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	<title>Fayard - Editeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Fayard - Editeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Jules Massenet (Jean-Christophe Branger)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jules-massenet-jean-christophe-branger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps, la musique de Massenet a été considérée avec suspicion, voire hostilité. «&#160;Vous allez me brouiller avec tous mes confrères si vous me faites dire tout le bien que j’en pense&#160;!&#160;», plaisantait Olivier Messiaen. Les accusations de facilité et même d’incitation à la volupté étaient confortées par le caractère prétendument féminin de ses compositions – &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps, la musique de Massenet a été considérée avec suspicion, voire hostilité. «&nbsp;Vous allez me brouiller avec tous mes confrères si vous me faites dire tout le bien que j’en pense&nbsp;!&nbsp;», plaisantait Olivier Messiaen. Les accusations de facilité et même d’incitation à la volupté étaient confortées par le caractère prétendument féminin de ses compositions – accusation essentiellement formulée par des critiques masculins, relève Jean-Christophe Branger dans l’introduction de son <em>Jules Massenet</em>. Notre époque pointilleuse sur les questions de genre jugerait inadmissible ce dernier reproche, à juste titre. Voilà le père de <em>Manon</em> et <em>Werther</em>, deux de ses vingt-six opéras achevés les plus célèbres, projeté malgré lui au cœur des sujets sociétaux de notre temps. Cette modernité involontaire vaut bien un nouvel ouvrage biographique qui, bénéficiant du recul salutaire qu’apporte le temps, reconsidère le compositeur et l’œuvre.</p>
<p>Et quel écrivain plus légitime pour mener cette entreprise de réévaluation que Jean-Christophe Branger, agrégé de musique et docteur de La Sorbonne, professeur de musicologie dont les recherches et les publications depuis plus d’un quart de siècle s’articulent autour de Massenet. Réévaluation et non réhabilitation. Il ne s’agit pas tout au long d’un récit chronologique de près de 1000 pages de convaincre du génie de Massenet mais en toute objectivité et exhaustivité d’aider le lecteur à comprendre les motivations et les raisons de son succès autant que de son rejet. Le nombre de sources consultées et citées de manière à confronter les témoignages et les points de vue conjure la tentation hagiographique.</p>
<p>Se dessine dans le même temps le portrait artistique d’une Europe en proie au wagnérisme. L’ouvrage a tôt fait de s’apparenter à un bottin de musiciens. Au fil des pages, processionne tout ce que le Second-Empire et la IIIe République comptent de compositeurs, d’Ambroise Thomas, professeur de Massenet au Conservatoire dans les années 1860, à Ruggero Leoncallo, alors inconnu, qui fut à l’origine de la rencontre avec Sybil Sanderson, soprano américaine qui inspira le rôle d’Esclarmonde et dont le contre-sol fut baptisé « la Note-Eiffel de l’Opéra-Comique » – nous sommes en 1889, l’année de l’exposition universelle pour laquelle est érigée « la tour de 300 mètres » devenue depuis l’emblème de Paris. Impossible de citer tous leurs noms. L’index en fin de volume occupe vingt-cinq pages. Ainsi défilent références et influences, car Massenet auquel on reprocha l’éclectisme fut inspiré par les grands compositeurs de son temps – Verdi, Wagner, Gounod… – autant qu’il inspira ses successeurs, jusqu’à Messiaen. C’est dire la place qu’il occupe dans l’histoire de la musique, n’en déplaise à ses détracteurs.</p>
<p>Au-delà de la somme d’informations, reclassée, complétée, remise en perspective, expurgée de l’empois déposé par la légende, auquel Massenet a prêté lui-même le flanc dans ses <em>Souvenirs</em>, Jean-Christophe Branger affine le portrait d’un homme à la personnalité complexe. Cette complexité fut sans doute assimilée en un raccourci caricatural à la féminité dont on le taxait comme d’une maladie honteuse. Nul ne peut lui dénier une force de travail et de caractère qu’un biais inconscient tout aussi contestable associe à la virilité. A travers les citations de ses nombreux écrits, transparaissent d’abord une sensibilité hors du commun, et une sincérité dont on oublie souvent de lui faire crédit. Par exemple, lorsqu’attelé à la composition d’<em>Herodiade</em>, il écrit « je travaille avec ferveur à cet ouvrage dans lequel je mets ma vie, ma foi, mon cœur et mon sang ». Citation que Jean-Christophe Branger pourrait reprendre à son compte. Ce sont ces mêmes composantes qui irriguent une biographie appelée à faire référence.</p>
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		<title>Orphée aux enfers libéraux (Thierry Santurenne)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/orphee-aux-enfers-liberaux-thierry-santurenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra, « miroir du monde », « véhicule d’une pensée sociale et politique », « principale caisse de résonnance des mouvements esthétiques, littéraires et philosophiques », « vecteur d’idées nouvelles, subversives ou révolutionnaires ». Soit. Encore faut-il le démontrer. Telle est l’entreprise (qui n’eut jamais d’exemple) formée par Thierry Santurenne dans Orphée aux enfers libéraux – titre à tiroir dont on avoue ne pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra, « miroir du monde », « véhicule d’une pensée sociale et politique », « principale caisse de résonnance des mouvements esthétiques, littéraires et philosophiques », « vecteur d’idées nouvelles, subversives ou révolutionnaires ». Soit. Encore faut-il le démontrer. Telle est l’entreprise (qui n’eut jamais d’exemple) formée par <strong>Thierry Santurenne</strong> dans <em>Orphée aux enfers libéraux</em> – titre à tiroir dont on avoue ne pas avoir trouvé la clé. Agrégé de lettres, chercheur associé au Laboratoire interdisciplinaire d’étude du politique Hannah Arendt de l’Université de Paris-Créteil, grand amateur d’art lyrique, l’auteur, dont nous avons appris avec tristesse <a href="https://www.forumopera.com/breve/mort-de-thierry-santurenne-specialiste-des-relations-entre-musique-et-litterature/">la soudaine disparition le 9 septembre dernier</a>, aimait tendre des passerelles entre littérature, société et opéra.</p>
<p>Sa démonstration se concentre sur le répertoire vingtièmiste, porteur plus qu’un autre des questions qui agitent notre époque. Questions existentielles, de genre, de pouvoir, d’argent, de religion et même d’écologie (à travers <em>La Petite renarde rusée</em>). Chacun de ces sujets est abordé par le prisme d’un ouvrage lyrique du XXe siècle disséqué au scalpel. <em>Prima le parole, dopo la musica</em>. Le livret, avant la partition, fait l’objet d’un examen détaillé, cette dernière n’intervenant qu’en renfort de l’analyse. Or l’opéra se veut l’union accomplie de l’un et l’autre. Là se trouve la limite de l’exercice.</p>
<p>L’énorme travail de réflexion et de recherche ouvre sinon des perspectives inattendues sur chacune des œuvres considérées. <em>Dialogues des carmélites</em>, par exemple, au cœur des préoccupations d’identité sexuelle, se voit présenté « sous des dehors paradoxaux d’un parcours mystique » comme « une aventure initiatique qui mène à la pleine acceptation de la sexualité et de la féminité ». Comment ? En interprétant la peur congénitale de Blanche comme celle de la perte de la virginité, le tumulte révolutionnaire étant assimilé au désir masculin et la scène finale de l’exécution des religieuses métaphorisant l’initiation sexuelle redoutée. Certains contesteront cette lecture freudienne du chef-d’œuvre de Francis Poulenc ; nul ne pourra remettre en cause sa cohérence et sa possibilité.</p>
<p>De fil en aiguille, du <em>Rosenkavalier</em> au <em>Grand Macabre</em>, Thierry Santurenne arrive à la conclusion que l’opéra est une forme d’art supérieure, qui « oblige à se pencher, plus que d’autres, sur les questions <em>sensibles </em>du temps » pour participer, <em>in fine</em>, à la sauvegarde de l’humanité. Qui parmi nous le contredira ?</p>
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		<title>Du métronome au gramophone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/emmanuel-reibel-du-metronome-au-gramophone-on-narrete-pas-le-progres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel rapport entre l’opéra et Du métronome au gramophone, l’essai d&#8217;Emmanuel Reibel sur les relations entre la musique et la révolution industrielle au XIXe siècle&#160;? Les compositeurs tout d’abord, contraints par les évolutions techniques et sociales de reconsidérer leur art… et leurs tempi. «&#160;En un siècle où le mouvement des hommes, des marchandises et de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel rapport entre l’opéra et <em>Du métronome au gramophone</em>, l’essai d&rsquo;Emmanuel Reibel sur les relations entre la musique et la révolution industrielle au XIXe siècle&nbsp;?</p>
<p>Les compositeurs tout d’abord, contraints par les évolutions techniques et sociales de reconsidérer leur art… et leurs <em>tempi</em>. «&nbsp;En un siècle où le mouvement des hommes, des marchandises et de l’argent va s’accélérant, la musique se transforme bel et bien en miroir du tempo moderne&nbsp;», constate l’auteur, convoquant Offenbach et ses «&nbsp;rythmes échevelés&nbsp;» à l’appui de sa démonstration. Rossini, avec son fameux crescendo, avait déjà commencé de transmuter l’opéra en machine infernale.</p>
<p>La production de masse et la notion de profit influent sur les œuvres ravalées au rang de produit. On ne parle pas encore de marketing mais déjà l’économie et la finance dictent la loi. Dans <em>Der Ring des Nibelungen,</em> Wagner met en scène «&nbsp;le remplacement du pouvoir féodal de Wotan reposant sur la suzeraineté, l’honneur, la gloire, par le pouvoir capitaliste matérialisé par l’or&nbsp;»<em>. </em>A Bayreuth, sur la scène du Festspielhaus, deux machines à vapeur servent à simuler le brouillard. La tragédie de l’or est aussi celle de l’art. Pour illustrer le conflit engendré par cette mutation, Emmanuel Reibel évoque Pierrot contre Arlequin dans <em>Benvenuto Cellini</em> ou encore le tournoi de chant dans <em>Tannhäuser.</em></p>
<p>Les interprètes ne sont pas davantage épargnés par cette transformation de la société. De la même manière que qualifier une musique de mécanique est le meilleur moyen de la déprécier, comparer un chanteur à un automate revient à souligner son défaut d’intelligence expressive. «&nbsp;Jamais le moindre petit accès de verve ou d’entraînement. C’est la serinette bien organisée qui refit imperturbablement aujourd’hui ce qu’elle disait hier et ce qu’elle dira demain&nbsp;», écrit en 1827 le journal <em>La Pandore</em> à propos de Laure Cinti-Damoreau. La virtuosité ne suffit plus&nbsp;; il faut du sentiment. Olympia, la poupée des <em>Contes d’Hoffmann</em>, ne représente-t-elle pas « une mise en garde contre la machinisation des interprètes&nbsp;»&nbsp;?</p>
<p>L’électricité naissante est mise à profit pour éclairer les théâtres – et ainsi diminuer le risque d’incendie. Sur scène, elle est utilisée dès 1849 pour simuler le lever de soleil dans <em>Le Prophète</em> de Meyerbeer. Ancêtres de notre streaming, le gramophone et le théâtrophone introduisent de nouvelles manières de consommer la musique, n’en déplaise à Jules Massenet qui dans une lettre datée de 1911 prévient le directeur de l’Opéra-Comique, Albert Carré&nbsp;: enregistrer sa musique reviendrait à la «&nbsp;tuer&nbsp;».</p>
<p>Voilà parmi d&rsquo;autres quelques considérations relevées au fil des pages d’un ouvrage argumenté et documenté qui pose un regard inédit sur un sujet moins austère que le titre ne le laisse supposer.</p>
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		<title>Des idées de cadeaux pour un Noël européen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/des-idees-de-cadeaux-pour-un-noel-europeen/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 07:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps difficiles pour l&#8217;Europe, Forum Opéra s&#8217;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&#8217;on ajoute l&#8217;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps difficiles pour l&rsquo;Europe, Forum Opéra s&rsquo;est avisé de proposer un Noël aux couleurs de notre continent. Paresse oblige, nous avons retenu trois nations ce Noël européen (quatre si l&rsquo;on ajoute l&rsquo;Autriche) mais on ne saurait douter que chacun des pays composant notre belle Union ne recèle les trésors nécessaires à un joyeux Noël !&nbsp;</strong></p>
<hr>
<p><strong>UN NOËL ALLEMAND</strong> par Sylvain Fort</p>
<p>Peut-être devrait-on dire : en allemand car ce Noël-ci nous mène bien au-delà des frontières de l&rsquo;Allemagne&#8230;&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no1b.jpg?itok=yHXeR1Hp" style="width: 150px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong>DIETRICH FISCHER-DIESKAU, COMPLETE LIEDER RECORDINGS, Deutsche Grammophon. 107 CD</strong></p>
<p>C&rsquo;est la première fois que Deutsche Grammophon rassemble en un gros et unique coffret le thesaurus de DFD. On y retrouve ses grandes intégrales (Schubert, Schumann, Wolf, Brahms) mais aussi les sélections indispensables (Loewe, Liszt, Strauss), les raretés (Von Einem, Debussy&#8230;) &nbsp;et les heureux doublons (Winterreise, Dichterliebe&#8230;). Bref, une somme rassemblant les enregistrements de 1949 à 2003 qui est, pour tout auditeur, la substance d&rsquo;une vie.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no2.jpg?itok=HkgEKnDa" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>WAGNER, RHEINGOLD (2CD) / DIE WALKÜRE (4CD), Wiener Philharmoniker, dir. Georg SOLTI. Deutsche Grammophon&nbsp;</strong></p>
<p>Quoi ? Encore une réédition &nbsp;de cette base de toute discothèque wagnérienne ? Oui, cher lecteur, mais une fois n&rsquo;est pas coutume, nous parlerons technique. Car si nous ne sommes pas de ceux qui jugent un disque sur la qualité du son, le transfert réalisé ici par Andrew Wedman des bandes de John Culshaw en format 24bit/192kHz est simplement renversant. Même avec une chaîne moyenne, on entendra ici une présence sonore, charnelle, dramatique comme rarement on l&rsquo;avait perçue dans un enregistrement d&rsquo;opéra : on a simplement l&rsquo;impression d&rsquo;être au premier rang d&rsquo;une représentation convoquant dans son salon tout le théâtre de Wagner. Époustouflant et rare, dans un habillage luxueux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no3.jpg?itok=Bc-xR7yV" style="width: 150px; height: 219px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Eric CHAILLIER,&nbsp;<em>Anton Bruckner ou l&rsquo;immensité intime</em>. Buchet-Chastel. 384 pages</strong></p>
<p>Il est toujours extrêmement difficile de rendre compte de l&rsquo;humilité de Bruckner et de l&rsquo;ambition cosmologique de son œuvre. Eric Chaillier y parvient admirablement en se mettant à l&rsquo;écoute d&rsquo;un géant modeste, en tenant la plume au plus près de la vibration secrète du compositeur. Ce regard pénétrant et pudique porté sur la vie et l&rsquo;œuvre du maître autrichien fait de ce livre un compagnon indispensable pour cheminer avec Bruckner.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no4.jpg?itok=KVZClJP8" style="width: 150px; height: 284px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>André TUBEUF,&nbsp;<em>Schubert, l&rsquo;ami Franz</em>. Actes Sud. 192 p.&nbsp;</strong></p>
<p>Œuvre posthume de qui aura sa vie entière scruté Schubert, et y sera comme personne entré, nous livrant année après année le trésor de son écoute. Le livre est bref, non parce qu&rsquo;il est sec ou allusif, mais parce qu&rsquo;il est comme quintessencié. Ici est la substance même de ce que Schubert nous donne à entendre. Non pas une somme, donc, mais un bréviaire.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no5.jpg?itok=zLJDAfFE" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Mathias GOERNE, Daniil TRIFONOV, Lieder (Berg, Schumann, Wolf, Chostakovitch, Brahms)</strong>. 1 CD Deutsche Grammophon</p>
<p>Assumons : ce ne sont pas exactement des chants de Noël. Mais tout ce que le lied allemand (et, ici, russe en plus) porte de gravité et de force, par deux interprètes que n&rsquo;effraie aucun abîme. Un des plus beaux programmes et une des plus belles exécutions de l&rsquo;année ; un sommet, tout simplement.&nbsp;</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL FRANCAIS</strong> par Christophe Rizoud</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no6.jpg?itok=xFWkcP6R" style="width: 150px; height: 246px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/offenbach-le-voyage-dans-la-lune-embarquement-pour-la-lune">Jacques Offenbach, <em>Le Voyage dans la lune</em></a> </strong>(CD-livre Palazzetto Bru Zane)</p>
<p>Quand l’inépuisable fantaisie de Jacques Offenbach rencontre l’univers fantastique de Jules Vernes, cela donne <em>Le Voyage dans la lune</em>, un opéra-bouffe-féerie redécouvert récemment grâce aux efforts conjugués de Génération Opéra, du Palazzetto Bru Zane et d’une quinzaine d’institutions lyriques françaises. Servi par une équipe artistique menée de main de maestro par Pierre Dumoussaud, ce <em>Voyage </em>est d’autant plus recommandé qu’il continuera d’occuper l’affiche de nos théâtres l’année prochaine dans une mise en scène de Laurent Pelly – notamment l’Opéra Comique du 24 janvier au 3 février. A compléter évidemment par <a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune">le numéro de l’Avant-Scène Opéra</a> consacré à cet ouvrage lunaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no7.jpg?itok=3HDyJXgQ" style="width: 150px; height: 233px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Hervé Lacombe, </a><em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">Histoire de l&rsquo;opéra français &#8211; De la Belle Epoque au monde globalisé</a></em></strong> (Fayard)</p>
<p><em>O Monumento </em>! Dirigée par Hervé Lacombe, le 3<sup>e</sup> volume de l’<em>Histoire de l’opéra français</em> passe au scanner l’opéra en France au XXe siècle et au-delà, qu’il s’agisse du genre en lui-même, de ses nombreux avatars – l’opérette notamment –, de ses théâtres, en Province et à Paris, de son répertoire – arc-bouté sur une centaine d’œuvres et cependant sujet à transformation comme en témoigne la révolution baroque –, de l’évolution de sa représentation avec la primauté accordée à la mise en scène, des thèmes abordés par ses livrets, de sa déclinaison cinématographique et numérique… A compléter nécessairement par les deux premiers volets de cette trilogie monumentale&nbsp;: <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut">Du Roi Soleil à la Révolution</a></em> et&nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france">Du Consulat aux débuts de la IIIe République</a></em>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no8.jpg?itok=sKbe7XOK" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/marina-rebeka-voyage-voyage-en-douce">Marina Rebeka, <em>Voyage</em></a> </strong>(Prima Classic)</p>
<p>Lorsqu’elle n’incarne pas les grandes héroïnes du belcanto romantique – Norma, Anna Bolena… –, Marina Rebeka voyage en compagnie de Mathieu Pordoy dans le pays merveilleux de la mélodie française, un genre que l’on ne lasse pas d’explorer tant il compte de joyaux, tels ceux proposés dans cet album par une des voix les plus magnétiques du moment. A compléter absolument par <a href="https://www.forumopera.com/cd/faure-complete-songs-une-somme-en-forme-de-pari-faureen">l’intégrale Fauré de Cyrille Dubois et Tristan Raes</a> chez Aparté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/no9.jpg?itok=2ilnCME-" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/benjamin-bernheim-boulevard-des-italiens-le-grand-bleu">Benjamin Bernheim, <em>Boulevard des italiens</em></a> </strong>(DG)</p>
<p>Avec au programme des airs d’opéras composés en français par des musiciens italiens – Spontini, Cherubini, Donizetti, Mascagni, Verdi… – le dernier album de Benjamin Bernheim rappelle l’attraction lyrique exercée par Paris au XIXe siècle. Comme à chaque fois qu’il chante dans notre langue, le ténor y est souverain. A compléter éventuellement par l’enregistrement des <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-abencerages-dispensable-chainon-manquant"><em>Abencérages</em> de Cherubini</a>, un exemple cette fois intégral d’opéra français d’origine italienne.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/mondonville_0_0.jpg?itok=9SvEEAVf" style="width: 150px; height: 172px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/jean-joseph-cassanea-de-mondonville-titon-et-laurore-vraiment-baroque">Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville &#8211; Titon et l&rsquo;Aurore</a></strong> (DVD Naxos)</p>
<p><em>Titon et l&rsquo;Aurore </em>dirigé par William Christie et mise en scène par Basil Twist <a href="https://www.forumopera.com/titon-et-laurore-paris-opera-comique-mondonville-contre-le-blue-monday">à Paris en 202</a>1 rappelait quel grand compositeur d&rsquo;opéra était Mondonville. Le report du spectacle en DVD le confirme.&nbsp;Reinoud Van Mechelen et&nbsp;Gwendoline Blondeel dans les rôles titres sont épatants. Les&nbsp;jeux de marionnettes se laissent regarder avec plaisir et depuis l&rsquo;enregistrement des Grands Motets en 1997, on connaît les affinités des Arts Florissants avec cette musique. A compléter forcément par le récent <a href="https://www.forumopera.com/cd/zoroastre-zoroastre-enfin-dans-sa-splendeur-et-sa-verite-premiere-swag"><em>Zoroastre</em> de Rameau chez Alpha</a> avec de nouveau Reinoud Van Mechelen&nbsp;dans le rôle titre.</p>
<hr>
<p><strong>UN NOEL ITALIEN</strong> par Cédric Manuel</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/natale-alla-scala-interno-due-colonne.jpg?itok=UvjjxjOg" style="width: 150px; height: 94px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>ESCAPADE LYRIQUE A MILAN</strong></p>
<p>Pour un cadeau à la fois inattendu et original (mais qui suppose quelques moyens il est vrai), offrez donc des billets pour un spectacle inoubliable à la Scala de Milan, où tout ne se résume pas à la soirée très <em>select </em>de la Saint-Ambroise ! Tenez, par exemple, quoi de mieux que de savourer un Verdi dans la ville où il repose (vous pourrez d&rsquo;ailleurs en profiter pour aller à la Casa di Riposo où se trouve son tombeau) et ça tombe bien : vous pourrez choisir entre <em>I Vespri siciliani </em>en février (avec en alternance Marina Rebeka et Angela Meade) ou bien encore <em>Macbeth </em>en juin (Salsi, Netrebko / Semenchuk)&#8230; Pour la peine, la Scala vous propose des <a href="https://teatroallascala.org/en/box-office/la-scala-as-christmas-gift.html" rel="nofollow">petits kits cadeaux</a>&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/710izs4i3tl._sy450__0.jpg?itok=J4PHunYd" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>&nbsp;Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier</strong>, <em><strong>Insieme </strong></em>(Sony Classical)</p>
<p>Enregistré un peu à l&rsquo;improviste au plus fort de la pandémie, ce disque événement affiche non seulement deux voix d&rsquo;exception, mais aussi une réelle complicité artistique et humaine à laquelle se joint avec un sens du théâtre qui dit tout de son art, un Antonio Pappano qui couve les deux chanteurs du luxueux tapis de l&rsquo;Académie Sainte-Cécile. Un disque d&rsquo;âge d&rsquo;or, comme nous le disions à sortie !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/sardelli_couv-i-1-pdf_0.jpg?itok=PAlkIM-K" style="width: 150px; height: 242px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;"></p>
<p><strong>Federico Maria Sardelli</strong>, <em><strong>L&rsquo;Affaire Vivaldi</strong></em> (Van Dieren)</p>
<p>Mieux qu&rsquo;un casque de réalité virtuelle, une plongée dans le Metavers ou n&rsquo;importe quelle réalité augmentée, le livre de l&rsquo;éminent vivaldien Federico Maria Sardelli vous donnera le sentiment d&rsquo;être immergés dans le coeur de l&rsquo;Italie baroque, autour de la vie mystérieuse et trépidante du Prêtre roux. Un livre érudit, vigoureux, théâtral, en un mot un trésor qui ne déparera pas au bas du sapin !</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/i-capuleti-e-i-montecchi_0.png?itok=cAwdudsz" style="width: 150px; height: 223px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Vincenzo Bellini</strong>, <em><strong>I Capuletti e i Montecchi</strong></em> (DVD Naxos)</p>
<p>Nul besoin d&rsquo;aller dans les maisons d&rsquo;opéras qui tiennent le haut du pavé lyrique pour trouver des bijoux, ni de courir après les divas à la mode. Cela n&#8217;empêche ni les superbes écrins (ici La Fenice), ni les mises en scène de grande classe (ici l&rsquo;approche picturale d&rsquo;Arnaud Bernard), ni les voix de premier ordre (ici Jessica Pratt, Sonia Ganassi), ni un orchestre qui, sans être celui de la Scala, sert parfaitement l&rsquo;oeuvre de Bellini sous la baguette alerte d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/norma_7.jpg?itok=odKgbJuy" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;"><strong>Guy Delvaux, Antonio Ferrara,</strong> <em><strong>Norma </strong></em>(Si l&rsquo;opéra m&rsquo;était dessiné&#8230;, Kifadassé)</p>
<p>Et si pour amadouer votre enfant rétif (ou rétive) à l&rsquo;opéra, vous commenciez par lui offrir une bande dessinée ? Le 9e art regorge de ressources et ne cesse de surprendre par son foisonnement. Sortie voici un an, cette <em>Norma</em> sur un texte -très fidèle au livret de Romani- de Guy Delvaux et des dessins remarquables d&rsquo;Antonio Ferrara, est le troisième tome d&rsquo;une série initiée avec <em>Thaïs</em>, puis <em>Alcina</em>. Admirable travail luxueusement présenté, il suffit d&rsquo;en accompagner la lecture par un enregistrement du niveau approprié : pourquoi pas ceux de Callas, si brillamment remasterisés il y a quelques années ? Un cadeau qui en appelle un autre ? Décidément, c&rsquo;est Noël ! Buon Natale, quindi !</p>
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		<title>« Histoire de l’opéra français », prix Georges Bizet de l&#8217;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/histoire-de-lopera-francais-prix-georges-bizet-de-lopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Oct 2022 14:38:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Prix Georges Bizet de l&#8217;opéra a été décerné, hier jeudi 20 octobre au Théâtre des Champs-Elysées, au 3e volume de Histoire de l&#8217;opéra français, De la Belle Epoque au monde globalisé, un ouvrage placé comme les deux précédents* sous la direction d&#8217;Hervé Lacombe. Le Prix Georges Bizet de la danse a, quant à lui, été &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Prix Georges Bizet de l&rsquo;opéra a été décerné, hier jeudi 20 octobre au Théâtre des Champs-Elysées, au 3e volume de <em>Histoire de l&rsquo;opéra français</em>, <a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et"><em>De la Belle Epoque au monde globalisé</em></a>, un ouvrage placé comme les deux précédents* sous la direction d&rsquo;<strong>Hervé Lacombe</strong>. Le Prix Georges Bizet de la danse a, quant à lui, été remis à <strong>Hugo Marchand</strong> pour <em>Danser</em> (éditions Arthaud). </p>
<p>*<a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut"><em>Du Roi Soleil à la Révolution</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france"><em>Du Consulat aux débuts de la IIIe République</em></a></p>
<p> </p>
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		<title>Notre disque du mois est un livre !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-est-un-livre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 12:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est pas un disque, mais un livre que la rédaction a choisi de couronner ce mois-ci. Que dis-je, un livre : une somme, et colossale, puisqu&#8217;il s&#8217;agit des quelque 1500 pages du dernier tome de L&#8217;Histoire de l&#8217;opéra français parue en trois volumes chez Fayard. Placé sous la direction d&#8217;Hervé Lacombe, tout un aréopage de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n&rsquo;est pas un disque, mais un <a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">livre</a> que la rédaction a choisi de couronner ce mois-ci. Que dis-je, un livre : une somme, et colossale, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit des quelque 1500 pages du dernier tome de <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et">L&rsquo;Histoire de l&rsquo;opéra français</a></em> parue en trois volumes chez Fayard. Placé sous la direction d&rsquo;Hervé Lacombe, tout un aréopage de musicologues et d&rsquo;historiens a mené à bien cette aventure titanesque, d&rsquo;une richesse prodigieuse tant par ses angles d&rsquo;approche que par le nombre et la qualité des analyses et informations que l&rsquo;on y trouve. Un monument qui, assurément, fera date ! PS : est-il besoin de préciser que si cette récompense vient saluer le dernier tome de ce travail, précisément paru ce mois-ci, les deux volumes précédents sont tout aussi remarquables et précieux !</p>
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		<title>Histoire de l&#039;opéra français &#8211; De la Belle Epoque au monde globalisé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/histoire-de-lopera-francais-de-la-belle-epoque-au-monde-globalise-colossal-proteiforme-et/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir abordé le 19e siècle,&#160;Du Consulat aux débuts de la IIIe République, puis la période antérieure, Du Roi Soleil à la Révolution, le troisième et dernier volume de l’Histoire de l’opéra français parcourt un 20e siècle élargi aux premières décennies du 21e. L’entreprise est d’autant plus titanesque que la période traversée est agitée. Deux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/swag_1.jpg?itok=L3WL7JQK" style="font-size: 14px;width: 100px;height: 100px;margin: 5px;float: left" title="MASQUER">Après avoir abordé le 19<sup>e</sup> siècle,&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france"><em>Du Consulat aux débuts de la IIIe Républiqu</em>e</a>, puis la période antérieure, <a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut"><em>Du Roi Soleil à la Révolution</em></a>, le troisième et dernier volume de l’<em>Histoire de l’opéra français</em> parcourt un 20<sup>e</sup> siècle élargi aux premières décennies du 21<sup>e</sup>.</p>
<p>L’entreprise est d’autant plus titanesque que la période traversée est agitée. Deux guerres mondiales, la fin de l’empire colonial, la modification des rapports de force internationaux, l’effondrement du bloc soviétique n’ont pas été sans influer sur la trajectoire de l’art lyrique en France (et dans le monde). Découragé par l’ampleur du propos, le lecteur ne saurait par quel versant ascensionner ce volume de plus de 1500 pages si Hervé Lacombe, le directeur de la publication, ne le guidait en une introduction dont le premier des mérites est de poser les fondements des questions abordées dans les chapitres suivants. Au nombre de dix-neuf si l’on excepte le prologue et l’épilogue, ils sont&nbsp;divisés en trois parties : «&nbsp;L’activité lyrique de la Belle Epoque à la Seconde Guerre Mondiale&nbsp;»&nbsp;; «&nbsp;L’activité lyrique de 1945 aux années 2010&nbsp;»&nbsp;; «&nbsp;Le spectacle lyrique&nbsp;: format et représentation, médiation et interprétation&nbsp;».</p>
<p>Ainsi défile le paysage lyrique au fil des années sans pour autant que la succession des textes, confiés à une centaine d’auteurs différents, ne soit soumise à une rigoureuse chronologie. De multiples regards factuels sont offerts sur l’opéra, dans tous les sens du terme, qu’il s’agisse du genre en lui-même, de ses nombreux avatars – l’opérette notamment –, de ses théâtres, en Province et à Paris, de son répertoire – arc-bouté sur une centaine d’œuvres et cependant sujet à transformation comme en témoigne la révolution baroque –, de l’évolution de sa représentation avec la primauté accordée à la mise en scène, des thèmes abordés par ses livrets, de sa déclinaison cinématographique et numérique…</p>
<p>Les angles de vue sont si divers que les énumérer tous reviendrait à dresser une liste à la Prévert. Tout juste mentionnerons nous, dans un sursaut d’immodestie, la première place réservée à <em>Forumopera</em>&nbsp;par l’article consacré aux «&nbsp;webzines, blogues et groupes de discussion&nbsp;», aux côtés de la «&nbsp;sociologie des publics d’opéra en France de 1960 à 2020&nbsp;» et de «&nbsp;la place des femmes dans la composition lyrique&nbsp;», entre autres sujets regroupés dans le chapitre intitulé «&nbsp;L’opéra dans la société&nbsp;». C’est dire l’étendue des domaines d’investigation, jusqu’aux rivages d’un imaginaire qualifié par Timothée Picard d’«&nbsp;opératique&nbsp;» en ce qu’il déborde sur d’autres esthétiques musicales populaires «&nbsp;où des divas d’un nouveau genre prolongent cette fascinante étrangeté faite de vocalité, de travestissement, et de spectaculaire&nbsp;».</p>
<p>De l’immersion apnéique dans cette source prodigue de présentations, considérations et de démonstrations étayées par moult chiffres et tableaux, s’impose en conclusion la formidable résilience de l’opéra, dont la récente pandémie, relatée dans l’épilogue, a offert un nouvel exemple. Accusé de nombreux maux, annoncé moribond, prédit disparu, aujourd’hui encore confronté à de nouveaux défis économiques, sociétaux, politiques, l’art lyrique n’est finalement pas l’homme malade de la culture occidentale que l’on dépeint trop souvent mais un phénix dont on ne se lasse pas d’analyser les innombrables composantes tégumentaires qui forment son imputrescible plumage.</p>
<p>Voilà un aperçu – inévitablement lacunaire tant il est impossible d’embrasser d’un seul regard une publication aussi colossale et protéiforme – d’un volume indissociable des deux précédents et, comme eux, indispensable.</p>
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		<title>Richard Strauss : Moi, je fais l&#039;Histoire de la musique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/richard-strauss-moi-je-fais-lhistoire-de-la-musique-le-chevalier-a-la-plume/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La vie de Richard Strauss est-elle un roman, à l’exemple de celle de Liszt racontée par Zsolt Harsányi ? Le compositeur du Chevalier à la Rose semblait le penser, lui qui en marge d’un opus de 189 œuvres musicales dont plus de 200 Lieder et 15 opéras, s’employa dès 1911 à noircir ses cahiers de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La vie de Richard Strauss est-elle un roman, à l’exemple de celle de Liszt racontée par Zsolt Harsányi ? Le compositeur du <em>Chevalier à la Rose</em> semblait le penser, lui qui en marge d’un opus de 189 œuvres musicales dont plus de 200 Lieder et 15 opéras, s’employa dès 1911 à noircir ses cahiers de considérations théoriques et de souvenirs personnels destinés à instruire en premier lieu ses futurs biographes. </p>
<p>C’est un grand nombre de ces textes*, publiés dans leur intégralité en allemand en 2016, qu’a traduits, réunis et annotés Christophe Looten, spécialiste de la musique allemande, lui-même compositeur de deux opéras. De l’enfance prodige aux « années sombres » de la deuxième guerre mondiale se dessine un parcours riche de rencontres – Brahms, Mahler, Diaghilev, Zweig, Hofmannsthal, etc. – et d’anecdotes. Par exemple, les relations orageuses entre Franz Strauss – le père de Richard, premier corniste de l&rsquo;Orchestre Royal de Munich – et Wagner. Ce dernier s’agaçait : « ce Strauss est insupportable mais dès qu’il joue, on ne peut être fâché avec lui ». </p>
<p>A la croisée des chemins, entre romantisme et avant-garde, entre le monde d’hier de Stefan Zweig et le fracas de deux conflits mondiaux, certains de ces écrits majoritairement rédigés durant la période nazie marchent sur les brisées de l’Histoire – « le 1er mai [ndlr : 1945, jour du suicide de Hitler et des époux Goebbels] s’est achevée la période la pire de l’humanité, douze ans de règne de la bestialité, de l’ignorance et de l’inculture sous la houlette des plus grands criminels ». Christophe Looten estime les opinions émises par Richard Strauss sur le régime hitlérien « honnêtes » puisqu’à l’origine non destinées à être publiées.</p>
<p>Mais ce sont d’abord les pages consacrées à la création de chacune de ses œuvres lyriques qui retiennent l’attention, de<em> Guntram</em> dont le créateur du rôle-titre, Heinrich Zeller, épuisé par sa difficulté, comptait « combien de mesures en plus de <em>Tristan</em> il avait à chanter », jusqu’à <em>Capriccio </em>où « la mise en œuvre de la polyphonie fortement ramifiée comme la discrétion qui est demandée à l’accompagnement du chanteur imposent une lourde tâche au chef d’orchestre ». A ne pas manquer aussi les propos sur Berlioz, Schubert, Liszt, Mozart et Wagner bien sûr, omniprésent, ainsi que les réflexions sur la mélodie et sur l’inspiration où finalement Richard Strauss aboutit au constat qu’au contraire de la « musique pure », les « nécessités du drame et le désir d’exprimer une idée poétique ont conduit le musicien vers une terre nouvelle » ( et le compositeur, superbe, de conclure « je laisse à mes futurs biographes la tâche de chercher des centaines d’exemples de cela dans mes œuvres »).</p>
<p>Avec pour seul fil conducteur une chronologie difficile à établir, les propos ainsi réunis s’avèrent inévitablement décousus. Telle est la condition nécessaire à une lecture qui, index aidant en fin de volume, se prête d’abord à un vagabondage aussi instructif que distrayant. </p>
<p>*Une partie de ces écrits, lus par le comédien Claude Dasset et entrecoupés d’extraits musicaux, est disponible en podcast sur <a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/les-tresors-de-france-musique/les-ecrits-de-richard-strauss-une-archive-de-1960-1ere-partie-4565852">France Musique</a>.</p>
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		<item>
		<title>Reynaldo Hahn</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/reynaldo-hahn-etude-dun-cas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 May 2021 04:40:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/reynaldo-hahn-etude-dun-cas/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Musicien précoce né au Venezuela, coqueluche des salons parisiens, compositeur mais aussi chef d’orchestre, chanteur – à Paris sous les lambris, à Venise sur les gondoles –, critique musical, directeur d’opéra, homme du monde, amant de Marcel Proust, ami d’Alphonse Daudet, Sarah Bernhardt, Jules Massenet&#8230; A l’instar de Franz Liszt, la vie de Reynaldo Hahn &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Musicien précoce né au Venezuela, coqueluche des salons parisiens, compositeur mais aussi chef d’orchestre, chanteur – à Paris sous les lambris, à Venise sur les gondoles –, critique musical, directeur d’opéra, homme du monde, amant de Marcel Proust, ami d’Alphonse Daudet, Sarah Bernhardt, Jules Massenet&#8230; A l’instar de Franz Liszt, la vie de Reynaldo Hahn aurait pu être un roman. <strong>Philippe Blay</strong> en a décidé autrement.</p>
<p>Plutôt qu’un récit chronologique émaillé d’anecdotes, sa biographie explore l’œuvre autant que l’homme en un parcours où le temps, sans être perdu, reste un personnage secondaire. Et quelle œuvre ! Reynaldo Hahn a composé non seulement des mélodies mais aussi six opéras (le premier d’entre eux, <em>L’Île du rêve</em>, vient de faire l’objet d’<a href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/compositeur/hahn-reynaldo-1363">un enregistrement</a>), une douzaine de pièces lyriques légères, deux oratorios, des musiques de chambre, de scène, de film, de ballet et des partitions instrumentales à foison, dont <em>Le Bal de Béatrice d’Este</em> que Philippe Blay découvrit « émerveillé » en 1983, dans l’enregistrement de Jean-Pierre Jacquillat à la tête de l’Orchestre de Paris. Cet émerveillement a motivé plusieurs décennies de recherche – « En deçà de l’intérêt pour le cas Hahn, réside l’émotion musicale. Et celle que provoque en vous inopinément une œuvre d’art est bien souvent pour un chercheur un point de départ du choix de son sujet d’étude ».</p>
<p>Lorsque les émotions s’en mêlent (et s’emmêlent), le risque est de perdre le recul nécessaire au principe d’objectivité exigé par la démarche. Il en faut parfois peu pour que la biographie bascule dans l’hagiographie. Abuser du dithyrambe dans l’intention de rééquilibrer le jugement de la postérité sur un musicien méconsidéré pourrait être tentant. Philippe Blay, conscient du danger, a veillé à ne pas emprunter la pente glissante. Sont convoqués à la barre de son analyse, détracteurs autant que partisans – « l’historien de l’art, en écrivant sur ce qu’il aime, s’oblige encore davantage au discernement. Aussi lui est-il particulièrement précieux d’être accompagné dans son jugement par ceux d’autres musiciens et mélomanes, sensibles également à ce qui le touche ».</p>
<p>Autre écueil que Philippe Blay, cette fois, n’est pas toujours parvenu à éviter : l’abondance des sources, ainsi qu’en témoigne en fin de volume une liste de plusieurs pages. Face à cette somme d’informations, souvent inédites, la sélection s’avère difficile, quitte à s’égarer parfois dans d’inutiles détails (l’énumération par exemple, saison après saison, des ouvrages programmés au Casino de Cannes, dont Hahn fut une dizaine d’années le directeur musical). C’est là le moindre défaut d’une biographie parfois prise au piège d’une personnalité protéiforme. Le talent de Reynaldo Hahn outrepasse le seul domaine musical. Les nombreuses citations de sa correspondance et de ses écrits révèlent le « littéraire qui extrait ses harmonies à partir du verbe » – « une seule chose m’intéresse, m’enthousiasme et m’obsède : la réunion de la littérature et de la musique », écrit le compositeur, alors âgé de 20 ans, à son ami, le pianiste Edouard Risler.</p>
<p>Voici donc Reynaldo Hahn, tel qu’en lui-même non « idéalisé », non « surclassé » mais « reconsidéré » en une démonstration appelée à faire référence. Déproustifié aussi. Aux secrets d’alcôve, Philippe Blay préfère analyser la manière dont l’écrivain et le musicien s’influencèrent en un dialogue esthétique ininterrompu, au-delà de leur relation amoureuse, jusqu’aux dernières heures du romancier, mort en 1922. Tout juste perce parfois, au détour d’une réplique, l&rsquo;« esprit des Guermantes » – « Un jour, à l’Opéra, comme on lui demandait : « Que pensez-vous du chant de Van Dyck ? (ndlr : Ernest de son prénom, célèbre ténor wagnérien) – Je préfère sa peinture » répondit-il ». L’histoire est racontée par Cléo de Mérode, danseuse iconique de le Belle Epoque avec qui Reynaldo Hahn vécut une histoire d’amour platonique devenue avec le temps une solide amitié. Dans le même ordre d’idée, ce constat, qui semblerait copié sur les dernières phrases d’<em>Un Amour de Swann</em> s’il ne leur était antérieur d’une quinzaine d’années : « Mais quelle rage a-t-on de partir toujours dans des contrées lointaines, de voyager dans des trains meurtriers, de coucher dans des lits étrangers, de mourir 10 fois par jour de chaleur et de fatigue, pour voir des choses bien moins charmantes que le lac du bois de Boulogne, bien moins grandioses que la terrasse de Saint-Germain ? »</p>
<p>Personnalité brillante mais insaisissable, « arbitre du gout » – un goût tourné vers le passé plutôt que le futur, avec des parti-pris marqués, excluant moins Wagner, contrairement aux idées reçues, que l’opéra italien et surtout le vérisme –, « bohème, dilettante et grand seigneur » – pour reprendre l’intitulé de deux des chapitres de sa biographie –, Reynaldo Hahn, au fil des pages, apparaît comme un musicien plus imprévisible que ne le veut l’imagerie d’Epinal, à contre-courant de cette Belle Epoque à laquelle on l’a trop longtemps circonscrit, qui n’était pas forcément son genre.</p>
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		<title>Histoire de l&#039;Opéra Français, Du Roi-Soleil à la Révolution</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 04:32:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au commencement était le Roi-Soleil, monarque désireux de placer la France au centre économique, politique et aussi artistique du monde. La dénomination de l’institution qu’il fonde par lettres patentes du 28 juin 1669 est révélatrice de ses intentions : non « Opéra » mais « Académie royale de musique ». Né en Italie, l’art lyrique en franchissant les Alpes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au commencement était le Roi-Soleil, monarque désireux de placer la France au centre économique, politique et aussi artistique du monde. La dénomination de l’institution qu’il fonde par lettres patentes du 28 juin 1669 est révélatrice de ses intentions : non « Opéra » mais « Académie royale de musique ». Né en Italie, l’art lyrique en franchissant les Alpes devient moins sujet de divertissement qu’enjeu d’un pouvoir absolu et centralisé. La comparaison entre « l’autarcie culturelle » de Paris et « le cosmopolitisme culturel » de Venise proposée par Mario Armellini, musicologue spécialiste de l’opéra français et italien des XVIIe et XVIIIe siècles, tient lieu de démonstration : « D’un côté monarchie, privilège, concentration de l’activité lyrique en un seul lieu, création limitée et constitution d’un répertoire repris continument ; de l’autre république, concurrence des théâtres, forte activité de création, implantation dans diverses villes italiennes et en Europe ».</p>
<p>Sur cette terre hersée par la volonté du Roi, germe une forme de théâtre chanté que l’on appelle « tragédie en musique » puis, à partir du XVIIIe siècle « tragédie lyrique ». Pour la démarquer de son modèle italien ? Le genre, dont <em>Armide</em> de Lully représente l’archétype, a tôt fait de se doter de caractéristiques qui lui sont propres. La langue française offre au récitatif une place prépondérante ; la danse devient composante essentielle du spectacle. Après la mort de Lully, un nouveau format – le petit opéra – se développe. Enfant adultérin, l’opéra-comique nait sur les tréteaux de foire. L’Italie cherche à prendre sa revanche sur fond de querelles intestines jusqu’à ce que la Révolution tourne la page.</p>
<p>C’est ici que s’achève le deuxième volume –  par ordre de publication mais chronologiquement le premier – de <em>Histoire de l’Opéra français</em>, une trilogie <a href="https://www.forumopera.com/histoire-de-lopera-francais-du-consulat-aux-debuts-de-la-iiie-republique-salut-a-la-france">initiée l’an passé</a> par Hervé Lacombe, entouré d’une équipe internationale de près de deux cents auteurs – musicologues, historiens, philosophes, etc. Le propos, riche de 250 illustrations, ne se limite pas au seul récit d’une histoire maintes fois parcourue. Le profil des auteurs témoigne d’une volonté de dépasser le cadre historique pour proposer une analyse de l’opéra français des 17 et 18<sup>e</sup> siècles à travers les conditions pratiques de son existence et ses ramifications tant culturelles que sociétales.</p>
<p>De Paris, l’opéra essaime en province. Les théâtres d’abord improvisés, souvent dans les salles de jeu de paume, se métamorphosent au 18<sup>e</sup> siècle en monument de pierre pour s’installer durablement dans le paysage urbain. De 1750 à 1773, l’historien Max Fuchs dénombre l’ouverture de 23 structures permanentes. Entre 1749 et 1789, le sociologue Georges Escoffier recense 71 troupes actives dans 28 villes du Sud-Est. Ces quelques chiffres témoignent de l’effervescence d’un genre qui « innerve la société française », ses lettres, ses arts, et dont le rayonnement a tôt fait de dépasser nos frontières. Et Hervé Lacombe de rappeler que Beethoven a composé dans sa jeunesse des variations sur un thème de <em>Richard Cœur de Lion</em> de Grétry.</p>
<p>Nul n’est oublié dans ce panorama magistral, pas même les femmes qui font l’objet d’un chapitre à part entière, avant que l’épilogue, d’une centaine de pages, n’aborde, toujours sous forme d’articles, quelques traverses encore inexplorées. Notamment l’antagonisme entre le concept de baroque et de classique. « On imagine la fureur de Rousseau à l’idée que sa chère <em>Serva padrona</em>, l’<em>opera buffa</em> qui déclencha la querelle des Bouffons, soit aujourd’hui qualifiée de baroque au même titre que la musique de Rameau ! », s’amuse Marion Lafouge.</p>
<p>Peu importe les étiquettes. Loué soit le mouvement des « baroqueux » qui a permis d’attiser l’intérêt sur tout un pan de notre répertoire.  « Connaître, comprendre et apprécier ces œuvres demande de retrouver leur forme sonore et spectaculaire. Cela ne prend tout son sens cependant qu’en renouant avec toute une époque et une culture lyrique », ajoute Hervé Lacombe pour justifier sa monumentale entreprise. On en attend avec impatience le troisième pilier (dont la date de parution n&rsquo;est pas encore annoncée) : <em>De la Belle Epoque au monde globalisé</em>.  </p>
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