Thomas Fulton aurait eu 77 ans ce 18 septembre. Mort à Milan le 4 août 1994, à seulement 44 ans, le chef américain appartient à ces musiciens dont les disques entretiennent un souvenir que les affiches n’ont plus l’occasion de raviver. Dans sa notice du 10 août 1994, le New York Times rappelait qu’il avait dirigé plus de vingt opéras au Metropolitan Opera, où il avait débuté en 1981, et travaillé régulièrement en France, notamment avec l’Orchestre national de France et l’Opéra de Paris.
Les amateurs de répertoire français lui doivent quelques précieux compagnons de discothèque : Le Postillon de Lonjumeau d’Adam, avec John Aler et June Anderson, La Muette de Portici d’Auber, réunissant notamment Alfredo Kraus et la même soprano, ou encore ce Robert le Diable capté à Paris en 1985, où brillent Anderson, Alain Vanzo et Samuel Ramey. Autant de témoignages d’une carrière interrompue à un âge où tant de chefs commencent seulement à recueillir les fruits de leur expérience. Alain Lanceron, joint hier après-midi, n’a malheureusement pas eu le temps de nous dire quelques mots de ce chef qu’il avait contribué à découvrir.
Pour cet anniversaire, remettons donc son nom à côté à sa juste place, à coté des artistes qu’il aurait aimé diriger bien plus longtemps. : Thomas Fulton mérite, lui aussi, que l’on se souvienne.

