avec Angers Nantes Opéra, Rennes et le Palazzetto Bru Zane) du rare <em>Robinson Crusoé </em>de Jacques Offenbach suit son périple et s’installe pour quelques jours à Nantes. L’œuvre est ici proposée avec un nouveau chef et une nouvelle distribution, à l’exception de la mère de Robinson interprétée par <strong>Julie Pasturaud</strong>, dans un bel écrin plus intime que la salle du TCE, où les décors imaginés par la scénographe<strong> Chantal Thomas</strong>, à commencer par la tournette du premier acte, s’intègrent parfaitement dans la structure du Théâtre Graslin. Et le public, non seulement, est au rendez-vous, mais acclame avec enthousiasme une œuvre dont on s’explique mal pourquoi elle n’a bénéficié que d’un demi-succès à sa création et une absence quasi totale sur les scènes françaises (plus rien depuis 1986). Certes, le sujet est délicat et le livret quasi inexploitable en l’état à l’heure actuelle. Mais Laurent Pelly et son équipe ont su actualiser le propos tout en évitant les écueils du « blackface » et du colonialisme (pour ne mentionner que deux aspects potentiellement problématiques de cette adaptation du roman de Daniel Defoe de 1719). Les dialogues permettent maintenant de souligner l’aspect onirique, quasi surréaliste et cynique d’un opéra entre comique et bouffe, tout en mettant en valeur les qualités de la partition et des airs. Ne serait-ce que pour se délecter des ensembles, trios, quatuors ou quintettes qui abondent dans une œuvre où, en principe, le héros est seul sur une île déserte avant de rencontrer Vendredi, on se délecte du choix de monter enfin cette rareté, ce qui a également permis à l’Avant-Scène Opéra de lui concocter un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-robinson-crusoe-avant-scene-opera/">excellent numéro</a> tout récemment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RB-ROBINSON-CRUSOE-PRE-GENERALE-85-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-214585"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Romain Boulanger</sup></figcaption></figure>


<p><em>Robinson Crusoé</em> mélange les genres et les pistes narratives : du naufragé solitaire aux chasseurs de trésor qui semblent sortis de l’<em>Île au trésor</em> de Stevenson aux histoires d’amours y compris encombrées (Vendredi s’éprend sans le savoir de la fiancée de Robinson) sans oublier les cannibales qui veulent offrir la blonde étrangère à leur divinité dans une ambiance très <em>King Kong</em> de 1933, il y a à boire et à manger dans cette fantaisie loufoque et débridée. La maison de Bristol (autrefois plaque tournante du commerce triangulaire anglais, rappelons-le) du premier acte permet, avec la déclinaison des motifs à carreaux verts et une esthétique British très années 1950, de montrer le carcan familial trop confortable duquel veut s’arracher Robinson. Le contraste avec le décor de l’île déserte n’en est que plus saisissant : c’est dans une série de tentes plantées devant des gratte-ciels sans âme que les naufragés sont réfugiés… L’idée est bonne, tout comme celle de situer la cuisine des cannibales dans une sorte d’élevage intensif où les morceaux de viande ne sont pas ceux auxquels ont est habitués (ou contre lesquels on se révolte, c’est selon) : la vision est percutante et l’on se délecte de cet humour noir que ne renierait pas un Tim Burton. Mais le clou réside dans l’apparition des cannibales tous clonés sur un modèle immédiatement reconnaissable : mèche blonde en banane, lunettes fumées, cravate rouge et costume bleu roi, le public explose de rire à l’arrivée de cette armée de répliques de Trump assoiffée de chair humaine. On s’amuse beaucoup et les interprètes sont merveilleusement bien dirigés.</p>
<p>Du Robinson de <strong>Pierre Derhet</strong>, on retiendra avant tout une diction exemplaire, où chaque mot est intelligible et correctement articulé : un vrai bonheur, mais qui entrave de fait par la méticulosité de la scansion un legato qu’on aurait aimé plus sensuel et affirmé ; mais c’est là un reproche d’enfant gâté. On se repaît de chacune des interventions sonores et percutantes du jeune ténor belge. Tout aussi réjouissante, la performance de la ravissante et délicieuse <strong>Catherine Trottmann</strong>, Edwige déchaînée qui ne fait qu’une bouchée des coloratures où elle diffuse tous les atouts de sa personnalité de femme fatale sachant mettre au pas son petit monde. Elle a cependant une concurrence de taille en la personne de la mezzo <strong>Mathilde Ortscheidt</strong> mieux que crédible en Vendredi auquel elle confère une grande noblesse et une très riche palette émotionnelle. L’émotion affleure sans cesse et l’on écoute avec ravissement ce timbre beau aux riches textures. <strong>Marc Scoffoni</strong> incarne avec gourmandise et une grande maîtrise le rôle savoureux du cuisinier Jim Cocks, roulant des mécaniques et du biceps comme un authentique culturiste. Très drôles eux aussi, le couple truculent de Suzanne et Toby formé par la délicieuse <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> et un <strong>Kaëlig Boché</strong> fougueux et vaillant. Les autres interprètes complètent harmonieusement la distribution.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/RB-ROBINSON-CRUSOE-PRE-GENERALE-153-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-214590"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Romain Boulanger</sup></figcaption></figure>


<p>Prenant le relais de Marc Minkowski après le TCE, <strong>Guillaume Tourniaire</strong> fait honneur à la partition d’Offenbach, dont il fait ressortir avec conviction les beautés et la richesse. Le chef français, amateur de raretés, est visiblement à l’aise avec ce répertoire. L’<strong>Orchestre National des Pays de la Loire</strong> semble s’être très bien entendu avec lui et le résultat est jouissif. Après Angers puis Nantes, Rennes accueillera le spectacle du 16 au 24 juin.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Opéra sur écrans 2026 | &quot;Robinson Crusoé&quot; de Jacques Offenbach" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/r4mb3r7r-Eo?start=26&amp;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p>Et comme chaque année, l’opération « Opéra sur écrans » se poursuit. Le jeudi 18 juin à 20h, le spectacle sera diffusé gratuitement sur écrans géants (notamment devant le théâtre Graslin à Nantes, la Place du Ralliement à Angers ou la Place de la Mairie à Rennes), dans plus de 75 villes et lieux culturels (cinémas, salles de spectacles, maisons de la culture, etc.), essentiellement en Bretagne, Pays de la Loire et région Centre, sans oublier un partenariat avec Sarrebruck en Allemagne ainsi que Jersey et Guernesey. Plus de 12 000 spectateurs avaient assisté à la <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-nantes/">Flûte enchantée</a></em> l’année passée. Et c’est sans compter sur le streaming assuré par France.tv, le site internet de France 3 régions et les chaînes locales, dont Angers Télé, Télénantes ou encore TV Vendée. Autant dire que le spectacle de cette année devrait faire de nombreux adeptes et contribuer à former le public de demain, ce qui est tout à fait rassurant. Tous les lieux figurent sur la <a href="https://www.angers-nantes-opera.com/opera-sur-ecrans-2026-robinson-crusoe">page dédiée</a>.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🎬 TRAILER / Robinson Crusoé I J. Offenbach" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/h4zzi697NTk?start=2&amp;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Nancy 2026-27, l&#8217;hospitalité, afin de mieux voir ce qui se passe ailleurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/nancy-2026-27-lhospitalite-afin-de-mieux-voir-ce-qui-se-passe-ailleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 06:00:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa note d’intention, Matthieu Dussouillez, le directeur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine, explique ce qui a motivé les choix de programmation de sa prochaine saison, intitulée « Quelque part où poser sa tête ». Le mot d’ordre : l’hospitalité, avec une recherche d’équilibre entre un art qui prend soin et un art qui interroge. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa <a href="https://opera-nancy.fr/actualites/quelque-part-ou-poser-sa-tete">note d’intention</a>, Matthieu Dussouillez, le directeur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine, explique ce qui a motivé les choix de programmation de sa prochaine saison, intitulée « Quelque part où poser sa tête ». Le mot d’ordre : l’hospitalité, avec une recherche d’équilibre entre un art qui prend soin et un art qui interroge. L’offre est pléthorique, aussi bien à l’intérieur qu’hors les murs, avec de nombreux partenariats qui visent à inclure tout le monde, dans tous les cycles de la vie (des spectacles Opéra berceau pour les tout-petits aux concerts dans les services hospitaliers).</p>
<p>Pour ce qui est de l’opéra, le programme est concentré notamment sur le voyage et le fantasme de l’autre, avec la reprise de l’<em>Otello</em> donné à Strasbourg, avec une autre distribution, un <em>Candide</em> en coproduction avec Luxembourg et Reims qu’on nous promet plein de fantaisie, un <em>Vaisseau fantôme </em>en reprise de Rouen avec prises de rôle pour Shenyang et Sinéad Campbell Wallace, la production des Frivolités parisiennes des peu connus <em>Contes de Perrault</em> de Fourdrain, la reprise de <em>Brodeck</em> de Daan Janssens, créé récemment à Anvers d’après l’œuvre du Lorrain Philippe Claudel, <em>Calder in Nancy</em>, une performance qui correspondra à l’ouverture de l’exposition consacrée à Calder à Metz, un spectacle créé par les enfants dans les camps, <em>Brundibár</em>, et pour finir, une création qui sera une grosse coproduction entre Angers, Nantes, Rennes, Reims et Dijon du <em>Turc en Italie</em>.</p>
<p>Aucun visuel ne figure sur l’affiche de saison, pour une invitation à l’ouverture et à la curiosité, ce qui est également le parti pris du très poétique <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rTjLF1HBUTM">teaser de saison</a>.</p>
<p>On peut télécharger la brochure <a href="https://opera-nancy.fr/sites/operanancy/files/2026-05/brochure_onnl_2627.pdf">ici</a>. Toutes les informations sur le site de l’<a href="https://opera-nancy.fr/la-saison?page=1">Opéra de Nancy</a>.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Saison 2026-2027 | Opéra national de Nancy-Lorraine | Quelque part où poser sa tête" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/rTjLF1HBUTM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, Requiem – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 04:49:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=214290</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une certaine fébrilité était palpable au sein des équipes de l’Opéra de Nancy ce soir de première de la Messa da Requiem de Verdi : on craignait les protestations de quelques personnes qui estimaient le spectacle à venir non conforme à leur sensibilité catholique. Allait-on connaître les réactions accompagnant les œuvres contestées de Martin Scorsese &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-nancy/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, Requiem – Nancy</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une certaine fébrilité était palpable au sein des équipes de l’Opéra de Nancy ce soir de première de la <em>Messa da</em> <em>Requiem </em>de Verdi : on craignait les protestations de quelques personnes qui estimaient le spectacle à venir non conforme à leur sensibilité catholique. Allait-on connaître les réactions accompagnant les œuvres contestées de Martin Scorsese ou de Romeo Castellucci ? Cela a dû provoquer bien des suées, notamment pour le directeur Matthieu Dussouillez, évidemment à l’origine de la commande de l’oratorio ici mis en scène. Il a jugé prudent d’expliquer aux autorités locales concernées que les Écrits, après tout, prônaient la tolérance ; rien de ce qu’on verrait ne serait irrespectueux ou blasphématoire. Au pire, les créatures évoluant sur scène le feraient au moment où les chœurs demandaient pitié et miséricorde… En cause, un teaser de près d&rsquo;une minute (voir ci-dessous) qui avait été relayé dans certains milieux, disons, très à droite. On y voit un échantillon assez suggestif du travail de<strong> César Vayssié</strong>, réalisateur et chorégraphe, où le faux sang, les transes et l’univers déjanté, queer et halluciné annoncent d’emblée que ce <em>Requiem</em> sera davantage orienté vers la violence de la mort et l’Apocalypse que la consolation et l’acceptation résiliente de la disparition. L’artiste polymorphe indiquait vouloir proposer sa vision en parallèle à l’œuvre de Verdi, avec de possibles rencontres entre les deux, pour une sorte de « concert ciné ». Il en résulte un spectacle où l’on pleure peu tout en en prenant, au sens figuré, plein la figure et où tout le monde y a plus ou moins trouvé son compte (sauf ceux qui voulaient en découdre ou étaient à la recherche du trash extrême : ils sont restés sur leur faim). Pour peu que l’on acceptât d’entrer dans cette danse macabre conduisant à l’Apocalypse universelle à l’aune de notre époque aux identités multiples, il y a eu largement du grain à moudre : la proposition est cohérente, ambitieuse, foisonnante et totalement au service du chef-d’œuvre de Verdi.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Messa da Requiem, Verdi | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/icwLpwi5UDY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p>La mise en scène fait penser au <em>Jugement dernier </em>de la Sixtine : quand les autres artistes montrent les damnés d’un côté et les élus de l’autre, Michel-Ange plonge tout le monde dans une sorte de spirale infernale et hallucinée. Personne n’en sort indemne et certainement pas les spectateurs. Trois danseurs évoluent parmi les membres du chœur et le quatuor de solistes. On les voit également dans un film et des images projetées au-dessus des protagonistes, parfois simultanément en fond de scène voire au plafond de la salle, dans un dispositif on ne peut plus immersif. Les visuels se succèdent à vitesse quasi subliminale, se télescopent, répétitifs, avec variations plus ou moins perceptibles, ou bien prennent le temps de s’installer, comme ces beaux visages couronnés d’épines d’où perlent des larmes que nous autres spectateurs, hallucinés, ne pouvons que difficilement verser. Les références abondent et tout un chacun pourra s’y reconnaître. Celles du monde LGBTIQ+, de l’univers de la nuit, des films de genre, notamment de zombies, sans oublier les grands classiques. C’est dire si l’on est emporté dans un vaste tourbillon de culture mais aussi de sensations pures. Des solistes aux membres du chœur, sans oublier nos danseurs, cela hoquette, entre en transe, connaît l’extase ou l’orgasme pour autant de petites et grandes morts esthétisées ou ritualisées. Du meurtre au suicide, les poses s’enchaînent et nous interpellent, entre refus et acceptation de l’inéluctable, s’appuyant sur des figures de performances hardcore ou de ballets classiques. De Derek Jarman à Visconti, de Bosch à Courbet, de Nijinsky à Pina Bauch, de la catastrophe de Bhopal au <em>Melancholia</em> de Lars von Trier, des cavernes préhistoriques au monde interlope de la scène underground, les univers s’entrechoquent et se nourrissent. Nous ne citerons que deux exemples, fruit de notre imaginaire ou citations voulues par les artistes : la danseuse <strong>Synne Elve Enoksen</strong>, aux faux airs d’Isabelle Adjani, semble une Reine Margot éthérée glissant parmi les cadavres ensanglantés d’une Saint-Barthélemy sublimée par Patrice Chéreau. L’instant d’après, on se retrouve avec elle en Lucy dans <em>Nosferatu, fantôme de la nuit </em>d’Herzog, lui-même remake du merveilleux <em>Nosferatu</em> de Murnau. L’autre danseuse, <strong>Lyou Bouzon Simonet</strong>, explore l’univers de la pole dance. Ses acrobaties autour de la barre évoquent les poses d’une sorcière empalée des gravures de la Renaissance allemande, à cela près que les figures poétiques que nous découvrons n’ont rien de violent ni de torturé et l’ascension virtuose de la jeune femme suggère l’épanouissement, la victoire sur les éléments et la gravité, voire la Résurrection. Quant au troisième danseur, <strong>Pursy de Médicis </strong>(tout un programme !), son numéro de drag dégage une charge érotique évidente, fesses à l’air, histoire de faire la nique à la mort, en empruntant à la « pop-culture antéchrist, punk-gothique et queer, [au] cinéma d’horreur avec des emprunts au rock, au métal latex, BDSM, peinture, photo, etc. », pour citer les propos de César Vayssié. La déferlante visuelle, intelligent contrepoint à la musique, ne fait que mettre l’accent sur nos terribles passions humaines. Pour avoir entendu les <strong>chœurs de Nancy-Lorraine et de </strong><strong>l&rsquo;Eurométropole de</strong> <strong>Metz</strong> réunis dans les deux villes pour la même œuvre, en contraste avec la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-metz/">version de concert</a> de l’Arsenal de Metz, l’écoute se fait ici encore plus puissante, résolument violente, dans tous les sens du terme.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Messa-da-Requiem-Credits-Christophe-Raynaud-de-Lage-23-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-214322"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Christophe Raynaud de Lage</sup></figcaption></figure>


<p>Dans la fosse, l’<strong>Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine</strong> sait rivaliser efficacement avec la saturation d’images. Sous la direction autoritaire et efficace de <strong>Sora Elisabeth Lee</strong>, la formation nancéenne offre son meilleur, pour un <em>Requiem</em> tout de force vitale et énergie surdimensionnée, vivante déclaration de guerre à une mort qu’on repousse avec poigne. Le <em>Dies Irae</em> est particulièrement réussi, mais les phases de recueillement et de retrait des <em>Requiem aeternam </em>et <em>Libera me</em> sont tout aussi émouvantes et finement ciselées.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Messa-da-Requiem-Credits-Christophe-Raynaud-de-Lage-28-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-214324"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Christophe Raynaud de Lage</sup></figcaption></figure>


<p>Les quatre solistes ont su se fondre dans la vision du metteur en scène tout comme l’approche nerveuse et déterminée de la cheffe d’orchestre. Manifestement très à l’aise dans leurs costumes spectaculaires dont ils se dépouillent petit à petit, à la fois spectateurs détachés voire méprisants mais aussi créatures fragiles et empathiques, les membres du quatuor sont pleinement investis et s’offrent sans retenue, avec un vrai sens de la scène. La plus remarquable est <strong>Sally Matthews</strong>, qui aboie, glapit et mord avec férocité, tel un cerbère polycéphale doté d’au moins trois types de sopranos, le registre dramatique n’étant d’ailleurs pas le plus spectaculaire. Véritable femme fatale aux flamboyances éclatantes, on se souviendra longtemps de cette performance quasi surhumaine. À l’opposé du spectre, <strong>Jongmin Park</strong> déploie des trésors de beauté dans une voix de basse profonde au phrasé voluptueux, à la fois consolatrice et puissamment incarnée. On en frissonne d’aise. Extrêmement élégante et d’une distinction absolue, la mezzo <strong>Eugénie Joneau</strong> nous console de son beau timbre chaud et d’une sorte de bienveillance innée qui illumine ses interventions. Un peu plus en retrait peut-être du fait d’une projection moins percutante, le ténor <strong>Joshua Blue</strong> s’en tire toutefois avec les honneurs et complète avantageusement la distribution.</p>
<p>Plaisir intense des oreilles et excitation pléthorique pour les yeux, le spectacle proposé à Nancy a tout pour marquer durablement les esprits. Un seul regret : ne pas pouvoir séjourner dans la ville lorraine pour assister aux autres représentations et se repaître de ces trouvailles visuelles et splendeurs sonores…</p>
<p>&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Messa da Requiem, Giuseppe Verdi | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/9ZsccZK-vVg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 06:04:53 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=213897</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette année, c’est le Chevalier à la rose qui est à l’affiche du Festival de Pentecôte au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations et le choix d’une mise en espace plutôt que d’une véritable mise en scène ou d’une version de concert. On se réjouit de découvrir le travail de Benjamin Lazar qu’on imagine volontiers &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année, c’est le <em>Chevalier à la rose </em>qui est à l’affiche du Festival de Pentecôte au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations et le choix d’une mise en espace plutôt que d’une véritable mise en scène ou d’une version de concert. On se réjouit de découvrir le travail de <strong>Benjamin Lazar </strong>qu’on imagine volontiers se sortir avec les honneurs et beaucoup d’inventivité de la tâche délicate de restituer tout le génie de la dramaturgie de Hofmannsthal avec quelques bouts de ficelles. Récemment, Vincent Huguet s’était mieux que bien tiré de l’exercice dans une <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-baden-baden/">Cenerentola</a></em> époustouflante sur la vaste scène du Festspielhaus, avec quelques canapés de récupération. Le podium qui sert de décor ce soir est peut-être lui aussi du matériau recyclé, mais il n’a rien de viennois et n’apporte qu’un effet de rehausse de tout l’effectif. Métallique et froid, il sert également à séparer d’emblée les protagonistes et les mettre à distance. À la pause, certains se plaindront du choix des costumes et notamment celui de la Maréchale qui, plutôt qu’un costume XVIII<sup>e</sup> siècle ou une robe du soir pour une version de concert, porte une robe-pantalon. Le vêtement est pourtant très seyant, lui conférant l’allure moderne d’une femme de tête à la Marlène Dietrich, confortant son statut de femme mûre qui connaît les choses de la vie… Le minimalisme des accessoires et l’immersion des personnages dans notre univers contemporain ne manque par ailleurs pas de subtilités. Les talents de Benjamin Lazar ne sont plus à prouver, mais on reste tout de même un peu sur faim, tant il y aurait eu à faire avec la richesse du texte de Hofmannsthal. Si les chanteurs sont extrêmement bien dirigés, les aspects strictement viennois de l’œuvre ne surnagent qu’à grand peine. Certains choix de lecture surprennent, même s’ils prêtent à la réflexion : Octavian et la Maréchale, par exemple, sont séparés et l’un au-dessus de l’autre dès le premier acte. Sophie va prendre la place de la Maréchale et s’installer sur la chaise de sa rivale, ce qui est intéressant, mais l’on rit peu et l’ensemble reste bien sage, sans surprises. C’est un peu comme si l’équipe de mise en scène s’était contentée d’indiquer les effets, laissant au public le soin de combler les vides, à la manière d&rsquo;un théâtre élisabéthain contemporain : la structure de l’habitation est bien présente, mais nue, Octavian et Sophie s’échangent une rose qu’ils tiennent et que nous ne voyons pas, pas plus que n’apparaîtront l’épée ou le sang versé. Si les décors et accessoires sont sacrifiés, bien heureusement, la direction d’acteurs est formidable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260517_DerRosenkavalier_PFS_FSH_©MichaelBode-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213906"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Michael Bode</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Julia Kleiter</strong> est une bien belle Maréchale, tout en raffinements et subtilités. Élégante, digne et noble, la chanteuse confère à son rôle une humanité rayonnante. Il manque sans doute un je-ne-sais-quoi de désespéré et de nostalgique dans son approche, mais la diction est excellente, la psychologie de la femme qui s’affronte à son inéluctable vieillissement très bien évoquée et la voix en accord avec les facettes d’un personnage dont la soprano sait mettre en valeur tous les aspects, dotée qui plus est d’un timbre séduisant. Le physique androgyne d’<strong>Emily D’Angelo</strong> fait merveille dans le rôle d’Octavian. Longiligne et infiniment gracieuse dans ses maladresses feintes, la mezzo dispose d’un instrument tout en retenue et modestie, mais d’une délicate beauté dans les moires de sa ligne de chant d’une grande pureté, sublimée par un merveilleux legato. Dans ses débordements affectueux tout comme ses saines colères, le caractère juvénile et enflammé du jeune amoureux sont ici merveilleusement servis. Pour compléter un trio féminin d’une grande cohésion, <strong>Katharina Konradi</strong> compose une Sophie au caractère bien trempé. Radieuse et irrésistible, il faut la voir tomber amoureuse de son Chevalier à la rose, tenir tête et ne pas s’en laisser conter par un promis qu’elle refuse d’emblée et s’affirmer sans faillir. La voix est claire, voire cristalline, puissamment émouvante ; toute l’autorité dont est capable la jeune soprano n’en est que plus surprenante et vivifiante. Le trio final est magnifique.</p>
<p>Pourtant, celui qui emporte tous nos suffrages est, curieusement, le baron Ochs. Souvenons-nous que le titre provisoire de l’opéra était « Ochs von Lerchenau », Ochs signifiant bœuf, à l’aune du caractère peu raffiné du personnage. Pourtant, la basse <strong>Wilhelm Schwinghammer</strong> ne parvient jamais à approcher le ridicule habituel du mâle mal dégrossi auquel nous sommes habitués. La voix est d’une distinction qui semble naturelle et d’une élégance telle que l’on n’arrive jamais à trouver le cousin de la Maréchale graveleux et certainement pas antipathique. Cela en deviendrait presque gênant, n’était la capacité du chanteur à se fondre dans son rôle, impeccable comédien. On retiendra les notes caverneuses et résonnantes d’une basse profonde qu’on a envie de voir plus souvent. Après Jonas Kaufmann en 2009 et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-rosenkavalier-baden-baden-la-fragilite-des-roses/">Lawrence Brownlee</a> en 2015, c’est <strong>Jonathan Tetelman</strong> qui reprend le rôle du chanteur italien (de luxe) : c’est peu dire que ses aigus percutants immédiatement reconnaissables galvanisent un public qui frémit d’aise lors de sa brève mais remarquable performance, cabotine à souhait. Les rôles de complément se montrent tous à la hauteur, en particulier le Faninal éclatant et autoritaire de <strong>Roman Trekel</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260517_DerRosenkavalier_PFS_FSH_©MichaelBode-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213900"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Michael Bode</sup></figcaption></figure>


<p>Si les voix composent un ensemble cohérent qui passe la rampe sans peine, on restera davantage circonspect sur la disposition de l’orchestre, ni véritablement dans la fosse, ni sur la scène, mais dans un entre-deux où l’effectif se retrouve bien à l’étroit, une partie des cordes en surplomb à jardin, les percussions en vis-à-vis à cour. Le résultat sonore est un rien curieux, les dissonances voulues par Strauss se retrouvant encore plus accentuées. La comparaison est sans doute très exagérée, mais c’est un peu comme si l’on avait placé les couleurs côte à côte, mais trop éloignées : comme si, pour un tableau, au lieu de prendre une teinte verte à une certaine distance, les bleus et les jaunes restaient juxtaposés. Pourtant, le <strong>SWR Symphonieorchester</strong> est une formation à l’aise dans ce répertoire et son chef <strong>François-Xavier Roth</strong> adepte des partitions à l’architecture spectaculaire. Malgré ces réserves, il serait difficile de bouder la qualité générale ainsi que le plaisir pris à un spectacle de bien belle tenue…  </p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="RE-LIVE: Strauss - Der Rosenkavalier | Pfingstfestspiele Baden-Baden | Roth | SWR Symphonieorchester" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/mlp6y6gAxOM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, Requiem – Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-requiem-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est déjà fini pour la saison 2025-26 à Metz ! Ce dimanche 3 mai, dans la grande salle de l’Arsenal (puisque l’Opéra-Théâtre de Metz est fermé pour travaux de rénovation), on pouvait se délecter d’un dernier spectacle en feu d’artifice musical qui clôturait une année certes un peu courte, mais jouissive et tout à fait équilibrée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est déjà fini pour la saison 2025-26 à Metz ! Ce dimanche 3 mai, dans la grande salle de l’Arsenal (puisque l’Opéra-Théâtre de Metz est fermé pour travaux de rénovation), on pouvait se délecter d’un dernier spectacle en feu d’artifice musical qui clôturait une année certes un peu courte, mais jouissive et tout à fait équilibrée pour une saison hors-les-murs. Après les mémorables <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-elektra-metz/">Elektra</a></em> et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-metz/">Norma</a></em>, pour ne mentionner que les spectacles donnés à l’Arsenal, voici donc un formidable <em>Requiem</em> de Verdi qui enterre avec panache une cuvée excellente. À chaque écoute de cette messe des morts belle comme un opéra qu’elle ne sera jamais, on se dit qu’il faudra tout de même un jour lire le classique des classiques italiens d’Alessandro Manzoni, <em>Les Fiancés</em>, et de s’intéresser davantage à la carrière politique d’un homme qui a su inspirer un tel hommage au grand Verdi. En attendant, la petite heure et demie passée à Metz a permis de se replonger dans l’écoute privilégiée riche en émotions d’une œuvre qui n’est jamais aussi puissante et cathartique que lorsqu’elle est correctement servie par un orchestre au sommet, un chef verdien dans l’âme, deux chœurs déterminés et des solistes capables de faire ressentir le grand deuil dans leurs moyens vocaux. En ce qui nous concerne, c’est la quantité de larmes versées qui seule compte. Voici donc une critique plus subjective que jamais, tributaire d’un « lacrymomètre » qui a fort bien fonctionné tout l’après-midi messin, que nous vous soumettons…</p>
<p>Dès l’introït, l’ambiance est installée : sous la baguette inspirée d’un <strong>Paolo Arrivabeni</strong> dont c’est peu dire qu’il est familier avec le répertoire verdien, l’orchestre fait délicatement enfler des mesures qui font se dresser le poil sur la peau. On se prend à fermer les yeux pour voir s’ouvrir les tombes des fresques de Signorelli à Orvieto, laissant émerger les squelettes qui se recouvrent immédiatement de chair. Les correspondances visuelles vont être très nombreuses dans la période qui suit. Et dès que les solistes ouvrent la bouche, ce sont les premières larmes qui roulent sur les joues, qu’on n’a pas du tout envie de sécher ni de freiner. Las, l’acoustique de la salle dessert les déferlantes sonores de l’orchestre combiné avec les deux chœurs sans retenue. On est à la limite de la saturation et de la bouillie sonore. On se demande s’il n’aurait pas été mieux de placer les chœurs plus en hauteur dans la salle vertigineuse plutôt que de les laisser directement derrière l’orchestre. Les larmes s’arrêtent instantanément, pour mieux revenir très vite, notamment par l’intervention d’un soliste manifestement en état de grâce absolue, à savoir le baryton-basse <strong>Jean-Fernand Setti</strong>, dont la projection est tout en puissance et en autorité. Le timbre est chaud, profondément sombre, doté d’un potentiel consolateur infini. Le contraste entre le physique imposant du chanteur et la délicatesse qui en émane est saisissant. Il semble porter à lui tout seul toute la déréliction de l’œuvre. Dire qu’il ne chante pas pendant le dernier quart d’heure : on ne se fait pas à l’idée que Verdi ait pu ainsi sacrifier la voix de baryton qu’il affectionnait tant pour le final de la messe, dévolu à la soprano. En l’occurrence, nous avons droit à une interprète de choix avec <strong>Beatriz Díaz</strong>. L’émotion est à fleur de peau, la voix pure et le nuancier de la ligne de chant riche et raffiné, mais certains sons filés et les aigus sont tendus. On retient toutefois la beauté de l’ensemble. Dans le même ordre d’idée, le ténor <strong>Aquiles Machado</strong> semble à la peine dans les aigus, mais son implication totale lui permet de bien s’intégrer dans le quatuor. L’autre grande triomphatrice de cette messe des morts merveilleusement incarnée est <strong>Emanuela Pascu</strong>, dont le mezzo profond, grave et noble fait merveille. Le legato, la brillance et la beauté de la ligne de chant subliment un timbre ambré et d’une brillance resplendissante. Les chœurs impressionnent par leur force éclatante et la puissance évidente de leur présence : les pianissimi comme les déferlantes sonores sont d’une remarquable cohésion. L’<strong>Orchestre national de Metz Grand Est</strong> est lui aussi en grande forme et visiblement à son aise, soutenu par un chef qui sait mettre tout le monde d’accord. Tous les pupitres sont à leur meilleur. Ne serait la sensation fugace d’avoir quelques effets de saturation dues à la nature de la salle, l’expérience quasi mystique et extatique aurait été à son comble. Les larmes ruissellent et l’on n’est pas fâché de voir quelques personnes sortir discrètement des mouchoirs de leur sac. Une bien belle fin de saison, saluée par le directeur de la maison, Paul-Émile Fourny, qui prend la parole pour faire ses adieux à une choriste qui prend sa retraite après 43 années, mais également pour nous annoncer que les travaux se déroulent normalement et sans retard. On attend avec impatience et confiance l’annonce de la prochaine saison.</p>
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		<title>Saison 2026-27 : le pari de la jeunesse de l’Opéra national du Rhin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/saison-2026-27-le-pari-de-la-jeunesse-de-lopera-national-du-rhin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 10:01:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chrysoline Dupont, la nouvelle directrice de l’Opéra national du Rhin (Strasbourg, Colmar et Mulhouse), prend ses fonctions après Alain Perroux et choisit la continuité, comme elle le précise dans le long entretien qu’elle nous a accordé. Au programme, huit nouveaux opéras. En novembre, Ariane à Naxos mis en scène par Myriam Marzouki et l’oratorio de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chrysoline Dupont, la nouvelle directrice de l’Opéra national du Rhin (Strasbourg, Colmar et Mulhouse), prend ses fonctions après Alain Perroux et choisit la continuité, comme elle le précise dans le long <a href="https://www.forumopera.com/chrysoline-dupont-il-faut-en-finir-avec-lopera-bashing-et-les-stereotypes-je-mets-ma-confiance-dans-la-jeunesse-et-dans-nos-institutions/">entretien</a> qu’elle nous a accordé.</p>
<p>Au programme, huit nouveaux opéras. En novembre, <em>Ariane à Naxos </em>mis en scène par Myriam Marzouki et l’oratorio de Schumann <em>Le Paradis et la Péri </em>sous la direction d’Antonello Manacorda, puis en fin d’année <em>La Valse rêvée d’Offenbach</em>, opéra volant donné dans toute l’Alsace. En février, un <em>Pelléas et Mélidande</em> sous la direction de Louis Langrée avec dans le rôle-titre Lauranne Oliva, découverte de l’Opéra Studio, la formation sur deux ans proposée par l’OnR aux jeunes chanteurs. En mars, <em>L’Amour des trois oranges</em> avec une mise en scène de Laurent Pelly, puis un <em>Rigoletto</em> en avril, avec la vision très sombre et lynchienne du jeune Eddy Garaudel. Au mois de mai, un opéra participatif à l’attention des enfants permettra de découvrir le rare <em>Petit ramoneur</em> de Benjamin Britten. Et pour finir la saison, <em>Lucie de Lammermoor</em>, en coproduction avec l’Opéra-Comique mais avec une autre distribution, où l’on retrouvera dans le rôle-titre la toute jeune et prometteuse interprète de Mélisande, Lauranne Oliva, dans le rôle périlleux de Lucia, en version française. La saison est placée sous le signe de la jeunesse.</p>
<p>Toute la programmation et les autres activités (concerts où l’on peut emmener les bébés, rencontres, découvertes du théâtre, récitals…) sont <a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-26-27/saison-26-27">à découvrir sur le site</a> de l’OnR.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="PRÉSENTATION DE SAISON | 26—27 | Conférence" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/tUHG5j2xeVY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Chrysoline Dupont : « Il faut en finir avec l&#8217;opéra bashing et les stéréotypes ! Je mets ma confiance dans la jeunesse et dans nos institutions »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/chrysoline-dupont-il-faut-en-finir-avec-lopera-bashing-et-les-stereotypes-je-mets-ma-confiance-dans-la-jeunesse-et-dans-nos-institutions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 09:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous prenez la suite d&#8217;Alain Perroux, dont le travail a été hautement apprécié. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette succession ? Je m’inscris, à bien des égards, dans la continuité du travail mené par Alain Perroux qui laisse une maison en excellente santé artistique et financière. J’ai à cœur de poursuivre l’ambition qui a été la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vous prenez la suite d&rsquo;Alain Perroux, dont le travail a été hautement apprécié. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette succession ?</strong></p>
<p>Je m’inscris, à bien des égards, dans la continuité du travail mené par Alain Perroux qui laisse une maison en excellente santé artistique et financière. J’ai à cœur de poursuivre l’ambition qui a été la sienne et suis très impatiente de prendre mes fonctions en juillet prochain. <br />Nous allons œuvrer à ce que l’OnR reste une maison de création et de production qui compte en France et Europe à travers des productions lyriques ou chorégraphiques majeures. Ceci tout en poursuivant le travail engagé pour aller à la rencontre de nouveaux publics. Ce projet repose sur une double exigence : exprimer une ambition artistique affirmée tout en intégrant une dimension sociétale, en lien avec des enjeux contemporains.<br />Nous allons mettre en place des séances « Relax » qui n&rsquo;existaient pas jusqu&rsquo;à maintenant à l&rsquo;Opéra national du Rhin. Elles permettent à des publics en situation de handicap de pouvoir assister à des représentations en bénéficiant d’un accompagnement spécifique. Dans ce même état d’esprit d’ouverture, nous allons continuer de déployer les opéras volants. Ce sont des petites formes lyriques qui tournent dans la région à destination des publics scolaires ou des familles et surtout dans des villes ou des territoires où il n’y a pas d’opéras. <br />Cette saison nous présentons le <em>Petit ramoneur</em> et la <em>Valse rêvée d&rsquo;Offenbach</em>, avec les artistes de l’Opéra Studio, notre centre de formation de jeunes chanteurs. On en confie la mise en scène à de jeunes artistes, en l’occurrence Johanna Boyé, qui a gagné un Molière du Théâtre Jeune Public, et Barthélemy Fortier qui vient de l&rsquo;Opéra-Comique. Il s’agit de créer des objets fédérateurs et accessibles pour les familles et l&rsquo;ensemble des publics.</p>
<p><strong>Aviez-vous déjà des contacts avec l’Opéra national du Rhin et ses trois antennes (Strasbourg, Colmar et Mulhouse) avant votre nomination ?</strong></p>
<p>J’étais déjà une spectatrice admirative des productions imaginées par Eva Kleinitz et Alain Perroux. L’Opéra national du Rhin est par ailleurs une maison que je connaissais bien au travers de mes précédentes expériences professionnelles, à l’Opéra-Comique comme au Festival d’Aix-en-Provence.<br />Aujourd’hui, il faut saluer la qualité de nos ateliers de fabrication, ainsi que l’excellence du savoir-faire de nos équipes techniques et administratives. Je souhaite également rappeler la vitalité de l’ensemble de nos forces artistiques : les 40 artistes du Chœur, les 32 danseuses et danseurs du CCN•Ballet de l’OnR, les 11 jeunes artistes de l’Opéra Studio et les 150 artistes de la Maîtrise.<br />Nous avons aussi la chance de pouvoir compter sur deux superbes orchestres partenaires : l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et l’Orchestre national de Mulhouse. Enfin, avec un réseau de 7 salles réparties dans 3 villes, l’OnR bénéficie d’un formidable maillage territorial.</p>
<p><strong>Comment peut-on aller vers un public qui n&rsquo;est pas du tout acquis à l&rsquo;opéra ? Que peut-on répondre à un Timothée Chalamet qui considère l’opéra obsolète ? </strong></p>
<p>L’opéra souffre encore de nombreux stéréotypes. Il est temps d’y répondre par des faits et de mettre fin à cet « opéra bashing » qui ne reflète en rien la réalité de nos maisons.<br />À l’Opéra national du Rhin, près de 30 % de notre public a moins de 28 ans. Chaque saison, nous accueillons près de 150 000 spectateurs, dont une part importante de jeunes grâce à 70 représentations dédiées aux scolaires. À cela s’ajoutent de nombreuses actions d’accompagnement – rencontres, présentations, débats – qui permettent d’ouvrir largement nos portes et de rendre les œuvres accessibles à tous.   <br />Notre ancrage territorial et culturel est profond. Nous participons activement à la vie locale et contribuons à un écosystème économique dynamique, générant des retombées positives bien au-delà de la scène. <br />Mais au-delà des chiffres, il faut rappeler une chose essentielle : l’opéra est un art vivant. Il se réinvente sans cesse à travers de nouvelles productions et les regards singuliers des artistes d’aujourd’hui. Loin d’être figé, il est en mouvement permanent.<br />Dans des sociétés de plus en plus fragmentées, l’opéra offre un espace rare : celui d’une expérience collective, partagée, où se rencontrent les émotions, les idées et les publics. C’est un lieu de dialogue, de réflexion et de rassemblement.      <br />À ce titre, notre rôle dépasse largement le cadre artistique. Il est aussi social et profondément politique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/c-Klara-Beck-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212905"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Clara Beck</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Qu’est-ce qui a guidé vos choix esthétiques pour cette première saison ?</strong></p>
<p>La première ligne de force, c&rsquo;est la confiance dans la jeunesse. Une nouvelle production de <em>Rigoletto</em> est confiée à Eddy Garaudel, jeune metteur en scène français qui avait monté un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-orphee-et-eurydice-floirac-festival-pulsations/"><em>Orphée et Eurydice</em> au Festival Pulsations à Bordeaux</a>. Je pense que c&rsquo;est le rôle de nos institutions de donner la parole à des jeunes artistes au regard neuf. Son esthétique est très contemporaine et cinématographique. Je suis sûre que c’est par des nouvelles lectures qu’un public plus jeune ou néophyte pourra découvrir ces chefs-d’œuvre avec un impact très puissant. Avec Mathieu Pordoy, avec qui je construis les distributions, nous avons à cœur d’offrir des prises de rôles à des jeunes talents comme Eugénie Joneau, Julie Roset, Lauranne Oliva ou encore Alexei Isaev.</p>
<p><strong>Comment choisissez-vous les artistes ? </strong></p>
<p>Je construis ces choix en fonction de ce que je connais du travail antérieur des artistes, mais aussi à partir de discussions sur la manière dont un ouvrage peut être présenté au public d’aujourd’hui.    <br />Notre première production d’<em>Ariane à Naxos</em> est confiée à Myriam Marzouki, qui signera à cette occasion sa première grande mise en scène lyrique. Cet opéra, qui marie théâtre et musique, a été composé en 1916, en plein premier conflit mondial. Il interroge la place de la création artistique, et c’est précisément cet aspect que Myriam souhaite mettre en avant dans son spectacle, avec, vous le verrez, une dramaturgie très clairvoyante. <br />Notre prochaine saison accorde également une place importante aux grandes figures du théâtre et de la direction d’orchestre. Je me réjouis particulièrement de la rencontre entre Richard Brunel et Louis Langrée autour d’une nouvelle production de <em>Pelléas et Mélisande</em>. Tous deux sont de grands lecteurs et spécialistes de l’œuvre de Debussy et de Maeterlinck. Richard Brunel évoque le « réalisme magique » qu’il souhaite déployer dans sa mise en scène. Je ne doute pas qu’il en résultera une expérience sensible très forte pour le public.</p>
<p><strong>Avez-vous un thème générique pour la saison ?</strong></p>
<p>Le partage du sensible et de l’émotion ! L’Opéra est un véritable catalyseur d’émotion et offre au public une expérience non seulement sensible mais aussi physique et poétique ! <br />J’avais aussi envie de proposer des œuvres magistrales avec un éclectisme d’esthétiques. Rigoletto, Lucie, Pelléas nous parlent de grands récits, de destins passionnants, bouleversants. Sans oublier des spectacles qui peuvent être très fédérateurs comme <em>L’Amour des trois oranges</em> ou <em>Le Petit Ramoneur</em>.</p>
<p><strong>De nombreuses œuvres sont le fruit de coopérations avec d&rsquo;autres maisons d&rsquo;opéra…</strong></p>
<p>Oui, notamment avec l&rsquo;Opéra-Comique, l’Opéra national de Lyon, l’Opéra de Dijon ou encore l&rsquo;Atelier lyrique de Tourcoing. Chaque spectacle s&rsquo;inscrit dans un réseau de diffusion et de coproduction à l’échelle nationale. D’autres partenariats vont voir le jour avec plusieurs maisons européennes, à compter de 2027-28. Avec ces maisons, nous mutualisons nos moyens et nos forces tout en faisant circuler les spectacles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="639" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Maquette-Rigoletto-c-Eddy-Garaudel-1024x639.png" alt="" class="wp-image-212919"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Maquette pour <em>Rigoletto </em>© Eddy Garaudel</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Avez-vous cherché à créer des productions vertueuses ?</strong></p>
<p>Nous sommes très attentifs aux enjeux de développement durable et d’éco-responsabilité. Nous veillons à faire circuler nos productions, à programmer des reprises et à favoriser le réemploi. Les costumes de <em>Rigoletto</em> seront par exemple fabriqués à partir d’éléments du stock et la production sera coproduite avec l’Opéra de Nice et l’Opéra d’Avignon.</p>
<p><strong>Qu’en est-il de la politique des prix ?</strong></p>
<p>Elle est amenée à évoluer. Les premières catégories verront leurs tarifs augmenter afin de se rapprocher des pratiques d’autres institutions nationales, tandis que les catégories les plus accessibles resteront inchangées. Près de 30 % des billets continueront ainsi d’être proposés à un prix inférieur à 50 euros. Nous restons attachés à notre ambition d’ouverture, tout en sollicitant un léger effort de la part de notre public le plus aisé, afin de soutenir notre trajectoire budgétaire équilibrée.</p>
<p><strong>Allez-vous instaurer des cycles ? </strong></p>
<p>J’aimerais pouvoir présenter une œuvre de Richard Strauss par saison. Et je tiens à faire découvrir au public des objets vraiment atypiques, comme cet oratorio de Robert Schumann mis en lumière et en espace par Bertrand Couderc et dirigé par Antonello Manacorda, passionné par Robert Schumann. <br />Enfin chaque saison, sur des « opéras-tubes » je continuerai de faire le pari de la jeunesse et d’inviter des jeunes artistes pour nous dérouter, nous questionner…</p>
<p><strong>Allez-vous faire venir des metteurs en scène de cinéma par exemple, ou des acteurs ?</strong></p>
<p>Qu’ils soient issus du cinéma ou d’autres pratiques artistiques, ce qui m’intéresse avant tout c’est le regard singulier qu’ils et elles portent. Cette saison je me tourne donc davantage vers des femmes ou des hommes de théâtre, des artistes qui ont un sens fort de la direction d&rsquo;acteurs.</p>
<p><strong>Vous connaissez les défauts d’une salle dont l’acoustique est sèche et la visibilité limitée à beaucoup d’endroits… </strong></p>
<p>L&rsquo;ensemble des équipes travaille à en tirer le meilleur tant sur le plan technique qu’artistique ! La salle reste très chaleureuse, le rapport scène-salle permet une expérience très intime et c’est très précieux.</p>
<p><strong>Quel rôle avez-vous décidé de jouer ? Allez-vous laisser les choix artistiques et notamment l’attribution des voix à d’autres ou allez-vous tout chapeauter ?</strong></p>
<p>La programmation relève de ma responsabilité comme la direction générale de la maison, mais j’aime travailler en équipe. <br />Avec Bruno Bouché, Directeur du CCN•Ballet de l’OnR nous imaginons des formes croisées et pluridisciplinaires et j’ai beaucoup de plaisir à découvrir ses propositions artistiques. L’équipe du comité de direction et le Directeur général adjoint Philippe Casset sont d’un très grand professionnalisme. C’est un grand plaisir de travailler avec eux, tout comme avec Mathieu Pordoy dont on a parlé plus tôt dans cet échange.</p>
<p><strong>On pourrait imaginer des partenariats avec Nancy, Metz ou Reims, par exemple ? À moins qu’on craigne d’avoir une programmation trop similaire sur tout le Grand Est ?</strong></p>
<p>Nous avons des projets de partenariats avec Matthieu Dussouillez, Directeur général de l&rsquo;Opéra national de Nancy-Lorraine. Nous œuvrons à une synergie entre nos institutions et nous partageons souvent les mêmes affinités artistiques. À l’automne, le chœur de l’OnR sera par exemple invité au côté du chœur de l’Opéra national de Nancy-Lorraine dans <em>Otello, </em>spectacle créé à Strasbourg et qui sera présenté à Nancy puis Luxembourg. D’autres collaborations sont prévues en 2027-28.          <br />Au-delà du Grand Est, nous réfléchissons aussi à développer un axe frontalier avec l’Opéra de Stuttgart – la ville jumelée avec Strasbourg – mais aussi avec d’autres maisons européennes comme le Volksoper à Vienne ou le Royal Opera House à Londres.</p>
<p><strong>Et vous envisageriez de faire une troupe à Strasbourg comme outre-Rhin ? </strong></p>
<p>L’Opéra Studio en est presque déjà une, avec huit jeunes chanteuses et chanteurs, deux pianistes et notre cheffe assistante. Ils et elles participent activement aux productions tout en bénéficiant d’une formation encadrée par Sandrine Abello.     <br />Nous accompagnons ces jeunes artistes dans le développement de leur parcours artistique et professionnel, et de formidables personnalités en sont issues, comme Lauranne Oliva et Eugénie Joneau.</p>
<p><strong>Avez-vous cherché à programmer des œuvres grand public ? </strong></p>
<p>Toute notre saison est accessible au grand public. Mais, par exemple, avec <em>L&rsquo;Amour des trois oranges</em>, nous avons une programmation particulièrement idoine pour les familles. La production montée avec l&rsquo;Opéra de Lyon permet le retour à Strasbourg de Laurent Pelly, grand metteur en scène d&rsquo;opéra dont on connaît le style pétillant, lumineux et coloré. Et la musique de Prokofiev est pleine d’énergie, entraînante. <br />De plus nous nous adressons même aux plus petits avec « Avec mon cous(s)in à l&rsquo;Opéra ». Les parents peuvent assister avec leurs bébés à des concerts proposés avec les artistes du chœur ou avec les artistes du studio. Par ailleurs nous proposons toute une palette de spectacles et activités pour les plus jeunes… les mercredi découvertes, des visites spéciales, des ateliers chants…  </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2303289-BONR-Ailes-141web-c-agathe-poupeney-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-212914"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Les Danseurs du Ballet de l’Opéra national du Rhin © Agathe Poupeney / Divergence-images.com</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Quelle sera la production de Noël ? </strong></p>
<p>Nous présenterons une reprise de<em>s Ailes du désir, </em>chorégraphie de Bruno Bouché, et puis toute une semaine de concerts de fête sera proposée dans un esprit de célébration autour de Noël, fête si importante à Strasbourg et en Alsace.</p>
<p><strong>Avez-vous des collaborations avec les autres institutions culturelles de la ville, allez-vous développer des journées d&rsquo;étude, des partenariats avec l&rsquo;université ?</strong></p>
<p>Nous allons ouvrir un nouveau chapitre pour le Festival ArsMondo. À compter de 2026-2027, sa programmation revêtira une dimension plus sociale et politique. Une création de Bruno Bouché, intitulée <em>L&rsquo;Été</em>, sera présentée. Le spectacle très intime et courageux parle de réparation. C’est une pièce très forte à la croisée du théâtre et de la danse. Elle sera à la fois intime et universelle. En miroir, nous présenterons plusieurs conférences, concerts, lectures dans de nombreuses institutions culturelles. <br />Au-delà du Festival, l’Opéra tisse des liens avec de nombreux partenaires. Une programmation cinématographique, conçue avec le cinéma Cosmos, viendra dialoguer avec la saison lyrique. Par exemple, en écho à <em>Ariane à Naxos</em>, le film retenu est <em>To Be or Not to Be</em> de Lubitsch, qui interroge la place des artistes et de la création en temps de contrainte, notamment sous le nazisme. Ces mises en perspective nourrissent un dialogue riche entre les œuvres.</p>
<p><strong>Pendant très longtemps, le spectacle d&rsquo;ouverture s’inscrivait dans le cadre du festival Musica. Est-ce terminé ?</strong></p>
<p>Nous participons au festival Musica avec la création <em>Le Mur</em>, signée Ève Risser et Mathilde Monnier, et qui ouvre la saison de ballet. Ève Risser, pianiste et compositrice, est une artiste de la région à l’esthétique plurielle et transversale. Elle sera sur scène avec un piano préparé, aux côtés des danseuses et danseurs du Ballet de l’OnR. Quant à Mathilde Monnier, figure majeure de la création chorégraphique, elle explorera les codes du langage classique en s’appuyant sur les pointes, qui prendront ici une dimension percussive.<br />En parallèle, seront présentés <em>The Curing Line</em>, un opéra contemporain du compositeur irlandais Michael Gallen, ainsi qu’une forme plus courte et originale, <em>My Favourite Piece is the Goldberg Variations</em>, de Philip Venables et Ted Huffman.<br />Ces trois propositions très contemporaines témoignent de l’ancrage de la maison dans le XXIᵉ siècle.</p>
<p><strong>Allez-vous travailler avec des artistes de la région ?</strong></p>
<p>Nous avons collaboré avec Clément Vuillier, dessinateur formé à la HEAR (Haute École des Arts du Rhin), qui a réalisé l’ensemble de nos visuels de saison. J’apprécie particulièrement son univers graphique, souvent futuriste, presque pop. Nous avons longuement échangé autour de cette affiche de saison.<br />Ce vaste paysage m’évoque beaucoup de choses : une pluie d’étoiles, des comètes… Il s’agit, pour moi, d’une sorte de métaphore de l’opéra, comme un grand paysage que l’on contemple, quelque chose d’admirable, à la fois hypnotique et captivant. Cette image possède une dimension très romantique et lyrique.</p>
<p><strong>Vous avez également pour les enfants un opéra rare, le <em>Petit ramoneur</em>…</strong></p>
<p>Benjamin Britten l’a composé en 1949 et il fait partie d’un ensemble <em>Let&rsquo;s Make an Opera</em>. L’opéra raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un petit ramoneur dans l&rsquo;Angleterre victorienne. Sam, enfant exploité par ses patrons, essaie de s&rsquo;enfuir par le conduit de cheminée et tous les enfants l&rsquo;aident à s&rsquo;échapper. L’opéra traite de la question de l&rsquo;enfance et de l&rsquo;émancipation. Le message est très fort, politique et humaniste. J&rsquo;ai trouvé intéressante la dimension participative de l’œuvre : le public sera appelé à chanter avec les enfants sur scène. C&rsquo;est un beau symbole.</p>
<p><strong>Et puis vous maintenez les récitals…</strong></p>
<p>Le public de Strasbourg est réputé pour être amoureux de la voix et du chant lyrique ! C’est pourquoi cette saison nous aurons de grands noms : Michael Spyres qui viendra faire un concert d&rsquo;ouverture avec l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Strasbourg et Marko Letonja, mais aussi Samuel Hasselhorn, Elsa Dreisig, Stéphanie D&rsquo;Oustrac ainsi que des artistes comme Axelle Saint-Cirel ou Freddie Ballentine qui proposeront des programmes très personnels et engagés.</p>
<p><strong>Qu’en est-il des travaux à venir et que pensez-vous du projet de destruction de la salle actuelle à l’italienne pour la remplacer par une salle plus moderne ? </strong></p>
<p>La Maire nouvellement élue Catherine Trautmann nous a confirmé son souhait de voir aboutir les travaux de rénovations qui sont indispensables pour cette maison. Nous attendons maintenant de travailler au calendrier avec la nouvelle équipe municipale. <br />Pour le moment aucun projet de rénovation n’est arrêté. Une procédure de dialogue compétitif a été lancée avec quatre cabinets d&rsquo;architectes d’envergure internationale. Ce qui est certain, c’est que les trois prochaines saisons sont prévues dans le Théâtre. <br />J’aimerais réaffirmer ici combien ces travaux sont indispensables, tant pour les questions de sécurité que pour projeter la maison dans le futur et amplifier son rayonnement. Strasbourg doit pouvoir compter sur un équipement moderne et adapté aux enjeux d’une institution culturelle projetée vers son avenir et tournée vers l’Europe !</p>
<p><strong>Peut-on parler un petit peu de vous, de votre personnalité, de vos goûts ? </strong></p>
<p>J’ai travaillé dans plusieurs maisons lyriques, et ce qui m’a toujours animée, c’est que dans ces institutions, le fait artistique est indissociable du fait politique. La place de ces maisons comme lieux de rassemblement, où se partage une émotion collective, est au cœur de mon parcours. C’est cette conviction que je continuerai de défendre pour la maison.</p>
<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous a amené à l&rsquo;Opéra ? </strong></p>
<p>Une passion de jeunesse, mon amour pour la voix, pour l’orchestre. Et puis des rencontres aussi, celle de Gérard Mortier, celle de Bernard Foccroulle qui ont forgé ma conviction et mon désir de travailler dans ces institutions. Enfin les maisons d’opéra sont des lieux très singuliers. Elles fédèrent et rassemblent une très grande diversité de métiers. C’est ce qui les rend passionnantes !</p>
<p><strong>N’est-ce pas difficile de prendre la direction d&rsquo;une maison comme celle-ci ? </strong></p>
<p>C&rsquo;est une opportunité formidable et j’ai été choisie ! J’en mesure la charge et la responsabilité mais je suis entourée par des équipes remarquables ! J’appréhende les prochaines saisons avec enthousiasme et beaucoup d’optimisme quant à l’avenir de l’opéra comme genre et comme institution. J’espère que les publics, les pouvoirs publics et… les mécènes nous suivront !</p>
<p>La programmation de la saison 2026-2027 est consultable <a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr">sur le site</a> de l’Opéra national du Rhin.</p>
<p style="text-align: right;">Propos recueillis par Catherine Jordy</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="PRÉSENTATION DE SAISON | 26—27 | Conférence" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/tUHG5j2xeVY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/chrysoline-dupont-il-faut-en-finir-avec-lopera-bashing-et-les-stereotypes-je-mets-ma-confiance-dans-la-jeunesse-et-dans-nos-institutions/">Chrysoline Dupont : « Il faut en finir avec l&rsquo;opéra bashing et les stéréotypes ! Je mets ma confiance dans la jeunesse et dans nos institutions »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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