Nous l’avons applaudie ce printemps à Deauville dans le Stabat Mater de Pergolese qu’elle reprend cet été, toujours avec l’excellent Concert de la Loge. La saison à venir sera riche en projets et rencontres artistiques pour Ambroisine Bré avec plusieurs récitals autour du répertoire mélodique et opératique français à Genève, Fribourg, au Bal Blomet, dans le cadre des Concerts de Poche ou encore au Festival de Pontoise. La figure de Psyché, qui nourrissait de son premier album solo, y sera naturellement centrale.
Les bretons retrouveront l’enfant du pays en Dorabella dans Cosi fan Tutte à Rennes puis Angers Nantes Opéra. Elle rejoindra ensuite les Talens Lyriques à Dijon pour les Indes galantes de Rameau puis l’orchestre Consuelo pour la Neuvième Symphonie de Beethoven à Auxerre, Sens et salle Gaveau.
– Votre programme de l’été sur scène ?
Deux Stabat Mater de Pergolèse aux côtés d’Anthea Pichanick et de Julien Chauvin, avec Le Concert de la Loge dans le cadre du festival Musique en Sol, à l’abbatiale de Paunat puis à l’abbaye de Chancelade, les 7 et 8 août.
Un récital Belle Époque au festival de Trévarez, dans ma Bretagne, aux côtés de mon ami et talentueux pianiste Ismaël Margain, le 11 août.
Ma première Marguerite dans la Damnation de Faust de Berlioz au Festival Berlioz de La Côte-Saint-André, sous la direction de Mathieu Herzog, aux côtés de Jérémie Schütz, Alexander Roslavets et Arthur Dhouga, le 25 août.
Enfin, ma première Concepción dans l’Heure Espagnole de Ravel, au Festival Ravel, sous la direction de Valentina Peleggi, aux côtés de Pablo Plaza, Enguerrand de Hys, Yosif Slavov et Thibault de Damas, le 3 septembre.
– Vos vacances, si vous pouvez en prendre ?
Elles se déroulent bien souvent dans ma Bretagne, où j’aime me ressourcer chaque fois que j’en ai l’occasion.
Je crois qu’il est essentiel de s’offrir ce temps suspendu, pour se régénérer, mais aussi pour avancer sur les projets et les rôles à venir.
J’ai également un petit garçon de bientôt trois ans, avec lequel j’ai l’immense bonheur de redécouvrir les plaisirs de l’enfance, que je n’ai d’ailleurs jamais vraiment quittée. Les confitures préparées avec grand-mère, la pèche à pied avec Papilou lors des grandes marées, les déambulations les jours de marché parmi les étals des merveilleux produits de notre région… Et, bien sûr, la récompense ultime après une belle marche : une crêpe beurre-sucre, valeur sûre et intemporelle, qui fait le bonheur des petits comme des grands. La recette du bonheur, tout simplement.
– Un festival que vous recommandez ?
Il m’est difficile de n’en citer qu’un, tant chacun possède son identité. Qu’ils soient de grande envergure ou plus confidentiels, les festivals sont avant tout des lieux de rencontres et de partage. Derrière chacun d’eux, il y a des équipes passionnées, souvent des bénévoles, qui donnent une âme à ces rendez-vous.
Les festivals participent pleinement à la vitalité de notre vie culturelle, mais aussi à notre économie. Pour nous, artistes, ils sont l’occasion de parcourir notre pays, de découvrir des lieux magnifiques, d’aller à la rencontre de nouveaux publics et de vivre des moments qui restent gravés dans nos mémoires.
Je pense notamment aux festivals de La Chaise- Dieu , d’Obernai, Menton, Glanum, Pont-Croix; au festival Ravel, Voce Humana aux Festivals de Pâques et d’Août de Deauville, au Festival de Radio France Occitanie Montpellier… et à tant d’autres. Chacun laisse des souvenirs précieux et participe, à sa manière, à faire vivre la musique.
– Un livre que vous avez envie de lire ?
Il y en a tant… J’aime profondément les livres. Leur odeur me replonge instantanément en enfance, lorsque je dévorais les aventures du Club des Cinq pendant les vacances chez mes grands-parents à Bréhat, entre deux tartines de confiture.
Je peux passer des heures dans une librairie et en ressortir les bras chargés d’ouvrages que je dépose soigneusement sur ma table de nuit, en attendant le moment propice pour m’y plonger.
La réalité est cependant toute autre. Dans nos vies souvent très remplies, le silence et le temps pour soi se font plus rares. Avec un métier très prenant et la joie d’être maman, les moments consacrés à la lecture ont naturellement diminués. Mais dès que l’occasion se présente, je retrouve avec bonheur le chemin de la lecture.
En ce moment, je lis Neverland de Timothée de Fombelle. Ensuite, je me laisserai sans doute tenter par Rousse de Denis Infante, qu’un ami m’a chaleureusement recommandé.
– La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
Holocene de Bon Iver.
The Lark Ascending de Vaughan Williams.
One Saturday Afternoon in 1963 de Rickie Lee Jones.
Trois morceaux qui m’accompagnent depuis longtemps et qui, inlassablement, me font du bien.
– Votre plus beau souvenir estival ?
Le concours de Portofino. Un concours unique, dans un lieu somptueux, porté par des personnes d’une gentillesse rare.
Je n’oublierai jamais cette douceur de vivre à l’italienne, les parfums de l’été, les baignades, ces paysages à couper le souffle, les « gelati » partagées avec les autres chanteurs. Là-bas, malgré l’exigence que chacun s’impose règne une véritable bienveillance, une atmosphère d’amitié qui fait toute la différence.
Au cœur du village de Portofino, sur la petite place en arc de cercle face à la mer, la finale prend vie. Les habitants se retrouvent aux fenêtres et sur les balcons, tandis que les voix des chanteurs, les notes de l’orchestre et les pierres du village semblent dialoguer dans cet écrin digne d’un opéra. C’est une image que je n’oublierai jamais !

