Forum Opéra

Hommage à Jacqueline Van Quaille (1936–2026)

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Brève
21 octobre 2026

Un concert le matin, la première de La Force du destin l’après-midi, la dernière de Tosca le soir : c’est ainsi que Jacqueline Van Quaille passa un dimanche à Gand, raconte l’historien de l’opéra Freddy Verschaffel. La soprano belge s’est éteinte le 16 octobre à La Panne, dix jours après son 90ᵉ anniversaire.

Née à Gentbrugge en 1936, elle étudie au Conservatoire de Gand et débute en 1958 en Pamina, avant de se perfectionner auprès de Vina Bovy et d’Ettore Campogalliani. Sa voix de soprano lirico-spinto, ample et bien projetée, la conduit vers les grands emplois lyriques et dramatiques, avec une prédilection pour Verdi, Puccini et le vérisme : Tosca, qui restera l’un de ses rôles fétiches, mais aussi Desdémone, Leonora, Adriana Lecouvreur, la Maréchale, Sieglinde ou Isolde.

Pour Jan Neckers, c’était une spinto sous-estimée. Verschaffel garde, lui, le souvenir de soirées saisissantes aux côtés de Rita Gorr, sa partenaire d’Adriana Lecouvreur à Gand. Sur cette même scène, elle donne également la réplique à Tony Poncet dans Guillaume Tell. La puissance n’excluait pas la délicatesse : à la fin des années 1970, le critique Willy Maijeur saluait en Violetta sa « sublime mezza voce ».

On l’entend à Wuppertal, Graz, Vienne, Paris et Francfort, où elle est Chrysothémis face à l’Électre d’Astrid Varnay. Admise sur audition à l’Académie de la Scala, elle en est empêchée par ses engagements à Graz, puis choisit de rester près de ses trois enfants et de poursuivre sa carrière en Belgique. En 1983, elle chante Sieglinde pour l’inauguration de l’Opéra de Flandre. Les festivals continuent néanmoins de la solliciter : en 2002, à Aix-en-Provence, elle est Madame Larina dans l’Eugène Onéguine de Daniel Harding, aux côtés de Peter Mattei.

Surnommée « la diva des Flandres », elle prête aussi sa voix à une diva d’un tout autre genre : Bianca Castafiore, qu’elle campe dans la comédie musicale tirée du Temple du Soleil, à Anvers en 2001 dans sa version flamande, puis à Charleroi en 2002. Jean-Marcel Humbert en gardait un souvenir enthousiaste et saluait, dans un article publié sur Forum Opéra en 2015, la « non moins extraordinaire Jacqueline Van Quaille ».

Elle transmettra ensuite son art à l’Académie de musique de Gand. Plusieurs captations permettent de l’entendre encore, dont une Isolde face au Tristan de Claude Heater, filmée en 1968 pour la télévision belge.

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