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Quand William Christie bêche ses plates-bandes

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Brève
2 mai 2014
Quand William Christie bêche ses plates-bandes

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Quand William Christie bêche ses plates-bandes, cela donne Le Jardin de Monsieur Rameau. Pour sa deuxième parution discographique, le label « Les Arts-Florissants / William Christie Editions » propose un épais coffret, avec un CD et l’habituel livret d’accompagnement, mais aussi une nouvelle commandée pour l’occasion (suivie de sa traduction en anglais). Pour la version 2013 de son « Jardin des voix », William Christie a bien fait les choses ; jusqu’ici, seule l’édition 2005 avait connu les honneurs du disque. La nouvelle d’Adrien Goetz, « Dans un jardin en Normandie », vient compléter par le plaisir de la lecture celui de l’écoute, qui nous entraîne dans un parcours couvrant sept décennies, de L’Europe galante de Campra (1697) à La Vénitienne de Dauvergne (1768). Six compositeurs sont ici défendus par six chanteurs plus ou moins aguerris à ce répertoire. On retient surtout la prestation de la mezzo Emilie Renard, récemment vue en Junon dans Platée à l’Opéra-Comique, qui brille particulièrement dans l’amusante cantate Riens du tout de Nicolas Racot de Grandval. Le ténor Zachary Wilder n’est pas un inconnu, car on a déjà eu l’occasion de l’admirer en farfadet virevoltant dans des opéras dirigés par Leonardo Garcia Alarcon (Elena, Ulisse all’isola di Circe) ; son timbre, encore un peu léger pour des personnages de premier plan, fait merveille dans les divers petits rôles qui lui sont ici confiés. Si l’Italienne Benedetta Mazzucato, présentée comme « contralto », paraît bien empêtrée dans l’articulation de notre langue, la soprano israélienne Daniela Skorka s’exprime avec aisance et agilité dans le style français. La basse Cyril Constanzo est un plaisant Zerbin (rôle enregistré par Alain Buet dans l’intégrale récente de La Vénitienne), et le baryton Victor Sicard se tire assez bien de l’honneur redoutable, vers la fin du concert, d’interpréter le grand air d’Anténor dans Dardanus, « Monstre affreux ». Finalement, par-delà les mérites des uns et des autres, cet entrelacs d’extraits donne surtout envie d’entendre plus souvent des œuvres déjà enregistrées, comme la Jephté de Montéclair, ou de mieux connaître d’autres, encore inédites au disque, comme L’Europe galante de Campra. Au rythme où l’on exhume aujourd’hui les partitions, ce n’est sans doute qu’une question de temps. 

Le Jardin de Monsieur Rameau, « Le Jardin des Voix », édition 2013, Les Arts Florissants, William Christie, 1 CD Les Arts Florissants AF 002, 81’03

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