Rigoletto, Macbeth, Nabucco, Simone Boccanegra : Leo Nucci a passé sa vie sous le poids des couronnes et des malédictions paternelles. À 84 ans, il continue de mettre en scène, et le voici qui grimpe dans une mansarde parisienne.
Les 2 et 4 octobre, le Teatro Municipale de Plaisance reprenait sa Bohème, créée en 2019 dans le cadre du projet Opera Laboratorio. La lecture est classique, mais Nucci a près de soixante ans de plateau derrière lui, et cela se voit aux détails. Mimì attend sur le palier que Rodolfo soit seul pour éteindre sa bougie et frapper. Plus tard, elle la souffle une seconde fois : la clé perdue peut attendre. Au deuxième tableau, une accordéoniste joue déjà quelques mesures de la valse de Musetta, avant que l’orchestre ne la fasse entendre.
Avec lui, raconte Claudia Pavone, sa Mimì, on apprend à chercher le naturel et à suivre à la lettre les indications de Puccini.
Sous la direction de Vincenzo Milletarì, le spectacle a reçu un accueil chaleureux. Le 4 octobre, Davide Giusti, arrivé quelques jours plus tôt pour remplacer un Rodolfo souffrant, fêtait ses quarante ans. Ses partenaires (dont Mariam Battistelli, Musetta) ont entonné Tanti auguri a te, et la salle a suivi. Hommage affectueux du public aux saluts, bien évidemment, pour « il sempre giovane » Leo !
