Amelia accompagne Anna Pirozzi depuis longtemps : c’est dans ce rôle qu’elle avait fait ses débuts au Teatro Regio de Turin, en 2012. Elle l’a ensuite chantée à Parme, Barcelone et Valence, où Forum Opéra avait salué son endurance, son style et sa science des demi-teintes. Mieux encore : ce Ballo munichois, elle le connaît de l’intérieur. En mars 2016, quelques semaines après la première, elle y avait déjà remplacé Anja Harteros au dernier moment, sous la baguette de Zubin Mehta, face au Riccardo de Piotr Beczała. Elle évoquait alors ces deux représentations imprévues dans un entretien. Dix ans après, la voici de nouveau à la rescousse, dans la même production et aux côtés du même partenaire.
Le 30 novembre, une autre Amelia fera son entrée, cette fois à Londres. La soprano suédoise Malin Byström abordera le rôle pour la première fois, à Covent Garden, dans une nouvelle production de Philipp Stölzl dirigée par Jakub Hrůša. Après Salomé, Tosca, Desdémone ou, plus récemment, Isolde, elle enrichira son répertoire d’une héroïne de plus, aux côtés de Charles Castronovo, Aleksei Isaev et Anita Rachvelishvili.
L’histoire a son petit clin d’œil : Byström avait découvert la scène de Covent Garden en 2002 dans I masnadieri, en incarnant une certaine Amalia. Vingt-quatre ans plus tard, Amalia devient Amelia. Chez Verdi, il suffit parfois de changer une voyelle pour changer de destin.