« Mon père était pour moi comme un lever de soleil. » C’est par ces mots qu’Asmik Grigorian évoquait, quelques jours avant le concert, le souvenir de Gegham Grigorian, grand ténor arménien disparu en 2016. Vendredi 16 octobre, l’Opéra national d’Arménie célébrait à Erevan le 75ᵉ anniversaire de sa naissance. Sur scène, sa fille ; au pupitre, son fils aîné Vardan Grigorian. Plácido Domingo, ami et ancien partenaire du défunt, avait fait le voyage.
Domingo, qui avait notamment dirigé Gegham Grigorian en Radamès dans Aida, partageait pour la première fois la scène avec Asmik, devenue à son tour l’une des sopranos les plus demandées au monde. Hasmik Papyan, Barsegh Tumanyan, Hovhannes Ayvazyan, Evgeny Nikitin et Bogdan Volkov complétaient l’affiche, aux côtés des chœurs et de l’orchestre de la maison.
Remarqué à la Scala à la fin des années 1970, Gegham Grigorian (1951-2016) se voit ensuite interdire de quitter l’Union soviétique pendant dix ans. Sa carrière internationale ne prend son essor qu’après : Verdi, Puccini et Tchaïkovski le mènent du Mariinsky au Met en passant par Covent Garden. Il dirigera aussi l’Opéra d’Erevan, où il formera de jeunes chanteurs.
Lors de la conférence de presse rapportée par Armenpress, son fils cadet Tigran a raconté qu’enfant, son père l’emmenait parfois au théâtre plutôt qu’à la crèche. Il a grandi au milieu des répétitions, dans une maison où chacun semblait se réjouir de l’arrivée du ténor. Vardan dit avoir appris de lui à comprendre les chanteurs et à respecter leur nature ; Asmik, la chaleur arménienne et l’amour de la vie.
Au lendemain du concert, Domingo a partagé sur Facebook quelques images de la soirée, qu’il qualifie de bel hommage à son ami. De son père, Asmik dit avoir surtout retenu une chose : avant le chant et la carrière, rester un « être humain ».